IMPRESSIONS ACOUSTIQUES
Il est certaines circonstances pathologiques, dans lesquelle les impressions excito-motrices optiques et sensitives, qui se prêtent, dans Taccomplissementde tous nos mouvements, un appui réciproque si remarquable, viennent à se dédoubler et à agir isolément.
Ainsi, lorsque par une altéralion progressive des fibres réflexes des racines spinales postérieures et des dépôts de substance gélatineuse correspondants, le cours des incitations excito-motrices, parties des régions de la périphérie sensitive, vient à être interrompu, ce sont alors les impressions optiques homologues qui les suppléent, et qui viennent, comme agents d'incitation surnu* méraires, provoquer la mise en activité des noyaux d'origine des nerfs moteurs.
Ces impressions optiques succédanées, étant, dans ces circonstances, les seuls et uniques foyers d'innervation des nerfs moteurs spinaux, il en résulte ce phénomène bien remarquable : c'est que, les individus ainsi privés de cette dernière ressource d'innervation excito-piotrice, quand ils se trouvent dans l'obscurité, par exemple, non-seulement ne peuvent plus produire que des mouvements aiaxiques et incoordonnés (par le fait même de la destruction des arcs excito-moteurs intra-spinaux), mais encore ils ne peuvent plus se mouvoir, par le fait de la cHsparition complète de ce dernier contingent d'incitation stimulatrice.
§ 3. — lmpremrt«aui «eomtlqvetf e«ei<— i^trlee».
Les impressions excito-molricA acoustiques sont réparties,
avec les fibres centripètes qui les supportent, au sein des deux
amas de substance gélatineuse qui occupent les parties latérales
et inréricures du quatrième ventricule (pi. VIII, fig. 2 et 3 et
p. 58). Disséminées au sein des plexus de cellules qu'elles ren*
contrent en ces régions, c'est de là qu'elles se répandent au loin,
pour susciter la mise en activité des noyaux d'origine des nerfs
moteurs du voisinage, ou bien celle d'autres noyaux d'origine
nerveuse, qu'elles rendent ainsi les agents de leurs manifestations
dynamiques (1).
(1] H est à remarquer que les impressions acoustiques présentent, au point de
LCT8. *^
200 IMPRESSIOMft SEKSORIBLLCB IHCOHSCIENTES.
I. a. Les fibres motrices que les impressions acoustiques exdlomotrices tiennent sous leur dépendance immédiate, sont d*abofd les fibres des deux nerfs faciaux.
Les fibres du facial sont, en effet, les ilerfs satellites des impmsions acoustiques, au même titre que les fibres du inoteur commun sont les 5a^e//iVe5 des impressions optiques. Les unes M les autres, tributaires immédiates de leurs sources dlnnervation seftsorielles, ont particulièrement dans leurs attributions, la nmlleiire adaptation possible de Tappareil sensoriel auquel elles sont annexées. Tandis^ en eflet^ que nous voyons le nerf moteur oculaire commun, à Taide des fibres musculaires qu'il anime, concourir à promener successivement le champ de la vision vers les différents poinls de l'espace, et régler la somme de rayons lumineux destinés à impressionner la rétine ; nous voyons, par un mécanisme analogue, les fibres du facial accomplir des fonctions de même ordre. C'est ainsi que ce nerf, tantôt chez les espèces animales dont le pavillon de l'oreille est mobile, oriente (grâce aax fibres musculaires qu^il anime) alternativement ce pavillon, de telle sorte qu'il se trouve successivement en]rapport avec les différents foyers d'ondulations sonores ambiantes ; et tantôt, agissiMl comme un véritable appareil compensateur sur le jeu des petits systèmes musculaires qui resserrent ou relâchent la membrane tympanique, joue ainsi médiatement un rôle important dtns l'adaptation successive de l'appareil auditif interne, aux diverses qualités de son (1). Dans l'un et l'autre cas, ces nerfs satellites des
vue tic la rapidité de leur transmission dans les régrions centrales^ des conditiaitf toutes spéciales.
Ainsi : comme on le voit (pi. XVII, fig. 17, et pi. Vîlî, figr. 2), les cellule» ncr reuses qui constituent T intumescence fr<uig:lionnaire acoustique, sont presque cmligués à celles de la substance gélatineuse correspondante; cette êisp»itim exceptionnelle est bien différente de celle qui existe pour les autres paires nervniff, dont les ganglions sont toujours plus ou moins éloignes de leur point d'impUntitiofl sur Taxe. Faut-il voir dans ce fait aiiatomiqne Tcxplication de Finstantanéitê d« certains mouvements d'ensemble, qui succèdent si brusquement i Taudition d'is bruit subit, lequel met immédiatement en sursaut tous les muscles de l'orginisiBe?
(1) Il est à noter que les noyaux d'origine des nerfs faciaux reçoivent, ««tiv le stimulus propre de la volition, des incitations parties de trois sources dissenMaMef • 1° des plexus cxcito-niotcurs des nerfs sensilifs de la cinquième paire; 2® des plexus gélatineux des tubercules quadryumcaux, pour opérer le clignement, et 3* cofii^* des plexus gélatineux des nerfs acoustiques.
mpfiesstoM ÀCOtJstiQutes. SOI
ippareiis sensoriels, sont en quelque sorte les fibres etTérentes des réseaux de la substance gélatineuse, et les interprètes obligés de ses réactions.
Kt, chose remarquable ! ces fibres nerveuses qui dépensent ainsi leur activité motrice, au profit des appareils sensoriels dont elles lonl tributaires, habituées qu*elles sont dès Tenrance à agir avec une synergie complète, fonctionnent pendant l'état de veille d'une manière incessante, sans que nous en ayons la moindre notion. Les mouvements d'adaptation de Tœil aux distances des objets axlérieurs, ceux des appareils acoustiques aux diverses ondulalions sonores ambiantes, sont, en effet, provoqués d'une façon eontinue, pendant toute la période de l'activité diurne, par TinœsMnte stimulation excilo-sensorielle qui les développe; et de pl«s, ils s'exécutent complètement à notre insu.
é. lies impressions excito-motrices acoustiques sont encore les igmts exclusifs, par Vintermédiaire des hypoglosses et des nerfs laryngiens, de cette série de manifestations motrices, si rapides leur succession, et si variées dans leurs efiets, qui contribuent fonctions de la phonation et de Tarticulation des sons. Dans ces cas, ces impressions inconscientes, provocatrices de mouvements coordonnés ne sont pas comme précédemment, une source d'innervation continue, provoquant des réactions continues; dies sont au ooniraire franchement intermittentes et de plus successives.
CSe sont les fibres des deux nerfs spinaux, qui, par Fintermé*
diaire des fibres laryngées, président aux mouvements des difi%«-
renls muscles du larynx, dont l'action en définitire se résume à
tendre ou é dilater les lèvres de la glotte. Ces mouvements rhythmés
«t woeessife, sont réglés par l'influence excito-motrice dont les
noyaux de substance gélatineuse acoustique sont les foyers de
dinéminalion. Il en résulte, que ce sont eux qui provoquent Tac-
linlé de ces muscles, qui les suscitent isolément, ou les associent
tes une nciion synergique, et qui répartissent dans de justes
fiûpjrtions le degré de force qui doit être déployée pour amener
td OQ tel degré de tension des cordes vocales, et finalement tel
^ tel son. Il y a, en un mot, dans le mode d'action des influences
^UHnotriees acoustiques, sur les mouvements de resserrement
^" de dilatation de Touverlure glottique, quelque chose de com-
292 IMPRESSIOMS SENSORIELLES IMCOIISCIENTES.
parable à celui des impressions visuelles, influançant médiatemeDt les mouvements de contraction et d'élargissement deTorifioe pupillaire. Ce sont là des actes musculaires successiCs, complétoment soustraits dans leurs détails à Faction de la volonté, etdoot les réactions sont provoquées uniquement par cette série d^impressions sensorielles inconscientes, qui jouent un si grand rôle dans la série des mouvements automatiques.
Un certain degré de travail et d^habitude est nécessaire pour Taccomplissement régulier de cette série d^actes qui constituent la phonation. Il faut que, par suited*exerciceâ répéta dans lesqodi la volonté n'intervient médiatement qu^au début (1), Tinnervalkm motrice, passant de la substance gélatineuse acoustique aux nerft moteurs laryngiens, soit habituellement propagée, et méthodique* ment répartie sous peine de discordance. Il faut, de plus, que l'impression acoustique soit d'abord perçue avec netteté, qu'elle soit distincte et précise, pour qu^elle puisse être répercutée vers les appareils moteurs qui la traduisent en sons vocaux. Il faut, en un mot, qu'elle soit jtÂSte^ pour que la voix ait un caractère de justesse concordante. Pour chanter juste^ la première et unique condition, n'est-elle pas d'avoir, ainsi que l'expriment les mus* ciens dans un langage concis, l'oreille jtiste ?
II. Envisagées maintenant, au point de vue de leur dissémini* tion et de l'action qu'elles exercent, soit sur les mouvements partiels, soit sur les mouvements généraux, les impressions acoustiques excito-motrices sont appelées, dans certaines drconstances exceptionnelles, à jouer un rôle prépondérant.
Ainsi, ce sont elles qui tiennent sous leur dépendance cette série de mouvements si rapides et si compliqués qu'accomplissent les doigts des musiciens, dans Taction de jouer des instnuneots de musique ; ce sont elles qui règlent et harmonisent nos idou-
(i) Il est curieux de noter que^ pour cette série de phénomènes motenn, ( pour beaucoup d'autre de la même nature^ la Tolonté n'intenrient au début qiK pour commander leur apparition ; qu'au bout d'un certain temps ils se dérobest plus ou moins complètement à son influence^ pour prendre de plus en pluskcacket d'actes automatiques ; et qu'enfin les actions musculaires automatiques sont d*tittft plus parfaites et d'autant mieuxjcoodonnées, qu'elles échappent daTintage àl'iiiflBCtM de l'action cérébrale.