II. — NERFS OPTIQUES
Les nerfs optiques sortent du cerveau moyen dans la partie infero-antérieure des lobes optiques et en avant du corps pituitaire.
Ils se présentent sous la forme de deux larges
bandes qui se croisent en passant l’une au-dessus de l’autre.
Il est admis généralement que ces nerfs ne possèdent pas de chiasma. Ce fait doit être admis d’une manière générale. Mais cependant j'ai rencontré parfois un échange de fibres analogue à celui des nerfs optiques chez les vertébrés supérieurs se faisant au travers de la petite commissure de Haller qui réunit les deux bandes optiques par leur face interne. (fig. D. ch.)
Chez le Syngnathe, le Labrax, j'ai pu par une dissection attentive constater ce fait. Sur les autres tyves que j'ai étudiés il m'est impossible d'affirmer si réellement ce chiasma existe.
Quelquefois il se produit au travers de l’une des . bandes optiques, chez le Hareng par exemple, une sorte de boutonnière qui sert de passage au nerf du côté opposé.
Les nerfs optiques sont variables de forme, il suffit de citer, comme terme extrême, ce qui se passe chez les Pleuronectes, où les nerfs optiques se présentent comme une membrane plissée en éventail.
J'ai cherché soigneusement le noyau d’origine des nerfs optiques, les auteurs n'ayant pu jusqu’à présent assigner comme point de départ des fibres d’origine de ces nerfs un amas cellulaire bien localisé.
Carus et Haller admettent comme origine des nerfs optiques les deux couches des lobes optiques. C’est assez vague.
Desmoulins dit que les lames plissées du nerf op-
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tique s'unissent en partie au feuillet interne des lobes optiques.
Arsaky, Desmoulins et Cuvier assurent queitles nerf optique reçoit ses fibres des lobes inférieurs.
Haller et Gottsche nient cette dernière assertion.
D’après Haller ces nerfs recevraient aussi des fibres du trigonum fissum.
Baudelot est indécis sur ce sujet.
Des coupes pratiquées en série sur l’Encéphale de Conger vulgaris distante entre elles d’un centième de millimètre, m'ont fait apercevoir au-dessous de léminence lobée de part et d'autre d’une ligne verticale menée de la commissure du toit à l’hypophyse, un amas de cellules que je puis affirmer comme étant le noyau d'origine des nerfs optiques.
Ces cellules, au nombre de 7 ou 8 (fig. 14, nO), bipolaires sont situées immédiatement au-dessus d’un faisceau longitudinal correspondant au cordon postérieur du bulbe dont ce faisceau est le prolongement (fig. 13 fpc.)
Des fibres partent de cet amas cellulaire et passent du côté opposé en se croisant (Ent.) Elles se perdent ensuite au milieu des fibres circulaires qui remontent dans les parois de la voûte des lobes optiques (fig. 14 feT.)
Sur la même figure, un groupe de fibres de chaque côté indique le trajet du nerf trochleaire (n. P.\ dont la coupe n’a pas intéressé le noyau d’origine.
On voit que les nerfs optiques naissent d’un noyau situé au-dessous de l’éminence lobée immédiatement
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au contact du plancher du ventricule optique et dans
la zone bulbaire postérieure. Les Lobes optiques con- .
courent à la formation des nerfs de la vision. Les fi-
bres cheminent d’arrière en avant en remontant vers
le toit des lobes optiques, dans la couche interne de ces lobes; puis s’incurvent pour se diriger vers le point d’'émergence ou se trouve l’entrecroisement apparent sans échange de fibres. Ce n’est que plus loin et dans les cas que j'ai signalés au travers de la commissure de Haller que se fait le véritable échange des fibres nerveuses.
Les nerfs optiques reçoivent des fibres des Lobes inférieurs (fig. 25, fi). Ces fibres naissent du sein de la substance fondamentale de ces lobes, sans montrer un noyau d’origine déterminé. Elles se dispersent dans la masse en se mettant peut-être en relation avec les granulations libres des lobes inférieurs et s’épuisent entre ces noyaux.
Le schema (fig. 25), nous montre le trajet des fibres optiques.
Du noyau d’origine (no) partent de chaque côté, en se croisant, des fibres se dirigeant en bas vers le point d’émergence des nerfs (/.0p.) D'autres faisceaux (ft) remontent vers le toit des lobes optiques, le parcourent d’arrière en avant pour venir sortir à la partie antérieure du plancher en avant de la glande pituitaire. D'autres faisceaux au nombre de trois sortent des lobes inférieurs (fi) pour se réunir en un tronc commun qui va se réunir aux faisceaux qui remontent dans la couche interne des lobes optiques.
Haller avait soupçonné que les fibres optiques sortaient du plancher du ventricule optique en arrière du trigonum fissum, mais sans avoir pu montrer leur noyau d’origine.
Serres voyait dans les lobes inférieurs des ganglions d’origine des nerfs optiques puisqu'il les appelait lobules optiques.
J'ai vérifié l’opinion de Haller tout en démosteut que Cuvier et Serres avaient raison en signalant une relation étroite entre les lobes inférieurs et les nerfs optiques.
Enfin les nerfs optiques sortent du crâne par un trou de la base de la petite aile (Cuvier) ou de lalisphenoïde antérieur.
IIT. — NERF OGULO MOTEUR GOMMUN
Le nerf oculo moteur commun qui anime tous les muscles de l’œil excepté l’oblique et le moteur droit externe nait à la face inférieure du bulbe sous l’entrée de l’aqueduc postérieur de Sylvius à la limite
entre le cervêau moyen et le cerveau postérieur im-
médiatement derrière le point où les lobes inférieurs s’attachent à l’Encéphale.
Il sort du crâne au travers de la petite aile du sphénoïde en arrière du trou optique.
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Carus prétendait avoir trouvé l’origine de ce nerf dar le torus antérieur.
Arsahy et Cuvier disent que les ne Ut situés en avant des lobes optiques représentant les hémisphères, que les pyramides antérieures étant les pédoncules du cerveau, les origines des nerfs oculomoteurs communs sont les mêmes que celles de l’homme.
Ainsi que j'ai pu le constater, le noyau d’origine du nerf de la troisième paire se trouve dans la partie inférolatérale du bulbe en avant des origines du Trijumeau et se présente comme un amas peu considérable de cellules multipolaires.
Le nerf moteur oculaire commun possède une certaine importance au point de vue de la détermination des parties de l’Encéphale. Toujours il marque chez les Vertebrés supérieurs la limite postérieure du troisième ventricule. Nous pouvons en conclure la place des lobes inférieurs. Puisque l’origine du nerf oculo moteur commun se trouve en arrière de leur point d'implantation, nous pouvons affirmer que les Lobes inférieurs font partie du cerveau intermédiaire.