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Ionisation par pulvérisation

Historique. — D'après Lenard (1), la simple pulvérisalion de l’eau est inefficace pour produire de Pélectri-

(1) Loc. cit., p. 619.

cité. I en est de même du simple passage d’un jet d'eau dans l’air. C’est seulement la rencontre de gouttes séparées et d’un obstacle solide qui donne une action électrique.

Wesendonck (1) a fait des expériences de pulvérisation à l’aide d’un appareil médical et montré que l’électrisation de l’air ne peut s'expliquer par un frottement du nuage pulvérisé contre une nappe liquide.

Pomeroy (?) a montré que la pulvérisation de l'eau charge l’air négativement et A. Eve (*), dans un Mémoire détaillé, a étudié l'effet comparatif d’un grand nombre de liquides autres que l’eau. D’après lui, l’éther, le chloroforme, l'alcool, l'aldéhyde, lPiodure de méthyle, l'acide acétique donnent des effets 2 à 4 fois plus forts que l’eau (d’ailleurs symétriques pour les ions des deux signes). Les sels, les acides, donnent des effets moindres que l'eau. La benzine, le toluène, la térébenthine donnent également des effets moindres que l’eau. Le mercure ne donne rien.

H.-A. Wilson (‘) a étudié certains nuages produits par pulvérisation de l’eau et des acides, mais sans se placer au point de vue de lionisation.

Les expériences qui vont être décrites ont été résamées dans une Note (5) à l’Académie des Sciences du 18 avril,

Depuis cette date, la question a été reprise par M. de Broglie (5), qui a fait des expériences sur l'agitation violente de certains liquides dans des récipients. Cette

(:) Voir WESENDONck, Ann. de Phys., t. Il, 1894, p. 353. (?) Voir Pomeroy, Loc. cit.

(3) À. Eve, Phil. Mag., t. XIV, 1907, p. 382. (*) H.-A. Wirson, Phil. Mag.

(5) Cf. L. BLocu, Zonisatlion par pulvérisation des liquides (Comptes rendus, 1910).

(5) Voir DE BroGLte, Comptes rendus, t. XLV, 1898, p. 125.

agitation, où l’on peut retrouver à la fois le barbotage, le frottement, la pulvérisation et l'effet Lenard, conduit à classer les liquides de la même manière que la pulvérisation seule ou le barbotage seul, Le mercure sec ne donne

aucun eflel.

Dispositif expérimental. — L'intérêt que présente le phénomène de la pulvérisation est de permettre une rupture de surface liquide par l'action d'un gaz sans intervention d'aucune surface parasite (métal frappé, paroi du récipient, ele.) Dans un pulvérisateur du type V'aast ou Gouy, le jet d'eau est aspiré par un ajutage de verre, et la veine liquide, sitôt qu'elle quitte le verre, se brise en particules très fines par la pression du courant gazeux, Les actions de contact entre le liquide et le verre sont éliminées où réduites au minimum. On n'a pas à tenir compte non plus des différences de potentiel de contact des métaux, qui jouentun si grand rôle dans l'effet Lenard proprement dit (Aselmann, Becker). L'ionisation est due intégralement aux phénomènes qui se passent au contael enu-nir,

À cet égard, Le pulvérisateur Gouy nous a paru préférable au pulvénisateur Vaast. Le dernier (fg. 28) donne un jet pulvérisé qui va toujours frapper la paroi de l'ampoule : on ne peut être sûr que les effets observés sont dus entièrement à la pulvérisation et non au choc des gouttes pulvérisées contre la surface du verre (ellet Lenard), Au contraire, le pulvérisateur Gouy donne un jet rectiligne débouchant librement dans l'atmosphère. On peut éviter que ce Jet rencontre aucun obstacle solide et se mettre parfaitement à Pabri de l'effet Lenard.

Des expériences préliminaires faites avec lappareil Vaast nous avaient montré qu'on obtient des effets très gros avec un débit de liquide pulvérisé très faible. En

joignant l'onilice du pulvérisateur Vaast au condensateur

cylindrique à soufflage avec interposition d'un pelit purgeur destiné à relenir les grosses gouttes, nous avons obtenu très aisément des déviations soit positives soit négatives de 250 divisions en 5 secondes. Le débit d’air alimentant le pulvérisateur était de 1! en 11 secondes.

Pulvérisateur Vaast. Pulvérisateur Gouy.

Fig. 28.

Le pulvérisateur Gouy a été employé soit avec l’électroscope, soit avec l’électromètre. On a utilisé deux pulvérisateurs de diamètre différent, donnant des jets de finesse inégale. Les effets ont été très notables avec les deux appareils; celui qui donnait les poussières les plus petites (ajutage très fin) donnait aussi les effets les plus gros. On l’a employé exclusivement pour lesexpériences qui suivent. Pour alimenter cet appareil il faut disposer d’une pression assez forte (air comprimé pris au détendeur Fournier). Si l’on veut que le pulvérisateur fonctionne régulièrement, il convient de n’y admettre que des liquides filtrés et des gaz privés de poussières.

L’électroscope à feuille d'or est muni d'un collecteur dont la forme est celle de la figure 29. La lame d’aluminium À, convenablement prolégée, est placée en regard

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