‹ Recherches sur les actions chimiques et l'ionisation par barbotage; Propositions données par la FacultéChapitre 47 sur 69 · Brouillards et projections · texte numérisé non relu

Brouillards et projections

Le barbotage ordinaire ne se fait jamais sans projection d’abondantes gouttelettes. Il est probable que dans le barbotage, comme dans le phénomène de Lenard, la projection des gouttes intervient pour expliquer la dissymétrie des charges des deux signes. Les gouttes obtenues par écrasement d’eau sont toutes chargées positivement, et on a montré que les brouillards visibles dans le phénomène de Lenard sont le véhicule principal des charges positives (1). Il y avait lieu d'examiner si les réactions chimiques donnent des effets du même ordre. Nous voulions voir aussi si l'aspect de la surface où se fait le dégagement est modifié par la présence d’une couche d’alcool ou de benzine.

Quand l'hydrogène se dégage par bulles très fines, la surface du liquide n’est pas troublée par le dégagement des bulles. Elle reste parfaitement plane et réfléchissante. C’est seulement avec un éclairage intense (arc électrique) qu'on aperçoit au lieu où se fait le dégagement une mulütude de petites scintillations correspondant à l’éclatement des bulles. Lorsque la réaction est très vive et qu'il se forme des bulles un peu plus fortes, on voit au-dessus du liquide une projection de gouttes assez grosses et qui s'élèvent à une grande hauteur (10°" et plus). Quand la réaction demeure modérée, on aperçoit de temps en temps, dans un éclairage intense, des brouillards faiblement irisés formés de gouttelettes extraordinairement ténues. Tout ceci montre que le dégagement des bulles met en jeu des forces très considérables. Il se produit par le barbotage des déchirements et des pulvérisations de surfaces où l’énergie capillaire se transforme partiellement en travail d’ionisation.

(!) Voir Pomeroy, Phys. Review, t. XXVIT, 1908, p. 492.

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En versant à la surface du liquide une couche d’un autre liquide (actif ou inactif par barbotage), on se rend comple de la modification apportée aux phénomènes ci-dessus. Généralement les brouillards sont supprimés, les projections persistent le plus souvent. Avec l’alcool amylique en couche très mince on supprime presque complètement brouillards et projections. Mais, si la couche n’est pas suffisamment épaisse, 1ls reviennent au bout de quelques minutes. Une couche d’acétone ne produit pas de changement net. Une couche de benzine supprime les brouillards.

Nous n'insisterons pas sur ces constatations, très analogues à celles qui ont été faites par d’autres observateurs (1). Elles montrent seulement que, dans l’ionisalion par barbotage ou par action chimique, l'élément simple dont le départ est accompagné d’ionisation n’est pas la bulle, si fine soit-elle. Les poussières liquides visibles ou invisibles qui naissent pendant la destruction des bulles paraissent liées de plus près à lélectrisation. Ceci nous conduit à étudier pour lui-même le phénomène de la pulvérisation des liquides.

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