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A08 AHÀTCmiE PATHOLOOIQUE SPÉCIALE.
caractéristiques. La dégénérescence se propage ordinairement dans une direction centripète jusqu'aux corps genouillés d*abord, et ensuite jusqu'aux tubercules quadrijumeaux (!}• C*est ao moins ce qui résulte de certains faits relatés par les observateurs.
Longet (2) rapporte des exemples concordants. Dans Tobservation deTriandière citée par Lallemand (S), il s'agît d'un homme de vingl-neuf ans, chez lequel on constata, outre une atrophie de l'hémisphère droit et de la couche optique correspondante, une atrophie du nerf optique et des tubercules quadrijumeaux du môme côté.
Dans une circonstance semblable, Dupuy, chez une femme amaurotique depuis neuf ans, rencontra une atrophie des nerfs optiques, qui avait gagné les corps genouillés, et s*était propagée jusqu'aux tubercules quadrijumeaux (4).
Laborde a présenté à la Société anatomîque un bel exemple d'atrophie d'un lobe cérébral, avec atrophie correspondante delà bandelette optique, des corps genouillés, et des tubercules quadrijumeaux du même côté (5).
Lancereaux, chez un sujet atteint d^amaurose, a noté aussi avec une atrophie des bandelettes optiques, une atrophie correspondante des corps genouillés et des tubercules quadrijumeaux (6).
Ces faits tendent donc à confirmer ce que nous avons précédemment avancé, et à faire admettre la solidarité intime de ferlaines régions périphériques du système nerveux avec les régions centrales correspondantes.
(1) Il est à noter que dans les cas où^ avec une atrophie des fîbrés optiques, les corps genouillés et les tubercules quadryumeaux n'ont pas paru, à la vue simple, atrophiés ou dégénérés, il n'en faut pas conclure que les éléments histologiqucs de ces deux amas de substance nerveuse étaient à l'état sain. Dans deux cas d^ ce genre, avec une apparence extérieure à peu pr6s normale, nous avons rencontré une dégénérescence profonde des cellules nerveuses qui étaient tontes phig on moins en période régressive.
(î) Longet, Anatomie et physiologie du système nerveux, 1. 1, p. ATS.
(3) Lallemand, Lettres sur Vencéphale, t. III, p. 259.
(4) F. Dupuy, Comptes fendus delà Société de biologie, 2» sér., t. V, Paris, 1858, p. 37.
(5) Laborde, Bulletins de la Société anatomique, 1860, p. 421. 0) Lmccreaux, Arrhive.fdff médecine . 1864. obs. 1.
ATROPHIES SKCORDAIIIBS DBS RÉGIONS OLFACTIVES. HW
Nous avons dit précédemment que les impressions olfactives, après s'être disséminées dans le centre antérieur de la couche optique étaient de là plus particulièrement irradiées vers certaines régions de la périphérie corticale, vers celles de l'hippocampe en particulier, et que le développement de cette circonvolution, et celui des fibres blanches qui en émergent (la voûte, les piliers), étaient proportionnels à la multiplicité des fibres olfactives périphériques, etc.
Les faits d'anatomie pathologique viennent confirmer cette manière de voir, en nous montrant que lorsque les nerfs olfactifs sont atrophiés, les hippocampes le sont pareillement, et que d'une manière inverse, lorsque les nerfs olfactifs sont seuls respectés au milieu de Talrophie générale des lobes cérébraux, les hippocampes sont dans un état d^intégrité concordant.
Treviranus, dans un remarquable travail que nous avons précédemmem citéj s'est déjà préoccupé de ces rapports. Il cite à Tappui de son opinion les deux exemples qui suivent : « Tiedmann, dit-il, chez un enfant qui vint sans nez, né trouva pas de nerf olfactif; la voûte et les hippocampes n'étaient pas développés. > Il rapporte à la suite la descriptioti qu'a donnée Rudolfi du cerveau d'un enfant, dont les nerfs optiques et olfactifs manquaielit du côté droit : Thippocampe du même côté était à peine développé; il n'y avait pas de traces de bandelette semi-circulaire^ pas plus que de pilier antérieur; le tubercule mammillaire correspondant faisait également défaut.
Dans l'observation de Triandière, déjà citée, le nerf olfactif et l'hippocampe manquaient simultanément du côté droit.
La première observation de la thèse de Turner indique encore que le nerf olfactif étant atrophié du côté droit, l'hippocampe du même côté, la moitié correspondante de la voûte, et le tubercule matnillaire étaient atrophiés (2).
(1) Treviranus, Journal complémemtaire du dictionnaire dtf sciences médicales^ l. XVII, p. 32 et suiY.
(2) Tnmer, Th^*e de doctorat, t^aris, 1858.
&00 anàtomie pathologique spéciale.
La propositioD inverse parait être également vraie : c'est au moins ce qui résulte des deux observations qui suivent :
Dans un exemple d*atrophie d'un lobe cérébral, présenté à la Société analomiquc par Beau, le travail d*atrophie avait respecté riiippocampe*, les nerrs olfactifs étaient simultanément bien développés (1).
Turner indique de son côté un fait concordant. Il dit, en effet (Observ. III) : t que malgré Tatrophie qui avait frappé sur un lobe cérébral, Thipppcampe avait été épargné : dans ce cas les nerfs olfactifs étaient intacts. »
Bell a signalé Tatrophie des piliers et de la voûte marchant d*une façon concomitante avec celle de l'hippocampe du même côté (2).
Cruveilhier enCu a rencontré des faits analogues. C'est ainsi qu*il signale avec une atrophie de Thippocampe, l'atrophie consécutive de la bandelette frangée et du pilier correspondant (3).
BOLIDAlITi DIS APrAlBlLS CÉIÉBILLIOX CIICTBAOX IT rilirBÉaiQUIt.
Nous avons déjà dit que le cervelet, véritable foyer d'innervation, était en rapport, par ses pédoncules, avec les différents dépôts de la substance grise du bulbe, de la protubérance et du tx)rps strié. Nous avons suffisament décrit les rapports des fibres pédonculaires inférieures avec les noyaux olivaires inférieurs (pi. I, fig. A; pi. II); ceux des fibres pédonculaires moyennes, avec la substance grise de la protubérance ; ceux des fibres pédonculaires supérieures avec les noyaux olivaires supérieurs; nous avons insisté sur le rôle prépondérant que ces dernières fibres étaient appelées à jouer dans la constitution des noyaux jaunes des corps striés (pi. X, fig. 3; pi. XVIII, fig. 8). Nous avons appelé I attention enfin sur Fentrecroisement des fibres pédonculaires cérébelleuses, qui est tel, que leurs expansions terminales sont presque toutes localisées précisément dans le côté opposé
(1) Beau, buHetins de la S*mété aiiatomique* Paris, 1833, p. 183. '2) Bell, bulletin.'^ de la Société anatomique. Paris, 1831, p. 7. 3) Cnneilhier, Anafomie pathologique du eorps humain, XX*li\r., iii-foliA.
SOLnàftITÉ DBS ÀMPAtKILS OMfcBlLLiDX « MH
à cdai d*où elles tirent leur origine intnK^rebelleuse {\\\. I« fig.4).
Ces données anatomiques nouvelles, que nous nous sonunea attaché tout particulièrement i préciser» trouvent leur confirma* tion dans les faits révélés par l'anatomie pathologique. Il ressort en effet de Texamen comparatif des divers exemples d*atrophia des amas de substance grise cérébelleuse centrale et périphérique, que :
I. L'atrophie des expansions terminales des libres pédonculairei irradiées au sein de la substance grise du corps strié» est apte A retentir d'une façon centripète jusque vers les régions cérébelleuses centrales d*où elles soutirent leur principe d*aclion.
IL Réciproquement, Tatrophie des régions centrales cérébelleases entraîne secondairement, dans une direction centrifuge^ Tatrophie des fibres pédonculaires d*abord, et, immédiatement, celle des réseaux de substance grise périphérique qui sont sous leur dépendance directe.
L Les faits d'atrophie croisée du cerveau et du cervelet, HignuléM déjà par Gruveilhier, par Bell et Saint-Yves qui en ont, Ah% 18S1 , présenté des exemples à la Société anatomique, ont été particulièrement mis en lumière depuis les intéressantes recherches de Tumer. Ce judicieux observateur a rassemblé en effet dans sa thèse les faits de ce genre» et leur a adjoint une série dVibsi^rvo' tions personnelles. Les choses n*en sont pas restées là une fois le roouvennent donné» et» depuis cette époque» des r/rnimunicS' tions analogues ont été faites dans les différentes s^jciétés mmi» tifiques.
n réralte, en effet, des recherches des âttlhmU obervateiffs que les atrophies isolées d*un lobe cérébral et» par con4é/|fient» celles du corps strié eotralaent a leur suite Tatropliie cr^ii^ée Aê rbémi^lière cérébelleux do c6îé opposé*
Ce soot aMurémeot là des faits d'une grënie impnriêtttAf et qui cooirmeot pérempCofremeot lt% as^ertiom qrie 99010$% sv^/tm précédeauDctit émises ao sujet de la propagatk^ de% espar^^rn cérébeUeoses weédiaieê m seio de la soU4af^^ ^rn^ d#i ^^fn strié : b attrcbe do prùce$$u$ aboriiéde IrMve en eiet «s ran/^ d'être dHK hkmmtimnîi de» plesm pmfbéri^in^ ^ ^#r^t irradia
tlQ% 4!V4T9¥1B pàT|Iûi.ûG1ÛUE SPtCI4M(t
des .olives supérieures (pi. I, fig. h). Voici maiplenaot le résumé de quelques fails à Tappui de nos assertions :
Çi^. I. tr- Femme, soixante e( un ans, Lobe cérébral droit plqs petit ç^ 1# gaocbe de moitié; le corps strié, en bon état en avant, est ru^ueax e|i Sfrlère; le lobe cérébelleui gaacbe est diminué de volume. (Bell^ Société anatomique, 4 831, p. 7.)
Ob8. il — Femme, trente ans. Lobe antérieur cérébral droit induré; corps strié effacé ; le lobe gauche cérébelleux est plus petit et plus dei|ie. (Saint- Yves, Société anatomique, 1834, p. 197.)
Obs. IIL — Femme, vingt-deux ans. Lobe cérébral droit atrophié ; le corps strié est un peu diminué de volume et induré. Atrophie du lobe cérébeileox gauche. (Turner, Thèse, obs. I. Paria, 1856.]
Ois. IV. — Femme, quatre-vingt-deux ans. Atrophie du lobe cérébral di^it et du corps strié correspondant ; le lobe gauche du cervelet est atrophié et induré. (Id., id., obs. II.)
Pys. V, — Femme, vingt ans. Atrophie du lobe cérébral droit et du corps strié correspondant ; atrophie de Thémisphère cérébelleux du côté gaucbç. (Charcot, Comptes rendus de la Société de biologie^ 1852, p. 191.)
Il est à renfiarquer que dans ces exemples d*atrophie croisée du cerveau et du cervelet, c'est principalenrient la dégénérescence des expansions terminales propres aux fibres pédonculaires supérieures qui retentit sur les hémisphères cérébelleux et détermine ainsi, à l'exclusion des fibres pédonculaires moyennes et inférieures, les dégénérescences alrophiques consécutives. Il serait intéressant de déterminer ultérieurement si, par un mécanisme analogue, les mêmes lésions de la substance grise de la protubérance et des olives inférieures par exemple, ne pourraient pas sembl^blement amener certaines atrophies secondaires de la substance même du cervelet ? Je ne sache pas jusqu'à présent que Ton ait songé à recueillir des faits dans cette direction (1).
II. Dans d'autres circonstances, ce sont des phénomèpes inverses que Ton observe ; on voit alors le travail de dégénéres-
(1) On trouve dans les Archives de médecine, le récit d'une observation rapportée par Green et dont les conclusions semblent infirmer la valenr des observations que nous venons de citer, puisqu'il s'agit d'un cas d'atrophie cérébelleuse siégeant du même c6té que l'atrophie concomitante du cerveau. Cette observation nous pifah
SOLlDARITfi DES APPARSIU CB»teSI4ilUX. 50S
c«ncc pssfiive, w lieu de s'avancer des régions cérébelleuses péri* phériques vers les régions centrales dans une direction cenlripètei s'irradier, au contraire, du cervelet proprement dit, vers les plexus terminaux des Qbres pédonculaires. Ces atrophies cérébelleuses centrifuges sont pareillement croisées.
Ce genre d'altération signalé déjà par Breschet qui, dans son travail sur les vices de conformation de Tencéphale, a indiqué que Tabsence du cervelet entraînait du môme coup TabsencedesCbres de la protubérance (1), semble,' ou bien être très-rare, ou bien avoir échappé jusqu'ici à l'attention de la plupart des anatomo* palbologistes. Nous n'en avons trouvé que deux exemples bien significatifs: Tun a été rapporté par Cruveilhier, Tautre par Latlemand,
Le cas dont Cruveilhier a donné la description n*est autre que la fameuse observation de Combette, dont on a prétendu faire up exemple d'absence congénitale du cervelet (2). On voit, eu égard aux détails qui nous intéressent, dans le récit qui en est donné et sur la planche qui l'accompagne, que, si le cervelet ne paraissait plus exister, les fibres pédonculaires dans leur enieroble avaient également disparu : celles de la protubérance
& l^n frèi MHS portiê démonstratiTC : i* parce qoê le fujet en question éUit Mmrdm9«^ ee fui implique déjà un défaut de régularité dant la conteiture fénérale dei pièces 4^ son système neneux central; 2*^ parce que le récit de Tobservation est reproduit deux fois avec des variantes dans le même volume; et cela airec des erreurs typographiques telles, que je n'hésite pas à admeUre une adultération queleeq^M du texte primitif. (Archives générales de médecine, 3* sér., t. XII, 1841, p. ff «t822).
(i) Àrthive9 de médecine, i'« sér., t. XXXVl, 1831, p. 59.
(2) Pour peu en cflct que Ton pèse a? ec soin les détails anatomiques de cette obsenretion célèbre, et qu'on les compare avec les symptômes observes pendant la vie, on ne peut s'empêcher de se ranger à l'opinion soutenue par Cruveilhier, et d'admettre avec lui, qu'il s'agissait bien là d'une atrophie du cervelet, postérieure 4 la naliaiace, et non, eeinme on Ta très-seuTent Indiqué, d'une abfe«ee eongéflHale.
Il eet dit en eiet qu'à U pUee d« cerielei, U n'exiitail plos qu'ase aiembraae fékUnJftMlPg circulaire tenant à la moelle par deux pédooculat g éiaUneux #4 uiembraneux; que vers ces pédoncules existaient encore deux petites m^sse^ de sulMlance b^ancl^ du volume d*un pois, isolées et détachées : que les fosses occipitales étaient aeeusées de chaque cAté ; et qu'enfin les troubles da cAté des fonctions loromotrir/'i, loin d'avoir existé d'une manière continue, n'ont été surtout arcu««''S qu/; dans W\ quatre dernières année*. 'Crmeilliier, Ànoémm pÊik$h§i^im, XV* livr, pi. V.
50À ANATOMIB PATHOLOGIQUE SPÊCIALB.
étaient absentes, et la saillie des olives inférieures était i peine indiquée.
Dans l'exemple remarquable que Lallemand a présenté à la Société analomique (1), et dont nous avons pu vérifier les principaux détails, l'atrophie, au lieu de porter sur Tenscmble de Tappareil cérébelleux central, n'avait intéressé qu'un lobe isolé, et c'était le lobe gauche. Les fibres des pédoncules inférieurs, moyens et supérieurs, étaient toutes frappées d'atrophie du côté gauche; tandis que les noyaux olivaires, inférieurs et supérieurs du côté droit, étaient seuls atrophiés ; bien plus, la substance grise du corps strié droit avait subi le contre-coup de la dégénérescence atrophique, et présentait une légère atténuation dans ses dimensions; le lobe cérébral du côté droit n'avait pas subi de diminution apparente dans ses diamètres.
Faut-il considérer cet exemple comme une variété de ceux que Turner a particulièrement signalés, et penser que la dégénérescence atrophique s'est propagée encore d'une manière croisée du cerveau au cervelet ? Nous ne le pensons pas, et nous croyons, au contraire, que, suivant une marche inverse, elle s'est transmise diversement du cervelel au corps strié. En examinant, en effet, a ce point de vue, les appareils cérébelleux centraux et périphériques, on pouvait constater nettement sur cette pièce : que le travail d^atrophie était au maximum dans le lobe gauche du cervelet, qui était réduit à un petit moignon, du volume d*une noisette, et au minimum dans le corps strié ; que le lobe cérêjlin] opposé n offrait aucune apparence d'atrophie : que, la<«enlls occipitale, déviée vers la gauche, expliquait évidemment (jfo'il y avait eu là, à un moment donné, un travail pathologique localement accompli (cette crête avait été, en effet, déjetée à gauche par suite de l'amplification compensatrice, subie par le lobe cérébelleux droit, plus volumineux que de coutume): que l'atrophie enfin des fibres transversales, pédonculaires, moyennes, supérieures et inférieures du côté gauche au moment même où elles émergent de la substance cérébelleuse, indiquait, d'une façon péremptoire : que le processus atrophique s'était
i) BuHetins de la Société anatomùjue, 1862, p. 490.
imJDAElTÉ DIS APPÀESILS CÉBÉHUOl. 505
irradié directement, du cervelet aux appareils cérébelleux péri* phériques ; et qu'en un mot, ici, il avait suivi» contrairement aux faits signalés par Tumer, une direction éminemment centrifuge.
fTfTÈiB nif mii8 comriBGiiini supiiuirBBs.
Le cerveau, avons-nous dit (page 150), peut être idéalement conçu sous la forme d'une sphère creuse de la concavité de laquelle partirait une multitude infinie de fibres rayonnées, destinées toutes i converger vers un noyau central : la substance grise des circonvolutions représente la périphérie de cette sphère; celle de la couche optique et du corps strié, la masse même du noyau central, et les fibres radiées, l'ensemble des fibres blanches cérébrales (pi. IV, fig. 2 et 8).
Si les rapports de solidarité intime qui unissent entre elles ces difierentes régions sont bien en réalité ceux que nous avons établis, si le cerveau est bien réellement Fensemble des circonvolutions reliées entre elles d!un côté à Vautre^ et reliées toutes à la couche optique et au corps strié (page 2A1), il doit en résulter, comme conséquence, qu'en soumettant ces données purement anatomiques, au contrôle des faits pathologique (on vertu des IcûtjLatrophies secondaires dont nous avons précédemment rMHné des exemples), nous devons en trouver la complète confirmation.
C^est en effet ce que nous avons été i même de rencontrer presque constamment dans tous les exemples cités par les auteurs ; nous avons constaté dans tous ces exemples que lorsque la sub-' stance grise des lobes cérébraux était atrophiée ou dégénérée, les régions centrales subissaient le contre-coup de leur lésion ; et, chose bien digne de remarque (qui indique combien les connexions de la couche optique avec la substance corticale sont plus intimes que celles qui existent entre celle-ci et le corps strié) dans ces exemples, la couche optique a été bien souvent notée, comme ayant ressenti, plus profondément, les atteintes irradiées du travail
airophimt du U périphérie, que Iq oorpi strié, dont l« subsUnce P»fitt #Q gépiral plus 90uvent respectée.
La plupart des auteurs qui se sont occupés d^analomie patbolo^ gique, ont été, du reste, déjà frappés de la coïncidence des atrophies simultanées des régiona périphériques et des régions centrales du cerveau ; mais aucun autre que Cruveilhier ne nous parait avoir vu avec plus de netteté et pressenti, en quelque sorte à priori, d'une façon plus précise, le rôle prépondérant qui serait attribué un jour à la couche optique, dans la contexture des Gbres cérébrales ; c'e^l ainsi, dit-il, t que Talrophi^ de la couche optique » 9 pour conséquence la réductioa de tout ThémisphèrQ eorresn pondant| centre médullaire et circonvolutions, et, suivant que le
> fpyer a respecté telle pu telle partie de la couche optique, la % portion de l'hémisphère qui répond aux radiations de la partie
> respectée échappa seule à l'atrophie (1). >
Voici maintenant le résumé des principales observation^ que que nous avons rencontrées sur ce point spécial de T^naUnnie pathologique des centres nerveux- Elles se groupent en deux divisions ; les unes sont relatives à des atrophies congénitales, à d^S arrêts de développement ; les autres comprennent les atrophies s^ondpires survenues à la suite d^ lésions profondes ayant pendant le cours de la vie plus ou moins profondément intéressé la substance cérébrale :
Obs. I. — Femme, cinquante-neuf ans. Hémiplégie congénitale incomplète du c6té gauche , affaiblissement des facultés sensorielles du côté paralysé, etc. Arrêt de développement des cireonvolulions du côté droit; la eauèbe optique du côté correspondant offrait en longueur trois lignes de moins que oalie du côté opposée le oorps strié droit était déprimé à son osnire. (Obs. I du niéniOire d^ Casauvieib, fh fa%mét\9 tér^^lei Àrchh^ éâ mtdfCMM, I8Î7, r^sér.,?. 8.)
Ob». II. — Femme, quars^nle-deux ans. Obtusion des facultés intellectqelles, etc. ; hémiplégie gauche; sensibilité moins altérée que |e iqoQvement, etc. Agénésie de I hémisphère droit du cerveau; le corps strié et la couche optique sont ratatinés. (Obs. III du même mémoire, p. 43.)
Obs. III. — Femme, trente ans. Hémiplégie congénitale du côté gauche; facultés intellectuelles obtuses ; elle arUcuIe à peine quelques mots ; sensibi-
{i) Tmiiéà'AmttanMpêthêhpiqfie. Paris, 1S&S, t. III, p. 173.
S0tl|l4ilVÉ Ogt 4»»illilU CUlittRAVX. èOT
Ul# tte«l« d«8 4«9« côtta, Atropbiê d» l«b»6Mbr4l dreii{ auiiphit d«li «Mfchf» opliqua oorre9p»pdfioi« ) laa dtui oorpt fiirièi «<»( ^«mi. (Cm. IV du même mémoire, p 4 9,)
Oui. 1V« Trr femme, 8oi«8n(6-bnît»p|. Privé» dft «loavamrat» volontaires do (BÔt^ droii; n*a jamiiia pu ko aervip dti braa cArrespendani. Apréi da développement de tout I hémisphère gauclia ; le eorpe ilrié du fiôlé eorreefttidiBt «8( <|Q qiiarl plu9 petit que celui du eAté aeia j le différenoe est noins accentaée entre les deiu opuobea optiqoei. (Oba. V, p. 47.)
ÛM. V» mr Qomme, quaranta-qaatre ans. Idiot de naiaaance, alleclé oongénitalement de pied i)ot. Kémiapbère gauobe moina long; atrophie dea piFçonvplations du lobe moyen ; oavitéa violacéea daqa la aubstance griae dea iûrpoQvoloiiona aptérieorea et postérieurea ; la couobe optique oorreapondasta eatd*un quart plus petite que œlla du côté droit] elle est de plua, d'pne coi^ aialaece presque cartilagineuse, (Breaohel, ^ro^'iws de médecine, 4ill, t. XXVI, p. 48.)
Obs. ¥!• — ' Fille, sept ans. Hiote. Atrophie dea oireonvolutions quit ça e( M. apQt indurées ; les oorps striée et la ooucbe optique sont atrophiée; à gauche, la couche optique était comme chagrinée à la surface. (Andrali OHmiqueniédmlê^ |. V, p. §070
Oas, VU. -r Komme, quarante^aept ans. Hémiplégie oongénitale du cAté gauche; les membrea correspondants sont pins grélea et plus eourts* Atrophie do lobe droit Qérébral, et surtout du lobe moyep ; la Qouobe optique et le eorpa a&rié sont pareillement atrophiés. (Id., p. 603.)
Oaa. VIIL ^ Femme, aoi&ante et un ans. SétraetioR des membrea de 9M gauobe qui ne sont point atrophiés ; sensibilité diminuée de oe e6t^t mouvements volontaires complètement abolis; la malade marche en traînant le piedaur lesdl. Lobe cérébral droi( plus petit de moitié; les ciroonvolutions y aoBt petites, atrophiées ; la couche optique e«t pareillemeut atrophiée ; le CQppa airié, en bon état en avant, ?st aeuiement rugueux en arrière. (BuUêUm 4$ to Sodéié $mQîemiqiàe, Mai, obs, de Hall, p.)
Obs. IX. — Femme, trente ans. Hémiplégie gauche; atrophie des membres eerreapondaols. Induration du lobe cérébr<ii droit; effacement des circonvolutiooa, la souche optique et )e corpa strié sent pareillement effaoéa. (BulUHnê d# laSMM^miomique, 4843, p. 197, oba« de Saiet-Yves.)
Om« X. — Femme, trente-deux ans, Èpil^ptiquç; hémiplégie droite; les laembree aont mpipa volumineux de ce côté que de l'autre; rétraction; la nudadi^ se tratae en faucbapt; la lensihilité est conservée. Atrophie de Théeaîspbèfe gauche dont |e lobe postérieur fait défaut; la couche optique el W corps strié présentent une atrophie notable. (Id., 1833, obs. de Beau, p. 4 89.)
Oaa. XI* -^ Homme, vingtr-neuf ans. Atrophie ron{;énitale des mem))re8
606 AMATOMIB PÀTHOL06IQOB SPÉCIALE.
gaiicb«8 i atrophie de rbémispbère droit; la couche optique est pareiHemeat atrophiée et indurée; le corps strié parait normal. (Obs. de Triandière, ciiéi par Lallemand, Lettre êur t'eneépkale, L III, p. 850.)
Oii. XII. — Enfant idiot, aept ans. Atrophie de l'héniisphère gauche; la couche optique et le corps strié correspondant sont atrophiés. (Gruveilhier, Atku d'anatomie pathologique du corpi humain^ Y* livr., in-folio.)
Ces. XI II. — Enfant idiot. Atrophie des deux lobes cérébraux ; les oouchss optiques et les corps striés sont pareillement atrophiés. (Id.)
Om. XIV. — Enfant idiot, trois ans. Atrophie de l'hémisphère gauche; la couche optique et le corps strié sont atrophiés. (Id.)
Ois. XV. — Femme, vingt-deux ans. Hémiplégie gauche avec atrophie des extrémités; intelligence obtuse, cécité; sensibilité un peu émoosséeàla main. Atrophie de Thétnisphère droit, la couche optique est complètement flétrie et déprimée; le corps strié, induré, est seulement très-peu diminué de volume. (Turner, Thèse de doctorat. Paris, 1856, obs. I.)
Ois. XVI. — Sujet adulte servant aux dissections. Atrophie du lobe cérébral droit; atrophie simultanée de la couche optique et du corps strié. (Id., obs. IL)
Om. XVII. — Femme, dix-huit ans. Ëpileptique; hémiplégie à droite avec rétraction et atrophie; vue affaiblie à droite; sensibilité conservée; intelligence peu développée. Atrophie du lobe cérébral gauche et atrophie considérable de la couche optique et du corps strié. (Id. , obs. III).
Ob8. XVIII. — Femme, seize ans. Hémiplégie à droite, avec rétraction et atrophie considérable. Destruction du lobe central gauche ; la couche optique est atrophiée, surtout en dehors; le corps strié a un aspect normaL (Id.,obs. IV.)
Om. XIX. — Homme, quarante-cinq ans. Atrophie des membres supérieurs et inférieurs droits avec rétraction. Le lobe gauche est réduit à la moitié de son volume; la couche optique est de la grosseur d*une petite noisette : le corps strié est bien moins atrophié. {Bulletins de la Société anatomique, 4860, obs. de Laborde, p. 422.)
Obs. XX. — Homme, quarante-deux ans. Hémiplégie droite incomplète depuis l'enfance. Atrophie du lobe gauche, dont les circonvolutions sont aplaties et blanchâtres ; atrophie correspondante de la couche optique et du corps strié. (Cruveilhier, Anatomie pathologique du corps humain^ livr. VIII*, in-folio.)
Om. XXI. — Femme, trente ans. Épileptique. Atrophie des membres gauches ; atrophie de l'hémisphère droit, de la couche optique et du corps strié du même côté. {Comptes rendus de la Société de biologie^ 1861, p. 191, obs. de Charcot.)