STRUCTURE DES CIRCONVOLUTIONS CÉRÉBRALES
des fibrilles convergentes et des fibrilles commissurantes, accolées les unes à côté des autres, se présentent, pour chaque circonvolution, sous l'aspect d'un gros faisceau central de fibrilles juxtaposées, dont les extrémités, de plus en plus effilées, s'écartent peu à peu les unes des autres, et pénètrent, sous des incidences variées, au sein de la substance grise qui les reçoit (pi. XX, fig. 3).
Celles qui occupent les portions centrales des fascicules sont presque rectilignes dans leur parcours ; celles qui occupent les régions latérales sont d*autant plus incurvées sur elles-mêmes qu'elles sont plus inférieures. Une fois qu'elles sont arrivées sur les limites de la substance amorphe intercellulaire , ces fibrilles s'amincissent progressivement; elles perdent peu à peu les caractères de fibres nerveuses contenant de la moelle ; la gatne se rapproche de plus en plus des cylinders, la substance médullaire diminue d'épaisseur, et chaque groupe de fibres (pi. XX, fig. k et 6), formant encore à ce moment des striations régulières et parallèles, au milieu des réseaux de cellules ambiantes, finit par se dissocier peu à peu, et entrer en connexion avec les prolongements des cellules nerveuses qui lui sont propres. Parmi ces fibres ultimes, les unes se mettent manifestement en rapport avec les prolongements profonds des grosses cellules de la couche profonde; les autres, au contraire, continuent leur trajet progressif au milieu des rangées multipliées des cellules de toutes dimensions qu'elles côtoient chemin faisant, et se terminent directement, au milieu des plexus de cellules des régions superficielles,: en se mettant en rapport de continuité, soit avec les prolongements de ces mêmes cellules (pi. XX, fig. S, h et 6), soit en s'éparpillant sous forme de fibrilles excessivement délices, à la surface des parois des cellules de ces mêmes régions.
¥ Les fibres du second groupe suivent une direction différente. On peut s'assurer, soit à l'aide d'une dissection attentive, sur des pièces durcies dans la solution chromique (pi. XX, fig. 3), soit à l'aide des coupes horizontales ou verticales :
Que ce système de fibres curvilignes dont Gratiolet (1) a donné une bonne description, se présente sous l'aspect de bandelettes incurvées, qui embrassent par leur concavité la base de certaines
(1) Gratiolet^ Anaiomie comparée du système nerveux. Paris, 1857, t. Il, p. 189.
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circonvolutions ; qu'elles pénètrent au sein de la substance grise, sous forme d'anses parallèles, à concavité regardant en dehors; que leurs extrémités s*effilent progressivement, et se terminent sous forme de filaments excessivement grêles, au milieu du plexus de cellules des régions les plus superficielles, en formant (souvent d'une manière très-apparente en ces régions) un lacis de fibrilles superficielles d'une extrême délicatesse; qu'elles constituent ainsi un système de fibres transversales continu, servant à relier entre eux, principalement les réseaux de cellules des couches superficielles des circonvolutions du voisinage.
Ces fibres commissurantes intercorticales, dont nous avons signalé déjà un spécimen à propos de la description des fibres blanches du cervelet (page 120), nous ont paru former un système de fibres transversales uniformément réparties dans toutes les régions du cerveau : peu apparentes dans les circonvolutions des régions moyennes et antérieures, elles ne se montrent en ces points que sous Taspect de tractus grisâtres, et échappent par suite de cette coloration spéciale, à l'œil nu. Elles sont au ontraire très-nettement accusées dans l'épaisseur de la substance grise des régions postérieures. Elles s'y décèlent alors sous l'aspect de fibrilles blanches, et par cela même sont perceptibles à la simple vue (1) (liséré de Vicq d'Azyr) (pi. XXX et XXXI [h']).
Ce système spécial de fibres commissurantes, qui associent entre elles les diflërentes zones de cellules dont se composent la substance grise des circonvolutions, nous paraît appelé a jouer un rôle de premier ordre dans les phénomènes de l'activité des cellules cérébrales. II est évident que si, par leur présence, les points homologues do la substance grise des circonvolutions du voisinage sont intimement commissures, ces points doivent être
(1) Ces fibrilles commissurantcft intcr-corticalcs forment des fascicules emboitét au sein de la substance grise où ils reposent^ de sorte que lorsqu'on vient à presser entre deux lames de verre une tranche mince de substance corticale, ainsi que Ta indiqué Baillarger (Mémoires de l'Académie de médecine, t. VllI, 18A0), on les isole artiflciellement les uns doi autres, et on est porté à admettre (par cela même, qu'ils se dissocient sous l'influence de la pression) Texistence de couches multiples de sub* stance grise rc^lièrcment stratiflécs les une» au-<lcs$us des autres. Ces couches, en réalité, n'existent pas d'une manière isolée et indépendante, puisque la substance grise est homojjrène, et que tes plexus de cellules qui ta constituent sont partout continus.
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par cela même associés dans une action commune, et qu'en un mot, elles doivent être les voies de la propagation des actions nerveuses à travers les réseaux de cellules corticales, et les agents essentiels de cette solidarité intime de toutes les régions du cerveau, en vertu de laquelle les molécules dont chacune d'elles se composent, vibrent en quelque sorte, d'un commun accord et A Tunisson.
III. Quant à l'appréciation exacte des rapports intimes des fibres du premier groupe, avec telle ou telle catégorie de cellules nerveuses, et à la signification physiologique des diverses espèces de cellules dont se compose la substance grise des circonvolutions cérébrales, nous ne pouvons, dans l'état actuel de nos connaissances, qu'émettre des inductions, basées uniquement sur l'étude des faits analogues.
Nous verrons, en effett plus loin (en étudiant les fonctions de l'axe spinal) que les régions dans lesquelles sont reçues les impressions sensorielles périphériques, sont abondamment pourvues de petites cellules (cornes postérieures de la moelle) ; et que celles, au contraire, qui sont des foyers d'incitations pour- les phénomènes de la motricité (cornes antérieures), lont riches en cellules de grandes dimensions. Transportant ces données acquises a Tétude des questions qui nous occupent, et sachant d'ailleurs, d'après les expériences de la physiologie expérimentale, que la substance grise des circonvolutions cérébrales, est à la fois le siège exclusif de nos perceptions et de DOS volilions (c'est-à-dire le substratum organique au sein duquel sont déposés et perçus nettement les divers ordres d'impressions sensorielles, et le poiutd'od émergent les phénomènes de motricité volontaire), nous sommes naturellement amené à conclure :
Que les couches les plus superficielles de petites cellules qui ivoisinent la pie-mère, sont probablement en rapport avec la réception et Télaboration des impressions sensorielles, lesquelles, irradiées d^me manière incessante des centres de la couche optique, y sont déposées à Taide de cette série de fibrilles spéciales qui se mettent directement en connexion avec leurs réseaux à la périphérie;
Et que les couches les plus profondes des grosses cellules, en continuité, d'une part, A l'aide de leurs prolongements multiples.
108 STSt&lfB DBS FIBRES C0NVBRGBNTB8 SUPÉRIBURIS.
Rvec les rangées de cellules superficielles, et d'autre pari, avec une certaine catégorie dp fibres blanches qui jouent dans ces circonstances, vis-à-vis d'elles, le môme rôle que les fibres des racines antérieures jouent vis*à- vis des grosses cellules de la moelle (fibres cortico-striées, pi. I, fig. 2 et 3), pourraient bien être les régions cérébrales spécialement affectées aux phénomènes de la motricité, et la sphère spéciale d'où partiraient dans une direction convergente les manifestations motrices volontaires. Peut-être faudrait-il voir dans cette série de fibres blanches qui se mettent en rapport avec les grosses cellules des couches profondes, une des origines multiples des fibrilles cortico-striées, éparpillées au sein de la substance grise des circonvolutions (voy. page 188 et pi. 1, fig. 2 et 3).
IV. Circonvolution de l'hippocampe (f\. XXI). — Lacircon* volulion de l'hippocampe présente cette particularité remarquable, que la lame de substance grise qui la constitue, est enroulée sur elle-même en forme de cornet, et que la portion devenue libre de cette lame arrive, en s'épaississantet en présentant quelques ondulations rudimentaires, a constituer la substance grise des corps godronnés. On peut s'assurer, du reste, de celte disposition sur les coupes verticales indiquées planche XXI.
Les cellules nerveuses qui entrent dans sa constitution, sont de même espèce que celles des autres régions du cerveau. On y rencontre de petites cellules, qui forment toutes un réseau continu, bien facile, la plupart du temps, à voir nettement, et des grosses cellules qui présentent, soit avec les fibres nerveuses, soit avec les prolongements de cellules précédentes, les mêmes connexions qu'ailleurs. Ces divers éléments m^ont paru, en général, plus nettement isolés les uns des autres, et par conséquent plus facilement perceptibles, que dans les autres régions corticales du cerveau. Ils m'ont semblé avoir des dimensions plus accentuées que leurs homologués, et être en même temps d'une consistance plus molle et d'une coloration plus foncée (1).
Les fibres blanches qui sedistribuentausein de la substance corti-
(1) Par suite de l'enroulement de la substance fcrise sur clle-mcme, les ccUulcs de r hippocampe ne sont pas toigours faciles à étudier dans leurs rapports récipro-