BOUCHE
Nous avons déjà signalé, en étudiant la morphologie externe, les modifications qui se produisent dans les premiers anneaux et se traduisent par la formation de véritables lèvres ; nous n’avons rien à ajouter à ce qui a été dit à ce sujet.
RÉGION PROBOSCIDIENNE.
La portion antérieure du tube digestif, ou région proboscidienne peut elle-même être subdivisée en trois parties.
La première, celle qui s'étend immédiatement en arrière de l’orifice buccal constitue ce que nous appellerons, avec MALAQUIN [93 la gaine pharyngienne ; vient ensuite une région à parois très épaisses, absolument rigides, dont la partie antérieure constitue la trompe phar yngienne, tandis que sa partie ARE sera désignée sous le nom de ventricule.
L'on n’avait pas, jusqu'ici, établi de distimction entre ces deux dernières portions de la région proboscidienne, et le fait s'explique aisément, puisqu'au simple examen du tube digestif, il est en général difficile de constater l'existence d’un ventricule, distinct de la trompe ; pourtant, chez les Leanira, après fixation, ces deux régions sont faciles à discerner, le ventricule a une teinte plus sombre et montre un quadrillage très fin ; tandis que la surface plus claire de la trompe présente des stries annulaires.
Chez tous les Aphroditiens, d’ailleurs, c’est sur la ligne de séparation des deux organes que viennent s’insérer en même temps que des muscles rétracteurs postérieurs des muscles qui, par leur autre extrémité se rattachent à la paroi de l'intestin, dans sa région antérieure ; ces muscles, pour lesquels je propose le nom de muscles amortisseurs sont très développés dans toutes les formes qui ont une trompe entièrement rigide et droite à l’état de repos, c'est-à-dire chez les Polynoiniens et Sigalioniens; ils sont, au
contraire très réduits chez les Hermioniens, qui présentent une trompe longue et contournée en anse dans sa région postérieure. |
Cette première portion du tube digestif (gaîne, trompe et ventricule) occupe dans le corps un espace toujours considérable, mais qui varie naturellement suivant l'espèce examinée. Chez les Polynoiniens à corps court, la gaîne se termine au quatrième ou cinquième segment et le ventricule débouche dans l'intestin, qui lui fait suite, entre le 11° et le 15° anneaux. Chez les grands Sigalioniens (Séhenelais, Leanira, Psammolyce, Sigalion) les 15 à 20 premiers anneaux renferment la gaîne et le ventricule peut ne se terminer que vers le 40° segment.
La trompe des Aphroditiens est exsertile et, lorsque l'animal projette en avant la région antérieure de son tube digestif, la gaine se retourne en doigt de gant pour constituer un fourreau, à l’intérieur duquel est projetée la trompe. L'on voit alors se dresser, à l'extrémité de l’organe dévaginé, des papilles dont le nombre et la forme peuvent fournir des caractères utiles à la spécification. Comme nous le verrons, ces papilles dépendent de la trompe. Mais l’on peut dire avec une approximation très suffisante que leur ligne d'insertion marque la limite postérieure de la gaîne, dans l'organe à l'état de repos. :
Après avoir ainsi délimité les diverses régions de la portion antérieure du tube digestif, passons maintenant à l'examen des caractères propres à chacune d'elles.
GAINE PHARYNGIENNE.
La gaine pharyngienne, qui commence immédiatement en arrière de l'orifice buccal, forme la partie ascendante du tube digestif, puis se recourbe à angle droit pour venir, après un trajet plus ou moins long suivant l’axe du corps, s’aboucher avec la trompe.
Comme, au moment où la portion antérieure du tube digestif est projetée, la gaïne, qui occupe dans le corps un espace beaucoup moins considérable que la trompe, doit, en s'extroversant, servir d’enveloppe à cette trompe, l'on peut prévoir que ses parois présenteront, à l’état de repos, des nombreux replis, qui disparaissent lors de l'extroversion; il suffit de regarder une coupe transversale
OU
(fig. 58) et une coupe longitudinale (fig. 59) de la gaine pour se rendre compte de l'importance de ces plissements. La fig. 59 permet
M.L.d. Man.
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