‹ Recherches sur le traitement du cancer, par la compression méthodique simple ou combinée, et sur l'histoire générale de la même maladie, suivies de notes 1.̊ sur les forces et la dynamétrie vitales; 2.̊ sur l'inflammation et l'état fébrile (volume 2)Chapitre 53 sur 105 · CINQUANTE-DEUXIÈME FAIT · texte numérisé non relu

CINQUANTE-DEUXIÈME FAIT

A la fin du mois de juin 1827, j’ai été consulté pour une dame de province , affectée d’un engorgement au sein gauche , avec tuméfaction des ganglions axillaires sous-claviculaires et cervicaux.

Voici un extrait des mémoires à consulter, de MM. Delacourt et Martin , tous deux docteurs en chirurgie à Marseille.

Madame de V , âgée de quarante-cinq ans , d’un tempérament sanguin, d’une constitution robuste , toujours bien réglée , est sujette depuis 1821, époque de sa dernière grossesse , à un flux hémorrhoîdal fréquent et très-abondant.

Mère de deux enfans qu’elle a allaités, la malade porte, depuis dix-huit mois, dans le sein gauche, un engorgement indolent, qui ne fixa son attention que lorsqu’il eut envahi toute la mamelle et se fut étendu dans le voisinage. Un suintement séreux du mamelon avait précédé

de deux ans la maladie , dont voici Tetat actuel :

La mamelle gauche forme une tumeur volumineuse , aplatie , dure , bosselée , mobile et quelquefois douloureuse *, là peau qui la recouvre est plus poreuse et plus épaisse que dans l’état naturel ; le mamelon est déprimé , les veines sous-cutanées voisines sont presque variqueuses. Dans l’aisselle se trouve un autre engorgement , dur, quelquefois douloureux, séparé du sein par un intervalle de cinq ou six lignes seulement. A la partie inférieure du cou , derrière la clavicule et au-dessous d’elle, existent d’autres tumeurs moins résistantes et moins circonscrites que les précédentes ; on dirait qu’elles sont enkystées et remplies d’une matière rnélicérique.

Ces divers engorgemens , sensibles à la pression^ sont quelquefois le siège de douleurs assez vives pour troubler le sommeil et les autres fonc^* tions *, il faut remarquer cependant que ces douleurs sont moins fréquentes et moins vives depuis que la malade est soumise à l’usage des bains , des topiques émolliens , des purgatifs dérivatifs et des boissons adoucissantes. Au reste, on n’a jamais employé de moyens actifs.

Le cas présent offre un concours de circonstances très-graves pour l’homme de l’art. Lors-

tjne je fus consulté, le traitement des n“*

4i et 4^ n’etait pas assez avancé, et j’avais tout présent le fait du n* 42. H m’était difficile de faire entendre à MM. Delacourt et Martin toute ma pensée sur la possibilité de la compression des ganglions axillaires , sus et sous-claviculaires. Il aurait fallu leur produire l’histoire entière des malades n°* 4®? 4^ répondis en con¬

séquence , que le cas dont il s’agissait étant des plus fâcheux , il convenait , pour avoir quelque chance de succès par la méthode de traitement que j’emploie, que madame de V.... se rendît immédiatement à Paris, ou que l’un de MM. les chirurgiens qui la suivaient vînt juger par luiméme de mes procédés et de leurs effets, afin de perdre le moins de temps possible en tâtonnemens .

1**. Vu le bon état général de la malade; vu les résultats des 4^^ 4^ 4^^ faits , et la dimi¬

nution des ganglions sus -claviculaires dans le 38% etc. , j’étais fondé à proposer une compression appropriée; mais il fallait la diriger moiméme ou produire à MM. Delacourt et Martin des faits qui pussent les guider.

2", Ce cas me parut un de ceux dans lesquels l’emploi de l’extrait de ciguë préparé à la vapeur acétique et le cura famis peuvent être associés â la compression.

Page 1