INFÉRIEUR
Si nous résumons maintenant les principales particularités anatomiques que présente le système des fibres convei^entes inférieures dans son mode de répartition, nous constatons les détails suivants :
A. Toute cette série de conducteurs centripètes, ceux qui occupent les régions de Taxe les plus élevées, de même que ceux qui occupent les régions les plus inférieures, arrivent sans exception en présence d'un amas de substance grise ganglionnaire, placé en travers sur leur continuité, laquelle se trouve ainsi interceptée; et cet amas, c'est un ganglion (pi. I, fig. 1 [9, 10, 11]).
Les fibres nerveuses étant parvenues en présence de cet amas de substance grise, les unes y plongent et se combinent avec les cellules ganglionnaires ; les autres le traversent de part en part, sans affecter avec elles aucun rapport intime (racines grises des nerfs).
Une nouvelle série de fibres nerveuses (fibres efférentes) émerge bientôt de la substance ganglionnaire, et cette génération de nouveaux conducteurs nerveux affecte des directions et des modes de distribution ultérieurs dissemblables. Ils se divisent en trois groupes indépendants :
I. Les uns, dans une direction d'autant plus oblique qu'on les examine plus inférieurement, se dirigent vers Taxe spinal, et vont se perdre dans les dépôts de substance grise gélatineuse qui leur correspondent (fibres ganglio-spinales ) (pi. I, fig. 1 [33, 34, 35]).
lo Ces dépôts de substances gélatineuses, composés d'éléments histologiques particuliers , sont principalement localisés aux points d'implantation de la majorité des fibres des racines postérieures.
2" Ils sont régulièrement étages les uns au-dessus des autres, depuis la région des tubercules quadrijumeaux jusqu'aux régions les plus inférieures de l'axe spinal; ils se trouvent de plus en rapports constants avec la proportion des fibres nerveuses qui viennent s'y distribuer.
3* Isolés et indépendants les uns des au Ires, dans le sens antéro*
postérieur (puisqu'ils sont en relation chacun à chacun avec des groupes isolés de fibres postérieures), ils se trouvent néanmoins soUdairement associés de haut en bas, par une série de plexus longitudinaux, et de gauche à droite, par des fascicules obliques étendus transversalement sur la ligne médiane.
i* Chacun d'eux rayonne, par une série de prolongements antéropostérieurs, vers des groupes isolés de cellules antérieures, avec lesquels ils constituent une série de petits appareils strictement associés. Il résulte de la combinaison de la cellule nerveuse postérieure avec la cellule antérieure un système d'éléments nerveux superposés, parallèles entre eux, à direction antéro-postérieure, constituant autant de conducteurs arciformes, dont la portion culminante serait intra-spinale, et chaque extrémité représentée : Tune, par la fibre de la racine postérieure (jouant le rôle de conducteur centripète), l'autre par la fibre de la racine antérieure (jouant le rôle de conducteur centrifuge). C'est en effet à travers ces éléments nerveux que les actions réflexes se propagent de la région postérieure à la région antérieure : aussi peut-on comparer, au point de vue physiologique, chaque groupe de cellule gélatineuse associé à sa congénère des régions antérieures, à une série de petits appareils excito-moteurs superposés , dans toute la hauteur de Taxe spinal.
Non-seulement ces dépôts de substance gélatineuse stratifiés, sont en relation avec des agglomérations spéciales de cellules antérieures, mais encore ils se trouvent reliés par une nouvelle série de fibres efférentes, aux régions supérieures du système nerveux. Ces fibres efférentes de la substance gélatineuse, connues sous le nom de fibres des faisceaux postérieurs^ existent non-seulement dans les régions inférieures de l'axe, mais encore dans les régions supérieures, partout où se trouve un amas de substance gélatineuse, qui doit être rattaché aux régions centrales. Ces fibres ayant une direction ascendante et interne, s'entrecroisent toutes sur la ligne médiane, au niveau de la région bulbaire ; leurs homologues des régions sus-bulbaires se comportent de la
même manière.
Im fibres des racines postérieures, les dépôts do substance use avec lesquels elles sont en combinaison, les faisceaux
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HA SYSTÈME DES FIBRES GOinrSHGENTES INFÉRIEURES.
postérieurs, forment les anneaux d'une même chtlnei dont les pièces sont réciproquement solidaires ; aussi les trouve-t-on associés, non-seulement dans leur fonctionnement physiologique, mais encore dans leurs divers états pathologiques.
IL Les fibres du second groupe (racines grises des nerfs)fpour la plupart, ne paraissent pas avoir de connexions avec les cellules des ganglions ) elles se dirigent» mélangées avec les précédentes ou isolées, vers les régions les plus centrales de la substance grise de Taxe spinal.
l*" Cette substance grise centrale, constituée en partie d'éléments histologiques aisément reconnaissables, forme, de haut en bas de Vaxe spinal, un tout continu. De distance en distance elle se renfle en formant de petites intumescences géminées, dont la masse est toujours proportionnelle à l'abondance des fibres afférentes, et dont le tuber cinereum offre le plus frappant exemple. Les plexus verticaux qui la constituent, établissent la solidarité du tout: elle règne depuis les régions les plus inférieures de la moelle épinière, et s*étend jusqu'au niveau de la région antérieure de la cloison transparente (pl.I,fig. 1). Elle accompagne partout, aussi bien dans le cerveau que dans la moelle, les cavités spiuo-cérébrales, dont elle est la substance grise satellite. Ellee^t en même temps Tappareil centralisateur (véritable axophyté) sur lequel toutes les fibres convergentes inférieures issues de la périphérie générale, aussi bien que les fibres convergentes supérieures émanées de la périphérie cérébrale, viennent successivement apporter leur contingent de fibrilles : elle peut être considérée comme Taxe commun autour duquel viennent se grouper tous les éléments fibritlaires du système nerveux.
2'' Envisagée au point de vue de la continuité de ses éléments, elle est Tagent de la solidarité intime, qui réunit les points d*im« plantation des fibres nerveuses les plus distantes les unes des autres. Elle sert de trait d'union entre les diflerentes régions de Taxe, et, à cet égard, elle peut être avec raison dénommée r^j7iofi de substance grise sympathique.
3° Les rapports immédiats qu^elIe affecte avec le tissu même du corps pituilaire, impliquent, par cela même, qu'elle doit grandement participer à l'innervation vaso-motrice des nombreux capillaires, dont cette glande vasculaire sanguine est si richement
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poorroe, et par suite, à l'accomplissement de phénomènes do même ordre dans tous les autres tissus de Torganisme.
III. Parmi la série des fibres qui émergent des divers amas de substance ganglionnaire de Taxe, il est une troisième catégorie qui, sans contracter de combinaisons nouvelles avec la substance grise spinale à laquelle elle est contiguê, va directement se jeter dans des départements isolés de la couche optique. Ce groupe de fibres spéciales, que par opposition aux fibres |)rcccdentes, on pourrait appeler justement /î6r^« gangliO'Cérébrales{^\. I, 41, 42, 43), se rencontrent aussi bien dans les régions supérieures que dans les régions inférieures de Vaxe. Elles sont situées en dehors et sur les régions latérales de Taxe spinal ; elles constituent un système complet de fibres latérales, dont les fibrilles du ténia semi-circulaire, celles du faisceau triangulaire de Tisthme, et celles des faisceaux latéraux, représentent les principaux fragments; elles s'entrecroisent en partie comme les autres fibres ascendantes des régions inférieures de Taxe, au niveau de la région bulbaire, et vont se distribuer dans les déparlements centraux du système nerveux appartenant au côté opposé à celui d'où elles émergent.
B. La substance grise des régions antérieures de l'axe spinal, servant de point d'implantation aux racines nerveuses correspondantes se présente :
1* Dans les régions sous-bulbaires de l'axe spinal, sous l'aspect de deux colonnettes grises, verticalement dirigées de haut en bas, et non interrompues dans leur continuité.
8* Dans les régions bulbaire et sus-bulbaire, les points d'implantation des racines antérieures sont plus nettement indépendants et stratifiés, les uns au-dessus des autres.
Cette substance grise antérieure est constituée par l'agglomération de grosses cellules spéciales. Celles-ci sont en connexion, d'une part, avec les fibrilles radiculaires antérieures qui en constituent les conducteurs afTérents ; et, d'une autre part, avec les autres cellules du voisinage, par une série de prolongements eflërents dirigés, soit dans une direction ascendante ou descendante, soit dans une direction antéro-postérieure, soit môme dans une direction ascendante interne. Elles se trouvent ainsi solidairement combinées avec les cellules homologues des régions
supérieures et inférieures, et avec celles des régions postérieures. EUes donnent naissance à cette série de Bbres blanches, à direction ascendante, qui constituent les faisceaux spinaux antérieurs.
S"* Les faisceaux spinaux antérieurs se présentent sous Taspect de fibres longitudinales, entrecroisées, servant de traits d*union entre chaque noyau d*implantation d'une racine antérieure et la substance grise du corps strié.
Us émergent des portions internes de la substancie grise des régions antérieures de Texe, eoos Taspect de prolongements de celhiles, grisd*abord, etdeveiMUitrapidement fibres blanches.
Ils s*élèvent graduellemeot en arrière de la commissure grise antérieure, s'entrecroisent presque immédiatement, et passent ainsi du côté opposé à celui d'où ils dérivent : ce sont leurs fibrilles qui, au moment où elles se redressent, contribuent a former cette série de fibres fasciculées blanchâtres, entrecrobées en X au fond du sillon médian antérieur, lesquelles sont improprement décrites sous le nom de commissure blanche antérieure.
h"* Cette catégorie spéciale de fibres conneclives est commune à tous les noyaux gris d'implantation des racines antérieures; elles se retrouvent avec des caractères dissemblables, en apparence du moins, mais identiques au fond, aussi bien dans les régions sousbulbaires que dans les régions bulbaire et sus-bulbaire de Taxe spinal. Elles constituent un système d'éléments nerveux bien déterminé : celui des fibres spinales antérieures,
b"" Dans les régions sous-bulbaires, nées des différentes régions des dépôts stratifiés de substance grise antérieure, ces divers conducteurs nerveux s'élèvent, après s'être entrecroisés, sous l'aspect de fascicules blanchâtres et parallèles, de chaque côté du sillon médian antérieur : au niveau de la région des olives, ils se dévient en dehors, s'écartent réciproquement, passent sous les fibres arciformes du pont de Varole, traversent obliquement de bas en haut et de dedans en dehors, 4oute cette région de la protubérance, et réapparaissent â découvert^ fto niveau de la région où ils sont croisés par les fibres les plus supérieures des pédoncules cérébelleux moyens. Arrivés en ce point de leur parcours, ils représentent environ le tiers externe de la totafito des fascicules du pédoncule cérébral correspondant (pi. XV, fig. 1).
iy Les fibres spinales aiitcrieurcs, émanées des noyaux gris
correspondants aux régions bulbaire et cervicale, présentent une disposition analogue à celles des précédentes. Elles sont seulement plus nettement fasciculées, et entrecroisées d'une manière plus apparente. Elles remontent pareillement en dedans des précédentes, traversent avec elles, obliquement de bas en haut, toute répaisseur de la protubérance et» à leur moment d'émergence, apparaissent étalées en fascicules distincts, à côté des fibres précédentes, en dedans desquelles elles sont placées.
T Les fibres spinales antérieures, émanées des noyaux gris d'implantation des racines antMeurea appartenant aux régions sus-bulbaires de Taxe spinal, sont, comme ces mêmes noyaux, irrégulièrement stratifiées, par fascicules isolés les uns au-dessus des autres. Elles représentent une série de fibrilles entrecroisées presque immédiatement après leur moment d'émergence, et dirigées obliquement à travers l'épaisseur de la protubérance de bas en haut, d'arrière en avant, elles sont d'autant moins longues qu'elles émergent d'un noyau gris, occupant une situation plus élevée sur l'axe, et plus rapprochée du corps strié (celles des noyaux des nerfs pathétique et moteur oculaire commun sont dans ce cas). Elles sont groupées en dedans des précédentes, et constituent les fascicules les plus internes des pédoncules cérébraux.
8* Les fibres spinales antérieures apparaissent (au moment de leur point d'émergence, au niveau du bord supérieur de leur protubérance) sous l'aspect d'une série de fascicules réguliers, disposés suivant une ligne courbe (disposition généralement décrite sous le nom ai étage inférieur des pédoncules cérébraux). Ainsi juxtaposés, ceux-ci représentent la totalité des fibres qui relient a la substance grise du corps strié, les points d'implantation des diverses racines antérieures de l'axe spinal.
9* Ils se divisent en ce point en trois groupes de fibrilles ascendantes, harmonieuMnent groupées les unes à côté des autres, et s'étalant régulièretneat en éventail, pour pénétrer dans la substance grise du corps strié : ils s'y plongent peu à peu, en suivant Qne direction oblique ascendante en haut et en avant, s'infléchissent successivement deux fois eux-mêmes en spires élégantes, et s'y distribuent, sous l'apparence de trois demi-cônes concentri- ^pes, emboîtés. Ib conservent ainsi, dans cette dernière phase de
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leur parcours, leurs rapports réciproques d'origine : le demi-cène, le plus évasé et le plus externe, représente les fibres spinales antérieures des régions sous-bulbaires; le demi-cône moyen celles des régions intermédiaires; et enfin, le demi-cône interne (celui doni les cléments ont le plus court trajet à parcourir) la série des fibres antérieures des régions sus-bulbaires (pi. Il et pi. III, fig. 2).
10° Ces fibres ascendantes spinales s*éparpillent bientôt dans des départements isolés de la substance grise du corps strié, après après avoir reçu l'appoint des éléments cérébelleux périphériques, et vont, en définitive, sous Taspect de lignes serpentines jaunâtres, se mettre en rapport avec les grosses cellules qui caractérisent spécifiquement la substance grise du corps strié.