‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 2)Chapitre 97 sur 141 · ÔOA ANATOMIE PATHOLOGIQUE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

ÔOA ANATOMIE PATHOLOGIQUE SPÉCIALE

étaient absentes, et la saillie des olives inférieures était à peine indiquée.

Dans Texemple remarquable que Lallemand a présenté ait Société anatomique (1), et dont nous avons pu vérifier les principaux détails, Tatrophie, au lieu de porter sur l'ensemble de l'appareil cérébelleux central, n'avait intéressé qu'un lobe isolé, et c'était le lobe gaucbe. Les fibres des pédoncules inférieurs, moyens et supérieurs, étaient toutes frappées d'atrophie du côté gauche; tandis que les noyaux olivaires, inférieurs et supérieurs du côté droit, étaient seuls atrophiés ; bien plus, la substance grise du corps strié droit avait subi le contre-coup de la dégénérescence atrophique, et présentait une légère atténuation dans ses dimensions; le lobe cérébral du côté droit n'avait pas subi de dimioution apparente dans ses diamètres.

Faut-il considérer cet exemple comme une variété de ceux que Turner a particulièrement signalés, et penser que la dégénérescence atrophique s'est propagée encore d'une manière croisée da cerveau au C(»rvelet ? Nous ne le pensons pas, et nous croyons, aa contraire, que, suivant une marche inverse, elle s'est transmise diversement du cervelet au corps strié. En examinant, enen'et,â ce point de vue, les appareils cérébelleux centraux et périphériques, on pouvait constater nettement sur cette pièce : que le travail d'atrophie était au maximum dans le lobe gauche do cervelet, qui était réduit à un petit moignon, du volume d'une noisette, et au minimum dans le corps strié ; que le lobe cérébral opposé n'offrait aucune apparence d'atrophie : que, la crête occipitale, dévice vers la gauche, exphquait évidemment qu'il y avait eu là, à un moment donné, un travail pathologique localement accompli (cette crête avait été, en effet, déjetée à gauche par suite de l'amplification compensatrice, subie par le lobe cérébelleux droit, plus volumineux que de coutume): que l'atrophie enfin des fibres transversales, pédonculaires, moyennes, supérieures et inférieures du côté gauche au moment même où elles émergent de la substance cérébelleuse, indiquait, d'une façon péremptoire : que le processus atrophique s'était

(1) Bulletins de lo Société anatomique y 1862, p. 190.

irradié directement, du cervelet aux appareils cérébelleux péri* phériques; el qu'en un mot, ici, il avait suivi, contrairement aux faits signalés par Turner, une direction éminemment centrifuge.

ARTICLE III

SYSTÈME DES flBRES CONVERGENTES SUPÉRIEURES.

••lldArlIé de la salHKaBee eortieaie et de» noyaux de «alHitaiiee crise

eentrale.

Le cerveau, avons-nous dit (page 159),- peut être idéalement conçu sous la forme d'une sphère creuse de la concavité de laquelle partirait une multitude infinie de fibres rayonnées, destinées toutes à converger vers un noyau central : la substance grise des circonvolutions représente la périphérie de cette sphère; celle de la couche optique et du corps strié, la masse môme du noyau central, et les fibres radiées, l'ensemble des fibres blanches cérébrales (pi. IV, fig. 2 et 3).

Si les rapports de solidarité intime qui unissent entre elles ces différentes régions sont bien en réalité ceux que nous avons établis, si le cerveau est bien réellement Censembte des circonvolutions reliées entre elles d'un côté à Pautrey et reliées toutes à la couche optique et au corps strié (j^age 241), il doit en résulter, comme conséquence, qu'en soumettant ces données purement anatomiques, au contrôle des faits patliologique (en vertu des lois d'atrophies secondaires dont nous avons précédemment rapporté des exemples), nous devons en trouver la complète confirmation.

C^est en effet ce que nous avons été à même de rencontrer presque constamment dans tous les exemples cités par les auteurs; nous avons constaté dans tous ces exemples que lorsque la substance grise des lobes cérébraux était atrophiée ou dégénérée, les régions centrales subissaient le contre-coup de leur lésion; et, chose bien digne de remarque (qui indique combien les connexions de la couche optique avec la substance corticale sont plus intimes que celles qui existent entre celle-ci et le corps strié) dans ces exemples, la couche optique a été bien souvent notée, comme ayant ressenti, plus profondément, les atteintes irradiées du travail

600 AMàTOMIB patuologiquk spécialb.

atrùfhiant de la périphérie, que le corps strié, dont la subsUnee parait en général plus souvent respectée.

La plupart des auteurs qui se sont occupés d^anatomie pi|tbole« gique, ont été, du reste, déjà frappés de la coïncidence des atrophies simultanées des régions périphériques et des régions centrales du cerves^M ; mais aucqp autre que Cruv^ilbier ne nous parait avoir vu avec plus de netteté et pressenti, en quelque sorte à priori, d'une façon plus précise, le rôle prépondérant qui s^t attribué un jour à la couche optique, dans la contexture des fibres cérébrales : c'est aiqsi, dit^il, « que Fatrophie delà cpuc)ie optique )) a pour conséquence la réduclioq 4e toqt Thémisphèr^ corres- » pondant, centre médullaire et circonvolutions, e|, suivapt qqa (• » foyer a respecté telle w \^\\q pc^rtie de la couelie optique, 1^ > portion de 1 hén^isph^r^ qui répond wn^ radiations de la partie « respeplée échappe seul^ à Tatrophie (i). »

Voici maintenant le résumé de« principales observations que que nous avons rencontrées sur ce point spéoial (je Tanatomie pathologique des centres nerveux. Elles se groupent en deux divisions : les unes sont relatives à des atrophies congénitales, i des arrêts de développement ; les autres comprennent les atrophies secondaires sprvenuefi à \^ s\|ite de lésions profondes fuyant pendant le cours de la yie plus ou moins profondément intéressé U substance cérébrale :

Obs. I. — Femme, cinquante-neuf ans. Hémiplégie congénitale incomplète du côté gauche , affaiblissement des facultés sensorielles du côté paralysé, etc. Arrêt de développement des circonvolutions du côté droit; la coud» optique du côté correspondant offrait en longueur trois lignes de moins qoe celle du côté opposé; le corps strié droit était déprimé à son centre. (Obt. I du mémoire de Cazauvieih, De i'agéf\é%\ê eérébrale; Archiva d$ médêtim^ 1837, 4"8ér.,p. 8.)

Obs. II. — Femme, quarante-deui aps. Obtusion des facultés inleUflOtuelles, etc. ; hémiplégie gauche; sensibilité qioins altérée que le mouvement, etc. Àgénésie de l'hémisphère droit du cerveau; le corps strié etb couche optique sont ratatinés. (Obs. III du môme mémoire, p. 43.)

Obs. III. — Femme, trente ans. Hémiplégie congénitale du côté gaocbe; facultés intellectuelles obtuses ; elle articule à peine quelques mots ; sensibi-

(i) Traité d'Anaiomie pathologique. Paris^ i85S^ t.*IU, p. 178.

lité égale dos deax côtés. Atrophie du lobe cérébral droit; atvopbie delà eoacbe optique oorrespondsnte ; les deas corps striés sont égauao. (Oba. I? du même mémoire, p. 4 5.)

Ois« IV. •— Femme, soisante-huitaBS. Privée de moQYements volontaires da côté droit ; n*a jamais pu se servir du bras correspondant. Arrêt de développement de tout 1 bémisphère gauche ; le corps strié du côté correspen* dent est un quart plus petit que celui du côté sain ; la différence est moins accentuée entre les deux couches optiques. (Obe. V, p. 47.)

Oii. V. «^ Homme, quarante-quatre ans. Idiot de naissance, afltecté congénitalement de pied bot. Hémisphère gauche moins long; atrophie des drcoDvolutions du lobe moyen ; cavités violacées dans la substance grise des drcoDvolotions antérieures et postérieures ; la couche optique correspondante estd*un quart plus petite que celle du côté droit; elle est de plus, d'une consistance presque cartilagineuse. (Breschet, ArehiveB de m^deotn^, 4Sa4, t. XXVI, p. 48.)

Qm. VI. — Fille, sept ans. Idiote. Atrophie des circonvolutions qoi, ça et là, sont indurées ; les corps striés et la couche optique sont atrophiés; à gauche, la couche optique était comme chagrinée à la surface. (Ândral. C7ltmquemédieale^ t. V, p. 607.)

Om. VII. — Homme, quarante-sept ans. Hémiplégie congénitale du côté gauche; les membres correspondants sont plus grêles et plus courts. Atrophie du lobe droit cérébral, et surtout du lobe moyen ; la couche optique et le corps Strié sont pareillement atrophiés. (Id., p. 603.)

Obs. VllI. — Femme, soixante et un ans. Rétraction des membres du eôté gauche qui ne sont point atrophiés ; sensibilité diminuée de ce côté; mouvements volontaires complètement abolis ; la malade marche en traînant le pied sur le sol. Lobe cérébral droit plus petit de moitié; les cireonvolutions y sont petites, atrophiées ; la coucha optique est pareillement atrophiée ; le corps strié, en bon état en avant, est seulement rugueux en arrière. (BuUeUm 4ê la Société anaUmique, 4S34, obs. de Bell, p.)

Obs. IX. — Femme, trente ans. Hémiplégie gauche ; atrophie des membres correspondants. Induration du lobe cérébral droit; effacement des circonvolutions, la couche optique et le corps strié sont pareillement effacés. (BulUlim é$ iaSociéUanaiomique, 4 843, p. 407, obs. de Saint-Yves.)

Om. X. — Femme, trente-deux ans. Épileptique ; hémiplégie droite ; les membres sont moins volumineux de ce côté que de l'autre; rétraction; la malade se traîne en fauchant; la gensibilité est conservée. Atrophie de Thémisphère gauche dont le lobe postérieur fait défaut; la couche optique et le corps strié présentent une atrophie notable. (Id., 4 833, oba. de Beau, p. 4 89.)

Obu. XI. — Homme, vingt^neuf ans. Atrophie congénitale des pnem^res

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