‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 3)Chapitre 103 sur 133 · PARALYSIES CROISÉES OU ALTERNES. 5S · texte numérisé non relu

PARALYSIES CROISÉES OU ALTERNES. 5S

trant profondément dans la partie inférieure de ce lobe, pins superficiellement en baot, où elle se détache du tissu nerveux, et franchit la ligne médiane pour envelopper l'origine de la troisième paire droite. (Obs. de Goupil, insérée dans le mémoire cité de Gubler, p. 25.) (1)

m. Les régions supérieures de Taxe spinal, non-seulement se trouvent constituées par l'ensemble des fibres ascendantes motrices et sensitives qui mettent les différents segments sousjacents de la moelle en relation avec les centres nerveux supérieurs, mais encore, par de nouveaux foyers d*innervation d'origine cérébelleuse, destinés à entretenir le jeu incessant des grands appareils organiques indispensables à la vie. Les mouvements respi* ratoires, ceux du cœur en effet, semblent particulièrement sou* tirer de ces mêmes régions supérieures la quantité d* influx moteur nécessaire à leur fonctionnement régulier (2).

C'est de la sorte qu'il faut comprendre le mécanisme de la suspension des mouvements respiratoires lorsque certaines régions de la protubérance sont intéressées, celui du ralentissement des battements du cœur dans de pareilles circonstances, et finalement celui de la mort rapide qui est si fréquemment la conséquence immédiate d'une désorganisation localisée à ce département du système nerveux.

De cette disposition organique découle encore l'explication rationnelle des troubles variés qui se montrent du côté de la motricité organique des voies dîgestives, lorsque certains points

(1) Voyez le rccil déjà indiqué (pajçe 524) d'une observation présentée par Potain à la Société anatomiquc dans le courant de Tannée 1864 : elle est relative à une lésion de certains faisceanx des réprions supérieures de l'axe spinal, avec anetthésif» du côté opposé.

(2) On trouve, dans la thèse inaugurale de Coste, le récit d'expériences intéresfantes faites dans le but d'élucider le rôle de la protubérance dans les phénomènes respiratoires. Ses expériences ont été faites sur des mammifères. En voici le résumé :

Après avoir soustrait les parties supérieures de l'encéphale à des lapins, il vit les mouvements respiratoires devenir do plus en plus rares. Après avoir enlevé les nates Avec la partie supérieure du cervelet, le nombre des inspirations tombait de 42 h 36 par minute ; en enlevant le reste du cervelet, l'animal cessait de respirer. Sur un cochon d'Inde (exp. iv), après l'extirpation du cervelet, le nombre des mouvements respiratoires qui était à 100 par minute, tomba à 18 et à 16, et la respiration devint difficile; la section transversale de la protubérance (section des fibres eiïérentes cérébelleuses) la suspendit immédiatement. (Thèse de doctorat, Paris, 1851, n® 173.)

fiSA LÉSIONS DES RÉGIONS SUPÉHIEURBS DE L*AXB SPINAL.

de la protubérance sont particulièrement intéressés, tels que la dysphagiejes spasmes du pharynx (obs.XVIII), les vomissements (obs. IX et XVIII), la paralysie des réservoirs pelviens et même la polyurie (obs. XVII).

Voici du reste le résumé de quelques observations qui viennent confirmer ce que nous venons d'avancer (1).

Ob9. XVII. — Homme, trentd-neuf ans. Tombe brusquement sans con- Daiisance, léger accès convolsif, rigidité de tout le système musculaire; cya- 0080, un peu d*écumeè la bouche, résolution, coma, pas de paralysie, respiration lenle exclusivement diaphragmatique avec ronflement ; mort tn iiim hiure» Caillot récent du volume d*un pois, occupant la région médiane de U protubérance à la réunion du tiers antérieur avec les deux tiers postérieurs. (Obs. de Mesnet, Archives de médecine, 4 861, t. II, p. 363).

Obs. XVIir. — Homme, soixante-quinze ans. Polyurie ancienne, faiblesse générale, arrêt momentané des mouvements iuspiratoires et des battements du cœur ; syncopes fréquentes dans les derniers temps. Hémorrhagie récente de la protubérance au milieu d'un tissu anciennement altéré ; elle est étendue depuis la région bulbaire jusqu*à celle des pédoncules cérébraux. {Bulletim de la Société anatomique, obs. de Potain, 4 862, p. 54).

Obs. XIX. — Femme, quarante-trois ans. Céphalalgie, vertiges, vomissements, strabisme et convulsions faciales h droite, rien du côté de la motilité ou delà sensibilité; dyspbagie, spasme du pharynx, cyanose, mouvements cardiaques tumultueux; mort en huit jours. Abcès du volume d une olive, au niveau de la région postérieure droite de la protubérance. (Obs. de Porget, citée dans le mémoire de Gubler, p. 34 .)

Page 1