ONZIÈME EXPÉRIENCE
Injection de y grammes de pus ; frisson de vingt minutes de durée ; prostration , stupeur. — Mort le sixième jour. — A l’autopsie, un seul abcès complètement formé dans les muscles intercostaux ; g abcès en voie de formation , dont y dans la rate et 2 dans le poumon gauche. En outre ^pleurésie et plusieurs points de péritonite partielle ; ecchymose dans la substance tubuleuse du rein gauche. — Système circulatoire sain , excepté la veine injectée , qui est épaissie et oblitérée par un caillot noir.
Chienne de l’espèce barbet , de 44 centimètres de haut, portant une hernie volumineuse dans les grandes lèvres.
Le 21 septembre 1 843, à y heures 45 minutes du soir, on injecte par la veine saphène externe droite y grammes de pus inodore, retiré depuis trente-deux heures d’un bubon, conservé dans un flacon bouché à l éméri et étendu de 2 grammes d’eau au moment de l’injection. Aussitôt après, la poitrine s’enfle; la tête se renverse un peu en arrière; les respirations sont profondes et précipitées; l’urine est lâchée sans que l’animal se lève. Ces accidents se calment après quatre minutes.
A 7 heures 55 minutes, il y a un frisson qui cesse à 8 heures
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i5 minutes; l’air respiré traverse les fosses nasales avec un bruit prononcé qui s’entend à une distance assez grande.
A 8 heures 3o minutes, la respiration cesse d’être bruyante; l’animal est calme. Il n’a pas eu de vomissement.
Le 22, on introduit dans la veine injectée une petite cheville de bois cpie l’on pousse à 2 ou 3 centimètres de haut à l’aide d’un stylet de trousse. L’animal reste couché à la même place, insensible aux caresses, et refusant de manger.
Le 24, il demeure toujours dans la prostration et la stupeur, étendu immobile à la même place, ne faisant aucune attention lorsqu’on l’appelle ou qu’on le caresse. Les yeux sont chassieux. Refus des aliments.
Le même état persiste en s’aggravant, et le malade succombe dans la nuit du 27 au 28, ou le 28 de bon matin, plus tôt qu’on 11’aurait pu le croire d’après l’état de la veille.
Ouverture le 29, vingt-quatre heures au moins après la mort; température de 8 à io° centigrades; le cadavre reste exposé à la pluie.
Tête. Les méninges et la substance du cerveau sont à l’état normal.
Poitrine. Pleurésie peu intense à gauche, avec quelques adhérences récentes et une cuillerée environ d’épanchement rougeâtre. — Deux noyaux, gros comme des noisettes dans le lobe inférieur du poumon gauche : ces noyaux sont rouges, et n’ont qu’un peu de teinte grisâtre à leur centre. Dans le lobe supérieur du même poumon, infiltration de liquide rouge-grisâtre et imperméabilité. - — A droite, plèvre saine, engouement général rougeâtre du poumon, sans noyaux indurés (1).
Abdomen . Exsudation jaune, demi-concrète, très mince, à la surface convexe de la rate, et, sur quelques points du péritoine correspondant, rougeurs ramiformes avec perte de poli. Trois
(1) La pleurésie, les noyaux indurés, l’infiltration de liquide dans le tissu pulmonaire, sont à gauche , c’est-à-dire dans le côté de la poitrine opposé à celui sur lequel l’animal était couché quand il est mort.
noyaux bruns faisant saillie à la surface de la rate, formés par une sorte d’ecchymose et par du pus concret infiltré au centre; les diverses sections pratiquées sur la rate font découvrir encore, dans son épaisseur, quatre noyaux semblables aux précédents. Leur volume varie entre celui d’un pois et celui d’une petite noisette.
Même exsudation sur quelques points de la surface du foie; pas de noyaux, pas d’abcès dans son épaisseur.
Deux hernies inguinales, l’une composée d’épiploon, l’autre d’épiploon et d’une longue anse intestinale : il y a, dans cette dernière, entre l’épiploon et le péritoine du sac, une couche de pus quasi-solide, de l’étendue d’une pièce de deux francs , et d’un millimètre au moins d’épaisseur.
Les deux reins présentent à leur surface quelques points plus injectés que le reste; une ecchymose des dimensions d’un pois existe dans la substance tubuleuse du rein gauche. — Les parois de la vessie sont blanches; l’urine quelle contient est en médiocre quantité, mêlée de quelques flocons blanchâtres, muqueux.
Système circulatoire. Les quatre cavités du cœur sont remplies par des caillots très humides, jaunâtres dans les deux cavités droites et l’oreillette gauche, moitié noirs et moitié jaunâtres dans le ventricule aortique. L’endocarde est à l'état normal. L’intérieur des vaisseaux veineux et artériels est blanc et poli. On ne trouve nulle part le corps étranger introduit le 22 dans la saphène externe droite , qui est épaissie, d’un calibre très rétréci, et oblitérée par un caillot noir. Ce caillot se prolonge en devenant moins adhérent et plus humide jusqu’à l’embouchure de cette veine.
Examen clés membres, du tissu cellulaire et des muscles. Un petit abcès, contenant du pus épais, se rencontre dans les muscles intercostaux autour de l’une des côtes droites : on ne découvre rien d’anormal dans les articulations, dans le tissu cellulaire et dans les autres muscles, soit des membres, soit du col et du tronc, muscles qui ont tous été coupés en petits morceaux.
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