IMPRESSIONS SENSITIVES. 28S
propriétés générales de la substance gélatineuse et du mécanisme des actions réflexes.
Transportées au sein de la substance grise de Taxe spinal, à l'aide des fibrilles des racines postérieures, elles se distribuent dans toute la hauteur de cet axe, depuis les régions les plus inférieures jusqu'aux régions les plus supérieures. Elles ne sont, par conséquent, pas nettement localisées au niveau des points d'implantation des fibres afférentes qui les supportent (comme les impressions optiques et acoustiques, par exemple), aussi leur histoire est-elle faite lorsque Ton parle des fonctions de Taxe spinal en général. Qu'il nous suffise seulement de rappeler, qu^au point de vue de la physiologie des mouvements d'ensemble, ce sont les impressions de la sensibilité inconsciente, qui provoquent, par les incitations alternatives, résultant du contact de la plante des pieds avec le soli qu'elles transmettent a la moelle, ces réactions musculaires automatiques (si bien régulièrement coordonnées à notre insu), en vertu desquelles nos mouvements de progression s'effectuent; que ce sont elles qui régissent la contraction musculaire de nos membres supérieurs-, qui permettent à nofl doigts de s'accommoder aux divers objets extérieurs; à leur pulpe, de s'apphquer exactement à la surface de ces mêmes objets pour en saisir les formes et les contours, et de contribuer par conséquent ainsi à la perfection etàl'effet maximum des impressions purement tactiles.
Les impressions de la sensibilité inconsciente sont aptes, ainsi que nous l'avons indiqué, d'après Chauveau, à se propager avec Que très-grande rapidité chez les animaux, dans toute la hauteur de la substance grise de Taxe spinal, soit de haut en bas, soit de bas en haut. Chez l'homme, tout porte à croire que dans les conditions normales du fonctionnement du système nerveux, des phénomènes de même nature se passent également; l'impression du froid en effet sur la peau des extrémités inférieures, provoque la mise en activité des arcs diastaltiques de la région bulbaire, et consécutivement, la réaction automatique des muscles expiraleurs qui déterminent l'éternument; le chatouillement exercé dans les mêmes régions, est suivi de mouvements provoqués dans diverses parties du corps. C'est encore à un fait de même ordre qu'il faut s'adresser (c'est^A-^ire à une propagation inconsciente dans le
sens vertical, d'influx excito-moleur) pour se rendre compte de ces mouvements instantanés qui apparaissent dans nos extrémités inférieures, avec la pantomime de la douleur, lorsqu'un de nos doigts, par exemple, vient à être inopinément contusionné, etc.
Peut-être faut-il encore voir, dans la façon dont les divers systèmes de muscles sont successivement envahis chez les tétaniques, un exemple de plus de cette aptitude à la dissémination que possèdent les impressions centripètes, émanées des plexus cutanés périphériques; et une exagération maladive de cette curieuse propriété qu'ont les réseaux de la substance grise spinale, de se laisser traverser par les impressions venues du dehors, et d'associer dans une action synergique les divers noyaux d'origine des fibres motrices ?
§ 2. — ImpreMloDs optli|iieii eieitt ■i»trlee>.
Les impressions optiques excito-motrices sont, après les impressions sensitives homologues, celles qui, au point de vue de l'importance, occupent le second rang.
Collectées à la surface des plexus périphériques de la rétine, simultanément avec les impressions conscientes, elles sont transportées suivant une direction centripète par les fibres optiques, d'abord, dans les dépôts de substance ganglionnaire des corps genouillés, puis de là, au milieu des réseaux de substance gélatineuse qui constituent les intumescences des tubercules quadrijumeaux (pi. 11 et pi. I, fig. 1). Concentrées, après s'être entrecroisées, dans ces doubles foyers de substance nerveuse, elles occupent ainsi le point culminant de Taxe spinal, et commandent immédiatement Tinnervation des noyaux d'origine des racines motrices ambiantes, des nerfs moteurs oculaires communs, des nerfs pathétiques, des nerfs moteurs oculaires externes (pi. X et Xll, fig. 1). Elles sont ainsi les véritables incitations naturelles, qui tiennent sous leur dépendance les phénomènes de motricité intrinsèque ou extrinsèque des globes oculaires.
Lorsque dans les expériences de physiologie expérimentale, on sectionne la totalité des fibres optiques, il ne paraît en résulter aucune trace de sensibilité perçue, et de plus Firis se dilate et devient complètement immobile : si, dans ces circonstances, on irrite le