‹ Recherches sur les Anilines ChloréesChapitre 18 sur 21 · NO · texte numérisé non relu

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marquée à froid, mais qui se développe avec énergie à une température élevée.

Elle fond à 110 degrés et se solidifie à une température à peine inférieure quand elle est en contact avec des cristaux. Elle bout à 301 degrés en s’altérant un peu.

Elle est insoluble dans l’eau et très-peu soluble dans l’alcool et dans l’éther., Le sulfure de carbone la dissout abondamment, surtout à chaud.

L’acide sulfurique concentré et froid la dissout en donnant une solution légèrement rosée. Si l’on ajoute au liquide de l'acide nitrique, il prend une teinte verte très-marquée et persistante. L'eau détruit cette coloration, et produit une solution d’un rose sale,

L’hypochlorite de chaux est sans action sur l’aniline fs chlorée en solution alcoolique.

L'acide chromique n'agit passur ce corps en présence de l’eau.

Bien que je n’aie pas encore réussi jusqu’à présent à obtenir des sels d’aniline quadrichlorée dans un état de pureté suffisante pour les soumettre à l’analyse, il me paraît certain que cette aniline peut se combiner aux acides minéraux énergiques.

Le chlorhydrate d’aniline quadrichlorée se produit dans les mêmes conditions que le chlorhydrate d’aniline trichlorée, c’est-àdire quand on fait bouillir pendant quelques instants de l’aniline quadrichlorée dans de l’acide chlorhydrique concentré,

Au contact de l’acide chaud, les cristaux d’aniline changent d'apparence, deviennent opaques et montrent ainsi que la combinaison s’est effectuée : par l’ébullition, la matière solide se dissout en partie. Si l’on décante le liquide acide, il dépose par le refroidissement des cristaux aiguillés très-fins qui forment une masse neigeuse dans l’intérieur de l’acide. Ce composé se détruit avec une facilité extrême.

Le sulfate d'aniline quadrichlorée est un wagnilique composé qui constitue de longues lames rhomboïdales. Pour l’obtenir, on verse de l’acide sulfurique concentré sur de l’aniline quadrichlorée : la combinaison s’effectuant même à froid, les cristaux deviennent immédiatement opaques. En chauffant un peu la masse, le composé organique se dissout facilement. Si alors on laisse refroidir lentetement la liqueur, celle-ci laisse bientôt déposer de fort beaux

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cristaux qui ne sont autre chose que le sulfate. Au contact de l’eau froide ces cristaux se décomposent presque instantanément : ils deviennent opaques et se dédoublent en aniline quadrichlorée et en acide sulfurique.

Le nitrate d'aniline quadrichlorée prend naissance dans des conditions analogues. Si l’on chauffe de l’aniline quadrichlorée avec de l'acide nitrique, elle se dissout en partie, et par le refroidissement la liqueur dépose des aiguilles cristallines qui me paraissent être le sel en question. Il faut avoir soin de ne pas élever trop la température du mélange, sans quoi l’acide nitrique attaque le produit organique, le détruit et le transforme en des produits jaunes qui sont probablement des dérivés du phénol.

- Le chloroplatinate d'aniline quadrichlorée est un précipité cristallin qui prend naissance par le refroidissement et par l’agitation, quand on ajoute du bichlorure de platine à une solution chaude de chlorhydrate d’aniline quadrichlorée dans l’acide chlorhydrique concentré. Ce précipité est toujours peu abondant, le chlorhydrate l’étant lui-même très-peu.

Il résulte de là que l’aniline quadrichlorée possède des propriétés alcalines encore assez sensibles, moindres cependant que celles de l’aniline trichlorée.

\ ANILINE QUINTICHLORÉE.

La benzine quintichlorée À ne donnant, par substitution de la

vapeur nitreuse à l'hydrogène, qu’un seul dérivé nitré, la benzine quintichlorée nitrée, C'?CI*(AzO"), ne fournit qu’une seule aniline, l’aniline quintichlorée, C'? H? CI Az.

La réduction de la benzine quintichlorée nitrée par l’étain et l’acide chlorhydrique, et sa transformation en aniline quintichlorée, ne donne pas lieu à une réaction aussi énergique ni aussi rapide que celles que nous avons signalées jusqu'ici. Cela tient probablement à l’insolubilité relative de l’aniline quintichlorée dans l’acide chlorhy-

drique et à l'extrême faiblesse de ses propriétés basiques. 63 6

Pour obtenir l’aniline quintichlorée, on peut néanmoins suivre exactement la méthode que nous avons décrile et qui nous a servi constamment; seulement l’action est lente et le mélange doit être maintenu pendant assez longtemps à une température élevée, pour que la transformation soit complète. On arrive un peu plusrapidement au but en additionnant la masse d’une certaine proportion d'alcool qui dissout en partie l’aniline formée et met à nu la surface du corps à réduire. Quand la réaction est terminée, on verse dans l’eau ses produits : le chlorure d’étain reste en solution acide, tandis que l’aniline quintichlorée se précipite. On la recueille sur un filtre, on la lave à l’eau et on la sèche. Pour la purifier, on la dissout:dans le sulfure de carbone bouillant, on filtre la solution et on laisse refroidir : l’aniline quintichlorée ‘se dépose en aiguilles cristallines. Après deux ou trois cristallisations, on l’obtient tout à fait pure.

Elle m'a donné à l’analyse lesrésultats suivants :

C'’H?CISAZz I fl II C 97.12 26.40 »

Ces chiffres correspondent à la formule C'?H?CI5Az. L’aniline quintichlorée présente, en effet une composition remarquable : elle peut être regardée comme de l’ammoniaque dans laquelle un équivalent d'hydrogène a été remplacé par le chlorure de carbone C'°CF, par le phényle perchloré. C'est, à ma connaissance, le premier. exemple d’un corps de ce genre.

Cristallisée par le refroidissement desasolution sulfocarbonique, elle constitue des aïguilles finesiet brillantes. Cristallisée par évaporation lente de la même solution, ‘elle forme des prismes assez volumineux et :très-bien déterminés qui :dérivent d’un prisme rhomboïdal oblique.

L’aviline quintichlorée a une odeur peu marquée. Elle est incolore lorsqu'elle est pure, mais se colone rapidement en jaune ivif par l’action des rayons lumineux. Cette coloration est assez prompte pour

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qu'après quelques heures d'exposition à la lumière dans un flacon, on observe une différence de teinte entre le eôté du flacon qui était tourné vers le jour et le côté opposé.

Elle fond à 219 degrés et bout à 334 degrés environ en se décomposant fortement et en prenant une coloration brune très-marquée. Elle est insoluble dans l’eau, et très-peu soluble dans l’alcool. Le sulfure de carbone la dissout plus abondamment à chaud qu’à froid.

Elle présente avec l'acide sulfurique et l’acide nitrique concentrés des réactions très-nettes et assez caractéristiques. Traitée par l’acide sulfurique concentré, elle s’y dissout un peu, mais sans se colorer notablement ; si à la surface du mélange on verse une goutte d’acide nitrique, et si on agite la liqueur, celle-ci se colore en rose vif; vient-on à augmenter, même très-peu, la proportion d’acide nitrique, la teinte rose disparaît pour faire place à une coloration verte trèsbelle et très-intense qui ne dure que peu de temps et passe promptement au jaune. Toutes ces colorations sont détruites dès qu’on ajoute de l’eau.

L’acide chromique aqueux n’agit pas sur elle.

L'aniline quintichlorée ne paraît pas absolument dépourvue de la propriété de se combiner aux acides.

Chauffée avec l’acide chlorhydrique concentré, elle se dissout légèrement dans celui-ci, qui dépose dès lors en se refroidissant quelques paillettes cristallines, lesquelles, à la vérité, pourraient bien n'être autre chose que l’aniline elle-même, et non pas le chlorhydrate d'aniline quintichlorée.

Elle est beaucoup. plus soluble dans l’acide sulfurique chaud : au contact de cet acide ses cristaux se modifient profondément, perdent leur transparence et se dissolvent. Par le refroidissement, il se dépose en abondance des paillettes cristallines et nacrées qui présententtousles caractères d’un sulfate d’aniline quintichlorée, et qui se détruisent au contact de l’eau en régénérant de laniline quinuchlorée. La formation de ce composé salin peut se faire en assez grande quantité, pour que la solution se prenne en masse au momeut de la cristallisation.

L’acide nitrique ne m’a fourni aucun indice de combinaison et de formation de nitrate d’aniline quintichlorée.

J'ai essayé avec un égal insuccès de préparer le chloroplatinate d’aniline quintichlorée.

. Toutefois les indices de combinaison avec l’acide sulfurique sont

trop nets pour qu’il ne soit pas permis de croire que cette ammoniaque composée à radical de chlorure de carbone possède la propriété de former des sels. Dans tous les cas cette propriété y serait encore moins développée que dans aucun des composés précédents. Ce fait me paraît avoir un certain intérêt, tant au point de vue de la sériation des propriétés des corps chloro-substitués, ainsi que je l’ai fait remarquer plus haut, qu’à celui plus général de la substitution elle-même.

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