‹ Recherches sur le traitement du cancer, par la compression méthodique simple ou combinée, et sur l'histoire générale de la même maladie, suivies de notes 1.̊ sur les forces et la dynamétrie vitales; 2.̊ sur l'inflammation et l'état fébrile (volume 2)Chapitre 51 sur 105 · CINQUANTIÈME FAIT · texte numérisé non relu

CINQUANTIÈME FAIT

Madame de V , âgée de quarante- trois ans,

d’un tempéi'ament sanguin -bilieux , d’une faible constitution, est née d^un père qui, jeune encore, succomba à une maladie simulant la phthisie pulmonaire , et d’une mère qui mourut d'un cancer au pylore. Réglée â quinze ans, madame de V..,. a encore ses menstrues qui paraissent fort exactement tous les mois, avec cette circonstance qu’un flux leucorrhéique précède et termine Féruption ^ sa santé du reste a toujours été fort délicate.

En novembre 1826, la malade reçut un coup à la partie supérieure du sein droit *, il survint aussitôt à Tend roi t frappé un engorgement in-= flammatoire qui fut combattu d’abord par des saignées locales , des cataplasmes émolliens et un régime convenable. L’engorgement passa à Tétât chronique en vain on eut recours aux cataplasmes de ciguë arrosés de laudanum , la tumeur prit de l’accroissement , des douleurs lancinantes très- vives se déclarèrent , il fallut extirper la partie malade : M. Dubois fit l’opération le 28 février 1827 . Cinq semaines après , la plaie, qui jusque-là avait eu un très -bel aspect, se couvrit de nodosités très-dures et rougeâtres , lesquelles de proche en proche gagnèrent le creux de l’aisselle. Plusieurs médicamens furent diris^és contre cette récidive 5 ils avaient été tous inutiles , lorsque la compression fut tentée pour s’opposer aux progrès de la maladie locale.

Suivie avec exactitude pendant plusieurs semaines , la eompression est restée impuissante ; la tumeur et les ganglions sus- clavieulaires et cervicaux engorgés ont continué d’augmenter, et enfin des douleurs, comme névralgiques , dans le cou et la tète , avec une grande gène dans la respiration , ont obligé de renoncer à tout bandage pour s’en tenir aux caïmans.

i“. La plus belle santé ne peut donc mettre aucune femme à l’abri des fâcheux effets d’un coup au sein.

2°. La cause la plus accidentelle en apparence, l’extirpation la mieux exécutée , ne peuvent donc présenter aucune garantie contre les récidives.

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