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Les élytres des deux premières paires sont absolument arrondis et sans aucune trace d’orneméntation sur les bords. Ceux de la
Fic. 28. — Leanwa Giardi n. sp. Élytres.
A. Élytre d’un segment de la région moyenne du corps.
B. L'un des élytres de la troisième paire (segment V).
troisième, arrondis éga-
lement, ont déjà 4 ou 5
franges au bord externe.
J'ai représenté (fig. 28 B) un élytre de la quatrième paire et je donne également (fig. 28 A) le dessin d'un élytre pris dans la région moyenne du corps. L'on voit combien grande est la ressemblance de cet élytre avec celui de Séhenelais dendrolepis qu'a dessiné CLAPAREDE (68, fig. 4 A, pl. IV), mais on notera les différences suivantes:
l'élytre de L. Giardi est plus allongé dans le sens antéro-postérieur et ne possède ni tubercule réfringent, ni taches pigmentées , exception faite, bien entendu, pour la tache rougeâtre signalée déjà au bord interne.
La trompe, qui peut s'étendre fort loin vers l’arrière, jusqu’au 40°
segment, est ornée d’un cercle unique de papilles toutes égales
entre elles et armée de quatre dents.
Ainsi que je l’ai dit, cette espèce m'a été adressée de Naples, où
elle doit être commune.
Discussion spécifique. — Je profiterai de l'occasion qui m'est offerte ici de dire quelques mots sur le genre ZLeanira el sur certaines formes qui lui ont été où doivent lui être attribuées.
GRUBE (75) fait remarquer — et en cela il a parfaitement raison — qu'on ne saurait ranger parmi les Leanira des Sigalioniens chez lesquels la base de l'antenne impaire porte de chaque côté une cténidie antennale; et, en vertu de cette remarque, il place parmi les Sthenelais les formes décrites jusque là sous le nom de Leanira tetragona ŒRrSTED et de L. Yhleni MGrN ; mais, avec un illogisme flagrant, il omet en même temps de restituer au genre Leunira quatre formes décrites sous le nom générique de Sthenelais et dans lesquelles il n'avait pas été signalé d’appendices foliacés à la base de l'antenne. En 1875, époque à laquelle GRuRE fit la récapitulation des espèces de Sigalioniens décrites jusque là le nombre de Leanira devait donc être fixé à 7, savoir les trois qu'il cite L. Quatrefagesi Ke8G L. tenera GR. et L. festiva GR. et, en outre, les quatre espèces décrites par CLAPARÈDE (68) sous les noms de Sth. fuliginosa, Sth. leiolepis, Sth. ctenolepis et Sth. dendrolepis.
La même année que le travail de GRUBE en parut un d'ÉHLERS (75) où se trouvait décrite la Z. hystricis. Depuis, il n’a été, à ma connaissance du moins, décrit que quatre formes sous le nom générique de Leanira ; ce sont celles que Mac-[nrosn (85) a trouvées dans les collections de Challenger; mais, comme elles sont pourvues de cténidies antennales, elles rentrent #pso facto dans le genre Séhenelais.
Par contre, Mac-IxTosu a créé un genre nouveau Æusthenelais dans lequel il place deux formes Æ. abyssicola (1) et Æ. hibernica. LEVINSEN (s3) a montré que ce genre Æusthenelais devait être réuni au genre Leantira. En outre l'animal décrit par Mac-INTosu (76 a) sous le nom de Sigalion Buskii ne saurait être maintenu dans le genre auquel il a été attribué, il ne possède en effet qu’une antenne médiane, sans clénidies, ce qui permet de penser qu'il devra, lui aussi, être rangé parmi les Leaniru.
C’est donc sur douze espèces que nous aurions à compter. En réalité ce nombre doit être diminué. Vox MARENZELLER (74) a retrouvé la Sth. fuliginosa Cup. et découvert chez elle les cténidies antennales qui avaient échappé à CLAPARÈDE ; j'ai pu les observer moi-même sur un exemplaire de celte espèce qui m'a été adressé de Trieste.
(1) Cité d’après Levinsex [83]. Je n'ai pas retrouvé dans Mac-Ixrosn [77 mention de cette espèce et je n'ai pas pu me procurer les 7ransactions Linnean Society London où serait décrite la forme en question.
Pruvor et Racovirza (95) ont, d'autre part, montré qu'il n'y à aucune différence entre Sth. limicola Eu. et Sth. leiolepis CLeD. ; la première possède des cténidies antennales ; mais c'est à tort que CLAPARÈEDE n’en a pas décrit chez la seconde ; un spécimen qui m'a été envoyé de Naples et qui présentait tous les caractères de la Sth. leiolepis Cuep. était en effet pourvu de ces organes. Enfin il est fort probable que la Sth. ctenolepis CLpp. est, elle aussi, une véritable Sihenelars.
Pour la Sth. dendrolepis Czrn..il est bien difficile de se prononcer, car CLAPARÈDE ne dit absolument rien du lobe céphalique, dont il ne donne aucun dessin.
Mais, en admettant même qu’on doive la ranger dans le genre Leanira Von voit que le nombre des espèces de ce au se réduit à neuf, qui sont les suivantes :
Leanira Quatrefagesi KBG. Leanira abyssicola Mac-INr. Leanira tenera GR. Leanira hibernica Mac-Ixr. Leanira festiva GR. Leanira(Sth?)dendrolepis CLP». Leanira hystricis EHL. Leanira Giardi n. sp.
Sigalion (Leanira?)BuskiiMc.-Ixr.
L’espèce nouvelle ne saurait être confondue avec L. Quatrefagesi niavec L. hystricis, puisque, dans ces deux dernières, le bord des élytres est absolument lisse. On ne saurait non plus craindre de confusions avec Leanira abyssicola et L. hibernica chez lesquelles la rame ventrale a deux sortes de soies. La forme des élytres, celle des papilles qui les bordent, le nombre des soies du 1” parapode ne permettent pas de confusion entre Sigalion Buskii et Leanira Giardi. De même les franges simplement bifides de l’élytre de Z. lenera GR. différencient nettement celte forme de Leanira Giardi. Au contraire, cette dernière à de nombreux points de ressemblance avec Leanira festiva GR. et L. (Sth. ?) dendrolepis Cr».
J'ai déjà signalé quelques-uns des caractères qui différencient l'espèce de CLAPARÈDE de celle que j'ai décrite. Je me borne done à les rappeler ici.
1° Les élyires s’entrecroisent chez Sth. (L.) dendrolepis CLrp (voir CLAPARÈDE [68] pl. IV, fig. 4.); ils ne s’entrecroisent pas chez L. Giardi
2” Les élytres de L. Giardi sont dépourvus du petit tubercule
Et
réfringent et des taches noires que CLAPARÈDE a signalées chez Sth. (L.), dendrolepis.
3 Le cirre ventral est, chez L. Giardi, porté sur un cirrophore net, qui fait défaut à l'espèce de CLAPARÈDE.
4° La branchie de Sth. dendrolepis ne présente pas la dent basilaire signalée plus haut.
5’ Les soies de la rame ventrale, chez Sth. dendrolepis, sont exclusivement à serpe bidentée. Nous avons vu, que chez L. Giardi dans les anneaux 2 à 5 des soies de ce type étaient entremêlées de soies à article terminal pseudo-articulé.
6° Sfh. dendrolepis a une cténidie parapodiale. L. Giardi en a {roûs.
7° On ne trouve pas dans le parapode de Z. Giardi le stylode que CLAPARÉDE a dessiné chez Sth. dendrolepis [6s], pl. IV, fig. 4 A, e.
8’ Enfin la taille de Leanira Giardi est beaucoup plus considérable que celle indiquée par CLAPARÈDE pour Sth. dendrolepis.
J'ajouterai qu'il me paraît impossible, lorsqu'on examine l’extrémité antérieure de L. Giardi de ne pas reconnaître l'existence de 3 antennes que l’on peut suivre depuis leur origine jusqu’à leur pointe. Si donc CLAPAREDE avait eu sous les yeux l'espèce qui m'a été adressée de Naples, il aurait été conduit, dès 1868, à l'interprétation morphologique du troisième cirre tentaculaire que PRüvoT et RacoviTza [95] ont les premiers donnée pour la Sfh. Idunæ et que J'ai étendue aux genres Psammolyce et Leanira.
Il est d'autre part, assez facile de se rendre compte que Leanira Giardi et L. festiva ne saurait être confondues ; il suffit de se rappeler que chez cette dernière le dos est recopvert à partir du 25° segment, que les yeux sont disposés au sommet d'un rectangle ; en outre, le premier parapode est muni d’un appendice cirriforme (antenne latérale) en plus des deux cirres normaux ; le cirre ventral dépasse nettement (sais) la pointe des parapodes ; les soies ventrales sont à peine deux fois plus grosses que les dorsales et au nombre de 9 à 16. Enfin les élytres sont triangulaires ou subréniformes et leur partie la plus sombre est au bord externe. Tous ces caractères ne se retrouvent pas dans l’espèce nouvelle.
Sthenelais sp.
L'espèce désignée sous ce nom dans le cours du présent mémoire m'a été envoyée de Naples sous le nom de Sigalion Squamaturn. Je ne me suis malheureusement aperçu de l'erreur de détermination ainsi commise qu'en examinant des coupes faites dans la région antérieure de l'animal; j'ai d'ailleurs vainement cherché à retrouver, dans les tubes qui contenaient les envois que j'avais reçus de Naples, un second fragment du même animal; je n’ai donc pu me faire de cette forme qu'une idée assez imparfaite.
Je ne doute pas, néanmoins, que cette Sthenelais soit identique à celle que Pruvor et Racovirza [95] ont décrite sous le nom de Sth. minor. J'ai retrouvé sur mes coupes toutes les particularités qu'ils signalent : forme de la tête, disposition des antennes, forme des parapodes, cirre ventral fourchu à la base, papilles des élytres, etc., etc. C’est uniquement parce que, n'ayant vu que des coupes, je n’ai pu examiner les soies que je n’ai pas voulu faire l'assimilation qui s'impose entre l’espèce qui m'a été adressée de Naples et celle que les deux savants ont signalée dans le golfe du Lion, au voisinage de Banyuls.
Sigalion squamatum DELLE CHi4JE et Sigalion Mathildae Avroum ei H. Mizxe-Enwanps.
En 1897, au cours d’un séjour que je fis au laboratoire de Wimereux, P. PELSENEER me signala l'existence, dans le sable à Echinocardium du port en eau profonde de Boulogne-sur-Mer, d'un Sigalionien dont il avait bien voulu recueillir quelques exemplaires à mon intention (1). Je pus, grâce aux indications que me donna PELSENEER recueillir un assez grand nombre d'échantillons de ce Sigalionien ; il vit, enfoui à une profondeur de 10 à 15 centi-
(1) Pressé par le lemps, je ne pus examiner cette forme que tout à fait superficiellement et crus, bien à lort, avoir à faire à la Senelais Idunæ RATHKE, qui n'est pas rare à Wimereux dans les sables coquilliers qui forment le fond des ravins servant de déversoirs aux flaques que la mer, en se retirant, laisse dans l’amas de rochers sur lequel est bâtie la tour de Croy.
C’est sans doute sur la foi de cette détermination inexacte que GraRD [99] a signalé dans le sable à Zehinocardium du port de Boulogne la présence de Shenelais Idune, que je n’y ai jamais rencontrée pour ma part.