DÉVELOPPEMENT ET ANATOMIE GOMPAIIÉE
d'eux ? Nous ne saurions accepter cette manière de voir, et voici pourquoi : c'est que, si Ton examine en effet la coupe horizontale du cerveau d'un oiseau, on constate ce fait bien remarquable : c'est l'existence d'une série de fibres commissurantes (pi. XXXIX, fig. 26 [5]) formant un fascicule bien nettement accusé^ dont les origines sont confondues au sein de la substance corticale avec celles des fibres convergentes, et qui relie ainsi franchement, Tune à l'autre, chaque région homologue de cette même substance corticale. II en résulte que les régions externes (celles vers lesquelles les impressions sensorielles irradiées des couches optiques sont disséminées) se trouvent solidairement associées entre elles, comme dans le cerveau des mammifères. Cette commissure est donc l'analogue du corps calleux des classes supérieures.
D'une autre part, il est bon de noter que les régions internes des lobes cérébraux des oiseaux sont précisément les points d'où émergent les fibres corlico-striées (fig. 21 et 20) (c'est-à-dire celles qui transmettent les incitations volontaires à la substance grise du corps strié). Les commissures sont donc inutiles en ces régions, puisque chaque corps strié agit d'une manière indépendante, et que chez les oiseaux, les membres du côté droit sont indépendants, dans Taccomplissement de leurs mouvements, de ceux du côté gauche.
C'est ainsi que nous comprenons le plan d'organisation du cerveau des oiseaux : nous voyons dans la couche optique un centre d'irradiation d'impressions sensorielles, disséminées vers la substance corticale, à l'aide des fibres qui les unissent entre elles; nous pensons que celles-ci sont propagées secondairement, à travers les réseaux de la substance corticale, jusqu'aux cellules du corps strié (à l'aide des fibres cortico-striées) , lesquelles traduisent, par des manifestations motrices, unilatérales et volontaires^ les diverses modalités des régions de substance grise avec lesquelles elles sont en connexion.
L'encéphale de la grenouille nous a paru présenter des dispositions analogues : quant à celui des poissons, il offre quelquefois d'une manière très-manifeste une série de fibres commissurantes étendues transversalement d'un hémisphère à l'autre (pi. XL, fig. 1& [6]). D'autres fois les fibres commissurantes cessent