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STRUCTURE DE LA SUBSTANCE GRISE DES CIRCONVOLUTIONS CÉRÉBRALES

Les circonvolutions cérébrales se présentent, dans leur ensemble, sous l'aspect d^une lame de substance grise, repliée un grand nombre de fois sur elle-même, en ondulations multiples, lesquelles n*ont incontestablement pour but que d'amplifier sa surface et de multiplier ses points de contact avec les fibres blanches qui s'y disséminent.

Cette couche de substance nerveuse est d'une épaisseur à peu près uniforme dans toutes les régions du cerveau ; elle mesure en moyenne 2 à 3 millimètres sur des cerveaux d'adulte. Sa consistance, à rétat sain, est ferme et élastique; on peut enlever impunément la pie-mère qui la recouvre, sans entraîner en même temps des fragments de tissu nerveux. Sa coloration, étudiée sur des cerveaux sains (chez des individus emportés en pleine santé par des accidents subits qui n'ont pas intéressé les fonctions de l'encéphale), est franchement grisâtre, et tranche d'une façon très-nette avec la teinte des fibres blanches aiïérentes (1). En

(1) Notu verrons plus loin qu'un des caractères anatomiques les plus constants de U substance grise corticale des aliénés^ est de présenter^ au contraire^ soit des taches blanchâtres^ discrètes au sein de la masse^ soit une coloration blanchâtre difftue^ qui fait qu*entre la substance propre des fibres blanches et celle de la substance corticale, les trantitionf sont à peine sensibles.

LUTS. ii

162 SYSTàng DB8 FIBRES CX)MVERGElfTEa 8UPÉRIB0U8.

l'examinant de près, on constate de plus que les couches les plus superficielles, celles qui sont sous-jacentes à la pie-mère, offrent une teinte grisâtre légèrement transparente, tandis qu'au contraire, les couches les plus profondes présentent des nuances généralement plus foncées, et ont un aspect rougeàtre, assez nettement accusé (fait qui ne doit être attribué, du reste, qu'à une inégale dilatation des conduits vasculaires qui rampent au sein de la masse même de la substance nerveuse).

Il n'est pas rare, non plus, que Ton puisse apercevoir, môme à à Tœil nu, une certaine série de fibres transversales formant comme un liséré blanchâtre, au milieu môme de la substance corticale, et servant de limite entre les deux zones de substance grise que nous venons de signaler. Ces fibres transversales acquièrent un maximum de développement, dans les circonvolutions des régions postérieures, où elles se présentent sous Taspect d'une bandelette blanchâtre continue (1) (pi. XXXI [4'], XXXII, XXXIII).

Envisagée dans l'étude de ses éléments constitutifs, la substance grise corticale offre à considérer : des cellules nerveuses, des fibres nerveuses, des capillaires, et une matière unissante spéciale.

I. Les cellules de la substance grise corticale se présentent sur des cerveaux sains d'adulte , sous l'aspect de petites masses jaunâtres, réfractant fortement la lumière, et réparties en nombre infini, au sein de la matière amorphe dans laquelle elles sont plongées (2). Elles sont toutes groupées d'une manière régulière, et disposées méthodiquement, le long de la continuité des fibres blanches afférentes (pi. XX, fig. 3 et A). Elles présentent les ca*

(1) Ce liséré a été parfaitement indiqué dons les planches de l'ouvrage de ViG4|d'Azyr.

(2) U nous paraît à peu près impossible de se faire une idée exacte de la multitude infinie des cellules nerveuses de la substance corticale : on peut s'en rendre on compte approximatif par le calcul suivant. Dans des conditions favorables^ sur une tranche de substance corticale assez mince pour être transparente à 15 diamètres, j'ai pu en compter environ 60 à 70 dans 1 millimètre carré. Si l'on se reporte ensuite au nombre considérable de fois qu'un millimètre carré est contenu dans chaque tranche mince de substance corticale, et à l'exiguïté de \olume que présente une tranche mince de cette substance corticale, vis-à-\is de la totalité de la masse des circonvolutions, on arrive à une estimation du nombre des cellules cérébraltf pouvant s'élever à environ plusieurs milliers^

ttADCniBB DBS GIRCSOMVOLUTIONS GÉRBBRALB8. 16S

raclères généraux de (ouies les cellules oerveuses, c'esUànlire qu'elles sont composées d'une membrane d'enveloppe, d'un contenu, d'un noyau et de nucléoles; mais ce qui les distingue particulièrement entre elles» ce sont principalement leur forme, leur ▼olume et leurs prolongements.

Les régions les plus superficielles de la substance corticale sont occupées par une agglomération de petites cellules anastomosées en réseaux, tandis que les régions profondes sont constituées par la réunion exclusive de cellules de grandes dimensions, qui rappellent, par leur forme et leurs connexions, les grandes cellules des régions antérieures de l'axe spinal. On trouve, dans les régions intermédiaires, une série de cellules de transition, dont les caractères peu tranchés participent à la fois de ceux de la région des petites et de ceux de la région des grosses cellules (pi. XX, ûg. à). Néanmoins, ces diverses catégories d'éléments nerveux forment un plexus partout continu, dont toutes les parties sont également solidaires entre elles.

1** Les petites cellules ont en général 0""',0i à 0"'"',016 ; elles sont pourvues d'un noyau volumineux, et présentent des prolongements excessivement fins, qui les rattachent, soit les unes avec les autres (pour former des agglomérations locales), soit à la continuité des fibres nerveuses afférentes (1) (pi. XX, fig. A, 6 et 6).

Leur forme est en général arrondie; ce n'est que lorsque leurs prolongements viennent à être tiraillés, qu^elles apparaissent avec des formes angulaires.

2* Les grosses cellules des régions profondes sont, la plupart, très-nettement de forme triangulaire : elles mesurent en moyenne de (r",015 à 0"*,035 5 leur sommet regarde vers les xones superficielles, et leur base vers le point d'arrivée des fibres nerveuses

(1) On rencontre ordinairement^ dans la région des petites cellules^ et mêlés au milieu d'elles^ une série de petits noyaux isolés pounus de prolongements multiptes, et €[ui ne sont pas recouverts d'une membrane de cellule (pi. XX^ flg. 6). Gei noyaux constituent-ils des éléments normaux? Faut-il les considérer comme des cellules en Toie d'évolution^ ou comme les vestiges persistants de cellules altérées? C'est un point qui me parait encore impossible à juger d'une manière définitire : tout ce que je peux dire, c'est que je les ni rencontrés dans la sulistonce grise dWmaux qui venaient d'être immédiatement sacrifiés^ et que, dans ce cas, l'hypothèse de l'aitération des cléments cérébraux devrait au moins être mise de côté.

16i SYSTÈME DBS FIBRES CONVERGENTES SUPÉRIEURES.

afférentes. Elles sont pourvues d^un noyau ovoïde nucléole et de prolongements multiples (pi. XX, fig. 9).

Les prolongements qui correspondent à leur base, et qui sont souvent plus ou moins ramiûés, nous ont paru (dans quelques cas, d'une manière indubitable) se continuer directement avec une fibre nerveuse; ceux qui correspondent à leur sommet représentent en quelque sorte la continuité de la fibre primitive avec laquelle la cellule se continue^ ils se dirigent vers les couches superficielles des petites cellules, avec lesquelles ils se confondent vraisemblablement. Quant aux prolongements latéraux, ils nous ont paru beaucoup plus fréquemment ramifiés que les précédents; ils établissent la solidarité dans le sens transversal d'une ou de plusieurs séries de grosses cellules, qui se trouvent ainsi solidairement associées dans une action commune (1).

II. Les fibres blanches qui se distribuent au sein de la substance grise corticale sont de provenances multiples, et forment ainsi deux systèmes de fibrilles bien distincts. Les unes ne sont autres que les fibres blanches cérébrales qui pénètrent au sein de la substance grise, sous l'apparence de fibrilles rectilignes et légèrement divergentes, pour s'y amortir (pi. XX, fig. 3); les autres, au contraire, sont des fibres curvilignes qui se présentent au niveau des anfractuosités, sous Taspect de bandelettes continues , et dont les deux extrémités, perdues au sein de la substance grise des circonvolutions ambiantes (pi. XXXI [7, 7'], pi. XX, tig. 1 [6]) , servent ainsi à relier entre elles diverses séries de circonvolutions du voisinage.

1*^ Les fibres du premier groupe qui représentent Tensemble

(1) Les cellules nerveuses corticales semblent a\oir été aperçues par Malpighi, qui leur donne le nom générique de glandules (nom^ du rcste^ qu'il donnait à tous les éléments anatomiques ultimes). Il parait les avoir décrites^ non-seulement dans leur forme et leur configuration jgénérale^ mais encore dans leur connexion avec les tubes nerveux^ qui en sont^ dit-il^ comme les vaisseaux propres.

U est curieux de constater que le nom de l'auteur de la découverte des éléments caractérlntiques de la substance corticale, est demeuré presque complètement étranger aux unatomistes français (au moins de noire époque) qui se sont occupés de ce sujet. Nous sommes heureux de pouvoir contribuer^ pour notre part^ à rendre à la mémoire de l'illustre professeur de Bologne^ le juste hommage qui lui appartient si légitimement. {Discours anatomique sur la structure des viscères^ par M. Malpighi^ philosophe et médecin de Bologne^ 2< édition^ Paris^ MDGLXXXVil.)

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