‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 2)Chapitre 66 sur 141 · IMPRESSIONS ACOUSTIQUES · texte numérisé non relu

IMPRESSIONS ACOUSTIQUES

▼ements d'ensemble, et qui nous portent à nous mouvoir en ctdence dans les exercices chorégraphiques, etc.

a. Nous ne faisons que rappeler que : cette série de mouvements que les doigts du musicien exécutent avec une précision et une agilité si surprenantes, sont tous régis par une incitation initiale, irradiée de la région gélatineuse acoustique vers les noyaux d'origine des racines antérieures motrices, qui tiennent sous! leur dépendance l'innervation des muscles des extrémités digitales (pi. y, Vly XII et XIII ; pi. II et III) ; que dans les premiers temps, ces mouvements, qui ont besoin pour être corrects, d'être si fré* qaemment répétés, finissent, comme tous ceux que nous accomplissons par habitude, par s'accomplir d^une manière complètement aatomatique, et à notre insu en quelque sorte, etc.

Il est en effet bien curieux de se représenter par la pensée, la mise en action simultanée des différents appareils spinaux diastaltiques, dont nous avons jusqu* ici étudié le mode dé fonctionnement isolé, et de se figurer idéalement la merveilleuse multiplicité de réactions excilo-molrices enchaînées, qui se passent dans un département isolé du système nerveux spinal, chez une personne qui, par exemple, touche du piano. N*est-il pas, en effet, surprenant de voir les doigts de la main droite exécuter avec une égalité sans égale, une suite de mouvements séparés, dans un très-court espace de temps, et cela d'une manière indépendante; tandis que ceux de la main gauche, frappant d'une manière rhythmée, une série de notes groupées en accords, agissent d'une manière indépendante de leurs congénères, et produisent ainsi des effets qui s'ajoutent et se multiplient harmonieusement !

On se trouve naturellement amené de la sorte, à supposer qu'il doit exister un certain défaut d'unité d'action entre les stimulations acoustiques excito-motrices, bilatérales, qui suscitent la mise en action des fibres motrices qui sont leurs subordonnées : la main droite et la main gauche, produisant simulêanément des mouvements opposés, il est rationnel en effet d'admettre que ces mouvements sont consécutifs a deux impressions excito-motrices acoustiques, dissemblables, et a la fois simultanées. Le musicien exécutant a donc besoin, pour arriver à c« résultat merveilleux, de s'exercer apercevoir dans

un temps limilé, deux impressions différentes, i les dédmh bler^ et à faire que les réactions excito*motrices du edté âroit^ par exemple, s'effectuent avec une régularité en quelque sorte mécanique, sans que celles du côté gauche soient k moindrement influencées. Si Ton aonge^ en outre, que la personne dooi les dix doigts travaillent ainsi isolément, et cependant d'une manière concordante, peut encore en même temps ehanter et moduler des sons, on aura ainsi une haute idée des aptitudes nouvelles que l'habitude et l'exercice peuvent développer chei les individus, heureusement prédisposés d'ailleurs, dans la mise en activité de ces admirables appareils qui constituent le système nerveux central.

Il est bon cependant de faire observer, à propos de Tétude des différents systèmes de muscles qui servent au jeu des instruments de musique, que si les impressions acoustiques sont seules indispensables pour que leurs mouvements soient méthodiquement coordonnés, ces mômes impressions ne sont pas cependant les seuls agents excitateurs dont on doive ici tenir exclusivement compte. Une grande part doit être faite aux impressions de la sensibilité, soit tactile, soit musculaire, lesquelles sont en quelque sorte complémentaires des précédentes, et jouent, vis-à-vis des fibres antérieures motrices, un rôle tout à fait analogue à celui que nous avons vu appartenir aux impressions optiques, dans les productions des mouvements généraux d'ensemble (1).

b. Les impressions acoustiques excito-motrices ont, comme les impressions optiques homologues, une influence très-accentuée sur l'ensemble des mouvements généraux. Si leur intervention n'est pas incessante, comme celle des précédentes, elle n'en est pas moins bien réelle et bien accentuée, dans certaines circonstances. Ce sont elles, en effet, qui permettent aux membres de s'harmoniser en mesure, dans les exercices chorégraphiques, avec la musique qui les suscite, et d'accomplir ainsi des mouvements

(1) Ces impressions succédanées concourent donc pareillement d*iin6 wéktt active aux actes moteurs dont nous venons do parler ; de sorte que les boj««* d*originc des ûbrcs motrices qui les provoquent, sont, comme ceux du nerf Ucial) tributaires de trois sources d'innervation diflercntes, l'une venant de la périphérie des nerfs acoustiques cxcito-raoteurs, l'autre de celle des nerfo sensitifs, la troisièm* enfin de celle des nerfs optiques.

IMPRESSIONS GUSTATIVE8. 295

successivement rhylhmés, en un très-court espace de temps donné. Ce sont elles qui sont un adjuvant si puissant pour régler d'une manière uniforme les pas des militaires en marche, et servir ainsi à marquer et a cadencer leur progression. Si les impressions optiques exeito-motrices paraissent avoir but de donner aux mouvements généraux d'ensemble, de \à prestesse et de là précision; les impressions acoustiques, de leur côté, semblent plutôt destinées a imposer un rhythme à ces mêmes mouvements, et i cadencer leurs actes successifs.

g 4. — ImpreMiloiui giutatlTes ezeit^-molrl^es.

Les impressions produites parles corps sapides, à la surface des plexus périphériques, soit des nerfs glosso-pharyngiens, soit des nerfs linguaux, sont réparties (ainsi que toutes tes impressions homologues) au milieu des réseaux de substance gélatineuse qui leur sont spécialement dévolus. Elles provoquent, comlne leurs congénères, des réactions motrices purement automatiques, qui sont particulièrement en rapport avec le but de la fonction à laquelle elles sont annexées, et qui tendent à l'adaptation la plus parfaite possible de l'appareil sensoriel aux impressions spéciales qui lui sont propres.

I. Ces impressions gustatives excito-molrices, une fois importées avec les fibres du glosso-pharyngien au milieu des réseagx gélatineux de la région bulbaire, se réfléchissent tout d'abord vers les noyaux d'origine des nerfs moteurs du voisinage qui sont leurs satellites obligés (pi. V|I, fig. 2 et 1, et pi. VI) ; ce sont, pour le cas actuel, les fibres des hypoglosses qui sont les première^ suscitées. Elles se propagent encore dans un certain rayon, comme leurs homologues acoustiques et optiques, et provoquent pareillement la réaction des nerfs qui font mouvoir les muscles du pharynx, et ceux qui sont destinés à la mastication et à la déglutition. Elles tiennent ainsi sous leur dépendance immédiate cette série de mouvements si rapides et si complexes, que les muscles linguaux accomplissent dans les divers temps de la mastication et delà déglutition, avec une prestesse et une agilité %\ remarquables. Ces mouvements automatiques acquis, qui s'accomplissent d'eu)^-mômes et sans la participation de notre

2dd IMPRESSIONS SENSORIELLES INGONSClKNTl S.

volonté, n*ont d'autre but, en définitive, que la meilleure adaptation des papilles gustatives, aux molécules sapides avec lesquelles elles se trouvent successivement en contact.

II. Ce sont encore les mêmes impressions gustatives excitomotrices qui, étendant plus au loin la sphère de leur activité^ Iraduisent la sensation nauséeuse irradiée de la muqueuse du voile du palais, en manifestations motrices automatiques, dont le but éloigné est d'amener le vomissement. Elles se généralisent en effet dans ces circonstances, de haut en bas de l'axe spinal, et suscitent d'une manière successive les noyaux d'origine des fibres motrices, qui mettent à leur tour en activité les muscles diaphragmatiques, abdominaux, thoraciques, et provoquent ainsi médiatement cette série de réactions enchaînées qui constituent l'effort expulsif, et comme dernier phénomène, révacuation plus ou moins complète du contenu de Pestomac.

* S 5. — iBtyreMlonfl sénlt*le« extiim ■iitrKe».

Les impressions sensorielles excito-motrices, recueillies à la surface des expansions terminales des nerfs qui se distribuent aux organes génitaux dans les deux sexes, sont transportées, ainsi que Budge l'a démontré, à l'aide d'une certaine catégorie de fibrilles radiculaires postérieures, jusqu'au niveau de la région lombaire de la moelle épinière (centre génilo-spinal) (1).

I. a. Concentrées, au niveau des points d'implantation des fibres Je ces racines postérieures, au milieu des réseaux de la substance gélatineuse de Taxe spinal, cette catégorie d'impressions sensorielles se trouve pareillement réfléchie du côté d'un certain nombre de racines antérieures, qui sont plus particulièrement sous leur dépendance directe (page 29). Les réactions motrices consécutives, qui s'opèrent ainsi en dehors de la participation volontaire, sont donc de nature réflexe ; leur but est d'adaptrr l'appareil sensoriel dont elles dépendent, au rôle qu'il doit remplir, et de le disposer de telle sorte, que le maximum d'effet sensoriel soit pareillement obtenu.

Ce sont elles qui, transmettant au centre génito-spinal l'état d^éréthisme des plexus génitaux périphériques, amènent cher

(1) Archives généraleslde m^dwiiwp/ 1858,'t. II, p. «30.

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