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ORGANES DE LA VISION

Nous savons déjà que les Aphroditiens sont en général pourvus de quatre yeux répartis en deux paires plus ou moins rapprochées l'une de l’autre et nous avons signalé les quelques exceptions que

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font à cette règle les Acoëtiens à yeux pédonculés et certains Hermioniens, qui n’ont que deux yeux, et enfin quelques formes complètement aveugles comme Leanira hystricis Eu, Admetella longipedata Mc.-Inr., etc.

Nous connaissons aussi l’origine des nerfs optiques.

Nous n'avons donc à nous occuper ici que de la structure des yeux qui a déjà été étudiée, chez les Aphroditiens par GRABER [80], par ANDREWS [92] et par SCHREINER [97]. 0

Je ne dirai rien des travaux de GRABER, qui avaient assigné à l'œil des Annélides, et à sa coupe rétinienne en particulier, une structure beaucoup plus complexe que celle qu’il présente en réalité.

SCHREINER, qui n’a pas eu Connaissance du travail d'ANDREWS arrive à des conclusions analogues à celles de cet auteur en ce qui concerne la structure de la rêtine et l’origine de ses éléments. Les faits que j'ai moi-même constatés concordent pleinement avec les observations de ces deux auteurs.

Examinons une coupe axiale de l'œil d'Hermadion pellucidum Ex. par exemple (fig. 56). Nous reconnaîtrons immédiatement

Fig. 56. — Hermadion pellucidum Eur. Coupe axiale de l'œil.

l’existence d’une coupe rétinienne dont l’orifice est fermé par la cuticule, qui passe ininterrompue au-dessus de l’œil et dont la cavité est remplie par ce que nous appellerons, avec les auteurs, le corps vitré,

La rétine est formée d'une seule rangée de cellules et, comme il est facile d'observer latéralement tous les termes de passage entre

la cellule épidermique normale et la cellule rétinienne la plus hautement différenciée, nous sommes conduits à admettre, avec SCHREINER et ANDREWS, que la cellule rétinienne n’est qu’une cellule épidermique différenciée en vue de la perception des impressions lumineuses ; la fig. 57 représente de pareilles cellules isolées ; l’on peut distinguer dans chacune d'elles les quatre parties suivantes.

1° Le prolongement profond filamenteux (fibre nerveuse) qui par sa réunion avec les filaments analogues appartenant à toutes À | les cellules rétiniennes et avec des filaments névrogliques constituera le nerf optique.

Fig. 57. — Sthenelais sp.

Deux cellules réti- 2% Üne partie profonde à protoplasme niennes.

dense non pigmenté, contenant le noyau.

3° Une partie moyenne pigmentée.

4 Enfin, un batonnet dépourvu de toute pigmentation et rempli par une substance qui paraît homogène.

Le rétine est tout entière formée par la juxtaposition en une seule couche de semblables éléments.

Quant au corps vitré c'est évidemment un appareil dioptrique destiné à assurer une plus grande netteté des impressions lumineuses; sur l'animal vivant il apparait comme parfaitement homogène et hyalin ; l’action des fixateurs amène une rétraction qui a pour effet de le fragmenter en un certain nombre de parties.

Mais, s'ils sont d'accord sur sa nature, les auteurs ne sont pas arrivés aux mêmes résultats en ce qui concerne son origine; ANDREWS le considère comme issu d’une sécrétion des cellules rétiniennes ; il a fait, et précisément sur un Aphroditien, Lepido notus squamatus L., une observation très intéressante : dans un cas, dit-il, j'ai vu un bätonnet en relation de continuité avec un élément lenticulaire ; le bâtonnet se terminait par une partie renflée d'aspect -oléagineux, entourée par un contour rappelant une membrane. Le corps vitré serait, pour ANDREWS, constitué par de pareils éléments lenticulaires étroitement associés pour former une lentille au-dessous de. la cuticule. Quant à SCHREINER il pense que chez l'immense majorité des formes le corps vitré serait formé par un épaississement de la cuticule.

Les études de MaLaquiX (93] sur le développement de l'œil des Syllidiens semblent, en ce qui concerne ces Annélides, confirmer pleinement la manière de voir d'ANDREWS qui avait d’ailleurs, lui aussi, étudié le développement de l'œil chez un certain nombre de formes. Ayant moi-même, dans quelques cas, observé au niveau de l'œil un épaississement très net de la cuticule qui reste bien délimitée et parfaitement distincte du corps vitré, j'incline à penser, avec les auteurs dont je viens de Citer les noms, que le corps vitré est le résultat d'une sécrétion des cellules rétiniennes.

ANDREWS dit que chez Lepidonotus squamatus L. la cuticule présente toujours, au-dessus de l’œil, un pore étroit rempli par une substance qui diffère du reste du revêtement cuticulaire et à laquelle il donne le même aspect que présente le corps vitré. Je n’ai pas pu retrouver ce pore dont on ne s'explique d’ailleurs pas l'existence dans la théorie émise par ANDREwS lui-même.

L’Harmothoe areolata GR. a des yeux absolument comparables a ceux de l'Æermadion pellucidum Eur.

Mais chez un certain nombre de Polynoiniens, etchez Lepidonotus clava Moxr. en particulier, l’œil s’enfonce un peu et est séparé de l'extérieur par la cuticule d’abord, comme dans le cas précédent, et en outre par une couche de cellules épidermiques: la coupe rétinienne prend alors l’aspect d’une vésicule complétement close.

Cette disposition s’accentue encore chez Sthenelais Sp. les yeux postérieurs sont ici assez profondément enfoncés dans le tissu spongieux entourant les centres nerveux. N'ayant vu de cette espèce que des coupes je ne puis malheureusement dire si ces yeux postérieurs étaient apparents sur l’animal vivant ou fixé: en {out casils sont parfaitement développés et pigmentés comme des yeux normaux (1).

Mais il y a peut-être là une indication en ce qui concerne les formes chez lesquelles il n’a été signalé que deux yeux et celles qui ont été décrites comme complétement aveugles ; il est possible que des coupes révèlent chez ces types la présence d'yeux profondément enfoncés dans les tissus du lobe céphalique et plus ou moins atrophiés, comme ceux que Pruvor [85] a décrits chez la Nephthys Hombergi.

(1) J'ai dit plus haut (chapitre IV) que je considéraiscomme fort probable que la {orme désignée par moi sous lo nom de Sfhenclais sp. était identique à S#henelais minor PR. et Rac. : Or cette dernière a été décrite comme pourvue de 4 yeux.

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