‹ Recherches sur les actions chimiques et l'ionisation par barbotage; Propositions données par la FacultéChapitre 15 sur 69 · Effets de température · texte numérisé non relu

Effets de température

Pour avoir une bonne constance dans les effets de barbotage, il est non seulement nécessaire d'opérer à pression constante, mais 1l faut assurer aussi la constance de la température.

Dès le début de nos expériences nous avons constaté que des variations de température relativement faibles peuvent entrainer des variations notables du courant recueilli. Ceci est vrai surtout lorsqu'on est éloigné de la saturalion. Des variations de température de + 6° à + 14° peuvent produire facilement dans le courant des variations du simple au double.

IL est probable que les variations systémaliques qui se manifestent dans les premiers moments du barbotage sont dues en partie à la cause que nous venons d'indiquer. Lorsqu'on fait fonctionner un appareil barboteur sous débit parfaitement constant (le détendeur-régulateur Fournier donne une constance atteignant le 4), on conslale loujours dans les premières minutes une faible variation des effets (accroissement). En même temps, un thermomètre placé dans le liquide baisse de 1° environ, sans doute par suite du refroidissement créé par l’évapo-

ration. Tout se passe comme si par le refroidissement le barbotage libérait des ions soit plus nombreux soit plus mobiles.

Nous avons construit quelques courbes de Zélény entre la température ordinaire (15°) et une température de 5° environ. La comparaison a montré que le refroidissement modifie surtout la branche descendante des courbes. Il semble aussi y avoir un léger déplacement du maximum vers la gauche. En d’autres termes, les mobilités sont un peu mieux définies à froid qu’à chaud, la proportion des ions peu mobiles est moins grande. L’intensité du courant total ne varie pas beaucoup. En poussantle refroidissement jusqu’à o°, l'allure du phénomène n’est pas modifiée essentellement.

Les expériences faites à température élevée (jusqu’à 65°) conduisent à la même conclusion que les expériences faites au voisinage de 0°. Malgré les variations observées dans les courbes de saturation, il nous semble difficile d'affirmer une action nette de la température sur la producuon des ions. Les courants recueillis sous 95 volts sont un peu plus faibles à 65° qu'à 15°, les différences étant de l’ordre du + ou du +. Mais l'interprétation de ces différences demeure très douteuse. Notons que les 1ons produits à haute température se trouvent rapidement portés dans une atmosphère où la vapeur d’eau est sursaturante. Dans leur trajet entre l’appareil de production et l'appareil de mesure, ils peuvent changer de mobilité d’une façon appréciable. C’est ce qui résulte implicitement de l’observation suivante. Si l’on commence les lectures immédiatement après qu’on a entouré l'appareil d’eau bouillante, on constate toujours une diminution énorme, parfois une suppression momentanée des effets. Au bout de quelques minutes, le condensateur recueille de nouveau des charges. Pendant ce temps, on peut constater qu'un purgeur placé sur le trajet des gaz s’est partiellement

rempli d’eau. Quand la condensation diminue dans le purgeur, les effets électriques reprennent.

On voit que les courants de barbotage peuvent être modifiés dans une large mesure par les phénomènes parasites résultant d’une inégalité de température. Mais la production même des ions ne semble pas varier d’une façon notable entre o° et 65°. L'ensemble de ces résultats est à rapprocher des observations analogues de Kôüsters sur le barbotage de lhydrogène dans l’acide sulfurique énlrem ete

Dans toutes nos expériences, le courant de saturation négalif est demeuré supérieur au courant de saturation positif. En d’autres termes, entre o° et 65°, 1l n’y a pas inversion du signe électrique de Peau.

Le mercure sec, ainsi que nous l'avons conslalé à maintes reprises, ne donne aucune ionisation par barbotage. Nous avons vérifié que cette propriété subsiste à la température de lébullition (450°).

Page 1