RE
se colore par l’action de l’air et de la lumière. Quand on le traite par l’eau pure, une partie se dissout, tandis que le reste se dédouble et donne de l’aniline bichlorée qui reste insoluble.
Le nitrate d’aniline bichlorée s'obtient par une méthode analogue. Il cons'itue des lamelles minces douées d’une coloration rose trèsvive. Il est soluble dans l’eau froide, plus soluble encore dans l’eau chaude, qui le laisse cristalliser par le refroidissement. Sa solution aqueuse s’oxyde à Pair et jaunit. La chaleur le détruit,
Le chlorhydrate double d’aniline bichlorée et d’étain (protosel) cristallise très-facilement en lames incolores et volumineuses, inais trop irrégulières pour qu'l soit possible de déterminer leur forme. On le prépare en filtrant la liqueur dans laquelle on a opéré la réduction de la benzine bichlorée nitrée, et en l’évaporant si elle n’est pas suffsamment concentrée : le sel cristallise par le refroidissement. Comme tous les composés du même genre, l’eau l’altère en produisant de l’oxychlorure d’étain. On ne peut le faire cristalliser que dans des liqueurs très-acides.
Le chloroplatinate d'aniline bichlorée ne se forme pas, même par agitation, quand on ajoute du bichlorure de platine à une solution de chlorhydrate d’aniline bichlorée saturée à froid.
En résumé, l’aniline bichlorée que je viens de décrire paraît être le même corps que celui obtenu par M. Hoffmann au moyen de l’isatine chlorée, et reproduit depuis par M. Griess en distillant avec de la potasse la bichloracétanilide. Toutefois, les renseignements donnés par ces deux savants sur les composés qu’ils ont préparés ne sont pas assez complets pour qu’il soit possible de pousser bien loin la comparaison, et de juger la question d’une manière moins incertaine.
En terminant, je ferai remarquer que mesrésultats, en ce qui touche ce corps, sont généralement conformes à ceux obtenus par M. Lesimple et publiées récemment.
I, Aniline bichlorée nitrée (a).
La réduction de la benzine bichlorée binitrée (>) par l’étain et l’acide chlorhydrique s’opère avec une grande énergie. Le produit de la réaction est un sel double d’étain et d’aniline bichlorée nitrée (2). On sépare cette aniline en étendant d’eau la liqueur, précipitant
ie 36e par l'hydrogène sulfuré en excès, filtrant après vingt-quatre heures, puis neutralisant par la potasse ou l’ammoniaque : la liqueur agitée alors avec de l’éther abandonne à celui-ci l’alcali organique nitrochloré. Ce dernier cristallise par évaporation de la solution éthérée. On le purifie par des cristallisations dans l’éther privé d'alcool.
Il m'a donné à l’analyse les chiffres suivants :
C'?H"Cl? (AzO‘) Az. Ï Il C 34.78 34.93 »
A cause de sa trop grande solubilité, l’aniline bichlorée nitrée (x) donne dans l’éther une cristallisation un peu confuse. Sa solution aqueuse saturée à l’ébullition, dépose par le refroidissement des aiguilles incolores, très-fines et très-longues qui se groupent en faisceaux rayonnés. Dans l’alcool on ne réussit que très--difficilement à la faire cristalliser : cette solution alcoolique est susceptible d’une sursaturation extrêmement marquée.
Cette aniline a une odeur forte et désagréable. Elle est incolore lorsqu’elle est pure, mais s’altère assez rapidement par l’action de l'air et de la lumière, en se colorant d’abord en jaune, puis en vert.
Elle fond à 78 degrés et forme un liquide qui se détruit à une température voisine de son ébullition en -donnant une coloration pourpre très-belle.
Sa solubilité dans les dissolvants a été indiquée ci-dessus d’une manière indirecte : l’alcool et l’éther la dissolvent en très-grande quantité, l’eau froide la dissout à peine, l’eau bouillante la dissout un peu plus.
L’acide sulfurique concentré ne prend par son contact aucune coloration marquée. Une trace d’acide nitrique ajoutée au mélange donne une coloration verdâtre qui passe bientôt au rouge violacé, puis au jaune. Le produit traité par l’eau forme une solution jaune.
EE
La solution aqueuse d’aniline bichlorée nitrée (2) traitée par ’hypochlorite de chaux donne une réaction peu marquée. Une solution du même corps dans l’eau alcoolisée forme par l’action du même réactif un précipité bleu de Prusse dont la nuance passe immédiatement au violet sale, La matière colorante ainsi produite se dissout complétement dans l’éther en produisant un liqueur violette assez foncée qui brunit rapidement à l’air et que l’acide sulfurique dilué fait virer au rouge en se colorant lui-même d’une nuance analogue.
Au contact de l’acide chromique cristallisé, ’aniline bichlorée nitrée (4) humectée d’eau, produit une réaction extrêmement énergique qui détermine immédiatement l’ébullition du liquide. Le composé formé est une matière résinoïde bleue que l’éther dissout et qui passe au rose dès qu’on ajoute une trace d'acide chlorhydrique.
L’aniline bichlorée nitrée (x) forme avec les acides minéraux des sels en général très-bien définis et presque tous cristallisables, Ces sels sont peu stables etse détruisent par le contact de l’eau pure, surtout à chaud. Ils possèdent tous une réaction acide énergique.
Le chlorhydrate d’aniline bichlorée nitrée (x) est extrêmement soluble dans l’eau bouillante et beaucoup moins soluble dans l’eau froide, de telle manière qu’une solution saturée à chaud cristallise par le refroidissement. On le prépare en dissolvant l’alcali dans l'acide chlorhydrique et évaporant sous une cloche à côté de fragments de chaux vive. L’eau pure le détruisant à chaud, on ne peut le faire cristalliser facilement par l’évaporation de la liqueur qui le renferme, et que l’on obtient lors de la préparation de l’aniline, quand on a précipité l’étain. Il constitue des aiguilles longues et incolores, solubles dans l'alcool. La chaleur le détruit avant de le volatiliser.
Le sulfate d'aniline bichlorée nitrée (x), ne cristallise pas nettement. On le prépare en dissolvant cette aniline dans l'acide sulfurique étendu. 11 donne par le refroidissement de sa solution aqueuse saturée à chaud une cristallisation en choux-fleurs incolore. L'eau bouillante non acidulée le détruit.
Le nitrate d’aniline bichlorée nitrée (4), constitue des lamelles rouges mordorées très-brillantes. On l’obtient en dissolvant lalcali dans l’acide nitrique étendu : il cristallise par le refroidissement de sa solution aqueuse saturée à chaud. L'eau froide acidulée le dissout en grande quantité. Fondu dans un tube et chauffé, il donne un li-
er
quide dont la nuance rouge orangé va en s’accentuant de plus en plus à mesure que la température s ’élève et finit par se transformer en une matière résinoïde rouge soluble dans l'alcool et insoluble dans l’eau.
Le chloroplatinate d'aniline bichlorée nitrée (x) est un précipité brun cristallin, qui se forme quand on ajoute du bichlorure de platine à une solution tiède et saturée de chlorhydrate d’aniline bichlerée nitrée (x) : par le refroidissement et l’agitation, le chloroplatinate se dépose en abondance. Ce sel est soluble dans l'alcool en Fneent une liqueur verdàtre très-fortement colorée.
Ou voit, en résumé, que l’alcalinité de l’aniline bichlorée nitrée (ce) n’est pas moindre que celle de l’aniline bichlorée elle-même, et que les sels de l’alcali nitrochloré ne sont pas moins stables que ceux de l’alcali chloré. Si même on compare attentivement les deux séries de sels, on remarque que ceux de l’alcali nitrésont peut-être un peu plus stables, sont décomposés un peu moins facilement par l’éau. Ce qui semble prouver que la substitution d’une molécule nitreuse à un équivalent d'hydrogène dans un alcali organique ne diminue pas l'alcalinité de celui-ci. C’est là un fait que je me borne à constater en ce moment et sur lequel je reviendrai plus loin.
NT, Aniline bichlorée nitrée (8).
L’aniline bichlorée nitrée(f) se prépare exactement comme l’aniline bichlorée nitrée (x), mais en opérant avec la benzine bichlorée binitrée (B). Elle est plus facile à purifier que son isomère : il suffit de la fare cristalliser soit dans l’éther, à chaud, soit dans le sulfure de carbone, par évaporation lente.
Elle m’a donné à l’analyse les résultats suivants :
C'?HCP (AzO*) Az I Il HI C 34.78 34.47 »