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I. Les observations de vices de conformation de Vencéphale

fU)LIOARlTÉ DEft APPAREILS CteÉMAUX. 509

constatés chez de jeunes enfants à une époque très*rapprocbée de la naissance, déposent encore en fayeur de notre manière de voir :

Ainsiy Brescbet (1), chez un enfant qui ne vécut que cinq jours, constata que le cerveau n'était représenté que par une couche mince de substance nerveuse, occupant les fosses moyennes et latérales du crâne ; il n'y avait ni couches optiques, ni corps strié.

Chez un autre qui ne vécut que onze jours, Fhémisphère gauche était représenté par une poche membraneuse; la couche optique et le corps strié n'existaient plus qu'à l'état de vestiges.

Chez un enfant de trois ans, faible, petit, continuellement couché, par suite d'une faiblesse très-accentuée de tout le côté droit, rhémisphère cérébral gauche fut trouvé imparfaitement développé; la couche optique et le corps strié du côté correspondant étaient atrophiés.

Gruveilhier (2), chez un enfant de neuf mois, qui offrait une disparition presque complète des lobes cérébraux, constata pareillement une atrophie concomitlante des couches optiques.

IL Si maintenant, nous passons à l'examen des lésions accidentelles survenues dans la structure du cerveau, pendant le cours de la vie, nous voyons les mêmes lésions enchaînées se produire, et les dégénérescences des régions périphériques retentir également sur la nutrition des régions centrales.

Voici le résumé de quelques observations que nous avons réunies sur ce sujet :

Ois. XXYI. —Homme, soizante-dix-sept ans. Hémiplégie ancienne; mouvements convulsifs, etc. Membranes épaissies et légèrement opaques ; la pîe-mère, m arrière est unie d une façon assez intime à la substance cérébrale, on ne peut l'en détacher que difficilement et par petits lambeaux ; les régions paitérieures de chaque couche optique sont le siège de foyers de ramollissement. (Andral, Clinique^ t. V, p. 657.)

Ois. XXVII. — Ramollissement de la couche corticale du cerveau, occupant les lobes moyens et supérieurs du côté droit; la couche optique corres-

(1) Brescbet^ Des vices de conformation de V encéphale {Archives de médecine^ l. XXV, 1831, p. 455).

(2) Ànaiomie pathologique du corps humain^ VHl* \rnr., in-folio.

•10 ÀtfAfMIfc l»AtHOLMlQOK SFÉGULK.

ptndantt préfifeM un rimolHiMitMmi MMomnittuit. ^i^oatifti IHfii Ai rùmolli9èim9né Urébral^ p. 17.)

Om. XXYIII. ^ il 8'agii d'an aliéné à r«alopal« duquel oi iwooDtra QM vive injection des inéoingesi avec ramolKssement dea régions anlérieurei du cerveau; la couche optique et les corps striés étaient ramollis. (Id., p. <<0.)

0b8. XXtX. — Ramollissement du tiers postérieur de rhémisphère gauche ; la couche optique correspondante esi affaissée, elle contien Idans son milieu Uû petit foyer de f amollissement. {Bultetins de ta SoôUié anatàm(qu$^ IS6^ p. 439, obâ. de Potain.)

Obs. XXX. -» Néoplasme du volume d*un ttuf de canard, dans l'épaisseur du lobe antérieur gddChe \ ramollissement eirconvoisin ; le corps strié est en panie ramolli dans sa partie eiterne et antérieure ; la couche optique^ d'une ooleration jaunâtre, est un peu molle. {Arehî9$t généraUê d» médiCiMf lêOi, p. 54, obs. Il de Lancereauii)

Obs. XXXI. — Atrophie du lobe cérébral droit ; le corps strié et la coucbe optique sont en partie détruits par un ancien foyer bémorrbagique. (Id., obs. m.)

Obs. XXXn« — F'emme, soixante-sept ans. Ancienne hémorrbagie sousméningée ; atrophie de la couche optique correspondante beaucoup plus prononcée que celle du corps strié. (Obs. de Taoteur, recueillie à la Salpétrière, 1866, n* i9.)

Obs. XXXIII. *^ Femme, soixante^éinq ans* Destruction de la subeunoe corticale au niveau du lobe moyen droit; elle est remplacée par un tissa jsi- ■Atre infiltré de sérosité (ancien foyer bémorrbagique); Tairophie porte eur le corps strié et principalement sur la couche optique correspondante. (ld«, ft'^Qa.)

A ces divers exemples, recueillis ça et là dans les auteurs, nous pouvons encore ajouter ceux que nous avons extraits des remarquables recherches de Calmeil sur les maladies inflammatoires du cerveau (1),

Sur près de cinquante observations, dans lesquelles cet auteur à tenu simultanément compte de l'état anatomique de la substance grise corticale, et de celui des noyaux gris centraux (tauf peut-être quatre ou cinq exceptions), les (H)uche8 optiques et les corps striés soitt presque toujours Intéressés, lorsque les drconvolulions sont elles-mêmes plus ou moins désorganisées. Ainsi, quand les circonvolutions sont détruites, violacées, ruti-

(1) Calmeil, ffnttéHiiàfnâhdiei inflammatoires du tmmu. Pafi», 1659.

SOkWAtlITi bU A^^AMIU OiiiMAUX. Ml

Itmtiy àiui\, les oorps itriAs M les couebt»» optiques sofit réduîu â Tétit de proéminences informée (1) : quand élleê semblent ttrophiéeSf eane être ramolliee, les corp% âtriée et leâ eouebes optiquea sont rabougris et déformés (2) : lorsque le volume des lobescérébraux est diminué d'une façon notable, les corps striés et les couches optiques sont également atrophiées (8).

En regard de cette série de faits conflrmatifs qu! viennent tous déposer en faveur des idées anatomiques que nous avons émises au sujet de la structure du cerveau, il est Juste de placer dVux faits négatifs qui, par cela même quils sont empruntés à un auteur rccommandable, semblent contredire, dans une certaine mesure, le témoignage de ceux que nous venons de rappeler.

Ces faits sont empruntés au travail deCazauvielh; ils concernent les observations II et IV, en voici le résumé :

Obs. II. -* (P« h .) Petninè, cinqasnte atan ans« Paralysie congénitale à droite ; contraction da braa corraapondant ) aonsibrlilé ai intailigence obtdses. Lea drconvoluliona >onl moins développées du côlé gauche que du côté droit ; lea corps atriéa et les couches optiques ne présentent pas de différences appré» ciables; les nerfs des membres atrophiés et ceux du côté aain sont également développés.

Oas. VI. — (P. 20.} Femme, vingt-sept ans. Hémiplégie incothplète à droite; sensibilité et intelligence obtuses; le membre supérieur paralysé est susceptible de quelques mouvements volontaires ; le ofiembre inférieiir Côfrespondant est de même longueur que son congénère. Altération profonde de la aobstanoe corticale avec ramollissement, prlncipalemetit localisée au lobe antérieur gauche; ello est constituée par une matière jaunâtre, trèsmolle an quelques points et trèa-ferme en d'autres, avec une multitude de petites eavitéa kystiques ; la ooucbe optique et le corps Strié sont à Véiat normal»

En analysant Avec attention les détails de ces observations, on ne peut s^mpêcher de reconnattre^ que si elles semblent donner un démenti à la loi de solidarité des différents dépôts de substance grise, cette exception n'est en réalité qu'apparente.

(i) ute. m., 1. 11^ p. SSf .

(1) lac. m., 1. 1, p. laa.

<S) Loe. cif,,uUp.àÈ^.

&1S AMATOIUB PATHOLOGIQUE SPÉCULE.

a. Il est dit OQ efiei, dans le récit de Tobservation II« que la couche optique du côté atrophié ne présentait rien d'anormal : mais cette seule assertion est aujourd'hui complètement insuffisante : Fauteor 8*est contenté de n'en décrire que la conBguration extérieure ; il ne dit rien de son intérieur, des variétés de nuances et de consistance que ses diverses riions pouvaient isolément offrir. Cette lacune est d'autant plus regrettable qu'il a soin d'ajouter que les fibres blanches qui en émergent étaient concurrement altérées; il n'en faudrait pas davantage actuellement pour en induire la dMoérescence passive de quelques centres au moins.

iTune autre part, les nerb des membres atrophiés sont signalés comme ayant un volume égal à ceux du côté sain. Ce simple énoncé nous porte naturellement à supposer que l'état d'int^;rité des cordons nerveux périphériques a pu peut-être contrebalancer l'influence atrophiante irradiée de la périphérie corticale, et contribuer pour quelque chose dans la persistance de Tétat apparent du volume de la couche optique et du corps strié (1).

b. L'autre observation ne nous paraît guère plus démonstrative, parce que la lésion qui a frappé sur le lobe cérébral atrophié ne porte, en définitive, que sur sa région antérieure» et qu^une portion considérable de ce même lobe avait été respectée, ainsi qu'en témoigne l'auteur lui-même (page 22). Il ne s'agit donc pas ici, comme dans l'observation I, d'une véritable atrophie ayant frappé simultanément sur toutes les régions d'un hémisphère, et entraîné à sa suite l'atrophie secondaire des régions centrales : le travail atrophique est resté purement local. Il n'est rien dit non plus

(1) Ces noyaux de substance grise qui sont, ainsi que nous Favons figuré, planche 1, figure 1, et planche II, les points de convergence communs à l'ensemble des fibres convergentes supérieures et inférieures, sont à la fois susceptibles de ressentir le contrecoup des lésions survenues dans les régions périphériques de tel ou tel systènif de fibres convergentes. Si, dans la minorité des cas, ce sont les lésions de la substance cérébrale qui portent avec le plus d'intensité sur elles : il n'est pas a dire pour cela que les expansions des autres périphéries sensorielles ne peuvent pas déterminer, de même, des atrophies consécutives dans les régions centrales où elles m répartissent.

Vrolik, cité par Andral^ rapporte en effet l'autopsie d'un jeune garçon de qnatorxe ans, aveugle depuis l'âge de quatre mois^ dont les nerfe optiques atrophiés avaient entrdné l'atrophie secondaire des couches optiques qui ne présentaient plus que le tiers de leur volume. (Andral, Anatomie pathohgique^ t. \\, p. 872)

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