‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 3)Chapitre 8 sur 133 · RÉGIONS POSTÉRIEURES · texte numérisé non relu

RÉGIONS POSTÉRIEURES

§ 1**^. — Fibre* eoBTerseatMi afféreates am dlTeni mwtkmê de «nlMlaiiee srtae sMislloBiuilre.

10 Fibres afférentes aux ganglions de la sensibilité générale.

L'élude générale du Irujet, du parcours el du mode de groupement des cordons nerveux périphériques étant particulièrement du ressorriTc Tanalomie descriptive, nous renvoyons, pour lout ce qui concerne ces détails, aux traités spéciaux qui eu ont donné une histoire complète ; il nous suffira de rappeler ici :

Que les expansions terminales des nerfs étalées en plexus a la périphérie, soit a la surface du tégument cutané, soit au milieu des interstices des fibrilles musculaires, soit môme au centre des corpuscules de Paccini, se concentrent bientôt en fascicules, successivement croissant en volume, jïour venir, en définitive, constituer les plexus sacrés, lombaires, brachiaux cervicaux, superficiels et profonds ;

Qu'a partir de ces premiers essais d'agglomération, les fibres nerveuses émergées des régions les plus dissemblables de Torganisme commencent à se rapprocher insensiblement les unes des autres, pour aller, en définitive, sous l'aspect de fibrilles parallèles régulièrement espacées entre elles, se mettre en rapport, après avoir reçu les fibres des ganglions sympathiques, avec une série d'amas ganglionnaires situés de chaque côté de la ligne médiane (pi. 1, fig. 1 [9, 10, 11, etc.]).

Que toutes les fibres convergentes, à action centripète, quelle que soit leur provenance à la périphérie, celles qui viennent des régions inférieures, aussi bien que celles qui émergent des régions moyennes et supérieures, obéissent toutes d'un mouvement unanime a une sorte d'attraction qui les rapproche des régions centrales du système nerveux, el qu'elles rencontrent toutes un amas ganglionnaire interposé sur leur passage avant leur implantation centrale (pi. I, fig. 1 [5, 17, 18, 19]);

Ce premier amas de substances ganglionnaires que toutes les fibres centripètes trouvent interposé le long de leur continuité est un fait constant, commun à la généralité d'entre elles. Les ganglions constituent comme une sorte de barrière située entre les régions périphériques où sont collectées les impressions ex té-

se SYSTÈME DES riBRBS GONTEftGBMTHS INFÉRIEURES.

rieures et les régions centrales où elles sont élaborées. Nous arrêterons provisoirement & œtta limite si naturelle qui va nous servir de point de repère commun, la description des fibres propres à la sensibilité générale.

Nous allons appliquer la même méthode successivement aux fibres centripètes acoustiques, optiques, olfactives, etc. Nous les conduirons isolément jusqu'à leur point d'implantation dans la substance grise des ganglions qui leur sont propres ; et une fois que nous aurons accompagné ainsi chaque groupe d'éléments nerveux jusqu'à sa barrière naturelle, nous poursuivrons l'étude de leur direction et de leurs rapports ultérieurs à partir de leur point d'émergence de chaque dépôt ganglionnaire.

2® Fibres afférentes aux ganglions acoustiqaes (pi. I, fig. 1 [10] ).

Les fibres convergentes acoustiques présentent, eu égard aux fibres de la sensibilité générale, un trajet peu étendu. Elles naissent dans Toreille interne, des réseaux nerveux périphérique^, entremêlées de cellules nerveuses qui tapissent les cavités vestibulaire et cochléarienne (1).

Elles forment bientôt deux branches distinctes, qui se fusionnent en un même tronc nerveux dans l'intérieur môme du conduit auditif interne; puis elles s'accolent au nerf facial, dont elles partagent la direction pendant quelque temps, contournent • de dehors en dedans, par un trajet spirolde, le pédoncule cérébelleux inférieur, et précisément en ce point, s'écartent les unes des autres en fibrilles divergentes, pour recevoir dans leurs interstices une série de petits dépôts de substance grise plus ou moins fusiformes, dont l'ensemble constitue, à proprement parlef, pour les fibrilles acoustiques, une véritable intumescence ganglionnaire (pK XVII, fig. 17, et pi. VII, fig. 2 et 3).

Ce sont ces diverses traînées de substance ganglionnaire, infiltrées en quelque sorte au milieu des filaments nerveux du nerf acoustique, qui lui donnent une coloration et une friabilité si caractéristiques.

La grande majorité des fibres acoustiques entrent en rapport

(i) Kdlliker, Histologie, p. 712.

RÉ0I0H8 POSTÉRIBUBES. Il

d|raet av(ec les cellulet nerveuses interposées sur leur trajet; mais il est une autre portion de fibres qui leur demeurent coosplélement étrangères, et qui vont directement se perdre dans la substance grise de la région centrale de Taxe spinal. Ge sont les fibres du tronc nerveux acoustique qui occupent la plan le plus postérieur; aussi constituept^elles, à proprement parler, les ra« cines grises de ce nerf (pi. XXVIII, fig. 1 [6, 6'], er pi. XVII et pi. VIII).

8* Fibres afférentes aux ganglioni opUqnes (pi. I, flg. i [H]; pi. II [42^ 7, 8]).

Les fibres nerveuses convergentes optiques émergent des cellules de la périphérie rétinienne.

Elles se groupent presque immédiatement en fascicules légèrement convergents, qui perforent isolément la face postérieure des tuniques de l'œil, d'avant en arrière, et se trouvent bientôt réunies, après avoir franchi la sclérotique, sous une enveloppe commune. Le fascicule cylindrcide qui résulte de leur juxtaposition, s'entrecroise bientôt en partie avec son congénère du côté opposé, en avant de la selle turcique, pour constituer ce que l'on appelle le chiasma des nerfs optiques (pi. JilfeXrflg. 0)« ^C^ Ge chiasma présente à considérer plusieurs catégories de fibres l 1* Les unes, entrecroisées en X sur la ligne médiane, vont fgHi» gner ainsi les régions centrales du côté opposé à celui d'où ellM émergenL Elles constituent la portion moyenne de l'épaisseur du chiasma (2 et 2', pi. XXX, fig. 6). Au point de vue des carao* tères homologues, elles représentent les fibres moyennes entrer crrâées sur la ligne médiane du nerf olfactif (pi. I, fig. 1 [65]; pi. XXVI [19, 18'] )«

S* Les autres, les plus externes, se présentent pour chaque nerf optique sous Taspect de fibres à direction longitudinale aotéro-postérieure, légèrement concave en dehors. Elles relient ks régions de la périphérie rétinienne, d'où elles dérivent, aux régions centrales du système nerveux du côté correspondant (eorps genouillés ou tubercules quadrijumeaux) (pK XV, fig. 6 [l.l'],etpl.I,flg.l[66,66T).

Ge sont, par conséquent, des fibres directes non entrecroisées, qui repréfonteot îd les fibres directes homologues, dont l'en-

2â SYSTÈME DES FIBRES CONVERGENTES INFÉRIEURES.

semble conslitue la racine externe de l'olfactif (pi. I, fig. 1 [57] \ pi. XV, fig. 1 [8]).

S"" D'autres (pi. XV, fig. S [5, 3]) sont jdirigées dans le sens transversal, et sont concaves, les unes en avant, les autres en arrière : les premières plongent vraisemblablement dans Tépaisseur de la substance grise des deux rétines, par leurs deux extrémités libres dirigées en avant; elles peuvent être considérées comme de véritables fibres commissurantes, servant a rendre solidaires deux dépôts de substances nerveuses périphériques; les secondes, au contraire, adossées aux précédentes et à concavité postérieure, ont leurs extrémités perdues au milieu des dépôts de substance grise qui font partie des régions centrales du système nerveux.

Elles jouent probablement un rôle analogue aux précédentes, et peuvent être considérées comme de véritables fibres commissurantes, concourant à l'unité d'action des appareils centraux en rapport avec les impressions visuelles.

à^ Il existe encore une autre série de fibres qui se voient sans préparation, à la partie inférieure du chiasma, et que Ton aperçoit bien lorsqu'on l'a renversé d'avant en arrière et de haut en bas» Ces fibres, venues avec les précédentes des plexus nerveux périphériques, et contenues avec elles sous la même enveloppe néfrilématique, se jettent directement, après un court trajet et après s'être entrecroisées, au sein de deux amas de substance grise centrale bild)és, qui occupent les régions inférieures du troisième ventricule (pi. XV, fig. 6 [â]; pi. I, fig. 1 [60, 10]; pi. XXVI). Ces deux amas de substance grise, décrits sous le nom de tuber cinereum^ sont, dans la série des vertébrés, proportionnels, comme masse, à l'abondance des fibres grises qui s'y implantent. Au moment où les fibres optiques vont se perdre dans cet amas de substance nerveuse, elles changent subitement d'aspect; elles passent de Tétat de fibres blanches à l'état de fibres grises, et peuvent être ainsi suivies à l'œil nu, dans leur dégradation et leur amincissement successif. Elles représentent parmi les conducteurs convergents optiques, la série des fibres grises des nerfe spinaux, celle des fibres grises convergentes acoustiques, et celle des fibres grises olfactives (pi. I, fig* 1 [33, 34, 36, etc.]).

L'ensemble des fibres convergentes optiques qui sont posté-

ntoOllS POSTÉRIBURES. 26

rieures au chiasma forme donc une agglomération de conducteurs nerveux juxtaposés, dont les uns sont entrecroisés et dont les antres sont directs* Elles se groupent ainsi en formant un faisceau unique, cylindrolde d'abord, puis bientôt aplati sous forme d'une bandelette curviligne, embrassant étroitement par sa concavité la face externe du pédoncule cérébral correspondant. Arrivée au niveau de la limite postéro-inférieure de la couche optique correspondante, cette bandelette blanchâtre devient biBde et se divise en deux bandelettes secondaires (pi. I, fig. 1 ; pi. II et pi. XV, fig. 1 et 3).

L'une d'elles, la supérieure, se perd en s'épanouissant dans un amas de substance grise interposé sur son passage, et qui répond au bord inférieur de la couche optique, dont cependant il est parfaitement distinct : c'est le corps genouillé externe; Tinférieure suit une disposition analogue et gagne en s*y distribuant la substance ganglionnaire du corps genouillé interne, située en dedans du précédent (pi. XV, fig. 3 [6, 6]).

D'après ce que nous avons indiqué jusqu'ici, les cellules nerveuses des corps genouillés étant les premiers amas de substance grise que les fibres convergentes optiques rencontrent sur lear parcours centripète, nous considérons ces intumescences grises comme leurs véritables ganglions, en vertu des mêmes principes d'analogie qui nous ont fait considérer comme ganglioos les premiers amas de substance grise que les fibres de la sensibilité générale et spéciale (fibres acoustiques) ont trouvés interposés le long de leur continuité (pi. I, fig. 1). Nous interrompons donc ici provisoirement leur description qui sera reprise plus tard, parallèlement avec celle des autres fibres efiërentes des amas ganglionnaires.

4^ Fibres afférentes aux ganglions olfactifs (pi. I^ fig. 1 ; pi. II).

Les fibres convergentes olfactives représentent, comme celles que nous venons successivement déjà de passer en revue, une série de conducteurs nerveux reliant, soit d'une façon directe, soit d'une façon entrecroisée, les plexus nerveux périphériques épanouis à la surface de la pituitaire, avec les régions de substance grise centrale du système nerveux. Seulement la dbtribution des fibres

10 8TSTËMB DES FIBUi GOMVmaBHrM INFÉRIEURES.

périphériques présente pour cette paire nerveuse une disposition spéciale, que nous devons relever en passant» aGn de mettre plus de précision dans le langage anatomique, et par suite dans les idées qu'il représente.

On désigne ordinairement sous le nom de bulbe du nerf olfactif cette intumescence grisâtre qui existe au-dessus de la lame criblée de Téthmoïde, et d'où partent une série de radiations blanchâtres, qui vont s'épanouir dans les régions supérieures de la pituitaire (pi. II[â2]).

Cet amas de cellules nerveuses et les fibrilles branches anasto» mosées en plexus se trouvent, au point de vue de Tauatomie générale, dans les mômes rapports que les cellules de la rétine vis-à-vis des fibrilles nerveuses qui en dérivent, de sorte qu'il résulte de cette disposition toute spéciale, que la substance grise du bulbe de Tolfactif et les plexus anastomosés qui en proviennent, représentent, à proprement parler, une véritable expansion nerveuse périphérique, au môme litre que la rétine ellcrmôme, au môme titre que les plexus terminaux des nerfs acoustiques et des nerfs cutanés, qui sont, eux aussi, constitués par des combinaisons de fibrilles et de cellules nerveuses.

Voyons maintenant comment la périphérie olfactive, telle que nous venons de la définir, se trouve rattachée aux régions centrales du système nerveux.

De même que précédemment, nous trouvons ici des fibres directes et des fibres entrecroisées.

Nées de l'intumescence de la substance grise, décrite improprement sous le nom de bulbe de l'olfactif, les fibres convergentes olfactives suivent toutes, d'avant en arrière, un trajet rectiligne» à la base du cerveau, dans une scissure propre qui leur est ménagée dans rinterstice de deux circonvolutions (pi. XV, fig. 1 [1, 1'] ).

Arrivées au niveau de la région inférieure du corps strié (espace perforé de Vicq d'Azyr), elles se dissocient brusquement et présentent trois directions principales :

1* Une portion d'entre elles, portion moyenne, suit un tra^ jet bien remarquable, et, la plupart du temps, bien plus difficile à démôler chez l'homme que chez certaines espèces animales, telles que le mouton, le bœuf, le cheval, lesquelles présentent un grand développement de cette catégorie spéciale de fibres

IIÉ6I01I8 POSTiRIlUABS. 27

olfactives (pi. I, fig. 1 fj?]; pi. XV, fig. 1 [8]; pi. XXV et pi. XXVI).

Elles s*élèvent verticalement en haut, en suivant une direction légèrement oblique sous forme d'un chevelu radiculaire trës^délié, dans l'épaisseur de la substance grise du corps strié (pi. XXV, 15) : elles progressent ainsi sans s'y distribuer, en décrivant une courbe à concavité inférieure, parallèle aux fibres de la commissure blanche antérieure, au-dessous desquelles elles sont situées et avec lesquelles elles sont souvent confondues, et vont, après 8*ètre entrecroisées sur la ligne médiane, se distribuer vraisemblablement dans la substance grise ganglionnaire, du côté opposé à celui d*o{i elles proviennent (pi. XXVI, 12 et 12').

Elles répondent ainsi, au point de vue des caractères homologues, aux fibres moyennes convergentes optiques qui s'entrecroisent au niveau du chiasma et qui passent du côté opposé à celui qui leur a donné naissance (pi. I, fig. 1 ; comparez [6&, 07]).

2" Un deuxième groupe de fibres convergentes olfactives, ce sont les plus internes (pi. I, fig. 1 [6, 6] ; pi. XXV, 13, pi. XV [&, i*]), va, sous Taspectde fibrilles grisâtres, gagner la scissure inférieure médiane du cerveau et se perdre, après s'être entrecroisé, en avant du tuber cinereum dans un petit amas de substance cendrée dont la masse, dans la série des vertébrés, est proportionnelle à leur nombre (pi. XXXIX, fig. 6, 10, IS et 16), et qui se trouve situé de chaque côté de la cloison transparente. Nous verrons plus loin ses connexions et ses rapports avec la région de substance grise centrale qui tapisse les cavités spinocérébrales.

Cet ordre de fibres représente ici les fibres grises des nerfs spinaux, les fibres grises acoustiques et les fibres grises convergentes optiques.

3* Le troisième groupe de fibres convergentes olfactives, qui sont des fibres directes non entrecroisées, et en même temps le plus externe (pi. I. fig. 1 [67]; pi. XV, 8; pi. XXV [14. 14']). Elles se séparent des précédentes sous un angle plus ou moins aigu, s'appliquent dans une partie de leur parcours à la partie inférieure du corps strié, gagnent, en suivant une direction légèrement oblique, l'extrémité la plus antérieure du lobe sphé- Doldal» plongent sans s'y distribuer au sein de la substance grise

28 STSTÈMB DES FIBRES CONVERGENTES INPÉRIEORES.

corticale, qu'elles rencontrent devant elles (pi. XV), la traversent dans toute son épaisseur, et vont, sous Taspect d'un filament blanchâtre excessivement grêle, souvent difficile à suivre dans Tespèce humaine, se perdre, en définitive, dans un noyau de substance nerveuse, spécial, parfaitement délimité, qui joue vis-à-vis d'elles le rôle d^un véritable ganglion. Ce noyau de substance grise est, en effet, le premier amas de cellules nerveuses interposé entre les régions olfactives périphériques et les régions centrales vers lesquelles ces fibres convergent (pi. I, fig. 1 [5, 9]; pi. XV, fig. 1 [8] ; pL II, 12 ; pi. XXV [14, 14'] ; pi. XXVI [11 . 11'] ; pi. XXXIV, [12, 12'] ; et pour Tanatomie comparée, pi. XXXIX, fig. 12 [1, 1'], fig. 15 [5] et fig. 18).

b^ Fibres de la sensibilité viscérale.

Les plexus nerveux périphériques disséminés, soit à la surface des muqueuses viscérales, soit au sein de la trame même qui constitue les viscères, se trouvent pareillement reliés par une série de conducteurs nerveux plus ou moins directs aux régions centrales du système nerveux ; et en cela les impressions viscérales afieclent un trajet, des rapports, un mode de distribution en tout comparables aux diverses modifications successives subies par les impressions parties, soit de la périphérie sensitive proprement dite, soit de la périphérie des organes des sens.

Ainsi, les divers plexus épanouis à la surface des muqueuses laryngienne, trachéale, bronchique, etc., forment une série de fila* ments, ténus d*abord, puis successivement plus volumineux, qui prennent part à la constitution du tronc pneumogastrique : les plexus terminaux qui émergent du tissu musculaire cardiaque arrivent aussi apporter leur contingent de fibrilles ; ceux qui appartiennent au tissu hépatique, au tissu splénique, ceux qui sont éparpillés en réseaux très-déliés, soit à la surface de la muqueuse œsophagienne ou de la muqueuse gastrique , obéissent pareillement aux mêmes tendances convergentes ; et il résulte bientôt de cette juxtaposition sous une même gaine nerveuse, de ces divers conducteurs nerveux, les uns à Tétat de tubes larges, les autres à rétat de tubes minces, la formation d'un gros tronc nerveux unique, qui les résume tous, le pneumogastrique, lequel, remon-

BÉGIONS POSTÉRIEURES. 29

tant comme les autres rameaux nerveui à direction centripète, vers les régions supérieures de l'axe spinal, rencontre préalablement, ainsi que ses homologues, une agglomération de cellules ganglionnaires interposées sur sa continuité, et se comporte visà-vis d'elles comme les autres fibres nerveuses racbidiennes se comportent vis-à-vis des ganglions spinaux.

Les plexus terminaux qui se distribuent à la surface de la muqueuse intestinale dans toute son étendue; ceux qui sont en rapport avec les tissus propres des reins, des uretères et de la vessie, sont reliés pareillement aux régions centrales de Taxe spino-cérébral par une série de conducteurs nerveux qu^il est jusqu'à présent presque impossible de pouvoir suivre isolément dans leur trajet centripète, mais dont on peut cependant constater l'existence sous forme de conducteurs grisâtres, émanant de la chaîne ganglionaire prevertcbrale, et allant apporter à chaque groupe de Gbres nerveuses afférentes aux ganglions spinaux, leur contingent de fibrilles propres.

Quant aux plexus qui sont répandus à la surface ou dans Fépaisseur de la trame des voies génitales, leur relation avec Taxe spinal est un fait mis hors de doute par la physiologie normale et morbide ; mais Tanalomie nous semble avoir été jusqu'à ce jour impuissante pour décider quelle est la véritable route suivie par cet ordre d'impressions si spéciales. Il est très-probable qu'elles doivent avoir comme les autres, des conducteurs directs reliant la périphérie au centre, à travers les lacis inextricables de tous les plexus hypogastriques, et qu elles doivent être pareillement pourvues d'un appareil ganglionnaire qui leur soit particulièrement affecté. Jusqu'à présent les recherches de la physiologie expérimentale, à laquelle seule il appartient de signaler la présence des •mas ganglionnaires en rapport avec l'accomplissement de telle ou telle fonction, a été muette sur le rôle que tel ou tel ganglion de la région lombaire est apte à jouer dans la transmission des impressions venues de la périphérie des appareils génitaux.

Après avoir ainsi successivement accompagné chaque groupe de fibres nerveuses dans son trajet centripète, depuis les régions périphériques jusqu'à son point de rencontre avec la substance grise des ganglions qui lui sont spécialement affectés, nous sommes

naturellement amené à parler de la structure de ces divers amas ganglionnaires.

§ 2. — BM sMMUtMM 4m la MBirtMlité «éaérale et spéciale.

1* Ganglions des rtcinei postérieures des nerfo spinaux.

Tous les amas ganglionnaires propres aux racines spinales se présentent sous Taspect de petites intumescences pisiformes de substance grisfttre, situées sur le trajet des fibres convergentes inrérieures, qu^ils interrompent en partie dans leur contldtiité.

Leur volume présente des variations suivant les régions où on les considère. 11 m*a paru développé d*une manière inégale dans les deux sexes (1).

Ainsi, toutes choses égales d'ailleurs, ce sont ceux qui correspondent aux fibres convergentes des plexus sacrés et lombaires, pour les régions inférieures du tronc, ceux qui sont en connexion avec les plexus brachiaux et cervicaux, pour les régions supérieures, qui ont le développement le plus accentué ; ceux au contraire qui sont en rapport avec les fibres des nerfs intercostaux supérieurs et inférieurs, sont réduits au minimum de volume.

La coloration de ces ganglions est en général gris rosé, leur consistance est assez ferme; ce n*est que dans certains cas pathologiques quMIs deviennent mous et pulpeux, et qu'ils afifectent une coloration rougeâtre, ou quelquefois jaune ambré.

Leur structure offre & considérer : !• une membrane ou coque extérieure; 2^ des cellules nerveuses spéciales-, S* des tubes nerveux afférents venant de la périphérie ; A* des tubes nerveux efférents émergeant des ganglions pour aller se jeter dans les divers dépôts de substance grise de Taxe spinal.

l*" La membrane des ganglions, de nature fibreuse, est en continuité avec la gaine névrilématique des troncs nerveux afférents. Elle est ferme, résistante, et limite exactement la substance grise ganglionnaire qu'elle enveloppe de toutes parts (pi. XVII, fig. 9). Elle émet de sa face interne une série de fibrilles de tissu con-

(1) Une préparation simultanée d*une même portion de la moeUe épinière dans l'un et l'autre sexe, aicc les principaux amas ganglionnaires qui en dépendent, permet de constater nettement cette remarquable disposition^ qui rend compte, jusqu'à un certain point, de la prépondérance des phénomènes d'excitabilité et de sensibilité, qui sont en quelque sorte la caractéristique du système nerrem féitdiiin.

OAMOLIORS. SI

jonetif entrecroisées en tous sens qui forment un lacis solide, dans les insterstices duquel reposent les cellules ganglionnaires. G^est au milieu de ces mAmes fibrilles conjonctives que les vaisseaux capillaires rampent pour se disséminer au sein de la substance ganglionnaire.

9* Les cellules ganglionnaires ont un volume considérable^ rela^ tivement i celui des autres cellules nerveuses; elles sont de forme ovoïde, aliongées, pisiformes, lorsque leur prolongement est encore adhérent ; elles sont généralement aplaties. Leur coloration est jaunâtre, elles mesurent de 0"",04 à 0"*»00 de dia« mètre. Leur paroi est très-fréquemment recouverte de granula* tiens pigmentaires qui donnent i leur contour un aspect crénelé tout spécial. Leur noyau, qui contient un ou deux nucléoles très* brillants, est pareillement ovoïde, il se distingue d'une façon très* nette, et varie en général en volume de 0*'",01 à 0*",018.

Une particularité des plus remarquables qui appartient à cette catégorie d'éléments nerveux, et qu'elle partage avec les oel* Iules ganglionnaires du grand sympathique, c'est de présenter à leur pourtour une série do fibres curvilignes pourvues de petite noyaux grisâtres, qui les enchâssent et leur constituent comme ane série de bourrelets isolés (pi. XVII, fig. 11, 13, lA, etc.).

Ces fibres spéciales, qui sont ainsi pelotonnées autour de la paroi des cellules, nous ont paru faire partie intégrante des éléments nerveux ganglionnaires; quand on racle en effet avec délicatesse un fragment de cette substance ganglionnaire, et qu'on l'examine avec précaution, on ne tarde pas â reconnaître que presque toutes les cellules sont pourvues de ce bourrelet surajouté, et d'une autre part, lorsque l'on essaye de les séparer et d^énucléer ainsi les cellules de leur coque, on s'aperçoit aisément qu'il y a des adhérences intimes et une sorte de chevelu fibrillaire qu'il faut rompre pour opérer la dissociation.

Maintenant, ces fibrilles délicates enroulées en bourrelets circu* laires sont elles bien des fibrilles de tissu conjonctif, comme le pensent un certain nombre d'auteurs, et comme semble l'admettre Vulpian (1), ou bien une modalité spéciale des éléments nerveux?

(1) Journal de physiologie, janyicr 1862. Sur la racine ganglionnaire des nerfs hypoglosses, p. 15.

Il est évident que si Ton veut rechercher clans ces traclus curvilignes concentriques les différents éléments qui constituent les tubes nerveux, on ne les rencontrera pas tous ensemble, et que Ton sera par conséquent amené à les exclure de la catégorie des appareils nerveux, pour les ranger parmi les dépendances du tissu conjonctif ; mais si l'on réfléchit d*autre part : que les conducteurs nerveux ne se présentent pas partout avec un ensemble de caractères invariables ; que les fibres propres des nerfs sympatbi* ques se rencontrent avec c^s apparences moniliformes; qu'ils ont pour caractères de présenter des fibrilles grisâtres contenant de distance en distance de petits noyaux allongés, comme Kemak Ta surtout indiqué (1); que la structure des ganglions des racines postérieures spinales est identique avec celle des ganglions des plexus cœliaques, etc., et des ganglions sympathiques prévertébraux (pi. XVII, flg. 16)^ que cette apparence de fibres moniliformes représente en définitive, sous une forme permanente, les périodes transitoires du développement des éléments nerveux eux-mêmes;

On arrivera à considérer ces coques de fibres curvilignes grisâtres qui enchâssent les cellules ganglionnaires, comme des éléments nerveux parfaitement légitimes.

Les rapports intimes qui relient celte variété d'éléments nerveux aux cellules elles-mêmes, m'ont paru toujours jusqu'à présent très-difficiles à élucider ; je suis néanmoins porté à supposer que les portions centrales de ces fibres spéciales,* qui représentent des cylinders plus ou moins effiles, se mettent en rapport avec la substance même du noyau, comme cela se voit d'ailleurs pour d'autres agglomérations des cellules nerveuses ; tandis que, au contraire, l'enveloppe délicate constituée par des noyaux allongés, entre seulement en combinaison avec la paroi même de ces cellules ganglionnaires.

Quant au nombre de pùles que présentent ces cellules, en général je n'ai constaté qu'un seul pôle sur la plupart de celles que j'ai examinées à ce point de vue ; ce pôle, qui est manifestement la substance même de la cellule prolongée, est souvent très-difficile à reconnaître, aussi faut-il, avant de se prononcer

(1) KôlUker, Histologie, p. 374.

GJINGLIONS. S3

sur son absence ou sa présence, avoir eu grand soin d*examiner la masse môme de la cellule sous difiërents aspects. Malgré ces difficullés d'examen, je suis néanmoins porté à penser, contrairement à l'opinion de Vulpian, que le nombre des cellules apolaires est, du moins chez Thomme, beaucoup plus considérable qu'il ne semble Tadmeltre, et que ces mêmes cellules sont particulièrement réparties dans les portions centrales de Tamas ganglionnaire.

Quels sont maintenant les rapports des fibres nerveuses aiïérentes venues de la périphérie avec Tensemble des cellules ganglionnaires ?

Ces fibres perforent Tenveloppe ganglionnaire suivant son grand axe de dehors en dedans; puis elles s'éparpillent en tout sens au milieu des lacis du tissu conjonctif ambiant qui leur sert de soutien. Les tubes nerveux dont on peut suivre les divers aspects, à mesure qu'ils pénètrent dans l'intérieur môme du ganglion, s'amincissent successivement et deviennent grisâtres : leurs éléments se modifient en môme temps ; tandis que la matière médullaire diminue d'épaisseur, que la gaine s'amincit, les et/Unders deviennent de plus en plus déliés et finissent, selon toute apparence, soit par se continuer avec la cellule ganglionnaire dont ils constituent un prolongement, soit par s'enrouler sous Taspect d'un filament grisâtre excessivement fin, autour de la paroi des cellules elles-mêmes, en lui formant ainsi une sorte d'encadrement surajouté (pi. XVII, fig. 13, 14, 15 ). Lorsqu'ils sont arrivés à un degré d'amincissement extrême, les cylinders se trouvent entourés d'une gaine composée de fibrilles excessivement ténues, portant des noyaux grisâtres rangés en files le long de leur continuité. Cette gaine nous semble devoir être rapportée à la série des dérivés morphologiqu3S qui appartiennent au tissu conjonctif.

Quant au mode de constitution des rameaux elTérenls qui émergent du sein de la substance grise ganglionnaire, ils paraissent se grouper, pour sortir du ganglion, de la môme manière que les fibres afférentes se sont dissociées pour s'y distribuer (pi. XVII, fig. 10). Les rapports des fibres nerveuses avec les cellules sont vraisemblablement les mêmes dans les deux cas.

L'ensemble des fascicules nerveux qui éuiergent de la substance des ganglions, et qui constitue la série des fibres rpdiculaires Lura. 3

postérieures, est en général moins volumineux que l'ensemble des fibres centripètes qui y abordent. Faut-il admettre que les fibres efférenles ayant des parois plus minces que les fibres afférentes, forment par cela même une résultante moins caractérisée? faut-il admettre qu*un certain nombre de fibres centripètes s'amortissent au sein des réseaux de cellules ganglionnaires et ne sont pas représentées du côté opposé à celui par lequel elles se sont plongées dans le ganglion? Ce sont des questions sur lesquelles je n'ai pas encore pu acquérir une conviction complète.

Il est à noter que parmi les fascicules efférents, on rencontre une certaine catégorie de fibrilles, qui ayant traversé la substance ganglionnaire sans entrer en connexion avec ses cellules (pi. XVII, fig. 9 [4]), vont directement se juxtaposer au milieu des fibres efl'érentes et partager leur distribution ultérieure. Ces fibres si spéciales qui traversent ainsi de part en part la substance même des glanglions spinaux, et qui vraisemblablement sont celles qui se distribuent dans les régions les plus centrales de la substance grise spinale (pi. XIII, fig. 5 [6, 5'] ), sontelles, pour cette catégorie de paires nerveuses rachidiennes, les analogues des fibres grises olfactives, optiques, acoustiques? Le fait de leur continuité ne nous est pas encore apparu d'une manière assez satisfaisante pour nous permettre d'être affirmatif a cet égard ; l'analogie seule nous porte à supposer qu'il en est ainsi, à penser que les fibres qui traversent les ganglions, et celles qui plongent dans la substance grise centrale, sont les divers moments de la continuité d'une même fibre ; et qu'elles représentent les fibres grises des régions supérieures, lesquelles demeurent pareillement étrangères au contact des cellules ganglion* naires.

Il résulte donc de cette disposition générale des conducteurs nerveux au sein de la substance ganglionnaire, que la plus grande partie des fibres nerveuses centripètes sont toutes interrompues dans leur continuité par la présence d'une cellule ganglionnaire ; qu'elles forment avec elles une véritable combinaison d'éléments nerveux, en vertu de laquelle Tinflux efférent, modifié par l'action spécifique de la cellule interposée, doit être d'une autre nature que l'influx afférent ; que l'ensemble des fibres afférentes est bien représenté) au point de vue de la continuité, par l'ensemble des

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