‹ Recherches sur les abcès multiplesChapitre 13 sur 18 · QUATRIÈME EXPERIENCE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME EXPERIENCE

Injection de 1 56 grammes de mercure dans la veine saphène : pendant une demi-heure , aucun phénomène manifeste ; ensuite malaise y abattement y respiration de plus en plus gênée, — Mort en moins de vingt-quatre heures. — A V autopsie , globules mercuriels dans divers points du système veineux à sang noir dans les cavités droites du cœur et dans l’artère pulmonaire ; absence dans les veines pulmonaires et le cœur gauche.

Le 2 septembre i843, à midi, on injecte i56 grammes de mercure pur dans la veine saphène externe d’un chien âgé de trois ans, et d’assez forte taille. Environ 60 à 70 grammes de sang s’écoulent par le bout inférieur de la veine; il ressort quelques petits globules de mercure après l’injection; mais il suffit d’avoir tenu la cuisse horizontalement pendant deux minutes pour qu’il ne sorte plus de mercure lorsqu’on laisse l’animal se tenir debout.

Pendant une demi-heure, il est impatient, vif, et fait sans cesse des efforts pour se sauver*

A midi 3o minutes, il commence à devenir un peu plus lent; il se couche et se relève un grand nombre de fois comme s’il ne se trouvait bien nulle part.

A midi /j5 minutes, il devient plus lourd, et reste couché immobile dans un coin.

A 1 heure i5 minutes, excrétion d’une petite quantité de matières fécales solides : l’abattement devient plus grand, la respiration beaucoup plus fréquente; les yeux sont demi-fermés, et l’animal ne les ouvre que de temps en temps. — Toux fréquente.

Il est de plus en plus abattu ; il se lève et se couche alternativement; sa respiration devient de plus en plus fréquente, et s’accompagne de sifflement.

RECHERCHER LES CAS

Jusqu’à 9 heures du soir, il n’y a ni frisson, ni vomissement, ni émission d’urine. — Tl succombe, dans la nuit ou au moins le matin de bonne heure. On le trouve avec la langue tirée, les quatre membres étendus; il a renversé, en se débattant, un billot de bois assez lourd.

Ouverture le 3, à 9 heures du matin.

On commence par enlever toute la peau : on aperçoit dans le réseau veineux sous-cutané des globules mercuriels sur divers points du ventre et sur le membre postérieur opposé à celui par lequel l’injection fut poussée.

On ouvre ensuite la poitrine : l’un des lobes du poumon gauche étant enlevé, on voit qu’il reflue par ses vaisseaux sanguins beaucoup de globules mercuriels de différentes grosseurs. On emporte alors en masse cœur et poumons; on examine d’abord le ventricule, l’oreillette gauches et les veines pulmonaires, où il n'y a pas de globules mercuriels ; la couleur de ces cavités est à peu près normale : l’oreillette, l’auricule et le ventricule droits renferment une multitude de globules mercuriels de volume variable, et, en outre, un caillot de médiocre volume dans lequel sont intriqués une multitude de globules mercuriels. La couleur des cavités droites est d’un rouge lie de vin, celle de l’oreillette surtout. Des globules mercuriels existent dans l’artère pulmonaire. On voit à la surface du poumon plusieurs vaisseaux fins injectés de mercure; d’autres un peu plus gros, qui se divisent en ramuscules, sont également injectés dans leurs rameaux et ramuscules. Les poumons sont fortement engorgés de sang, néanmoins ils crépitent. Les incisions qu’on y fait donnent issue à un grand nombre de globules mercuriels venant des vaisseaux divisés dans lesquels on en aperçoit plusieurs. La veine cave inférieure, les veines du membre supérieur droit en contiennent; mais ils sont rares dans ces dernières, tandis que dans la première ils sont très nombreux. On en trouve quelques uns dans le foie, déjà rendu inégal à sa surface par le soulèvement des gaz. On n’en découvre aucun dans la rate ni

DANS LESQUELS ON OBSERVE LES ABCÈS MULTIPLES. Ç)l

dans les reins. Le cerveau, le tube digestif et la vessie ne sont pas examinés.

Le mercure métallique retiré du cœur et des poumons dépasse 35 grammes, sans compter celui qu’on a négligé de recueillir.

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