‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 3)Chapitre 105 sur 133 · PA11ALYS1ES SENSORIELLES. 5S · texte numérisé non relu

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optiques (page 196) et aux déductions physiologiques que nous en avons tirées (page SAS), on peut voir que nous avons admis que les couches optiques étaient les véritables C6w/r^5 de réception pour les impressions sensorielles, et ravant-dernière étape où elles étaient concentrées avant d'être irradiées vers la périphérie cor-r ticale, et, qu'en définitive, elles jouaient à proprement parler Iq rôle d'un véritable sensorium commune.

Si ces propositions sont bien conformes à la réalité des choses^ il faut, qu'en les soumettant au contrôle des faits pathologiques,' nous obtenions des résultats concordants. Il faut, par exemple, que nous rencontrions des cas dans lesquels une lésion siniultanée de ces deux noyaux de substance grise soit accompagnée dé Textinction totale des impressions sensorielles qu'ils sont chargés de recueilhV; il faut, d'une autre part, que les destructions par; tielles de certains départements de leur masse soient pareillement suivies de troubles isolés du côté des appareils sensoriels à I4 périphérie. C'est à ces seules conditions, que les données anatomiques que nous avons signalées pourront être considérées comme légitimement confirmées.

Pour arriver à ce résultat, et donner à l'appui de notre opinion les preuves les plus rigoureuses possibles, nous devions donc I. nous mettre en quête des cas dans lesquels des lésions chro-^ niques, portant à la fois sur les deux couches optiques, ont été accompagnées successivement de l'extinction complète des perceptions sensorielles; et»IL rechercher ceux dans lesquels il est dit que des altérations partielles de chaque couche optique ont été suivies de perturbations dans l'élaboration des impressions sensorielles correspondantes.

I. Nous avons été assez heureux, relativement au premier point, pour rencontrer une observation aussi complète que possible, la seule de ce genre qui existe vraisemblablement dans la science.

Elle démontre, de la façon la plus satisfaisante, qu^une dégé^» nérescence localisée exclusivement au tissu des deux couches optiques (un fongus hématode) a successivement amené Tabolilion de toutes les perceptions sensorielles. Nous allons donner le résumé succinct de cette curieuse observation, et ensuite, fort de cette démonstration irréfutable, nous passerons en revue les principaux

6S6 LÉSIOlfS DES COUCHES OPTIQUES.

exemples de lésions isolées des couches optiques, suivies de trou* bles variés du côlé des fonctions sensorielles (1).

Ifademoiselle A. . . , à l'ftge de dix-sept ans, fat atteinte, an début de Tannée 4880, d'une céphalalgie intense ; elle avait toujours eu une bonne santé, et ne connaissait aucune cause à laquelle elle pût attribuer son mal. En 4 824,1a dottleur de tète devint plus intense ; elle occupait la tempe droite et apparaîesait avec des exacerbations. La malade éprouvait des vertiges, des syncopes, ane grande frayeur d^ohjeU imaginaires^ de la dureté de TouTe et de Tobscurcissement de la vue. Elle devint myope, les objets lui paraissaient plus grands qu'ils n'étaient et, parfois, elle restait complètement aveugle pédant quelques secondes. £Ue ressentait de violentes douleurs à Testomac, des nausées et des vomissements. Elle éprouva successivement, dans les différentes parties du corps, de violentes douleurs qui ne s'accompagnaient d'aucun symptôme d'inflammation extérieure. La santé déclina rapidement par suite de la contîsuité des vomissements.

Le 34 août de la même année^ elle fut prise de convulsions avec strabisme et cria perçants ; elles durèrent environ une demi-heure, et furent accompagnées d*une période de Stupeur : la vue se perdit insensiblement, à ce point qu'elle ne pouvait plus distinguer la lumière de l'obscurité ; les pupilles étaient fortement dilatées, mais néanmoins encore un peu sensibles à l'action de la lumière ; la surdité avait aussi beaucoup augmenté ; en même temps, la constipation était opiniâtre, les vomissements et les douleurs d'estomac continuels. Peu à peu, à la suite d'attaques convulsives répétées, la vue et l'ouïe furent bientôt complètement perdues, puis, il en fut de même de l'odorat; le goût, s'il existait, était très-imparfait; elle désirait parfois certains alimenta, mais elle se plaignait toujours qu'ils n'avaient pas de saveur.

Ces symptômes persistèrent avec plus ou moins d'intensité jusqu'en février 4823, époque à laquelle l'estomac rejetant toute espèce de nourriture, les orcès de la malade allèrent de plus en plus en s'affaiblissent : les niiembres étaient demi-fléchis et elle avait à peine la force de les mouvoir ; elle donnait les paupières à demi ouvertes ; les yeux se troublèrent ; il survint à l'oeil gauche une ulcération qui détermina l'ulcération et l'opacité de la cornée ; elle

(i) Cette remarquable obserration, rédigée par Hnnter, est rapportée dam TouTrage de F. Lallemand, Recherches sur l'encéphale, t. II, obs. XII, p. 290. EUe est pareillement reproduite par Mackensie, Maladies des yeux, traduction de Warlomont, t. II, p. 856, il l'emprunte au Medico^hirurgical Transactions, vol. XIII, p. 88, London, 1825. EUe y est, de plus, accompagnée d*un dessin trèssignificatif, qui fait constater de visu le siège précis de la dégénérescence, qui occupait exactement l'amas de substance nerveuse interposée entre les points 11, il' et 10, 10' de la planche XXIX.

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