‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 3)Chapitre 78 sur 133 · DE LA FACULTÉ DU LANGAGE ARTICULÉ · texte numérisé non relu

DE LA FACULTÉ DU LANGAGE ARTICULÉ

seDsorielle pour provoquer des sons articulés, il faut toujours qu'elle arrive dans cette circonscription spéciale, où l'impression acoustique a été préalablement déposée, et où elle trouve des appareils a réactions motrices^ à Taide desquels elle opère habituellement ses manifestations (pi. I, fig. 2, K) : l'impression sensorielle acoustique et l'incitation motrice qui la suit sont donc dans des rapports d'une solidarité intime. Associées l'une à l'autre par une longue habitude et un patient apprentissage commencé dèsl'enfance^ elles s*enchalnent dans leurs réactions réciproques, si bien, que lorsqu'une incitation part de la zone des cellules sensorielles acoustiques, les cellules de la zone affectées à la motricité, réagissent oti/oiTkz/içt/^men^ d'une façon régulière et coordonnée, comme un appareil tout préparé qui se meut en vertu de la seule disposition préétablie de ses différentes pièces (1).

L'observation prouve que les impressions optiques n'ont pas seules le privilège d'être les impressions succédanées des impressions acoustiques, dans la mise en activité des appareils cérébraux propres à provoquer des sons articules. Les impressions olfactives, tactiles, gustatives, sont aptes pareillement, à des degrés variés, a provoquer des réactions semblables, et à converger vers ces mêmes régions de la substance corticale (indiquées en K, fig. 2, pi. I), d'où émerge l'incitation spécifique qui met en jeu les appareils de la phonation et de l'articulation des sons.

Ainsi quand, les yeux fermés par exemple, odorant le parfum d'une fleur, je la dénomme-, quand, dégustant une substance sapide, je la spécifie ; quand, avec ma main, reconnaissant un objet quelconque, je dis quel il est, il est évident que dans ces exemples, les impressions sensorielles irradiées de la périphérie olfactive, gustative, tactile, etc., ont. été perçues au sein des réseaux de la substance corticale, comparées avec des impressions anciennes et

(i) On pourrait comparer cette série de manifestations cérébrales à ce qui se passe lorsque les doigts d'un pianiste, dans leurs mouvements successifs^ abaissent les unes après les autres les touches d^un clavier; rébranlement subit, romnuiniqué àlatonche, fait parler médiatement la corde qui entre on vibration; et les séries de notes qu s'enchaînent^ ne sont que les résultats d'une série d'ébranlements, transformés en effets moteurs et accomplis en passant à travers une suite d'appareil? prédisposés à l'avance.

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delà répercutées yers les régions particulières de la périphérie corticale (lobes antérieurs), qui élaborent le principe incitateur affecté à la production des sons articulés (pi. I, fig. 2 [e, ff]).

§ 3. — 0e lA taealfé du luic«se ^rlt.

L'action d^écrire et de transmettre la pensée à Taide de signes conventionnels implique, comme l'action de parler et d'émettre des sons articulés, une série d'opérations de l'entendement, reliées entre elles, dont les premiers actes se rapportent à l'arrivée de l'impression optique dans les centres moye/is de la couche optiqae (pi. I, fig. 1 [c]y les seconds à leur irradiation vers les divers départements de la substance corticale [6, c\, et les derniers i l'intégrité des fonctions des musdes de la main, dont le rdle est de traduire en signes physiques, et en quelque sorte d'articuler sur le papier, les différentes conceptions qui germent et se développent dans le cerveau [2, A].

Nous avons déjà passé en revue les impressions optiques dans leurs origines et leurs transformations (page 288). Nous avons pareillement parlé des régions motrices antérieures de l'axe spinal qui tiennent sous leur dépendance Tinnervation des muscles digitaux; il ne nous reste plus, pour compléter le circuit, qu'à les envisager dans cette période intermédiaire de leur transformation dans laquelle, disséminées au milieu des réseaux de cellules de la substance corticale, elles provoquent, comme les impressions acoustiques, des réactions régulièrement coordonnées de motricité volontaire.

La facul té d'écrire, de même que celle qui préside à l'articuIatioQ des sons, impliquela présence d'une impression sensorielle, comme fait initial. Ici Timpression provocatrice vient de la périphérie optique; c'est donc elle qui joue médiatement le rôle d*agent premier moteur.

L'enfant a qui l'on fait voir, à côté d'un objet extérieur le signe physique qui le représente, s'habitue à trouver un rapport intime entre cet objet et ce signe qui l'exprime; bientôt môme l'impression visuelle du signe graphique prend racine dans son cerveau, se réunit au souvenir de l'objet dont il est le représentant, et

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