‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 2)Chapitre 96 sur 141 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE SPÉCIALE

La proposition inverse paraît ùlre également vraie : c'est au moins ce qui résulte des deux observations qui suivent :

Dans un exemple d'atrophie d'un lobe cérébral, présenté à la Société anatomiqut; par Beau, le travail d'atrophie avait respecté rhippocampe, les nerfs olfactifs étaient simultanément bien développés (1).

Turner indique de son côté un fait concordant. Il dit, en effet (Observ. III) : c que malgré ratro[)hie qui avait frappé sur un lobe cérébral, l'hippocampe avait été épargné : dans ce cas les nerfs olfactifs étaient intacts. »

Bell a signalé Tatrophie des piliers et de la voûte niarchanl d'une façon concomilaiite avec celle de Thippocampe du même côté (2).

Cruveilhier enfin a rencontré des faits analogues. C'est ainsi qu'il signale avec une atrophie de l'hippocampe, l'atrophie consécutive de la bandelette frangée et du pilier correspondant (3),

ARTICLE II

SOLIDARITÉ DES A?PABEILS CéRÉBBLLKUX CBlfTBAUX ET PÉRirBÉBIQUU.

Nous avons déjà dit que» le cervolot, véritable foyer d'innervation, était en rapport, par ses pédoncules, avec les diiTéreols dépôts de la substance grise du bulbe, de la protubérance et du corps strié. Nous avons siilïîsament décrit les rapports des Gbres pédonculaires inférieures avec les noyaux olivaires inférieurs (pi. I, fig. li ; pi. II); ceux des fibres pédonculaires moyennes, avec lasubslance grise de la protubérance; ceux des fibres |vé<lo!iculaires supérieures avec les noyaux olivaires supérieurs; nous avons insisté sur le rôle prépondérant que c<îs dernières libre? étaient iippelées îi jouer dans la c«;nslitution dos noyaux jaunes des corps striés (pi. X, fig. 3; pi. XVIII, fig. S). Nous avuii< appelé raltention enlin sur reiitrecroisement des fibres pni'^nculair*;s ct»réb»'lle:i<es, (jui est tel, que leurs expansions terniiij.ib sont presque toul(^s localisées précisément dans le côté opposé

^1) I.n';ni, r>u!ldins r/' ,'a f^-ocirti' anafomiquc, Paris, 1833, p. 183.

;2; îx.il, lic/h'ti/i; do In S(r-i< ir itmilùmiquc. Paris, 1831, p. 7.

(3) CriivoiUiii.T. Anniomù' pal holoyique du corps Immnin, XX^' li\i-.; in-fnlut

SOLIDARITÉ DES APP.VDF.ILR CKRÉBELLEt'X. bOi

à celui d'où elles tirent leur oricrino iiitra-c^Tébelleuse (pi. I,

fig.4).

Ces données anatomiques nouvelles, que nous nous sommes attaché tout particulièrement à préciser, trouvent leur confirmation dans les faits révélés par Tanatomic pathologique. Il ressort en eflet de Texamen comparalif des divers exemples d*atrophîe des amas de substance grise cérébelleuse centrale et périphérique, que :

I. L'atrophie des expansions terminales des libres pédonculaires irradiées au sein de la substance grise du corps strié, est apte à retentir d'une l'iiçon centripète jusque vers les régions cérébelleuses centrales d*où elles soutirent leiir principe d'action.

II. Réciproquement, l'atrophie des régions centrales cérébelleuses entraîne secondairement, dans une din-ction centrifvge, Tatrophie des fibres pédonculaires d'abord, et, immédiatement, celle des réseaux de substance grise périphérique qui sont sous leur dépendance directe.

I. Les faits d'atrophie croisée du cerveau ot du cervelet, signalés déjà par Cruveilhier, par Bell et Saint-Yves qui en ont, des 1831, présenté des exemples à la Société analomi(]ue, ont été particulièrement mis en lumière depuis les intéressantes recherches de Turner. Ce judicieux observateur a rassemblé en eflet dans sa thèse les faits de ce genre, et leur a adjoint une série d'observations personnelles. Les choses n'en sont pas restées là une fois le mouvement donné, et, depuis cette époque, des communications analogues ont été faites dans les diilérentes sociétés scientifiques.

Il résulte, en effet, des recherches des différents observateurs que les atrophies isolées d'un lobe cérébral et, par conséquent, celles du corps strié entraînent à leur suite l'atrophie croisée de l'hémisphère cérébelleux du côté opposé.

Ce sont assurément là des faits d'une grande importance, et qui confirment |)éremptoiremcnt les assertions que nous avons précédemment éniises au sujet de la propagation des expansions cérébelleuses médiates au sein de la substance grise du corps strié : la marche du processus morbide trouve en eflet sa raison d'être dans la continuité des plexus périphériques qui sont irradiés

5Q9 iVAToms pathologique sptoiu*

des olives supérieures (pi. I, fig. A). Voici maintenant le résumé de quelques faits à l'appui de nos assertions :

Obi. I. — Femme, soixante et un ans. Lobe cérébral droit plus petit qea le gaache de moitié i le corps strié, en boo état en avant, est mgveaxM arrière ; le lobe cérébelleux gaache est diminué de volome. (Bell, SaeUU anatomique, 4 834, p. 7.}

Obs. II. — Femme, trente ans. Lobe antérieur cérébral droit induré; corps strié effacé ; le lobe gauche cérébelleax est pins petit et pM desBB. (Saint-Yves, Soeiété anatomiquêy 4 834, p. 497.)

Obs. m. — Femme, vingt-deux ans. Lobe cérébral droit atrophié; le corps strié est un peu diminué de volume et indoré. Atrophie du lobe cérébelleix gauche. (Turner. Thèse, obs. 1. Paris, 4 856.)

Obs. IV. — Femme, quatre-vingt-deux ans. Atrophie do loba céréM droit et du corps strié correspondant ; le lobe gauche du cervelet est atropliii et indoré. (Id., id., obs. II.)

Ob8. y. — Femme, vingt ans. Atrophie du lobe cérébral droit et do corps strié correspondant ; atrophie de l'hémisphère cérébelleux du côté gaocbs. (Charcot, Comptes rendus de la Société de biologie, 4 852, p. 494.)

11 est à remarquer que dans ces exemples d*atrophie croisée dd cerveau et du cervelet, c^est principalement la dégénérescence des expansions terminales propres aux fibres pédonculaircs supérieures qui retentit sur les hémisphères cérébelleux et détermine ainsi, à l'exclusion des fibres pédonculaires moyennes et inférieures, les dégénérescences atrophiques consécutives. Il serait intéressant de déterminer ultérieurement si, par un mécanisme analogue, les mêmes lésions de la substance grise de la protubérance et des olives inférieures par exemple, ne pourraient pas semblahlement amener certaines atrophie^ secondaires de la substance même du cervelet ? Je ne sache pas jusqu^à présent que Ton ait songé à recueillir des faits dans cette direction (1).

II. Dans d'autres circonstances, ce sont des phénomènes inverses que Ton observe; on voit alors le travail de dcgéoéres-

(1) On trouve dans les Archives de médecine , le récit d'une observaUon rapportée par Green et dont les conclusions semblent infirmer la valeur des obsorrations (pK nous venons de citcr^ puisqu'il s* agit d*un cas d'atrophie cérébeUeuse si^aotdv même côté que l'atrophie concomitante du cerveau. Cette observaUoo i

SOLIDARITÉ DES APPABEltS CÉRÉBBLLtUX. 50S

cenco passive, au lieu de s'avancer des régions cérébelleuses périphériques vers les régions centrales dans une direction centripète, s'irradier, au contraire, du cervelet proprement dit, vers les plexus t^rmioauit des fibres pédonculaires. Ces atrophies cérébelleuses centrifugée sont pareillement croisées.

Ce genre d'altération signalé déjà par Breschet qui, dans son travail sur les vices de conformation de l^encéphale, a indiqué que l'ubsence du cervelet entraînait du même coup l'absence des fibres d^ lu protubérance (1), semble,' ou bien être très-rare, ou bien avoir échappé jusqu'ici à l'attention de la plupart des anatomopiithologistes. Nous n'en avons trouvé que deux exemples bien significatifs : Tun a été rapporté par Cruveilhier* Tautre par

Le cas dont Cruveilhier a donné la description n'est autre que la fameuse observation de Combette, dont on a prétendu faire un exemple d'absence congénitale du cervelet (2). On voit, eu égard aux détails qui nous intéressent, dans le récit qui en est donné et sur la planche qui l'accompagne, que, si le cervelet ne paraissait plus exister, les fibres pédonculaires dans leur ensemble avaient également disparu : celles de la protubérance

i pea près sans portée démonstratÎYe : 1® parce que le sujet en question était sourdnael, ce qui implique déjà un défaut de régularité dans la contexture générale des pièces (|® spn système nerveux central; 2° parce que le récit de robservation est reproduit deux fois avec des variantes dans le même volume; et cela avec des erreurs typographiques telles^ que je n'hésite pas à admettre une adultération quelconque du texte primitif. {Archives générales de médecine, 3* sér.j, t. XII, 1841, p. 79 et 322).

(I) Archives de médecine, V sér., t. XXXVI, 1831, p. 59.

(9) Pour peu en eCTet que Ton pèse avec aoin les détails analomiques de cette Q|>senfttipii cétèbre, et qu'on les compare avec les symptômes observés pendant la vie, on ne peut s'empêcher de se ranger à l'opinion soutenue par Cruveilhier, et d*admettrc avec lui, qu'il s'agissait bien là d'une atrophie du cervclçt, postérieure à la naissance, et non, comme on l'a très-souvent indiqué, d'une absence congénitale.

n est dit en effet qu'à la place du cervelet, il n'existait plus qu'une membrane fétotipitarme circulaire tenant à la moelle par deux pédoncules gélatineux et membr^aci^; que vers ces pédoncules existaient encore deux petites masses de substance lllancbe du volume d'un pois, isolées et détachées : q^e les fosses occipitales étaient accusées de chaque côte ; et qu'enfin les troubles du côté des fonctions locomotrices, loin d'avoir existé d'une manière continue, n'ont été surtout accust*s que dans les quatre dernières années. (Cruveilhier, Anatomie pathoiogiqtte, XV»livr., pi. Y.

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