‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 3)Chapitre 76 sur 133 · PHÉNOMÈNES DE LA MOTRICITÉ VOLONTAIRE · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES DE LA MOTRICITÉ VOLONTAIRE

mun, au point de vue de leurs qualités intrinsèques, de leurs rapports, et de leur influence réciproque; il nous reste actuellement, i passer en revue cette seconde catégorie de manifestations, en vertu desquelles le cerveau qui conçoit, révèle au dehors le produit de sa conception^ et projette extérieurement Texpression de son activité interne. Nous voulons parler des phénomènes de motricité dont la substance corticale est le siège exclusif, et en môme temps le point de départ,

L II résulte de Tétude analytique que nous avons faite des divers éléments constitutifs de la substance grise corticale, que nous avons été amené à considérer la zone des grosses cellules qui occupent ses couches les plus profondes, comme étant la repré* sentation de la substance grise des cornes antérieures de l'axe spinal, et le mbstratum organique particulièrement affecté à la manifestation des phénomènes de la motricité cérébrale (pi. XX,

fig.4).

Nous avons établi d'un autre côté, que les fibres des faisceaux spinaux antérieurs, qui représentent la série des conducteurs descendants, interposés entre la substance grise du corps strié et les divers noyaux d'origine de nerfs moteurs, allaient se distribuer d'une manière isolée et indépendante au milieu de cette même substance grise du corps strié, sous forme de trois cônes emboîtés, formant des arcades concentriques, etc. (pi. I, fig. 3 [2]; pi. III, flg. 2); que si l'arcade la plus externe, représentait l'ensemble des fibres destinées à provoquer l'activité des racines motrices appartenant au tiers inférieur du corps (aux membres inférieurs en particulier) (pi. I, fig. 3 [9] ; pi. III, fig. 2 [8] ; et pi. XXIV et XXXII), l'arcade moyenne, l'ensemble des fibres destinées aux racines motrices des régions intermédiaires (aux membres supérieurs en particulier) (pi. III, fig. 2 [6], et pi. I, fig. 1 [8]), nous nous trouvions amené à considérer l'arcade la plus interne comme étant le total de toute cette série de fibres spinales antérieures, conduisant l'incilation motrice volontaire aux noyaux des fibres radiculaires antérieures, du tiers supérieur du corps (aux fibres qui font mouvoir la langue, la glotte, la lèvre, les joues, etc.) (pi. XXXII [8, 8^; pi. I, fig. 1 [2, 7], et pi. III, fig. 2 [3, 4,5]).

S78 tbAorii dis voNonoMS bu cniTiâii.

Nous avons indiqué enfin comme complément, que cette substance grise du corps strié, dans laquelle Tiennent se répartir^ dans un très-petit espace, les éléments nerveux destinées à provoquer des manifestations multiples et indépendantes à la périphérie, était pareillement reliée à la substance grise oorticale« à Taide d'un système de fibrilles convergentes parfaitement délimité (fibres cortico-striées, pi. I, flg. S et 8) ; que ces fibres spîroldes, à origines douteuses encore au sein de la substance corticale) étaient les seuls traits d'union entre elle et celle du corps strié; et qu'elles constituaient, en quelque sorte, les premiers anneaux de la chaîne d'éléments nerveux conjugués qui rattachent les cellules de la périphérie cérébrale d'où partent les voUtians, à la fibre musculaire qui les traduit et les exprime*

Tels sont les principaux appareils nerveux dont nous allom successivement avoir à envisager le rôle physiologique, soit d'une manière isolée, soit au contraire d'une manière synthétique.

II. Nous avons déjà étudié les diverses manifestations motrices qui s'opèrent à Taide des éléments spinaux proprement dits; nous examinerons plus loin, à propos des phénomènes de Tinnervation cérébelleuse périphérique, les fonctions isolées des fibres spinales antérieures; nous devons examiner actuellement les quelques points qui touchent aux origines probables des fibres cor tico- striées (pi. I, fig. 2 [1, 8, A]).

Nous avons signalé l'obscurité profonde qui règne encore dans notre esprit, au sujet du mode de groupement de cette catégorie si spéciale d'éléments nerveux ; nous sommes seulement, au nom de la seule analogie et à défaut de recherches expérimentales pré* cises, disposé à admettre qu'elles proviennent probablement des prolongements profonds des grosses cellules (pi. XX, fig. h [1], flg. 9), vis-à«vis desquels elles semblent être dans les mêmes rapports que les fibres des racines antérieures, vis-à-vis des grosses cellules d'où elles tirent leurs origines (pi. XIX, fig. i et S) ; qu'elles émergent de la périphérie corticale par groupes isolés, qu'elles y ont une circonscription d'émergence limitée, qu'elles représentent d'une manière concordante, en formant trois groupes principaux, les trois divisions des fibres spinales antérieures (pi. I, fig. 3 [2]); et qu'enfin, il existe a la périphérie

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corticale des localisations dislinctes» d*oà ces fibres corlico-slriées soutirent isolément leur principe incitateur.

Ceci posé, nous sommes donc porté à considérer comme trèsfraisemblable : que les fibres cortico-striées destinées à entrer médiatement en conflit avec les fibres de l'arcade interne du corps strié, proviennent des régions cérébrales antérieures (pi. I, flg. S [1, 6« 2, 7]), par cela même que les lésions qui intéressent ces régions du cerveau sont précisément celles qui tarissent le plus souvent les sources d'incitation motrice volontaire, destinées à susciter Tactivité des muscles de la phonation et de l'articulation des sons ; que les fibres cortico-striées, qui conduisent le principe incitateur des mouvements volontaires destiné à susciter Tactivité des muscles du tiers moyen du tronc, émergent (d'une manière incomplètement précisée jusqu'ici) , des régions moyennes et supérieures du cerveau (pi. I, fig. 3 [3, 6, 8]); et qu'enfin, par une sorte d'exclusion, celles qui tiennent sous leur dépendance la stimulation volontaire des muscles du tiers inférieur du corps, sont probablement réparties à leur origine, vers les régions posté* rieures delà périphérie corticale (pi. I, fig. 1 [4, 9]) (1).

IIL Nous voyons donc ainsi, d'après l'étude analytique des prindpaux appareils nerveux qui sont en rapport avec les phéno-

(i) }fom deTOtts fUrc remarquer h ce propos^ que le stimuha do U Yolition deitiné à insciter médiatemcnt VactiTitd des muaclei du tiers moyen et dn tiers infériettr (ht corps^ au moment oè il part des ré^oni corticales qui Télaborent^ est parfaitoment indépctldant pour chacune de ses répons d*émerfrence^ dans chaque hémiiptaèrc. Koils moutons en effet, notre bras, notre Jambe fc^ucho, sans quo notre bru droit et notre Jambe droite, soient entraînés à la suite de ces mouvementé Tolontaires. Dans ces cas l'action isolée du stimulus tolontaire rencontre dans les membres et les appareils musculaires périphériques, une indépendance complète, (pit est la représentation de l'indépendance analogue des régions centrales d'où U est projeté.

Ces conditions sont tout h fait différentes^ lorsqu'il s'aii^it au contraire des ap^ paMflfl musculaires du tiers supérieur du corps : les muscles glottiques, pharyngiens, linguaux, labiaux, etc., sont tous, ceux du côté droit et ceux du côté gtuche, associés ensemble dans une action commune ; leur indépendance unilatérale a cessé d'exister : aussi, le stimulus Tolontairc qui les met en roouTcment est-il pareillement double à son point de départ. C'est en tertu d'une action simultanée et concordante en effet, des régions homologues des lobes antérieurs, que nous pouvons ainli produire des manifestations motrices bilatérales à la périphérie et.

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mènes de la motricité ; que ces phénomènes, a mesure qu'ils se produisent, rencontrent un substratum organique qui les transforme et les renforce, et que, Tacte de la volition, depuis son point d'émergence au sein des réseaux de la substance corticale jusqu'à sa manifestation ultime^ dans la contraction du muscle qui le traduit, parcourt en évoluant une série d'étapes successives qui le mettent de plus en plus en rapport avec des appareils organiques destinés à le transformer et à Tamplifier.

Lors de sa première manifestation, le stimulus de la volitioo n'est en quelque sorte qu'une propagation médiate de Tébraolement subi par les petites cellules corticales, et une réflexion de leur activité propre sur la zone des grosses cellules profondes (pi. XX, fig. A et 3). Ce stimulus ainsi réparti est propagé i l'aide des fibres cortico-striées jusqu'au sein de la substance grise da

parfaitement équilibrées entre elles. \\ faut que les commissures soient assnrément bien mnlUpliées et bien parfaites entre ces deux régions cérébrales, pour qii*ana incitation primitivement bilatérale se résume ainsi en une résultante unique, et que les portions droite et gauche de cette série d'appareils musculaires conjugués ainsi sur la ligne médiane soient incitées d'une somme d'influx également répartie à droite et à gauche !

C'est dans ces conditions qu'il faut rechercher, croyons-nous, l'explication de certains phénomènes de physiologie pathologique, relatifs à la succession des rao«* ▼ements de la langue chez certains hémiplégiques.

Chez rindividu, dont une portion d'un lobe antérieur, en effet, vient d'être désorganisée d'une manière subite, par une hémorrhagie, par exemple; il en résulte des troubles immédiats du côté de la musculation volontaire de la langue. On peut supposer, dans ce cas, que par suite de la lésion d'un hémisphère cérébral, la somme d'influx que cet hémisphère envoyait aux muscles linguaux du côté opposé, venant ^f>so facto à être tarie, l'hémisphère resté sain doit redoubler d'efforts, et agir conune deux, pour arriver à provoquer quelques sons articulés voulus.

Il faut encore, que cet influx supplémentaire qu'il repartit à la périphérie^ soit assez puissant pour mettre en mouvement, non-seulement les muscles qu'il incite i l'état normal, mais encore que ceux-ci aient assez de force effective en eux-mêmes, par entraîner les muscles congénères paralysés avec lesquels ils sont indissohtbkment associés, et qui représentent un fardeau inerte qu'ils doivent incessamment soulever dans leurs évolutions multiples. On pourrait encore se demander, s'il n'y aurait pas des aphasies (avec paralysie des mouvements de la langue) dues à on mécanisme analogue, c'est^-dire à une sorte d'asthénie de l'incitation cérébrale ; et si dans d'autres circonstances, les muscles du côté paralysé, en proie à une contraction passagère, ne pourraient pas, par le fait même de cet état morbide, neutraliser les efforts de la portion du tissu musculaire lingual respectée, etc...

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