ACCIDENS IMMÉDIATS
i\ Forcé de prendre un point d’appui trèsélevé, parce que le bas de la tumeur, réduit en pulpe cérébriforme , se déchirait, j’ai trouvé, lorsque je l’ai eu abaissée , que, la griffe antérieure de la première pince-érigne anticipait trop sur la partie saine du vagin , derrière la vessie. Je l’ai desserrée , en faisant soutenir l’abaissement avec l’autre , et j’ai abandonné la portion de vagin que je voulais ménager , afin
de m’éioigner un peu plus de la partie inférieure de la vessie.
2°. La douleur qui a excité les plus grandes plaintes de la part de la malade , a été celle de l’abaissement , qui a demandé plus d’efforts que je n’en ai observés dans aucun cas d’excision du col de l’utérus. Aussitôt que j’eus fait la section des deux tiers supérieurs desligamens larges^ les douleurs diminuèrent ; elles perdirent encore de leur intensité par la section de la partie inférieui’e desligamens, et furent très-tolérables pendant la dissection de la partie postérieure de la tumeur.
3®. Le sang qui a paru à la vulve dans l’abaissement , et qui s’est écoulé pendant Lopération, venait du bourbier cérébriforme que la traction déchirait. Il ne s’est pas écoulé trois onces de sang par les sections que j’ai faites , et, la pièce enlevée, récoulement sanguin s’est suspendu si parfaitement, qu’il ne s’est pas fait dans le lit de la malade, pendant le reste du jour, une tache de quatre pouces de diamètre , et qu’il ne s’en est épanché aucune quantité appréciable dans le péritoine.
4®. Pendant l’opération une appendice épiploïque s’est montrée à la vulve*, elle a été réduite "et n’a plus reparu *, je m’attendais à la sortie des intestins, par les cris de la malade que je n’avais garde d’empêcher *, j’y étais préparé^ et leur pré-
sence n’aurait dérangé aucune de mes manœuvres ^ je les aurais seulement fait écarter au besoin par la main d’unaide^ puis je les aurais réduits comme l’épiploon.
S*". Il paraît que la douleur par tiraillement et meme par déchirement attaque moins le prin-^ cipe de la vie que celle de Finstrument tranchant ; car , après l’opération , le pouls n’avait éprouvé qu’une concentration peu considérable*, aussi la réaction qui a suivi a-t-elle été très-modérée. Ceci se rattache à ce que j’ai dit au sujet de l’ablation par énucléation de la tumeur que portait le sujet du dixième fait de la première partie *, au reste , on a vu un bras impunément arraché par l’aile d’un
moulin, et on Voit j en ce moment meme , à la Clinique, une femme dont le bras et l’avant-bras gauches ont été triturés par la roue d’une mécanique, au point que les deux tiers de l’humérus ont été extraits, etqifiî n’en reste que deux pouces et demi en haut et un pouce en bas, au-dessus de l’articulation, de manière que la partie moyenne du bras n’est formée que par ses muscles, qui agissent cependant sur l’avant-bras au moyen d’un bracelet *, l’avant-bras est ciselé jusqu’aux os par sept ou huit cicatrices très-larges qui annoncent, comme celles du bras, que tout ce membre a été déchiré, et cependant cette personne n’apassuc^
coîiîlx’ à une aussi Yiolenie et aussi longue douleur.