‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 3)Chapitre 4 sur 133 · PLAN GÉNÉRAL DE LA DESCRIPTION ANATOMIQUE · texte numérisé non relu

PLAN GÉNÉRAL DE LA DESCRIPTION ANATOMIQUE

duquel sopèrent tous les actes purement automatiques de Torganisme; c'est à travers les éléments qui le constituent que passent les impressions centripètes inconscientes pour se transformer en réactions excito-motrices à direction centrifuge; c'est lui qui est Tagent essentiel de cette série de phénomènes involontaires, incon^ scients et régulièrement coordonnés entre eux, phénomènes qui persistent avec leur intensité et leur rhythme habituel chez les animaux décapités, et dont le but final est Tentrelien du jeu régulier des appareils les plus indispensables au fonctionnement de la machine vivante (mouvements respiratoires, mouvements du cœur). Supprimez Taxe spinal avec ses conducteurs afférents et ses conducteurs efférents, vous tarissez du même coup les sources d'innervation qui tiennent sous leur dépendance immédiate le jeu régulier des appareils organiques les plus indispensables à la vie. b. Le second est au contraire un appareil de perfectionnementt surajouté au précédent dont il amplifie les manifestations fonc« tionnelles. Tributaire du premier au point de l'arrivée des impressions du dehors qu'il reçoit à l'état ^'impressions brutes^ le système convergent supérieur élabore et amplifie ces mômes ini" pressions par l'activité propre des éléments qui le constituent. C'est lui qui est le siège exclusif des passions affectives et des phénomènes purement intellectuels. C'est au milieu de sa trame que les impressions du dehors sont nettement perçues, qu^elIes sont conservées à Tétat de souvenir, converties en idées, associées en jugement et réfléchies sous forme de manifestations motrices volontaires. Aussi son développement dans la série des vertébrés est-il proportionnel aux manifestations extérieures à l'aide desquelles son activité propre se révèle. Il aflecte une am« pliation régulièrement progressive, à mesure que Ton en poursuit rétude comparée, depuis les poissons les plus dégradés, chez lesquels il est réduit à deux petits amas rudimentaires de substance grise, conjugués entre eux d'un côté à l'autre, et reliés aux régions centrales, et qu'on s'élève graduellement jusqu'à l'homme, chez lequel il se présente avec ces luxuriantes proportions qui sont en quelque sorte la caractéristique de l'encéphale humain (pi. XXXIX et XL).

5* Les systèmes convergent inférieur et convergent supérieur

6 ÀlfATOIIB DU 8T8TàMB MEUVEUX CÉRÉBRO-SPINAL.

sonlencore entre eux dans desrapports de balancement réciproque. Tandis que, en effet, chez les vertébrés inférieurs le système convergent supérieur est réduit au minimum, et que le système convergent inférieur est au contraire développé au maximum, chez les vertébrés supérieurs et chez Thomme des rapports inverses s^établissent.

Voyez, en effet, le développement en quelque sorte colossal que présentent certains amas de substance grise ganglionnaire qui sont particulièrement en connexion avec les fibres convergentes inférieures, et comparez-les au volume des lobes cérébraux; ils les égalent ou même les dépassent en volume; rappro* chez le volume des ganglions olfactifs et optiques chez les poissons et certains reptiles de celui des lobes cérébraux (pi. XL).

N'est-il pas curieux de suivre ainsi, à mesure que Ton s*élève dans rétude de Tencéphale des vertébrés, le développement progressif de la sphère de l'activité cérébrale, et l'atténuation proportionnelle de la sphère de l'activité automatique, et, comparant les rapports réciproques du volume des différents appareils sensoriels qui sont plus particulièrement annexés au système convergent avec celui des lobes cérébraux, de suivre pas à pas les phases de perfectionnement successives des appareils cérébraux proprement dits, à mesure que les appareils purement spinaux semblent sinon s'atrophier, rester du moins dans un état sta* tionnaire. Quand, en effet, les lobes cérébraux se développent, le volume des ganglions olfactifs et optiques s'atténue; à mesure que les lobes cérébraux s'avancent dans leur évolution progressive vers les régions postérieures de l'encéphale, les tubercules quadrijumeaux sont de moins en moins accentués (pi. XXXIX et XL).

Il y a donc dans la série des vertébrés un accroissement continu en volume des appareils cérébraux proprement dits, en vertu duquel ils arrivent chez l'homme à avoir sur tous les autres appareils nerveux une prépondérance exclusive.

6« L'étude du développement chez l'homme des divers appareils nerveux nous fait voir encore, entre le système des fibres convergentes supérieures et celui des fibres convergentes inférieures, des rapports de même ordre.

Chez l'embryon humain, ce sont les fibres afférentes à Taxe

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gpinal et les éléments nerveux du système convergent inférieur qui otit une précocité d*apparition bien remarquable par rapport i ceux du système convergent supérieur (1).

A mesure que le développement ultérieur s^effectue, des rap* ports inverses s'établissent, et ce n^est pas une dés vérités ana** tomiques les moins fécondes, qu'ont révélée les travaux des savants modernes, que de pouvoir constater que les phases diverses par lesquelles passe successivement l'encéphale de Tembryon humain pour arriver à son entier développement, sont précisément celles que présente l'encéphale des vertébrés d'une manière perma» nente, et que dans ces transformations successives qu'il subit, depuis le moment où c'est le système convergent inférieur qui prédomine en lui, jusqu'à celui où c'est le convergent supérieur qui finit par l'emporter, il présente, véritable Protée, successive» ment les différentes apparences qu'offre d^une manière stable, celui des poissons tout d'abord, puis celui des reptiles, puis celui des vertébrés inférieurs, pour arriver enfin, par un dernier effort d'évolution, à prendre la configuration qu'il doit avoir doréna* vant, et avec laquelle il doit ultérieurement parcourir la sert' naturelle de ses âges.

Chez l'homme adulte, c'est le système convergent supérieur qui joue le premier rôle pailni les manifeslatiotiS du système nerveux central, puisque ce moment de la vie est précisément celui dans lequel les facultés intellectuelles et les passions affectives sont dans tout leur épanouissement; mais aux extrémités de ta vie l'équilibre semble se rétablir au profit des appareils du système convergent inférieur, par suite de la prépondérance exclusive qud semblent prendre à ce moment, parmi les fonctions générales du système nerveux, les phénomènes propres à l'activité automatique, phénomènes qui sont d'autant plus accusés que la sphère de Tactivité intellectuelle est de plus en plus diminuée (2).

(1) Yen le second mois do la vie eutnHitérlne chei rhomme^ tandis qne les flbrM éa nerf sciatiqne sont déjA parfaitement contituécs dans tous Icutt élémonta (^aiiiêi CTlîndtr, tubes m^uUaires)^ que les flbrés de^ racines postérieures et celles da la m<Mlla Mnt ptesque achirrées^ les fibres cérébrales proprement dites ne sont encoft nptémmXéeê que par des eellnles embryonnaires en toie de transformation.

(S) Il en à noter à ee lOjet que lea phétiomènes de la vie aotomatiquo peurent persister presque seub chez Thomtte un trèe^and nombre d'années^ IndépendaHh

iO ANATOMIE DtJ SYSTEME MËRVEVX CÉftÉBRO-ftPlMAL.

de son point d'émergence au sein de la substance grise corticale jusqu'i son point de convergence au pourtour de la couche optique. Nous ferons semblablement ici la part :

1* De celles qui sont exclusivement affectées à la propagation des impressions sensitives et sensorielles (fibres allant à la couche optique) ;

2* Et de celles qui sont liées adx phénomènes de la motricité proprement dite.

Après avoir ainsi successivement passé en revue les rapports généraux, la direction, le parcours et le mode de terminaison des fibres nerveuses, tant du système convergent inférieur que du système convergent supérieur, la description des deux amas de substance grise centrale qui jouent, vis-à-vis de l'ensemble des fibres de ces deux grands systèmes d'éléments nerveux, le rôle A* appareils récepteurs communs^ trouvera naturellement sa place. Nous nous occuperons alors de Tétude isolée de la couche optique et du corps strié, considérés comme centre de convergence.

G. Enfin, il nous restera à parler d'un système de fibres spéciales à direction généralement transversale, fibres anastomotiques ou commissurantes, qui, réduit au minimum dans le département du système convergent inférieur, aequiert au contraire dans celui des fibres convergentes supérieures, des proportions considérables :

Commissures grises de Taxe spinal. — Corps calleux. — Com« missures blanches et grises du cerveau.

D. Les principaux points qui sont relatifs à Tanatomie compa^ rée et à Tanatomie de développement seront examinés dans un chapitre à part.

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