Énumération de quelques causes d’erreur
[l était évident que nous ne pouvions songer à reprendre une à une les réactions les plus connues de la chimie
(!) LE Bon, Comptes rendus, t. CXXX, 1900, p. 895.
(2?) BEATTIE, Phil. Mag, t. XVILL, 1899, p. 97, et L. I, 1907, p. 442. (5) J. CunniN@xa et C. Mukeryt, Jahrb. f. Elektr., t. IV, 1908, p. 370. (‘) Garrer et Wicrows, Phil. Mag., t. VIII, 1904, p. 437.
(5) G. ReBouz, Comptes rendus, t, OXLIX, 1909, p. 112,
minérale et organique. Dans le choix des réactions que nous avons prises pour Lypes, et que nous avons étudiées d’une manière approfondie, nous nous sommes laissé guider par les considérations suivantes :
1° La réaction doit se faire par voie sèche, c’est-à-dire en l'absence de tout liquide pouvant donner lieu à des effets de barbotage. Cette condition oblige à éliminer non seulement les dégagements gazeux se faisant en milieu aqueux, mais certaines réactions entre corps à peu près secs. Il est possible que des traces d’eau en apparence insignifiantes donnent lieu à des effets de barbotage, lesquels ne soient pas négligeables. Nous verrons plus loin quel rôle important joue dans le barbotage la petitesse des bulles. Il est très admissible que des bulles difficilement visibles à l'œil nu produisent sur une surface humide une ionisation appréciable (1). On s’expliquerait ainsi les résultats contradictoires obtenus avec les métaux alcalins. E. Philipps (?), F. Haber et G. Just (*) ont cru observer une 1onisation due à l’oxydation du sodium et du potassium. Gockel (*) a montré que l’oxydation spontanée du potassium à l’air sec ne donne+pas d’ionisation : l'effet apparail quand on ajoute de l’eau. M. de Broglie attribue lionisation par le sodium à un barbotage superficiel (5). Tout récemment, M. Reboul (6), paraissant revenir sur les conclusions citées plus haut, a attribué au barbotage la plupart des effets qu’il avait observés.
2° La réaction doit se faire à basse température, c'està-dire en dessous de la limite où commence l'ionisation
(1) On verra plus loin (p. 127) un exemple de ces effets dans l’action de H CI sur Zn.
2?) E. Pricreps, Mature, t. LXXVIIT, 1908, p. 79. ?) F. HaBer et G. Jusr, Ann. de Phys., t. XXX, 1909, p. 417. f) GocxeL, Phys: Zeitsch.,t. IV, 1903; p. 60. 5) Comptes rendus, 1909.
$) Voir Comptes rendus, t. 151, 1910, p. 311,
par incandescence (effet Richardson). Cette limite est très variable suivant les cas. Les expériences de Stanton (1) sur le fer et le cuivre incandescents ont été interprétées d’abord comme des exemples d'ionisation par action chimique : aujourd'hui, il est de toute évidence qu'on a affaire à l'effet Richardson. Dans le cas de l'argent, l’émission de charges par élévation de température semble commencer vers 200°. Dans le cas du sodium et du potassium, la limite peut être abaissée encore, et il a été suggéré qu’elle pourrait descendre jusqu’à la température ordinaire. De toutes façons, on ne peut dépasser que dans des cas exceptionnels la température de 400°. Le plus souvent lémission de charges par simple chauffage commence à être sensible vers 350°, et, sitôt que la température s'élève, l’eflet augmente tellement vite qu'il devient impossible d’en faire la correction. Divers exemples d'ionisation par dissociation chimique (Garret et Willows) rentrent peut-être dans les cas d'effet Richardson à température modérée. Dans certaines de nos expériences nous avons vérifié par un essai à vide que la température était inférieure à la température d’ionisation par incandescence. D'ailleurs, le résultat de nos observations étant généralement négatif, le contrôle à vide devenait superflu.
3” La réaction ne doit pas donner lieu à des ruptures de grosses particules (bris de cristaux, décrépitements, projections de matière). Il est clair qu’on observerait dans ce cas les effets bien connus du clivage et du frottement. Beattie a déjà signalé cette difficulté (?) avec des sels comme le permanganate de potassium, le chlorate de potassium, le bioxyde de manganèse, l’iodure de potassium et le bromure de zinc. M. de Broglie a appelé
l'attention sur des faits analogues.
(!) STANTON, Proceed. Roy. Soc., t. XLVITI, 1890, p. 559. (?) Cf. BearTiE, loc. cit, p. 454.