‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 3)Chapitre 18 sur 133 · FIBRES SPINALES ANTÉRIEURES · texte numérisé non relu

FIBRES SPINALES ANTÉRIEURES

rieores de Taxe spinal naissent des divers prolongements des cellules correspondantes. Les unes sont destinées, soit à relier les différents groupes de cellules nerveuses ambiantes, soit i conjuguer entre elles, à Taide de filaments grisâtres (qui constituent les fibrilles antérieures de la commissure grise) (pK V, fig. 9) les régions homologues de substance grise antérieure, d'un côté i l'autre ; les autres servent de trails d'union entre les cellules antérieures et les réseaux de substance gélatineuse des régions postérieures; d'autres enfin sont destinées à devenir les fibres initiales des faisceaux spinaux antérieurs.

Nous avons déjà signalé, chemin faisant, ces difl^rentes espèces de conducteurs nerveux, à propos de Tétude de la substance grise des régions postérieures et antérieures, il no nous reste plus actuellement qu'à parler de cette catégorie de fibres elTérentes de la sut)stance grise antérieure qui deviennent les origines des faisceaux spinaux antérieurs.

Fibres e/férent es ascendantes internes (système des fibres spi-noies antérieures). — Les prolongements les plus internes des cellules antérieures de Taxe spinal se comportent dans les régions antérieures, comme ceux des cellules de la substance gélatineuse dans les régions postérieures. De même qu'il nait des régions les plus internes de cette substance gélatineuse une série de fibres eiïéreiitcs, prolongements médiats des fibrilles radicuiaires pos« térieures ^servant à relier ainsi la substance grise spinale aux régions centrales et supérieures du système nerveux); de même ici, nous rencontrons une série de fibres secondaires, émanations médiates des racines antérieures, qui remplissent en suivant une direction pareillement verticale ascendante, le même rôle do fibres connectives; elles servent à relier pareillement chaque dépôt stratifié de cellules nerveuses antérieures, aux régions supé^ rieures et centrales du sysli^me nerveux; c'est-a-dire à la substance grise du corps strié, qui est exclusivement réservée à la réception des éléments spinaux antérieurs, de mémo que celle de la couche optique appartient en propre aux éléments centripètes postérieurs.

Ces prolongements, émanés des cellules les plus internes des régions antérieures (pi. XIX, fig. 1), se dirigent d'abord en dedans, sous forme de filaments grisâtres ; ils s'infiéchissent ensuite en

arrière, vers la commissure grise antérieure au-devant de laquelle ils se groupent, en formant une série de fascicules blanchâtres entrecroisés en X sur la ligne médiane, et décrits improprement SQus le nom de comisêsure blaiiche antérieure (pi. XVI, fîg. 2 [2» 2'], et fig. 3 [3, 3']). Ils s*élèvent ainsi progressivement, en prenant une direction oblique ascendante, s'entrecroisent sur la ligne médiane avecleurs congénères, et deviennent bientôt après, les fibres longitudinales ascendantes du faisceau antérieur du côté opposé.

Ces conducteurs nerveux des régions antérieures, comme ceux des régions latérales et postérieures, se présentent sous l'aspect de fibres blanches longitudinales, naissant successivement les unes au-dessus des autres, à mesure qu'elles émergent des divers dépôts de substance grise, qu'elles servent à relier ainsi aux centres céré*braux, et se groupent régulièrement en séries parallèles. Gomme les fibres des faisceaux postérieures, elles s'entrecroisent à des hauteurs variées, il est vrai, mais principalement à la région bulbaire, et vont se distribuer ultérieurement dans les régions centrales, du côlé opposé.

L'étude des fibres spinales antérieures ne doit pas seulement s'arrêter à celles des régions antérieures de la moelle ; elle doit ôlre faite d'une manière plus générale, et poursuivie (de même que nous l'avons fait à propos de la description des fibres des faisceaux postérieurs de l'axe) partout où il existe un noyau d'origine d'une fibre antérieure, appelant par cela même une série de fibres secondaires, destinées à le relier aux régions supérieures et centrales, c'est-à-dire la substance grise du corps strié.

Nous allons donc successivement passer en revue les descrip* lions des fibres spinales antérieures, des régions sous-bulbaires de l'axe, de la région bulbaire, et des régions sus-bulbaires.

l"" Les fibrilles initiales des faisceaux antérieurs émanées, dans les régions inférieures de l'axe spinal, des prolongements internes et ascendants des cellules antérieures, se groupent bientôt, ainsi que nous l'avons déjà dit, en fascicules blanchâtres, à direction oblique, lesquels, après s'être entrecroisés presque immédiatement, affectent bientôt une mardie régulièrement ascensionnelle. ils se présentent alors sur des coupes verticales qui intéressent

nsnn smiâlbb ANTÉiiEinm. •' M

les régions antérieunis de la moelle d^avant en arriére, sont l'aspect de deux fascicules blanchâtres, placés verticalement Tua a côté de l'autre, et plongeant par leurs extrémités inférieures effilées, et entrecroisées dans chacune des deux colonneties do substance grise qui leur sont contiguês (pi. XVI, fig. S et i; pi. m, fig. 2 [9, 10]).

Sur une coupe verticale intéressant la région de la moelle qui porte le nom de eommisstire blanche^ pratiquée d'arrière en avant, on peut ppireillement se rendre compte du mode d'apparition at et de juxtaposition des fibres spinales antérieures (pi. XVI, fig. 6); on voit en effet : qu^elles se redressent presque immédiatement, i mesare qu'elles émergent du sein de la substance grise qui leur sert de noyau d'origine; qu'elles sont d'autant plus obliques qu'elles occupent une situation plus inférieure ; que leur entrecroisement est continu de bas en haut; que cet entrecroisement de fibres blanches, que l'on constate au fond du sillon antérieur de la moelle, et qui est décrit sous le nom de commissure blanche antérieure, n'est pas autre chose que Tensemble des fibres origi* nelles des faisceaux spinaux antérieurs, à leur moment d'émer^ gence; qu^enfin si l'on compare ces détails avec ceux des coupes horizontales (pi. XI, fig. 8 [2] et pi. XIII, fig. 5), on voit qu'elles se confirment, se complètent réciproquement entre elles, et rendent suffisamment compte des assertions que nous émettons à ce propos.

Ainsi constitués, les faisceaux antérieurs se trouvent donc formés par la réunion d^une série de fascicules, successivement émergeant de la substance grise spinale, et successivement groupés les uns i côté des autres dans une direction ascendante. Ils occupent dès ce moment, la région antérieure du côté opposé i celui d'où ils tirent leurs origines. Ils s'élèvent ainsi, dans les mêmes rapports, vers les régions supérieures, et, arrivés à peu près i 8 centimètres au-dessous de l'extrémité inférieure des olives, ils commencent à subir un mouvement de déviation en dehors. Les fibres qui les constituent (j'entends seulement celles qui vieBiient des régions inférieures de Taxe) deviennent, en prenant une direction légèrement spiroïde, progressivement externe (pU XVI, fig. A [3]); elles s'infléchissent ainsi isolément fibrilles à fibrilles en dehors (pi. XI et XV» fig. i)» passent en

100 SYSTÈME DES FIBRES COIlTERGSEfTBB «fFÉRIECRES.

dedans de Tolive correspondante, et plongent de bas en haut i travers l'épaisseur de la protubérance, sous forme de cordons blanchâtres dissociés. Ces cordons blanchâtres, dont la dissociation ne me paraît avoir d'autre but que de multiplier les contacts des fascicules nerveux qui les constituent, avec la substance grise ambiante de la protubérance, se trouvent parmi la série des conducteurs nerveux qui traversent obliquement de bas en haut et de dedans en dehors, cette région si complexe de Taxe spinal, occuper une situation toujours identique, c'est-à-dire qu'ils représentent les fibrilles les plus externes, et par conséquent les plus obliques jde toute cette agglomération de fascicules nerveux qui passent au-dessous des fibres transversales cérébelleuses (pi. XXXVIIi fig. 2 et 8).

Ces cordons blanchâtres, après s'être dissociés, pour recevoir dans les interstices de leurs fibres la substance nerveuse des régions qu'ils traversent, se rapprochent insensiblement les uns des autres à mesure qu'ils s'élèvent, et se renouent bientôt en une agglomération fasciculée moins lâche, ils arrivent ainsi au niveau du bord supérieur de la protubérance, où ils se trouvent subitement à découvert. Ils constituent en ce point de leur par- <*ours le tiers externe de la région antérieure des pédoncules cérébraux (i) (pi. XV, fig. 1, et pi. III, fig. 2).

Mous arrêterons ici provisoirement l'étude de cette série de conducteurs nerveux, leur trajet ultérieur comportant une description commune avec celle des fibres qui vont suivre. Nous ^lons passer en revue maintenant le mode d'origine et la distribution de cette nouvelle série de fibres spinales antérieures, qui relient à la substance grise du corps strié les noyaux gris d'implantation des racines antérieures, des régions moyennes et supérieures de Taxe spinal.

2" Au niveau des régions bulbaire et cervicale inférieure, les changements profonds de rapports réciproques, qui ont lieu dans :1e groupement des éléments spinaux ascendants (par suite de rentrecroisement des fibres des faisceaux postérieurs et des faisceaux latéraux), retentissent pareillement sur les régions anté-

(1) Cette série de fibres reprcscntc la portion la plus externe des fibres de U ; pyramide^ non entrecroisées.

FimiBS SPINALES ANTÉRIEURES. lOl

rieures de l'axe, et y déterminent de légères modifications apparentes. A ce moment de leur parcours, toutes les fibres spinales, de postérieures et latérales qu'elles étaient, passent en avant de l'axe gris, et deviennent franchement antérieures. Si les noyaux d'implantation des racines antérieures n'ont pas subi de déviations bien notables (pi. Vf, fig. 2, 3 et A), ces fibres secondaires, qui émergent de ces mêmes noyaux (c'est-à-dire les fibrilles antérieures supplémentaires), ont cessé d'apparattre aussi régulièrement disposées que dans les régions sous-jacentes ; la commissure blanche antérieure n'existe plus en effet, avec ses caractères si spéciaux de fibres entrecroisées qu'elle présentait auparavant, et qui sont, ainsi que nous l'avons indiqué précédemment, les indices révélateurs des points d'émergence des fibres spinales antérieures. Ces fibres alors, qui n'en existent pas moins, au lieu d'apparattre au fond du sillon médian antérieur, ont subi, comme tous les éléments nerveux ascendants, un mouvement de projection en avant; elles deviennent superficielles et spontanément saillantes. Elles se présentent sous un aspect identique avec celui que nous avons déjà signalé, dans les régions inférieures, c'est-à-4lire sous celui de fascicules entrecroisés en X sur la ligne médiane, et gagnant, en suivant une direction ascendante, la région du côté opposé à celui d'où ils dérivent^ seulement ici les fibres secondaires au lieu d'être éparpillées en fibrilles délicates et isolées, sont au contraire réunies et condensées en fascicules distincts et superposés. Cette disposition tient probablement à la rareté relative des noyaux gris d'implantation de fibres nerveuses antérieures : il suffit, en effet, de considérer les coupes horizontales des planches VI et Vil, pour voir combien, dans cette région si riche en dépôts de substance grise et de substance gélatineuse (destinée à recevoir les fibres des pneumogastriques et des glosso-pharyngiens), la totalité des éléments nerveux centripètes joue dans la constitution de Taxe spinal, un rôle prépondérant par rapport à l'ensemble des éléments centrifuges. Les noyaux d'implantation des fibres antérieures sont en effet très-clair-semés, et commencent à affecter cette disposition caractéristique de plans stratifiés, que nous avons déjà signalée, à mesure que nous les avons étudiés dans des régions plus élevées. Les fibres bsciculées antérieures, qui émergent 49$ noyaux

loi SYSTÈME DES F1BIIK8 G0MYBR6BNTW HIPÉRIEURES.

d'implantation des régions cervicales supérieures et bulbaîre^i constituées à leur point d'émergence comme les précédentes, se présentent donc sousTaspect de fibres déjà agglonoérées très-ne^ temcnt en faisceaux, tirant nettement leur origine des dépôts de substance grise avec lesquels elles sont en connexion (pL VI| flg. A et 5 [2, 2'] ; pi. VU. fig. 1 ; pi. UI, fig. 2 ; pi. XVI, fig. i [8, S' et 4]).

Ces nouveaux conducteurs nerveux apparaissent sous l'aspect de fibrilles obliques, incurvées sur elles-mêmes, se relevant plus ou moins brusquement en haut, suivant la hauteur à laquelle on les considère (pi. VI, fig. à [2, 2']), et passant obliquement sot la ligne médiane, pour gagner le côté opposé de Taxe spinale Elles offrent alors successivement Tapparence de fascicules entrecroisés, et superposés les uns au-dessus des autres (pi. XV^ fig. 1, et pi. XVi), lesquels s'élèvent ainsi successivement et constituent bientôt une agglomération de fibrilles blanchâtres^ parai* lèles, qui forme environ les deux tiers internes de la pyramide correspondante. Ces fibrilles, comme les fibres que nous avons prik^édemment examinées, plongent obliquement de bas en haut et de dedans on dehors, à travers toute l'épaisseur de la protubérance; elles sont contiguës à la série des fascicules ascendants des régions les plus inférieures de l'axe, en dedans desquels elles se trouvent situées; elles se comportent comme les précédentes vis-à-vis de la substance grise ambiante, et arrivent bientôt ainsi au niveau du bord supérieur du pont de Varole : là elles se juxtaposent régulièrement, et se condensent en fascicules obliques^ qui constituent la portion moyenne de la région antérieure do pédoncule cérébral correspondant (pi. XVI, fig. 1 [5, 6']; pL III| fig- 2 [7, 7']).

i° Dans les régions sus-bulbaires de Taxe spinal, les fibres eflërcntes secondaires, qui représentent ici la répétition des fibres spinales antérieures des régions sous-jacentes, suivent les mêmes Lois de distribution que les noyaux d'implantation dont elles sont solidaires. Comme eux, elles forment des groupes isolés et deâ petits systèmes indépendants.

Elles se présentent toutes sous l'aspect de fibres blanchâtres longitudinales entrecroisées, de longueur inégale, ayant un par- Qoufs d'autant plus prolongé que les noyaux d'implantation radi-

culaire, qu'elles relient a la substance grise du corps strié, sont situés dans une région moins élevée ; elles émergent en général de la masse même de leur noyau d'origine grise, par le point opposé à celui par lequel les fibrilles radiculaîres antérieures y pénètrent pour s'y distribuer. Elles constituent ainsi une série de Bbrillcs, traversant en diagonale toute l'épaisseur de la protubé« rance, sous l'aspect de fascicules très-déliés, condensés à leur point d'émergence, étalés au moment de leur distribution centrale, et régulièrement stratifiés les uns au-dessus des autres (pi. XIII, fig. 1 [20]; pi. III, flg. 2 [4, 4', 4^ 4'"]). Ces fibres secondaires ne peuvent être suivies d'une manière positive dans tout leur parcours; elles ne sont appréciables nettement qu'au niveau des points d'émergence *, on les suit jusqu'au moment o& elles passent au raphé d'entrecroisement ; au delà il est presque impossible de les poursuivre anatomiquement avec certitude. On les perd ainsi pendant quelque temps, puis on les retrouve au niveau du bord supérieur de la protubérance, là où elles viennent se grouper sur la ligne d'alignement commun et, en se juxtaposant à côté des fibres précédentes, constituer la portion la plus interne du pédoncule cérébral correspondant (pi. XVI, fig. 1 [6,

Les fibres secondaires des noyaux d'implantation des fibres propres des hypoglosses et des nerfs faciaux se présentent (^. VII, fig. 4 [8], et pi. VIII, fig. l.[9]) sous l'aspect de Bbrilles grisâtres, émergeant, comme à la moelle, des portions les plus internes de ces mêmes noyaux, sous l'aspect de filaments très-déliés, dirigés immédiatement en haut et en dedans, et constituant ainsi les portions les plus postérieures du raphé d'entrecroisement. Ces fibres, une fois entrecroisées, presque immédiatement à partir de leur point d'émergence, se dirigent ensuite verticalement en haut et en avant, pour gagner les régions les plus internes du pédoncule cérébral correspondant.

Les fibres secondaires du moteur externe présentent une disposition analogue (pi. VIII, fig. 8 [6]). Seulement le noyau d'implantation qui reçoit ces racines nerveuses, présente de chaque côté une élongation de sa propre substance, constituée par la série des fibres efiféren tes qui forment ainsi une traînée grisâtre, fasciculée, qui» preaant immédiatement une direction oblique ascendante,

100 SYSTÈME DIS FIBRBS GONYfiRGBNTEft INFÉRIEURES.

obliquement^ toute l'épaisseur de la protubérance ^qu^elles eotfeat en combinaison (suivant un mode qui sera indiqué plus loin) avec la substance grise appartenant aux pédoncules cérébelleux, se cod« densent en fascicules isolés et juxtaposés au niveau des fibres les plus supérieures du pont de Varole; et constituent, en définitive, cette série de fibrilles fasciculées, régulièrement disposées suivant une surface courbe, qui représente l'étage inférieur des pédoncules cérébraux *,

Que les portions les plus externes de ces mêmes pédoncules sont constituées par la série des fibres secondaires entreoroiséesi émergeant principalement des noyaux d^implantation des régions sous-bulbaires de l'axe ^ que les portions moyennes sont constituées par les fibres appartenant aux noyaux d'implantation des régions bulbaire et cervicale supérieure ; qu'enfin, les portions les plut internes ont pour éléments constitutifs cette série de fibres secon* daires qui relient les tioyaux d'implantation des régions susbulbaires à la substance grise du corps strié. (Comparez pL XV, fig. i, et pi. XVI, fig. 1, avec ph lU, fig. 2.)

ÂRTICLB II.

MODE DE DISTBIBUTlOll DES FIBBEg SPINALES ANliBIEUBES DÂMS LA SUBSTANCE 0BI8B

DU COBPS STBii.

Les pédoncules cérébraux ainsi constitués se présentent, dans leur face antérieure (pi. XV, fig. 1), sous l'aspect de deux cordons conoïdes, situés symétriquement de chaque côté de la ligne mé* diane, subdivisés en fascicules juxtaposés et parallèles, et parais-sant présenter, à partir du moment oà ils émergent de la prolu* bérance, une sorte de mouvement de torsion générale de tous leurs éléments fibrillaires, en vertu duquel chacun d^eux se projette, suivant une direction élégamment spirolde en haut et en dehors. Les fascicules dont chaque pédoncule cérébral est formé , rappro*" chés tout d'abord les uns des autres, et concentres au niveau da collet pédoncolaire, s'écartent graduellement, a mesure qu'ils s'élèvent (par suite de l'interposition de la substance grise péri«> phérique des pédoncules cérébelleux) ; ils s'étalent peu i peu eit éventail* et arrivent ainsi i occuper un espace progressivement plus oonsidéraUe.

DisTRiBonoii lanmiÀLB des fibres spirales AiiTÉRiBimEs. lof

Us se trcovent bientôt ainsi en présence de la substance grise du corps strié qu'ils abordent par sa région inférieure ; ils y pénèlrent isolément par groupes et s^y distribuent de la manière suirante :

Les fibres spinales antérieures» au moment de leur immersion dans la substance grise du corps strié, quel que soit leur point d'origine, présentent une.disposition générale commune. Elles se montrent sous l'aspect de fibres spiroîdes élégamment contournées sur elles-mêmes, et obéissant toutes à un mouvement d'ensemble, qui les porte à s'épanouir en dehors et en avant : elles aiïectent de plus, & partir de leur point d'émergence de la protubérancci une coloration jaunâtre toute spéciale, qui est une teinte d'em- {yrunt, due à la présence des cdlules périphériques cérébelleuses combinées avec elles (pi. III, fig« 2, et pi. II, Bg.2S).

A mesure qu'elles s'élèvent, elles s'écartent de plus en plus les raes des antres, et se segmentent en trois groupes indépendants et inégaux, au point de vue de la longueur et de la quantité de leurs éléments constitutifs (pK XVI, fig. 1). Chacun de ces groupes représente une catégorie spéciale de conducteurs nerveux : le groupe le plus externe est la prolongation des fibres spinales antérieures des régions sous-bulbaires; le groupe intermédiaire, la prolongation des fibres des régions bulbaires, et le groupe le plus interne, celle des fibres des régions sus-bulbaires (pi. III, fig. 2).

Chacun de ces groupes isolés affecte bientôt une disposition spéciale et identique pour tous. Les éléments fibrillaires qui les constituent, se disposent harmonieusement suivant une surface courbe semi-circulaire, et s'étalent tous ainsi, en avant et en dehors (pi. XXIV, fig. 1) dans l'ordre suivant : la série des fibres qui sont les pins multipliées, et qui ont parcouru le plus long chemin (celles qui au niveau du collet pédonculaire sont antéroexternes), sont maintenues dans une même situation; celles qni émergent des noyaux gris d'implantation les plus rapprochés, sont les plus internes (pi. III, fig. 2); et celles qui ont leurs origines dans tes régions moyennes de Taxe spinal, occupent une situation intermédiaire. Il résulte donc de cette dissociation régulière des éléments spinaux antérieurs, que leur immersion dans la substance grise du corps strié se fait sous l'aspect de trois demi-cônes emboîtés de fibrilles ascendantes. Ces cônes se correspondent par

108 SYSTÈME DES PIBRES CONVERGENTES INPÉRIBURBS.

leurs sommets qui regardent en bas et qui se touchent ; ils sont écartés et désunis à leur base» qui regarde en haut et en avant (pi. XVI, fig. 1, pi. XXIV, et pi. I, fig. 4).

Sur des sections horizontales (pi. XXXII [8, 8'] ; pi. XVIII, 6g. 8, pi. XVI), qui iatéressent simultanément les trois groupes des fibres spinales antérieures suivant leur continuité, on peut constater que chacun d'eux se dessine sous Vaspect d'une ligne courbe semi-circulaire, à convexité antéro-externe; qu'ils représentent ainsi une agglomération d'arcades concentriques, entourées de toutes parts par la substance grise du corps strié (1) ; que l'arcade la plus excentrique correspond à Tépanouissement des fibres spinales du tiers inférieur de Taxe spinal, ou de la région sous» bulbaire; Parcade intermédiaire, à celui des fibres du tiers moyen, ou de la région bulbaire; et Tarcade la plus interne, à celui des fibres du tiers supérieur ou de la région sus-bulbaire;

Que ces arcades forment, au moment où elles s'étalent et s'implantent dans la substance grise du corps strié, un noyau triangugulaire de substance nerveuse, à sommet dirigé en arrière et à base tournée en avant et en dehors, à coloration jaunâtre bien accentuée (pi. XXXII); et que ce noyau lui-même ne s'élève qu'à une hauteur assez limitée dans le sens vertical, puisqu'il dépasse à peine le plan des fibres convergentes antérieures (pL XXIV, fig. 1 [8], et pi. XXV [8, 8']) ;

Que chacune d'elles parait renforcée dans le sens horizontal, par une série de fibres advenlives jaunâtres, dirigées dans ce sens, reliant entre eux les éléments fibrillaires spinaux d'un même groupe, dont elles établissent ainsi la solidarité (pi. XVIII, fig. 8 [4,5,6], et pi. XIII, «g. 6 [4]);

Qu'elles sont ainsi distantes et nettement distinctes les unes des autres; de sorte que chaque groupe des fibres spinales, isolé et indépendant à son point de départ, rencontre dans cette dernière phase de son. parcours un mode de distribution corrélatif: chaque groupe se distribue, en efiet, dans la substance grise du corps strié d'une manière isolée, et en conservant son indépen-

(i) Ces arcades ont été signalées et figurées dans les planches de TouTrage de Gerdy, Journal des connaissances médictxhirurgicales^ 1835.

Elles ont été pareillement représentées dans celles d'Arnold ; elles sont ainsi désignées : très arHcutos diverse ootoratas, tabula VIII, fig. 2.

DISTRIBOTIOII CSNTRALE DBS FIBRKS SPINÀLBS ANliRlKimES. iOO

dance individuelle, fait anatomique capital, en ce sens qu'il implique immédiatement l'idée que les conducteurs nerveux qui suscitent l'activité de tel. ou tel département spécial de substance grise spinale antérieure, possèdent, au sein de la substance grise du corps strié, une localisation parfaitement définie ^ et que par conséquent, les régions d*où part Tinflux qui provoque la réaction des divers systèmes de muscles, des régions inférieure, moyenne ou supérieure du corps, sont aussi parfaitement indépendantes et isolées les unes des autres dans les centres.

Quant à la manière dont chaque groupe isolé se comporte au moment de sa distribution terminale, voici ce qui nous paraît le plus probable :

Les fibrilles du groupe le plus externe (pi. XIH, fig. 6) se dispo • sent suivant une courbe régulière regardant en avant (pi. XXI V, fig. 1). Elles s'élèvent ainsi, sous forme de filaments blanchâtres, légèrement onduleux, s'écartent peu à peu les unes des autres, comme les branches d'un éventail qui se déploient, et reçoivent, à mesure qu'elles progressent (dans une direction perpendiculaire à Il leur), l'appoint des fibrilles jaunâtres des expansions terminales cérébelleuses, qui viennent, comme éléments adventifs, s'appliquer le long de la continuité, se combiner avec elles, et partager désor* mais leur distribution ultérieure (pi. XIII, fig. 6 [à], et pi. IV, fig. 5 [/])• Ainsi renforcées, les fibres spinales ascendantes, transformées en fibrilles jaunâtres moniliformes, vont se perdre, sous l'aspect de lignes serpentines, au milieu de la substance grise du corps strié, et se mettre en rapport avec les grosses cellules qui s'y trouvent très-abondamment réparties (pi. XIX, fig. A).

Dans cette dernière phase de leur parcours, ces fibres spinales affectent une direction en général, oblique ascendante; elles gagnent les régions antérieures et externes de la substance grise du du corps strié, et paraissent se terminer dans les points où cette substance grise est précisément le plus abondante. On les retrouve aussi bien dans le noyau extra qu'intra-ventriculaire; et il n'est pas rare d'en rencontrer un certain nombre sous Taspect de filaments ondulés qui passent du noyau externe dans le noyau interne (pi. XXV [2, 2']); elles se faufilent dans ce cas, obliquement à travers les espaces laissés libres par les faisceaux conver- .gents antérieurs» au moment où ceux-ci, pour gagner la couche

ilO avaTÈn des fibiks cohvergentbb niFiticuRKs.

optique, traversent de pari en part la substance grise du corps strié, en s^élageant régulièrement les uns au-dessus des autres.

hà% fibrilles du groupe moyen et celles du groupe interne présentent, en proportions réduites, un mode de distribution termi^ i^ale identique; elles sont seulement inscrites en dedans de Tarcade formée par l'ensemble des fibres précédentes; elles sont moins abondantes, probablement moins allongées, et se répartissent aussi vraisemblablement dans des régions de la substance grise du corps slrié, différentes de celles qui sont réservées aux fibres du premier groupe.

Les rapports de contiguïté qu'affectent, dans certains points de leurs parcQurs, les fibres spinales antérieures, avec les fascicules cérébraux convergents antérieurs, la direction oblique qu'elles affectent en suivant un même alignement que les précédenteis {\èb premières étant obliquement dirigées de bas en haut et d'arrière en avant, et les secondes de haut en bas et d'avant en arrière) (pi. II [27, 26', 39] ; pi. III, fig. 2; pi. IV, fig. 3), ont donné jusqu'ici le change aux anatomistes sur la manière dont se comportaient les irradiations des pédoncules par rapport aux hémisphères cérébraux : la plupart inclinent encore a penser que les faisceaux spinaux antérieurs épanouis se prolongent jusque dans les circonvolutions. L'exposition de la méthode analytique que nous avons employée, et les détails dans lesquels nous venons d'entrer à ce propos, prouvent suffisamment combien nous avons tenu & eipor de décider cet important problème ; nos recherches sont plehiep ment confirmatives, du reste, de celles de KoUiker, et nous ne pouvons mieux faire, que de répéter avec l'illustre professeur de Wurlzbourg : que Von peut considérer comme un fait certain^ que les fibres spinales antérieures s'arrêtent dans le corps strié^ et quelles ne se prolongent nullement dans la substance médul^ laire des hémisphères. Nous verrons du reste plus loin, que les faits que Fanatomie pathologique va nous révéler sont pleinemeot confirmatifs de cette manière de voir.

■Ht nerf «pUuil (pi. 111^ fig. 1 [30]).

Les points d'implantation des divers groupes de fibres radiculaires appartenant au nerf spinal, participant à la fois aux carao-

DU NBRP SPINAL. ili

tères propres des fibres des racines postérieures, et à ceux des racines antérieures, doivent être maintenant passés en revue, après l*étude isolée de chacune de ces deux catégories de fibres.

Les fibres du groupe inférieur du nerf spinal, celles qui sont les plus longues, se présentent sous l'aspect de fibrilles isolées, situées en dehors et en avant des points d'implantation des racines postérieures; elles se dispersent et s'éparpillent comme celles-ci, au sein des amas de substance gélatineuse qu'elles rencontreqt au-devant d'elles (pi. VI, fig. 2 [6], et pi. III, fig. 1 [81]).

Les fibres du groupe supérieur se dévient légèrement en avant et en dehors; elles vont s'implanter, de conserve avec les quelques fibres radiculaires antérieures (qui existent encore dans ces régions de l'axe spinal) dans des noyaux isolés de substance grise (pi. VI, fig. 4 [1,1'] et 5, et pi. VU, fig. 1 [2]), qui représentent ici les cornes antérieures de la substance grise de la moelle.

Si l'on rapproche maintenant cette disposition si spéciale que présente le nerf spinal dans ses fibres radiculaires, de ce que nous iTons déjà dit au sujet de la solidarité intime qui relie les fibrilles des racines postérieures à travers la moelle, à celles des racines antérieures correspondantes, et qui fait que ces deux catégories d'éléments nerveux, de nature si différente, sont littéralement combinées l'une avec l'autre (tant au point de vue de leurs relations anatomiques que de leurs manifestations physiologiques), on se trouve naturellement amené à voir dans le nerf spinal une paire de nerfs antérieurs et postérieurs accouplés ; à le considérer comme un nerf mixte* dès son origine , au même titre que le tronc nerveux commun, résultant de la juxtaposition (sous une même enveloppe névrilématique) des fibres antérieures et des fibres postérieures, et à l'envisager dans la totalité de ses éléments constitutifs, comme un arc excitonnoteur surnuméraire, formé par Taccolement simultané d'éléments centripètes et d'éléments centrifuges (1).

(1) Les dernières recherches de Vulpian, qui a signalé l'existence de cellules ganglionnaires sur le trajet d*unc portion des fibres radiculaires du spinal^ semblent devoir compléter Tanalogie que nous cherchons à établir ici, entre une portion des fibres propres du nerf spinal et celle des racines postérieures. (Brown-Séquard, Jminuii d9 physiologie, janvier 1862, p. 10.)

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