‹ Recherches sur les AphroditiensChapitre 31 sur 69 · ESPECES NOUVELLES · texte numérisé non relu

ESPECES NOUVELLES

Je crois devoir donner ici la liste des espèces que j'ai eues sous les yeux et que j'ai étudiées. Comme je l’ai dit déjà, trois seulement des tribus dont les limites ont été précisées dans le chapitre précédent se trouvent représentées dans cette liste. Et, dans la tribu des Polynoiniens, je n’ai pu, à mon vif regret, étudier aucun type de ce que j'ai appelé Les séries A, B et D. ,

J'indique pour chaque espèce les localités ou j'ai pu me la procurer.

Cette. Wimereux. Trieste.

Trieste.

Cette. Tamaris.

Aphrodite aculeata L..................

Hermione hystrir Say... AO Pontogenia chrysocoma CLPD.........

Lepidonotus squamatus L.....,.......

Lepidonotus clava MoNT...............

Harmothoe impar JoHNST.............

Harmothoe areolata GR............... Harmothoe torquata CLPD............

Lagisca extenuaia GR. 75.0 La giSCA-rarispina SARS.: sais es à

Lagisca propinqua MGRN..............

Hermadion pellucidum EHL..........

Hermadion Sabatéeri n. sp.........…...

Acholoe astericola DELLE CHIAJE......

Sigalion squamatuin DELLE CHIMIE.

Sigalion Mathildæ Avs.et H.M.EDw.

Sthenelais Idunc RATHKE Sthenelais fuliginosa CLPD............

Sthenelais limicola Eur...............

Sthenelais Sp Deadñira: Giordi nrSpi 105,2. Li Psammolyce arenosa DELLE CHIAJE..

Pholoe-riitata FE: ed.

Pholoe synophthalmica CLpn.........

nn nm nos meneur

Wimereux. Plymouth.

Cette. Wimereux. Trieste.

Cette. Wimereux.

Naples. Trieste.

Cette.

Cette. Wimereux.

Wimereux.

Wimereux.

Cette. Naples.

Cette.

Cette. Naples. Royan.

Naples.

Boulogne-sur-Mer.Naples.

Wimereux. Plymouth.

Trieste. r Naples.

Naples.

Naples.

Cette.

Wimereux.

Cette.

Je donne ici la description des deux espèces nouvelles que comprend la liste qui précède et quelques remarques sur certaines formes déjà connues.

Hermadion Sabatieri, n. sp.

Je n'ai trouvé de cette espèce qu'un seul exemplaire que n'avait évidemment pas atteint son entier développement; bien que parfaitement intact, il ne présentait en effet que 14 paires d’élytres, recouvrant le corps jusqu’à son extrémité postérieure. Comme il est néanmoins certain que l'espèce nouvelle doit rentrer dans le genre Hermadion, l'on voit que le spécimen qui a servi de base à la description suivante avait encore à acquérir une dizaine d’anneaux au moins.

Le corps, aplati dorso-ventralement, mesure 18 ”/,, de longueur ; sa plus grande largeur est de 4”/,, sans les soies ; l'extrémité postérieure est effilée, ainsi que cela à lieu chez tous les Hermadion connus. Quatorze paires d’élytres sont insérées sur les segments 2, 4, 5, 7, 9, 11, 13, 45, 17, 19, 21, 25, 26, 29; apres le dernier segment élytrigère on compte encore deux anneaux, entièrement recouverts par les élytres, ainsi d’ailleurs que le pygidium, lequel est orné de deux urites ; les anneaux dépourvus d’élytres portent chacun une paire de cirres dorsaux très longs.

Le lobe céphalique rappelle d’assez près celui d’Hermadion pellucidum Exr., forme évidemment très voisine de celle-ci, quoique bien distincte; il porte trois antennes colorées en brunviolet et deux palpes incolores ; l'antenne médiane, longue, ornée de très petites papilles tactiles cylindriques présente en dessous de la partie terminale effilée assez longue un renflement ovoïde, d’ailleurs peu marqué, dans lequel on apercçoit par transparence un ganglion sensitif ; le cératophore médian s'insère dans l'échancrure du bord frontal de la tête ; les antennes latérales, implantées sur des cératophores qui naissent à la face ventrale du lobe céphalique ont la même forme que l’antenne impaire mais sont beaucoup plus grêles et plus courtes aussi, puisque leur pointe atteint à peine la base du renflement de celle-ci; les palpes, lisses, coniques, dépassent un peu, en avant, la pointe des antennes latérales. Quatre yeux noirs, arrondis, sont disposés au sommet d’un trapèze, ceux

de la paire antérieure étant un peu plus écartés l’un de l’autre que ceux de la paire postérieure.

Le premier segment somatique, réduit sur la face dorsale à une bande très étroite, porte de chaque côté deux cirres tentaculaires ; ces appendices dont la forme rappelle absolument celle des antennes, sont un peu plus développés que les antennes paires.

Sur les autres segments dépourvus d’élytres, les cirres dorsaux, colorés en brun violet, sont plus longs que l’antenne médiane, dont ils ont la forme.

La taille des élytres varie suivant la région du corps que l’on considère, ils sont toujours assez développés pour que ceux qui sont situés d’un même côté du corps soient largement imbriqués, chacun d'eux recouvrant la région antérieure du suivant ; mais sur les 10 premiers segments, la ligne médiane dorsale est à nu ; les élytres de la 6° paire, insérés sur le 11° anneau arrivent à se toucher par leurs bords internes ; au delà du 12° segment le dos est entièrement recouvert.

Fig. 23. — Hermadion Sabatieri n, sp.

A. Contour de l’élytre droit de la 1" paire. B. Contour de l’élytre droit de la 7 paire.

Sur le deuxième segment, les élytres de la première paire présentent la forme caractéristique qui a été représentée (fig. 23 À) ; les élytres des paires suivantes sont réniformes, leur bord. concave étant tourné vers la partie postérieure du corps; à partir de la 5° paire, chacun des élytres, de forme ovalaire, présente à son bord externe une profonde échancrure (fig. 23B) et, tandis que dans les élytres antérieurs l’attache élytraire occupe une position à peu près centrale, elle est ici reportée dans la région périphérique externe.

Tous les élytres, quelle que soit leur forme, sont mcolores et transparents, ornés sur le bord d’un mince trait brun-violet qui accuse le contour de l'organe ; toute la surface de l’élytre, exception

faite pour la région recouverte par le précédent, est parsemée de petits tubercules en forme de massue ; de semblables tubercules se trouvent sur les bords externe et postérieur.

Sur tous les segments, une bande brun-violet marque le milieu de la longueur de l'anneau à la face dorsale et se prolonge sur l’élytrophore ou le tubercule dorsal; le cirrophore présente aussi une pigmentation brun-violet. Tout le reste du corps est entièrement incolore et transparent, en sorte que l’on voit admirablement battre les cils péritonéaux, dontle jeu faittourbillonner les amibocytes au sein du liquide de la cavité générale; l’on peut voir aussi les contractions du vaisseau dorsal et les mouvements des cœcums, qui apparaissent dans le 10° segment seulement, après la trompe. Le sillon médian de la face ventrale est bien indiqué ; on aperçoit par transparence le système nerveux coloré en rouge; sur chaque segment, à partir du 6°, on voit dans la région tout à fait postérieure de l’anneau, à la base de chacun des parapodes, un petit mamelon arrondi, la papille néphridienne. Assez réduite aux segments 6, 7,8, cette papille acquiert au 9° anneau sa taille et sa forme définitives.

Les parapodes sont formés chacun de deux rames, implantées sur une base commune; la rame dorsale, assez réduite, porte un faisceau de 15 à 20 soies épaisses, dentées en scie, rappelant beaucoup celle de l'Hermadion pellucidum Euz.; à la rame ventrale, on trouve la même forme de soies que CLAPARÈDE [68] et GiaRD [86] ont signalée chez ce même H. pellucidum (= H. fragile Czpp) et chez À. echini Gp. Ces soies ressemblent à des soies composées dont les deux parties se seraient soudées par ankylose; la partie située au-dessous de la pseudo-articulation est lisse ; plus haut, et jusqu’à la pointe nettement bifide, le tranchant est orné d’épines assez fortes disposées en séries transversales.

J'ai déjà décrit plus haut les cirres dorsaux et indiqué leur répar-tion ; chaque parapode porte un cirre ventral court, conique ; iln’y a d'exception que pour le second segment où le cirre ventral est allongé et dirigé vers l'avant.

La forme des soies, dans les deux rames, permet de rapprocher l'espèce nouvelle de l'A. pellucidum Eux. et de l'A. echini Gv. L'étude des lobes céphaliques montre que c'est avec le premier que l'A. Sabatieri a la parenté la plus étroite. Mais la forme des élytrés suffirait à faire distinguer les deux espèces; en outre, CLAPARÈDE

= fo

68] a noté que chez l'A. pellucidum les élytres antérieurs viennent presque au contact sur la ligne médiane dorsale, tandis que le dos est largement découvert dans la région moyenne du corps ; nous avons signalé la disposition précisément inverse chez l'H. Sabatieri ; de plus, celui-ci présente encore ce caractère distinctif d’avoir les élytres bordés d’un trait pigmenté.

Le seul exemplaire que j'aie eu à été pris à Cette sur le test d’un Strongylocentrotus lividus qui présentait la même coloration brunviolet que nous ont montrée toutes les parties pigmentées de l’animal.

Je dédie cette espèce à M. le professeur SABATIER, fondateur de la Station Zoologique de Cette, et suis heureux de pouvoir ainsi donner à mon excellent maître un témoignage de ma profonde reconnaissance et de ma respectueuse affection.

Leanira Griardi n. sp.

Désireux d'augmenter autant que possible le nombre des formes que j'étudiais, je m'adressai, au début de mes recherches, à la Station Zoologique de Naples pour me procurer certains types que je ne trouvais pas à Cette. Sur ma demande, un premier envoi me fut fait qui contenait entre autres, un Sigalionien déterminé Sfhenelais dendrolepis Cipp. Je fus fort étonné de constater que les élytres de cet Aphroditien ne s’entrecroisaient pas sur la ligne médiane dorsale ; on sait, en effet, combien CLAPAREDE accordait d'importance à ce caractère des élytres entrecroisés ou non (voir à ce sujet ce qu'il dit du genre Hermadion) ; il n'eut donc pas manqué de signaler, s’il l'avait observé, ce fait que, chez certains exemplaires de Sth. dendrolepis le dos peut être laissé à nu par les élytres. Je fus conduit, par cette remarque, à vérifier la délermination des échantillons qui m'avaient été adressés et je reconnus ainsi que tous ceux qui étaient étiquettés S/h. dendrolepis CLP. appartiennent en réalité à l'espèce nouvelle que je désigne sous le nom de Leanira Giardi,en l'honneur du savant maître dont les précieux conseilsetles encouragements aftectueux m'ont toujours été d’un si grand secours.

Depuis lors, j'ai demandé de nouveau, à plusieurs reprises, des Sthen. déendrolepis CLpp. à la Station Zoologique de Naples, Aucun des spécimens qui m'ont été envoyés sous ce nom ne pouvait être rapporté à l’espèce de CLAPARÈDE, et je dois constater en outre que dans un envoi de neuf échantillons préparés pour l'étude histologique

j'ai trouvé sous la même étiquette deux espèces pourtant bien distinctes, Leantira Giardi et Sth. limicola Eu. ( = Sth. leiolepis :Lep). L'on m’adressait en même temps des spécimens de collection, qui ont servi de base à la description suivante.

Leanira Giardi est un grand Sigalionien qui peut attemdre 20 cent. de longueur, sur une largeur de 8 mill. environ, comptée entre les bords externes des deux élytres d’une même paire, au point où le corps est le plus large. Cette largeur maxima se trouve d’ailleurs atteinte dans la région antérieure du corps, vers la fin du premier quart. À partir de là, le diamètre transversal diminue très graduellement jusqu’à la région postérieure. Vers l’avant, il y a aussi diminution progressive du diamètre du corps, mais beaucoup moins marquée, à peine sensible.

Le soma est constitué par des anneaux très nombreux qui tous sont pourvus d’une paire d’élytres, à l'exception des 1”, 3°, 6°, 8°, 10°, 12°, 14°, 16°, 18°, 20°, 22°, 24° et 26°. À peine teintés de jaune avec un tache rougeatre au bord interne, ces appendices laissent à nu la ligne médiane dorsale dans la plus grande partie du corps : sur un échantillon de 20 cent. de longueur, c’est à peine si sur une longueur de 1 cent. en avant du pygidium les anneaux sont tout entiers cachés ; sur un autre spécimen un peu moins long (16 cent.) le dernier huitième du corps, environ, est composé de segments complètement recouverts par les élytres. La partie laissée à découvert par les élytres est très large dans la région antérieure, immédiatement en arrière de la tête ; à partir du 18° ou 20° anneau elle diminue graduellement, jusqu’à disparaître, ainsi que nous l’avons vu.

Le corps, de teinte générale blanche est marqué sur le dos, là où les élytres en laissent la plus grande partie à découvert, de larges taches d’un jaune pâle, allongées transversalement et dont la disposition varie avec les échantillons examinés. L'une de ces taches, dont la teinte est plus accusée, existe toujours; elle est située vers le 15° anneau ; son bord antérieur, rectiligne, est souligné d’un trail rougeâtre fort net, faisant un peu retour sur les côtés. En avant de celle-ci, il existe toujours 3 ou 4 bandes plus claires; en arrière. ou bien le corps est dépourvu de loute pigmentation, ou bien l’on peut observer d'autres bandes, dont la teinte, d’abord plus foncée que celle des bandes tout à fait antérieures, mais moins sombre néanmoins que celle de la large raie du 15° anneau, pâlit graduellement, à mesure que l’on considère des régions plus éloignées de l’extré-

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mité antérieure ; en même temps, la largeur de la partie colorée diminue rapidement.

À la face ventrale, on observe, à partir du 6° segment, un sillon médian au fond duquel on aperçoit par transparence la chaîne nerveuse : très marqué dans la région antérieure, ce sillon s’atténue rapidement vers l’arrière et finit par disparaître, à peu près au point où le ventricule vient se terminer dans l'intestin.

Le pygidium est orné de deux urites, assez longs et très-minces, filiformes.

Le lobe céphalique est, comme d'ordinaire chez les Sigalioniens, enfoncé comme -un Coin à la partie antérieure du soma dont les premiers anneaux ont, de ce fait, subi des déformations assez considérables.

Etroitement soudée au premier segment somatique et à ses parapodes sur ses faces ventrale et latérale, la tête paraît venir, en arrière, au contact du deuxième anneau somatique ; de forme généralearrondie, elle porte, ainsi que chez tous les autres Leanira, trois antennes et deux palpes. L’antenne médiane, implantée sur un cératophore qui prend naissance à la face dorsale du lobe céphalique, est courte et épaisse (fig. 24); les antennes latérales, à peine plus longues, et un peu plus grêles, naissent sur le bord frontal ; dès leur origine elles se soudent aux parapodes du 1” segment; beaucoup plus courtes que ces parapodes, elles s’en détachent cependant dans leur région tout à fait

FrG. 24. — Leanira Giardi n. sp. Lobe céphalique et premier segment somatique ; face dorsale.

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