RÉSUMÉ
Les principaux résultats oblenus dans ce Travail sont les suivants :
A. Au point de vue physique. — 1° Les effets d’électisation par barbotage sont des effets d’éonisation. Les gaz qui ont barboté à travers l’eau ou les solutions aqueuses transportent en général des charges des deux signes en quantité égale ou inégale. L'existence des points neutres tient à une compensation des charges.
2° Les ions présents dans les gaz du barbotage constituent une catégorie nouvelle, de mobilité intermédiaire entre les mobilités des petits tons et celles des gros tons; ils établissent entre ces deux sortes d'ions une transition presque continue.
3° Les ions du barbotage sont hétérogènes, leur mobilité oscille autour d’une valeur moyenne. Celte moyenne dépend essentiellement de la nature du liquide employé. Avec Peau pure les mobilités des ions des deux
cm
signes sont voisines de o°",2, c'est-à-dire assez proches de celles des petits ions, Quand on passe de l’eau pure à l'acide sulfurique pur, les mobilités passent d’une manière continue de o°",2 à o‘",0002, c’est-à-dire deviennent comparables à celles des gros ions.
4 La pulvérisation des liquides peut s'accompagner d’ionisation. Les liquides actifs ou inactifs par barbotage sont aussi actifs ou inactifs par pulvérisation. Le mécanisme de formation des ions semble le même dans le cas du barbotage et dans le cas de la pulvérisation.
5° Les gaz fraichement préparés par voie humide contiennent des centres chargés et des centres neutres. Les ions ou centres chargés sont de nature identique à ceux du barbotage. Les particules neutres, entièrement différentes des centres neutres signalés jusqu'ici, peuvent se
transformer en centres chargés par voie électrostatique. On a profité de cette circonstance pour déterminer le nombre et la grosseur de ces particules. On en a montré l'importance pour les théories de l’lonisation et de l'Électricité de contact.
6° L'ionisation dite par vote chimique (humide) n’est qu’un cas particulier de l’ionisation par barbotage. Les différences qu’on peut constater entre les deux sortes d'actions paraissent tenir à la différence de grosseur des bulles.
7° Les réactions chimiques par voie sèche ne sont pas accompagnées d’iontsation. Les effets contraires s’expliquent toujours par des causes parasites (incandescence, convection, frottement, etc.).
8° Même dans le cas où une réaction s’eflectue avec flamme, elle peut être exempte de toute ionisation. A côté des flammes conductrices (hydrogène, gaz d’éclairage, etc.), il existe des flammes isolantes (soufre, arsenic, elC-)s
9° L’ionisation par le phosphore est un cas particulier de l’ionisation par les flammes.
10° lonisation, luminescence et production d'ozone sont trois phénomènes qui ne sont pas nécessairement liés. S'ils se trouvent coexister dans le cas du phosphore, il en est tout différemment dans un grand nombre d’autres cas.
B. Au point de vue chimique. — 1° On a signalé la formation d'ozone dans la combustion lente du soufre.
2° On a expliqué la phosphorescence du phosphore en la ramenant à la combustion de l’anhydride phosphoreuz.
3° On a montré que l'oxydation de l’arsenic donne lieu à de l’anhydride arsénique, et suggéré l’idée que cet anhydride se forme avant l’anhydride arsénieux.
Ce travail a été effectué au Laboratoire d'enseignement physique à la Sorbonne.
J’adresse l’expression de ma reconnaissance et de mon respect à M. E. Bouty, membre de l’Institut, directeur du Laboratoire.
Je remercie aussi M. Décombe, sous-directeur, mes collègues et tout le personnel du Laboratoire.
Je tiens enfin à adresser mes remerciments à M. Dongier, météorologiste au Bureau Central, ancien sousdirecteur, dont l’obligeance m'a été d’un grand secours
au début de ces recherches.
Vu et approuvé :
Paris, le 19 octobre 1910.
LE DoYeN DE LA FACULTÉ DES SCIENCES, Pauz APPELL.
Vu et permis d’inprimer :
Paris, le 19 octobre 1910.
Le Vick-RECTEUR DE L'ACADÉMIE DE Paris, L. LIARD.