‹ Recherches sur les actions chimiques et l'ionisation par barbotage; Propositions données par la FacultéChapitre 60 sur 69 · Examen optique · texte numérisé non relu

Examen optique

Afin de nous faire une idée de cette grosseur dans le cas des réactions chimiques, nous avons entraîné l'hydrogène par un courant d’air lent traversant une petite cuve de verre. Cette cuve est éclairée par un faisceau lumineux très intense el Lrès étroit (lampe à arc). On peutexaminer à l'œil nu la lumière diffusée. Un viseur à fort grossissement Joue le rôle de microscope et permet de résoudre le cône lumineux en particules distinctes.

Lorsque le dégagement d'hydrogène est modéré, mais se fait pourtant dans des conditions où la production des

(*) Bien plus, le gaz perd la plus grande partie de sa conductibilité primitive. Si on lui enlève cette conductibilité au moyen d’un champ électrique, il continue à ne pas donner de gros ions après qu’on l'a soumis au radium.

centres neutres est notable, on n'aperçoit aucun faisceau diffusé. I n’y a-pas de particules visibles au microscope.

Lorsque le dégagement d'hydrogène est très vif, avec formation de brouillards bien visibles dans le flacon à réaction, il apparaît un faisceau diffusé, d’abord très faible, puis de mieux en mieux marqué. Ce faisceau n’est jamais bien intense, il est beaucoup moins lumineux que le faisceau diffusé par la fumée de tabac. Des particules très petites et très nombreuses sont visibles au microscope.

Dans le cas où l’on observe un faisceau, les phénomènes changent tout à fait si l’on crée un champ électrique sur le flacon de production. Le champ sur ce flacon étant d’abord nul et le faisceau à son maximum d'éclat, on établit un champ de + 4 boîtes (360 volts). Le faisceau disparaît très rapidement et d’une façon complète. On supprime le champ, le faisceau revient. On établit un champ de — 4 boîtes, le faisceau disparaît de nouveau très vite. L'effet du champ est extrêmement net et se répète indéfiniment.

On tire de là les indications suivantes:

Nous savons que, lorsque le champ est appliqué, le courant gazeux entraîne en abondance des particules chargées par voie électrostatique. Ces particules sont trop petites [ou trop peu nombreuses (t)] pour étre visibles dans l'éclairage à arc.

Lorsqu'on n’applique aucun champ, les poussières liquides formées dans la réaction arrivent dans la cuve à éclairage et peuvent y produire une diffusion de la lumière. Dans les conditions ordinaires (réaction modérée) les poussières sont encore trop pelites (ou trop peu nombreuses) pour créer un faisceau. Lorsque la réaction est vive, les poussières augmentent de diamètre et de nombre,

(*) Pour cette restriction, voir plus loin, p. 207.

le faisceau apparaît, Mais même dans ce cas les gouttelettes sont très petites : en les chargeant par un champ électrique capable de les arrêter, on supprime instantanément le faisceau diffusé.

Les particules qui nous occupent diffèrent beaucoup à cel égard des centres neutres observés par M. de Broglie. Elles échappent par leur extrême petilesse aux observations microscopiques ou uliramicroscopiques. Elles peuvent être présentes en grand nombre dans un gaz qui paraît opliquement vide.

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