‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 3)Chapitre 89 sur 133 · UTS · texte numérisé non relu

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A60 DE L'tiTAT DE SOMMEIL DES CENTRES NERVEUX.

On sait maintenant quelles sont les variations alternatives que présentent les phénomènes circulatoires dans ces circonstances; on sait, de plus, quelles sont les modifications chimiques que suhit la constitution du liquide sanguin, suivant qu'il sort d'une glande qui élahore ses produits spécifiques, ou d'une glande qui les excrète (1). Nous sommes donc naturellement porté, en faisant l'application des faits connus à ceux qui ne le sont pas encore, a dire que le tissu nerveux et le tissu glandulaire présentent entre eux, au point de vue des phénomènes circulatoires, et de la double alternance de leurs périodes d'activité et de repos, les plus grandes analogies ; et que, si le moment pendant lequel la glande reconstitue ses principes immédiats correspond à une activité moindre des phénomènes circulatoires, à un état d'anémie relatif; et celui pendant lequel elle fonctionne et s'éveille^ à un état de turgescence de tous ses réseaux capillaire, il est très-admissible que les mêmes conditions circulatoires doivent se répéter pour le tissu nerveux lui-même, et que la période d'inactivité ou de sommeil doit être caractérisée par un état anémique ; et inversement la période d'activité ou de veille, par une accélération des courants sanguins dans sa trame, et une sorte d'éréthisme de Télément vasculaire.

§ ft. — Ha MBMUuntovllMMe ei de Thypa^MMue.

Les divers phénomènes de somnabulisme et d'hypnotisme nous paraissent pouvoir s'accorder assez bien encore avec les idées

(1) Les cipériences de Glaade Bernard ont en cflct prouve que kî la période d'inactivité de certains tissus glandulaires était celle pendant laqucUc ils recevaient le moins de sang, c'était aussi celle pendant laquelle le conflit de leurs cléments avec le liquide sanguin était le plus intime ; puisque c'est exclusivement pendant cette période de repos que le sang sort des glandes h Tétat de sang noir. \\ est donc probable que, pendant sa période de repos, le tissu nencux re(;oit une quantité de sang relativement minime, mais que, par contre, ses éléments en extraient tous \e^ principes nécessaires à leur reconstitution.

n est encore admissible que la période d'activité, pendant laquelle tdutes les cellules nerveuses sont en travail diurne, est caractérisée, comme partout ailleurs, par un plus grand afflux du liquide sanguin destiné à produire toujours, là où il te porte, une superactivité fonctionnelle concomitante, et que, par contre, c'est à ce moment que les phénomènes de la reinosité des courants sanguins retenant de Tcncéphale, doivent être le moins accentués. (Ij^ons- wr fp.9 proprit^fi''K rff< /iquùfrs éf Vorganixme^ t. 1, p. 32.S et suiv.)

DU SOMlfAlfBULISMS ET DE L'flTPNOTISHB. A5i

que nous avons émises au sujet de la physiologie des éléments nerveux, tant dans la période d'activité que dans la période de eollapsus.

I. On sait qu'il existe un certain nombre de personnes dites somnambules, qui tout en sommeillant, se lèvent, se promènent, accomplissent souvent les actions les plus bizarres, et que ces diverses manifestations locomotrices présentent une série infinie de variations suivant les individus et les habitudes de la vie (1).

Il est probable que chez les somnambules, l'activité cérébrale n'est que partiellement endormie ; que certaines régions du cerveau sont encore en émoi, alors que celles destinées à recevoir et à élaborer les impressions du dehors (les couches optiques entre autres et les fibres radiées qui en émergent), sont déjà en période de eollapsus j et que ce sont elles qui provoquent alors comme des idées dMmagination, par une sorte de stimulation autogéniquey les manifestations ambulatrices consécutives. Ces réactions motrices sont régulières, synergiques et coordonnées, parce qu'elles s'exécutent à Taide de la substance grise spinale, sphère de . l'activité automatique, dont les divers segments sont ainsi mis illégitimement en réquisition.

L'état d'un somnambule, dont les divers départements cérébraux dorment isolément, et dont les couches optiques, fermées aux impressions du dehors, sont partiellement en période de collapsuSj est assez comparable à celui de ces oiseaux qui, dans les expériences de Flourens, privés de leurs lobes cérébraux, et plongés dans un sommeil perpétuel, étaient aptes encore a se mouvoir quand on les y provoquait, et à accomplir une série de mouvements coordonnés, régis entièrement par l'influence de la moelle (2).

II. Quant au mécanisme du mode de production du sommeil hypnotique, quoique cet ordre de phénomènes soit encore trèsimparfaitement connu, nous sommes pareillement porté à nous demander, en songeant a la part énorme que prennent les impressions optiques lorsqu'elles viennent à disparaître, dans la produc-

(1) Gratiolct; Anafomie comparée du système nerveux^ Paris, 1857, t. II, p. 488,

(2) Flourens, Système nerveux, p. 33.

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