‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 3)Chapitre 21 sur 133 · DU CERVELET PROPREMENT DIT · texte numérisé non relu

DU CERVELET PROPREMENT DIT

L'étude de la structure du cervelet offre à considérer différentes parties qui doivent être isolément passées en revue : 1<* La substance grise des circonvolutions cérébelleuses ; T La substance blanche-, 3* Les corps rhomboldaux.

§ 1*'. — 0«lMi««Bee srl«« eortlMile des clreonvolntioiui cérébelleuses.

La substance corticale du cervelet présente, au premier abord, des caractères bien tranchés, qui la différencient complètement de celle des circonvolutions cérébrales, non-seulement au point de vue de sa disposition foliacée, qui lui donne un cachet tout à fait spécial, mais encx)re au point de vue de ses éléments fondamentaux, qui sont des individualités histologiques vraiment spécifiques.

Sur des coupes horizontales et transversales, elle apparaît sous un aspect qui rappelle assez bien celui d'une feuille de fougère (pi. }LKXV et XXXVI) : les ûbres blanches agglomérées qui s'y distribuent, représentent un axe central, émettant latéralement des divisions dichotomiques secondaires, qui vont, subdivisées à leur tour en ramuscules tertiaires, se disséminer dans les follioles terminales, dont la substance grise corticale, découpée en fragments, représente la configuration. Il résulte de cette disposition particulière, que les circonvolutions cérébelleuses d'un même groupe sont liées entre elles, et qu'elles sont solidement tributaires d'un axe commun.

Cet aspect foliacé des circonvolutions cérébelleuses se rencontre sur un grand nombre de points de la surface corticale ; il en est d'autres cependant dans lesquels il est bien moins nettement accusé. Ainsi, à la région moyenne, au niveau du lobule médian, la substance grise présente la disposition de deux courbes elliptiques, aplaties, suivant leur grand axe, et séparées par une traînée médiane de fibres branches fpl. XXXV, fig. 3). Mais quelle que soit son apparence, qu'elle affecte la forme de lobules isolés (amygdales) ou celle d^une lame mince aemi-circulaire (valvule

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des noyaux libres, ôu comme des éléments hîstologiques complels, ils sont néarîmoins en rapports intimer avec tes libres nerveuses, soit que celles-ci se terminent sur leur surface on s'y combinant {ïî^* 3), soit (ju'elles coiislituenL des plexus excessivement serrés dans tes maillos desquek ils se trouvent en quelque sorte encastrés (pL XXXVllI, lîg. A)-

Ces corpuscules n^apparliennent pas exclusivement à ta zone moyenne, dont ils constituent les éléments spécifiques; on les retrouve encore dans la couche superficielle; la, ils sont plus rares : ils sont épnrpittés dans toute Tépaisseur de celte coucije, ou bien ils se trouvent condensés i la péripliériô, Ils forment une zone d'une minime épaisseur, directement sous-jacente à la pie-mère (pL XXXVlll, iig. 2 [d, d%

m. La couche la plus superBeielle des circonvolutions cérébelleuses n'est pas netlemenl séparée de la couche moyenne ; elle s'en distingue par sa coloration jaune rouille et par sa mollesse; son épaisseur est à peu près égale à celle de la précédente- Ella est caractérisée par la présence : 1** de grosses cellules beaucoup plus volumineuses iiue celles que nous avons vues jusqu'ici (pK XXXVIU), fig, 3); T par celle de petites cellules d un très-petit diarnèlre, qui sont de ta même espèce que les petites cellules de la couche moyerme,

I, Les grosses cellules (cellules de Purkingf) ont un diamètre qui varie entre 0'^,Q6 à O'%09, Elles sont py ri formes, ovoïdes, de col oral ion jaunâtre, pourvues d'un noyau pareillement ovoïde, et contenant un ou deux nucléoles jaunes, brillanls. Elles sont situées exclusivement dans les portions les pins profondes de la couche externe, et rangées en files les a nés a côté des autres, suivant une ligne régulière. Elles sont orientées de telle sorte que leurs corps ou leur extrémité renflée regarde vers la couche moyenne, tandis que leur portion efiîlée (composée de plusieurs prolongements) est tournée vers la périphérie. Elles présentent des prolongements internes, exlernes et latéraux.

1' Les prolongements internes ou profonds, qui ne se voient bien qu'au niveau de la portion renflée de la cellule (li où die est en contact avec la couche moyenne), sont fins et délicats; ik forment avec les prolongements homologues des cellules du voî-

SUBSTANCE COÎIÎÎCàLi CÉRÉBELLEUSE.

siQigd, un plexus exc^ssiveroenL serré, au milieu duquel j'ai pu fjuelqu<?rois suivre k terminaison des fibres de la substance blnnche considérahleiuent etlilées; de sorle que l*on pourrait considérer ces grosses cellules comme les origines de libres blanches cérébelleuses (fig. 2); (comparez avec pL IV, fig* 5 [«, i]).

2" Les proloiigeoienls externes tournés vers la péripliériOt sont très-volumineux et très-apparents^ Ils se présentent sous forme de processus longitudinaux, plongeant de dedans en dehors dans la conehe jaune rouille (piils traversent dans toute son épaisseur, Chemin faisant ik se dicholomisenl, et doiuient ainsi naissance à une série de ramuscules secondaires de plus en plus atténués. Ils s'anastomosent en partie avec lesÛlaments externes des cellules du voisinage, et en partie se prolongent jusqu à la région la plus superficielle de eelte zone, où ils se mettent en rapport avec la couche périphérique des petites cellules cérébelleuseSf qui forment en ce point (comme nous l'avons déjà indiqué) une couche excessivement mince, sous-jacenle à la pie-mère,

3« Les prolongemcnls latéraux, qui sont aussi délicats que les prolongements internes, naissent^ comme ceux-ci, de la portion renflée des grosses cellules , Ils se dirigent, les uns transversalement, pour s'anastomoser avec les voisins, et conjuguer entre elles un© liie de grosses cellules; les autres, légèrement obliques,

«ivent une direction intermédiaire aux prolongements profonds et X prolongements Iransverses, et vont se mettre en connexion ei» s'elGlant, avec tes petites cellules qui sont disséminées au sein de la substance amorphe ambiante (fîg. S).

IL Les petites cellules que Ton rencontre dans la couche externe, ont en général le caractère plus franc de cellules complètes, que celles que Ton trouve dans la couche moyenne. Elles sont plongées au sein de la substance amorphe qui les entoure do toutes paris, et sont par couBéquent très-dilTiciles à isoler. Elles {laraissent èlre un des modes de terminaison, pour les prolongemu nls latéraux des grosses cellules, et ressemblent, lorsque ceux-ci sont convenablement isolés, à une série à'épiphytes groupes le long de leur continuité.

Celles qui forment la couche externe (sous-jacente àla pie-mère) sont à peu près de même dimension que les précédentes, et de eoloration brunâtre^ elle sont tassées régulièrcnient les unes

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isolés se groupent bientôt entre eux, et constituent ainsi un faisceau unique plus ou moins allongé, suivant les régions (pi. XXXV, fig. 1 et 2), et occupant Taxe même de chaque groupe de circonvolulion cérébelleuse (pi. XXXVIII, flg. 1). Ces fibrilles ainsi réunies en agglomération fasciculée vont tphtes, en suivant des directions variées, aboutir à un point commun de convergence.

Celles qui, dans chaque hémisphère, viennent des répons supé* rieures, se dirigent plus ou moins obliquement en bas et en avant (pi. XXXVI, fig. 1, et pi. XXXVII). Celles qui émergent des régions inférieures se dirigent en haut et en avant. Celles qui viennent des régions externes, et qui sont les plus multipliées, seportent toutes en dedans et en avant (pi. XXXV). Quant aux fibrilles blanches émanées des dépôt de substance grise occupant les régions médianes (pi. XXXV, fig. 8), elles obéissent isolément à leur mouvement de convergence, etvonf, en suivant un parcours plus ou moins rapproché de la direction transversale, gagner la substance grise des corps rhomboldaux.

Parties de tous les points de la substance corticale, les fibrilles blanches du cervelet vont en définitive aboutir, comme une série de rayons, vers la surface externe des corps dentelés. Elles s y implantent isolément, fibrilles à fibrilles, pénètrent dans chaque anfractuosité dont cette surface est pourvue, et se mettent ainsi en connexion avec les grosses cellules anastomosées en plexus qui y sont très-abondamment réparties.

L'ensemble des fibres blanches cérébelleuses ne parait pas se prolonger au delà; il représente donc un système isolé de fibres rayonnantes, servant à relier ensemble les cellules de la substance grise des circonvolutions à celles des corps dentelés.

Nous devons faire remarquer, à propos de la description des fibres blanches cérébelleuses : que s'il n'existe pas pour les hémisphères cérébelleux un système de fibres commissurantes à direction transversale, paraissant établir la solidarité d'action de chacun d'eux, les diverses régions de la substance corticale n'en sont pas moins associées entre elles d'une manière intime à Taide d'un système spécial de fibres commissurantes intercoriicales^ dont Q0U9 verrons plus loin un spécimen Irès^accentué dans

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réUide des fibres oommissurantes propres aux circonvolutions cérébrales (1).

Ce système de fibres spéciales se voit particulièrement au niveau de la base de chaque circonvolution cérébelleuse (pi. XXXVIII). Elles apparaissent, comme dans les hémisphères cérébraux, sous Taspectde fibres arciformes, formant une série de zones semi-lunaires, et plongeant par chacune de leurs extrémités au sein de la substance grise des circonvolutions de voisinage. II est même une certaine portion d'entre elles qui (d'un parcours beaucoup plus prolongé) représentent une bandelette curviligne à direction antéro-postérieure, paraissant ainsi servir de trait d'union entre les circonvolutions les plus antérieures et les circonvolutions les plus postérieures d'un hémisphère cérébelleux (2).

§ 3. — C«r»0 deniéièm on rifwfcrtdam ém eervelet.

Les corps dentelés du cervelet se présentent de chaque côté, sous Taspect de deux dépôts de substance grise, isolés comme les corps olivaires du bulbe, au sein des fibrilles de la substance blanche ambiante.

Ils sont constitués par une lame de substance jaunâtre, dense, repliée en zigzag, en grand nombre de fois sur elle-même, et constituant ainsi une sorte de bourse ovoïde à grand diamètre, dirigée en avant, en haut et en dedans, et dont la partie ouverte ou le goulot répond ainsi au niveau des angles latéraux du quatrième ventricule (pi. XXXV, fig. 1, 2; pi. XXXVI et XXXVIII).

(1) Il est probable encore^ qu*à défaut dc'fibrcs commissurantes analogies à celles da cori» calleux pour le cerveau^ les prolongements latéraux des grosses cellules cérébcUenses qui forment ainsi un lacis continu dans chaque hémisphère^ et continu pareillement avec la substance grise du lobe médian, doivent entrer pour une cer* taine part, dans le mode d'anastomose des régions droite et gauche du cervelet, et établir ainsi une certaine solidarité d'action entre les deux hémisphères cérébelleux, qui sont cependant bien plus indépendants Tun de l'autre que les hémisphères cérébraux.

(S) C'est au moment où les fibres cérébelleuses sont abandonnées par les flbres commissurrantes autéro-poslérieures, que ces deux ordres de fibres, obéissant à des directions diflerentes, se croisent réciproquement, et qu'il en résuite un lacis piexiforme de fibriUes blanchâtres, accentué particulièrement au niveau de la région erternc et des corps dentelés (pi. XXXV, %. 4 [H], et pi. XXXVI, fig. 3 [l'J).

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