‹ Recherches sur le traitement du cancer, par la compression méthodique simple ou combinée, et sur l'histoire générale de la même maladie, suivies de notes 1.̊ sur les forces et la dynamétrie vitales; 2.̊ sur l'inflammation et l'état fébrileChapitre 50 sur 66 · ESPECES · texte numérisé non relu

ESPECES

Dans le premier genre de fièvres , dans lequel les lésions des (onctions vitales communes sont -primitives, et celles des fonctions vitales spéciales consécutives , ainsi que dans ie second , dans lequel les lésions des fonctions vitales spéciales sont primitives , et celles des fonctions vitales communes consécutives , on observe deux espèces.

i°. Les fièvres biosiques avec simple sur-stimulation vitale . La résistance vitale est forte si le sujet est vigoureux , et avec éréthisme vital s’il est faible. Les fonctions vitales spéciales et communes se soutiennent encore , à en juger par la nature et là quantité des produits physiologiques des fonctions vitales spéciales; les malades digèrent leurs boissons; la circulation n’est que modérément accélérée; la respiration n’est pas fétide , les excrétions continuent , la peau est souple , les muqueuses buccales sont humides, etc. Dans ce Cas, si le sujet a de la vigueur, les fonctions résistent plus ou moins à la sur-stimulation ; s’il est faible, il éprouve les aecidens de l’éréthisme.

2°. Les fièvreè biosiques avec sur -stimulation vitale excessive. Les fonctions vitales spéciales et communes tombent dans la stupeur ou Voppressio virium si le sujet est vigoureux, et tendent successivement , ou simultanément à s’éteindre dans Y éréthisme > s’il est épuisé et faible. Les fonctions vitales spéciales et coin* munes se détériorent et se suspendent Jes unes après les autres : les malades ne digèrent plus , la circulation

s’éteint, la respiration cesse peu-à-peu , les sécrétions se suspendent , la peau devient aride , ainsi que les muqueuses, ou bien les excrétions sont colliquatives , et la vie s’éteint peu-à-peu dans les tissus, même lorsqu’ils ne sont pas irrités , ainsi que les fonctions nerveuses cérébro-spinales ou les sens distincts. Dans ce cas, le sujet étant débilité, les fonctions ne résistent pas à la moindre stimulation, qui devient pour lui une sur-stimulation , et cessent par Vextinctio virium dans l’éréthisme, qui est la sur-stimulation d'un sujet faible.

Variétés.

Chaque espèce de fièvres présente à considérer les variétés ou les différences :

i°. Des phénomènes organiques fébriles spéciaux , dans l’ appareil de chaque fonction distincte ou confuse, dans V action et dans le consensus ou les sympa th ies de chaque appareil de fonctions.

2°. Des produits fébriles spéciaux primitifs et consécutifs de chaque fonction confuse ou distincte ;

5°. Des conditions étiologiques spéciales de l’état fébrile. Ainsi : A. Des agens mécaniques , chimiques, épidémiques, miasmatiqueset virulens ou contagieux spéciaux , comme conditions physiques spéciales de l'état fébrile. B. De l’état spécial de la sensibilité de chaque sens, comme conditions physiologiques spéciales de l’état fébrile : C. Enfin de la susceptibilité morale spéciale comme condition psychologique de l’état fébrile. Toutes ces conditions peuvent agir en augmentant ou en diminuant, en troublant ou en rendant réfractaires, à divers degrés, l’action et la résistance vitale*

Il faut étudier les variétés des phénomènes ou des symptômes, des produits et des conditions de l’état fébrile sous le point de vue :

i°. De la nature relative de l’état fébrile , c’est-à-dire du rapport des phénomènes, des produits et des conditions fébriles, physiques, physiologiques et psychologiques entre eux, d’où ressortent les variétés des lièvres sthéniques , asthéniques , ataxiques et réfractaires, i

2°. De la quantité relative, c’est-à-dire de l’intensité et du nombre des phénomènes y des produits et des conditions fébriles.

3°. Du lieu relatif, c’est-à-dire de Sa situation des phénomènes, des produits et des conditions fébriles.

4°. Du mouvement relatif, c’est-à-dire du changement de situation des phénomènes, des produits et des coi.“ dit ions fébriles ;

5°. Des modifications relatives, c'est-à-dire des chaugemens de nature , de quantité, de situation , et de locomotion des phénomènes, des produits et des conditions fébriles.

6^. De la succession relative des modifications spéciales des phénomènes, des produits et des conditions fébriles.

;;c. Du temps , c’est-à-dire de la durée relative , continue, rémittente ou intermittente des phénomènes, des produits et des conditions fébriles.

8°. De la similitude des phénomènes, des produits et des conditions de l’état fébrile, et de la représentation des phénomènes, des produits et des conditions de l’état fébrile Jes uns par les autres. D’une part, les phénomènes peuvent se ressembler dans le même sujet ou dans des sujets différens dans les épidémies; il en est de

meme des produits et des conditions fébriles; d'autre part, les phénomènes représentent les conditions qui les font exister et les produits qui suivront, ainsi que ceux-ci représentent , comme vestiges, les phénomènes qui ont précédé : variétés de similitude et de représentation réciproque des phénomènes, des produits et des conditions.

Deuxième Sous-Classe.

PYREXIES BIOS1QUES LOCALES, OE PHLEGMASIES ÉLÉMENTAIRES.

Considérations générales .

D’après ce que j’ai dit, on a vu que , outre les altérations fébriles générales des fonctions organiques vitales communes et spéciales , on observait aussi des fièvres locales ou des phlegmasies dont l’existence reposait essentiellement sur les modifications du sens vital commun des tissus , ou sur les altérations directes et primitives de l’action vitale des parenchymes vivans.

Les phlegmasies élémentaires ou biosiques se présentent sous différentes formes.

i% Il survient spontanément à la peau du visage ou ailleurs une rougeur diffuse qui disparaît par la pression , cl à laquelle sc joint bientôt de la chaleur, de la tuméfaction et de la douleur. Tels sont les caractères de Y érysipèle en une seule plaque eu en plusieurs; il

s étend plus ou moins, et s’éteint au lieu même où il est né, ou bien il parcourt successivement diverses parties de la superficie du corps, en produisant la desquammation ou le soulèvement de la cuticule, c’est-àdire quelque modification de la sécrétion sous-épidermoïde ; mais sans tendance nécessaire à ta suppuration.

2°. Une rougeur circonscrite, qui ne pâlit point par la pression, et à laquelle se joint bientôt une tumeur circonscrite et rénittente, et donnant le sentiment de la chaleur, de la douleur et de la pulsation, se développe spontanément sur ou sous un point de la peau : tels sont les caractères d’un phlegmon qui reste fixe à l’endroit où il est né , quoique plusieurs puissent survenir successivement ; mais chacun produisant nécessairement le phénomène de ta suppuration.

5°. La douleur d’une plaie récente s’est éteinte après un pansement convenable , et le malade ne souffre plus; comment vont se passer les choses?

a. Si les parties ont été coupées sans désorganisation , c’est-à-dire sans escarres , et les surfaces mises en contact immédiat après la cessation de l’hémorrhagie, alors il se forme sans suppuration une cicatrice immédiate.

i>. Si les parties divisées sont désorganisées , ou qu’étant simplement incisées on ne les mette point en contact, alors il se développe une inflammation plus ou moins vive dans la plaie, dont la cicatrisation n’aura lieu qu 'après le phénomène de la. suppuration.

L’inflammation diffuse, sans tendance nécessaire à la suppuration , peut affecter non seulement la peau

sous forme d’érysipèle, mais encore tous les parenchymes ; car on la retrouve dans le catarrhe ou la phlogose des membranes muqueuses , dans le rhumatisme des synoviales et des muscles , dans les névralgies ou phlegrnasies des nerfs j et il est difficile d’en méconnaître les caractères dans celles des membranes séreuses, des viscères et du tissu cellulaire, qui sont plus ou moins fugaces et sans plus de tendance à la suppuration que les oreillons ( angina maxiilaris , cynanclie parotidea) , et les tuméfactions scrotales qui les suivent parfois.

L’inflammation circonscrite , avec tendance à la suppuration, peut se développer dans tous les parenchymes. Ainsi, de même qu’elle se montre à la surface des tégumens sous la forme de pustules, on la retrouve dans les aphthes des muqueuses, dans les inflammations fixes et suppurantes des synoviales , des muscles, des nerfs, des vaisseaux, des séreuses, des viscères, et du tissu cellulaire, dans lesquelles la tendance à la suppuration est aussi constante que dans l’inflammation critique des parotides.

L’inflammation traumatique , avec adhésion sans suppuration et avec suppuration des surfaces , est commune à tous les organes sans exception.

Dans l’érysipèle et le phlegmon spontanés, il n’y a point de douleur antécédente à l’inflammation, et elle cesse avec elle, excepté les zonas dans lesquels la douleur n’est pas proportionnée à l'inflammation apparente, après laquelle elle subsiste long-temps encore. Dans les plaies récentes , la douleur a cessé avant que l'inflammation commence. Que conclure de là? que

dans les inflammations spontanées et traumatiques que je viens de prendre pour exemple , il est impossible de trouver dans une douleur qui n’existe pas ou qui n’existe plus, la cause de la phlegmasie qui survient et qui règle le degré de la douleur qui lui appartient. Combien de fois ne voit-on pas la plaie d’une opération rester un grand nombre de jours avant de s’enflammer ? Cela suffit pour faire voir que la douleur instantanée de la section de nos tissus vivans n’est pas plus la cause de leur inflammation que la douleur consécutive des phlegmasies spontanées n’est celle de ces dernières.

Recherches sur ies lois de l'irritation .

Autrefois, pour expliquer l’inflammation, on avait recours aux causes occultes, aux humeurs peccantes, aux âcretés, etc. C’était le talisman doctoral pour sortir d’embarras, en toute occasion, avec les questionneurs indiscrets; aujourd’hui on s’adresse à l’irritation, au moyen de laquelle on explique tout, la fièvre et l’asphyxie, l’inflammation et la gangrène , le spasme et la paralysie, les effets de la lumière et de l’obscurité, ceux du bruit et ceux du silence, de l’action et du repos, etc., soit : mais il faut s’entendre sur la valeur d’un mot qui paraît vide de sens pour la plupart de ceux qui de l’irritation font un être malfaisant, parcourant l’économie dans toutes les directions, et surtout au gré de quelque théorie favorite.

Dans son acception propre, irritation signifie une stimulation excessive, par les stiinulans propres des organes ou par des agens hétérogènes : ainsi, la lu-

mière p< ut par son excès irriter l’œil, qui peut t’être aussi par des corps étrangers.

L’œiJ , pour l’exercice de ses fonctions , a besoin d’uu degré de stimulation , au-dessus et au-dessous duquel il ne peut les remplir convenablement. Il faut donc distinguer l 'addition du stimulus, de sa soustraction.

L’addition donne naissance au phénomène de la stimulation qui produit et augmente l'action de l’organe jusqu’au degré où il est irrité par l’excès du stimulant ; la soustraction développe le phénomène de la sédation qui tempère et diminue l’action de l’organe, jusqu’au degré où toute vision cesse par le défaut absolu du stimulant, et cette cessation de fonction n’est assurément pas une irritation. S’il n’est aucune fonction à laquelle la même analyse ne soit applicable, il faut absolument qu’il y ait erreur de la part de Ceux qui prétendent faire dériver tous les phénomènes organiques de l'irritation.

Le germe a la vie en puissance dans un œuf; sera-til indifférent, pour le faire éclore, de lui appliquer de la chaleur ou du froid ? Le conducteur qui agira en cédant du calorique à l’œuf agira-t-il comme celui qui lui en enlèvera? Cela ne peut être. Il faut une proportion convenable de calorique, au-dessus de laquelle la sur-stimulation ou l’irritation commence, et au-dessous de laquelle se manifeste le phénomène de la sédation, comme chez les dormeurs. Il faut donc absolument admettre deux séries de faits, dont les uns ont rapport à la sur-stimulation et les autres à la sur-sédation.

Toute sur - stimulation , et toute irritation par conséquent, suppose un stimulus, un support de l’action

du stimulus, et des capacités réciproques du stimulant et du stimulé. Faire voyager à volonté l’irritation dans l’organisme vivant est donc une locution absurde ; car l’appareil de stimulation ne change pas de lieu. Les changemens du siège de la stimulation ou de l'irritation ne supposent donc autre chose que la succession ou la simultanéité de plusieurs stimulations ou irritations, et par conséquent l’action successive ou simultanée de plusieurs agens stimuians ou irritans sur plusieurs organes susceptibles de stimulation , ou irritables et vivans, La sédation suppose la diminution ou la cessation continue ou intermittente de l’action d’un organe, ou l’action successive eu simultanée d’un ou de plusieurs agens sédatifs, c’est-à-dire modérateurs des fonctions d’un ou de plusieurs organes susceptibles de sédation, et par conséquent en action vitale.

Les agens qui exagèrent l’action vitale normale chez un sujet agissent comme stimulaps, tandis que ceux qui tempèrent celte action agissent comme sédatifs. Il y a quelque chose de relatif dans l’action des stimuians et des sédatifs. Si la température de la superficie de la peau esta 28 degrés de Réaumur, un conducteur à 29° ou 3o° sera déjà stimulant , tandis que le conducteur à 26° ou 270 du même thermomètre commencera déjà à être sédatif; mais si la température de la superficie du corps n'est qu’à 20 ou 18 degrés de Réaurnur, un con ducteur à 19 ou 20 degrés stimulera , et un à 170 ou 160 tempérera. 11 est clair que le changement de rôle du conducteur à 270 ou à 20% qui de sédatif est devenu stimulant, ne dépend que des différences de la tempe-

rature organique de ceux à qui on l’applique, mais que la loi n’est pas changée. C’est la même en vertu de laquelle , une main étant échauffée à 3o degrés de Réaumur, et l’autre refroidie à 18*, on trouvera en même temps chaude et froide de l’eau à 25 degrés de Réaumur.

La douleur ou l’irritation passe , dit-on, d’un endroit du corps à l’autre avec l’inflammation ; cela signifie qu’ainsi qu’un agent a produit sans douleur la phlegmasie de la peau, qui a développé ensuite la douleur, le même agent offert par la circulation , peut être absorbé et développer sourdement dans la plèvre une inflammation qui engendrera ensuite la douleur.

Une douleur passe avec la rapidité de l’éclair d’une extrémité du corps à l’autre. Cela n’admet pas d’explication par une inflammation ; mais cela prouve que la douleur, dans ce cas, n’est pas plus inflammatoire que celle de la crampe, et qu’il faut la rapporter aux modifications un tact général dont j’ai parlé, comme les tintemens qui passent brusquement d’une oreille à l’autre, etc. Or, jamais les douleurs de ce genre, quelque violentes qu’elles soient, ne se lient à un état inflammatoire local.

Une inflammation existant à la muqueuse gastrique , l’irritation se propage, dit -on, sympathiquement au cerveau et à ses dépendances, dont la maladie inflammatoire pourra même devenir plus fâcheuse que celle de l’estomac. Cela signifie que des conditions d’inflammation peuvent être communes dans certains cas à plusieurs organes; c’est-a-dire qu’un stimulus peut être en rapport électif simultané ou successif avec plu=

sieurs organes, s’il ne s’épuise pas sur un seul , ou s’il se reproduit, comme dans la variole, la syphilis, la gale , etc.

Comparer le phénomène de la co-existence de deux inflammations à celui du délire de l’ivresse par ivrognerie, c’est comme si on voulait lui comparer le vo~ missementpar la vue d’un objet dégoûtant. Ces faits se rattachent aux lois du consensus nerveux, comme les migrations soudaines de la douleur.

Une phlegmasie spontanée est souvent peu douloureuse, ses progrès et ses limitations sont relatifs à des circonstances souvent insaisissables. Une phlegmasie par cause locale , quoique par fois produisant de viyes douleurs, comme un sinapisme, une brûlure, une solution de continuité, etc. , a des limites déterminables à ; priori , à moins qu’elle ne devienne l’occasion du déve» loppement d’une phlegmasie spontanée. Cette circonstance place ces deux sortes d’affections à une distance physiologique immense l’une de l’autre. Dans le premier cas, une affection générale est localisée par la puissance de l’action vitale; dans le second cas, l’affection est circonscrite par l’action vitale , à moins que le tact général ne la généralise, en y associant l’organisme par l’état fébrile , ou n’éveille quelque diathèse ou mauvaise disposition incubant dans un ou plusieurs organes.

J’ai dit, dans la première note, que les modes d’un phénomène physique et physiologique éclairaient sur la nature du stimulus, sur l’état du support et sur leurs capacités réciproques , ou sur les forces que montre chacun d’eux dans la production du phénomène. Il résulte de cette loi que le mode de coloration d’un corps

est un moyen certain d’apprécier l’espèce de lumière, la nature du corps coloré, et les propriétés oü forces physiques de la lumière et du corps coloré : il eu résulte que l’état de la vision indique celui de la vie commune de l'œil, de son organisation physique, de ses forces vitales spéciales ; et de plus l’état des stimulus extérieurs ou des corps colorés. En passant à d’autres phénomènes, il résulte de la même loi que le mode de l’inflammation indique aussi bien la nature du stimulus rubéoleux, varioleux, syphilitique, psorique , etc., que celle des causes du charbon , de l’anthrax , de la pustule maligne, etc., pour lesquelles la chimie n’a point de réactifs propres à les faire distinguer ; le même mode inflammatoire des tissus fait connaître leur état antécédent par la manière dont la phlegmasie s’y comporte , quel que soit son mode; enfin , le même mode inflammatoire des organes nous dévoile les propriétés contagieuses ou non contagieuses de ses produits, ainsi que son caractère sthénique, asthénique, ataxique et réfractaire ou chronique. Cette analyse bien entendue suffira pour faire sentir en même temps la justesse et l'importance de la loi dont je parle.

Le mot irritation employé vaguement par diverses personnes , comme cause de l’inflammation , et même mis à sa place, suppose dans le développement de l’inflammation le phénomène de la douleur, ce qui n’est pas dans tous les cas. En effet, on insère , sans douleur et sans irritation, sous l’épiderme, la pointe d’une aiguille chargée de virus variolique , et , sans douleur antécédente s il se développe une inflammation génératrice d’une fièvre et d’une inflammation cutanée

consécutive : il n’y a dans ce cas aucune douleur ni irritation primitive qui puissent motiver les effets subsé que il s.

Pour que la douleur existe il faut un système nerveux, et l’inflammation survient dans des parenchymes paralysés et insensibles, dans des parties où il n’y a point ou bien où il n’y a plus de système nerveux, mais où existe le sentiment vital latent , au moyen duquel elles conservent une température vitale, et se nourrissent comme elles s’enflamment , suppurent et se cicatrisent dans leurs blessures. Tels sont les membres paralysés et insensibles à la brûlure, les lambeaux complètement détachés en une ou deux fois et réappliqués et cicatrisés (i), les fausses membranes vasculaires et cellulaires. Il ne peut donc être question, dans ces cas, de l’irritation nerveuse, ni de la douleur comme causes de l’inflammation ; mais seulement de l’irritation vitale ou biosique9 dont je vais maintenant étudier les lois, et les rapports avec l’irritation nerveuse et la douleur.

Recherches sur les lois du développement de V inflammation.

Pour bien entendre les lois du développement de l’inflammation , il faut se pénétrer du mécanisme du mouvement fîuxionnaire qui la produit. Prenons pour terme de comparaison ce qui se passe dans les voies lacry-

(i) Comme les filets nerveux ont été coupés, et que le lambeau ne récupère pas sa sensibilité spéciale, je ne puis admettre leur cicatrisation comme cause du phénomène.

males. Lorsque le canal nasal cesse, par une cause quelconque, d’être efférent , les points et les conduits lacrymaux ne cessent pas pour cela d’être afférens par l’action absorbante qui est propre aux points lacrymaux et parle mouvement ; péristaltique ou vermiculaire qui appartient aux conduits lacrymaux, comme à tous les capillaires. Les absorbans lacrymaux continuant d’agir tandis que le canal nasal ne permet plus au fluide absorbé de suivre sa route ordinaire, il s’accumule dans le sac lacrymal , le distend , l’irrite , et peut même le rompre. Tel est le mécanisme d’une fluxion : les capillaires absorbans ou inhalans delà circulation particulière d’un parenchyme continuent d’agir, ceux qui doivent décharger l’organe refusent leur service , il se fait bientôt dans le parenchyme où s’opère la fluxion une accumulation insolite de fluides ; et cette accumulation constitue une fluxion qui n’a rien de commun avec une injection à tergo. Si la fluxion continue, l’hématose locale entre en souffrance, et là commencent les phénomènes phlegmasiques qui durent jusqu’à ce que les vaisseaux efférens de l’organe qui est le siège de la fluxion commencent à reprendre leurs fonctions et à le désemplir; ou bien il faut que la partie en fluxion soit rompue comme le sac lacrymal.

Revenons un moment sur les faits qui précèdent pour analyser d’abord les lois de la congestion dans les voies lacrymales, et ensuite dans les parenchymes. Il est clair qu’il suffît de la cessation des fonctions du canal nasal par une cause quelconque, spasme , oblitération , etc. , pour que la congestion du sac lacrymal s’établisse sans inflammation antécédente . Si les points lacrymaux

remplissent leurs fonctions, alors le sac lacrymal est dilaté : si la liberté du canal ne se rétablit pas, le sac distendu devient douloureux, s’enflamme et finit par se rompre. Il n’est pas moins clair qu’il suffit de la suspension des fonctions des vaisseaux efférens des parenchymes, par une cause quelconque, pour qu’il s’établisse une congestion parenchymateuse dans les capillaires spéciaux des organes, et cela sans inflammation antécédente. Si les vaisseaux afférens continuent d’agir, alors les capillaires qui reçoivent d’eux seront dilatés par les fluides qu’ils contiennent ordinairement, si l’action des inhalans n’est pas pervertie, et par le sang si l’altération de leur sentiment latent les met en rapport avec ce fluide. Si l’action des vaisseaux efférens ne se rétablit pas, la partie en congestion , distendue , devient douloureuse par la distension , et Virritation secondaire augmente jusqu’à ce que la partie en congestion se rompe dans les abcès qui se forment dans son voisinage , en raison des nouvelles sécrétions cellulaires et des modifications de nutrition qui résultent de la eongestion inflammatoire.

Chaque capillaire spécial d’un parenchyme quel conque doit être considéré comme un petit appareil digestif qui a sa bouche, sa partie moyenne et son ori* fice efférent, comme le grand appareil digestif. Ce rapport oblige d’examiner de suite les lois de la sensibilité du grand appareil digestif, qui puise dans le torrent alimentaire que lui fournit le règne végétal auquel il rend en matières stercorales , urinaires, etc., ce qu’il a reçu en alimens, sans que la même substance puisse recommencer une nouvelle circulation digestive,

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