Couches de liquides actifs
L'action des huiles, du pétrole, de la benzine, nous montre que l’ionisation par voie chimique est une action superficielle. Elle paraît montrer davantage. La benzine, le pétrole, les huiles sont des corps inactifs par barbotage. La suppression complète des effets s'explique 1mmédiatement, si l’on considère l’ionisation par voie chimique comme identique au barbotage.
Pour contrôler cette hypothèse, nous avons cherché à voir ce que donnent les liquides actifs par barbotage (alcool, éther, acétone, etc.). Ici, lon est forcément limité dans le choix des substances à employer. Il faut, en effet, que la substance soit : 1° moins dense que l’eau, de façon à rester à la surface ; 2° qu’elle ne se mêle pas à l’eau, de façon à donner une couche bien limitée. La première condition se réalise facilement, mais il n’en est pas de même de la seconde. Les carbures neutres, non miscibles à l’eau, appartiennent tous à la classe des hquides inactifs ; il y a peut-être corrélation entre les deux propriétés. Les liquides actifs sont Loujours plus ou moins solubles dans l’eau, et lout ce qu’on peut tenter, c’est de
(1) Pour que la suppression des effets soit rigoureuse, il convient d'opérer sur des bulles très fines. Avec de grosses bulles, les phénomènes deviennent confus. On s'explique ainsi que certains observateurs, en refaisant des expériences très analogues aux nôtres, aient pu croire à une persistance de l’ionisation. Cf. DE BRoGLIE, Comptes rendus, 1910.
les verser avec précaution, de façon à constituer une couche aussi nette que possible. On note alors les effets à l’électromètre, eu même temps qu’on suit la dissolution de la couche. La réapparition des effets dans ce cas est aussi instructive que leur disparition définitive avec les liquides neutres.
À. — Acétone. — L'acétone employée pour ces expériences est l’acétone ordinaire du commerce. Elle est souillée de produits goudronneux qui la rendent un peu moins fluide que l’acétone pure. En la versant avec précaution à la surface de l’eau, on peut obtenir des couches surnageantes, de hauteur égale à 2°" ou 3°", qui se maintiennent assez longtemps, malgré l'agitation due au dégagement gazeux (bulles très fines). Ces couches d’acétone prennent assez rapidement une teinte laiteuse, par émulsion des impuretés qu’elles contiennent. En même temps, elles augmentent un peu de viscosité, le dégagement des bulles se fait moins aisément, un certain nombre d’entre elles adhèrent à la surface. Peut-être faut-il attribuer à ces circonstances la très grande netteté des effets fournis par l’acétone (t). Nous aurons l’occasion de revenir, plus loin, sur quelques essais faits avec l’acé-
tone pure.
Couches d'acétone.
Acide chlorhvdrique seul..... tn.
Versé acétone, couche de 4°" ..... néant en 1,2 Enlevé acétone, couche de 0°",8... néant en 1,2 Enlevé acétone, couche de 0°",2... effet presque nul Acide chlorhydrique seul......... 250 en 14°
Versé acétone, couche de 2°",5.... néant pendant 1" ADP IQUEES SAN enr es 250% en 40° Remisun peu d’acétone (atm* à 30m), néant pendant 1* A DÉC SPMRIQULES 7 2e rene te 250% en 330°
(!) Au sujet de l'effet exercé sur l’électrisation par l’addition de liquide visqueux (glycérine), voir HanKkez, Ann. der Phys., t. XXII, 1885, p. 387.