‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 3)Chapitre 79 sur 133 · DE LA FACULTÉ DU LANGAGE ÉCRIT · texte numérisé non relu

DE LA FACULTÉ DU LANGAGE ÉCRIT

ragglomération de lettres groupées en mots devient en quelque sorte pour lui comme une qualification surnuméraire de Tobjet lui-même : à la vue d'un arbre, d'un fruit, etc., à côté des qualités intrinsèques de coloration, de sapidité, de pesanteur, etc., qui le frappent, il évoque instantanément, et associe d'emblée le souvenir du signe graphique qui représente ces objets ; et c'est ainsi que par cette sorte d'action en retour incessamment renouvelée (en vertu de laquelle son esprit va automatiquement du signe graphique expression convenue de Vobjet, à l'objet lui-même, et de l'objet au signe graphique dont il est la représentation), il arrive à établir des rapports intimes entre l'un et l'autre, et à les associer intimement dans sa mémoire.

Lorsqu'un enfant écrit les mots arbre, fruit, qu'on lui présente en exemples, il ne fait que réfléchir comme un miroir, une impression optique incidente, sans participation active de son entendement, et montrer qu'à propos d'une impression sensorielle quelconque, la réaction des appareils moteurs propres à la déceler extérieurement, est parfaitement coordonnée et concordante avec l'appel d'où elle dérive. Il accomplit une opération intellectuelle d'une portée analogue à celle en vertu de laquelle il répèle avec précision un son articulé qu'il vient d'entendre.

Mais lorsque, au contraire, on lui présente un objet, et qu'on lui fait écrire spontanément le mot qui le caractérise, il y a là un phénomène bien plus complexe qui s'accomplit, et qui implique déjà la conservation, à l'état de souvenir, de l'impression visuelle produite par le signe physique, son évocation immédiate à propos de Tobjet présenté, et d'une autre part, la réaction subséquente des régions corticales affectées à la motricité, celles-ci entraînant à leur tour la production de mouvements partiels et coordonnés, chargés de traduire le signe physique commandé par l'entendement (pi. I, fig. 2 [ô, c, 2, 4]). Il y a donc pour la faculté d'écrire un consensus préétabli entre l'impression visuelle qui provoque et la réaction motrice (|ui succède, tout à fait comparable à celui qui existe entre l'impression acoustique et la manireslatioii motrice analogue à laquelle elle est si étroitement associée.

Émettre des sons phonétiques articulés et voulus, traduire sur le papier des signes graphiques pareillement voulus, sont donc les deux principaux moyens d'expression, à l'aide desquels l'en-

tcndement révèle au dehors Vexpression de son activilé propre, et traduit les différentes opérations dont il est incessamment le siège.

De môme que nous avons vu précédemment que les régions de la périphérie corticale d'où partaient les incitations volontaires provocatrices de sons articulés [k] étaient aptes à recevoir leurs incitations d'une série d'impressions sensorielles autres que celles qui leur sont habituelles (les impressions visuelles, par exemple) [bi a^; de même ici, à propos de la faculté d'écrire, nous constatons l'apparition d'un phénomène physiologique analogue.

Les impressions acoustiques sont à leur tour, par une sorte d'action compensatrice y aptes à provoquer la réaction des zones motrices de la pépiphérie corticale habituellement tributaires des impressions optiques [(/> 2]; dans l'action d'écrire sous la dictée, par exemple, l'impression acoustique, premier moteur ^ doit inévitablement être propagée à travers les réseaux de la substance corticale {jusqu'au niveau de la région où Timpressioa visuelle du signe physique qui représente l'objet que Ton dénomme, a été préalablement déposée, pour de là susciter, par une sorte de répercussion automatique, la mise en activité des appareils moteurs destinés à l'exprimer sur le papier.

§ 4. — De la leetnre MleBeleose et de la leelvre à luuite ▼•Ix.

I. Dans Taclion de lire silencieusement, il se fait dans le cerveau une série d'opérations successives qui se succèdent sans se déceler par aucune manifestation sensible. Il semble qu'il y ait une absorption continue et rapide d'impressions visuelles qui, déposées et emmagasinées dans les réseaux de la substance corticale, éveillent des idées anciennement ftoqaises, provoquent des réactions nouvelles de ces mêmes réseaux, et stimulent ainsi l'activité des régions les plus diverses de la périphérie corticale.

Ces impressions visuelles, à mesure qu'elle se déposent dans le cerveau, apportent en môme temps avec elles les idées appropriées que les signes graphiques représentent, et, comme l'arrivée (le CCS impressionssemulliplied'unemanièrccxcessivcment rapide,

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