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musculaires daus cette région du tube digestif; les coupes longitudinales sont beaucoup plus instructives à cet égard : elles révèlent l'existence de deux séries de fibres, disposées en groupes distincts ;
F1iG. 64. — Parois de la trompe.
A. Sigalion Mathilde.
B. Lagisca rarispina. Épithelium.
la portion la plus importante de la musculature est constituée par des fibres radiairement disposées et groupées en disques assez épais, les intervailes, fort étroits, qui séparent ces disques, sont occupés par des fibres circulaires, beaucoup moins nombreuses (fig. 64 A). Tous ces éléments musculaires sont compris entre la basale et une membrane d'origine péritonéale, limitant nettement le contour de la coupe. Dans la région de la trompe, en effet, le péritoine se dédouble pour former d’une part la membrane en question et, de l’autre, l'espèce de sac enveloppant la trompe que TRAUTSZCH [90] désigne sous le nom de poche du pharynx (Pharyngealtasche).
Il peut être intéressant de comparer cette musculature de la trompe que nous venons de décrire chez les Aphroditiens avec celle que l’on rencontre dans le même organe chez les Phyllodociens, en se rappelant que, chez ces derniers, la trompe pharyngienne est loin de présenter la rigidité qu’elle acquiert dans les formes que nous étudions ici. Même chez les Phyllodociens à trompe courte et droite à l’état de repos (Phyllodoce, Eteone) cet organe, lorsqu'il est en place, présente dans sa région postérieure des plissements qui disparaissent lors de l’extroversion ; les fibres longitudinales que GRAVIER [96] a signalées jouent évidemment un rôle dans la formation de ces plissements postérieurs; au contraire, la trompe des Aphroditiens, dépourvue de fibres longitudinales est absolument rigide ; il semble naturel d'admettre que, cette rigidité ayant été acquise par suite du développement exceptionnel que prennent ici
les fibres circulaires et radiaires, les fibres longitudinales, ne fonctionnant plus, ont disparu par atrophie.
Nous avons décrit, dans les lignes qui précèdent la musculature des régions moyenne et postérieure de la trompe ; la régularité qui s’est manifestée dans la disposition des couches successives de fibres circulaires et radiaires disparait en effet dans la région antérieure, par suite du développement, à ce niveau, de muscles destinés à mouvoir les mâchoires dont nous parlons plus loin: le plus souvent, aucun signe ne révèle à l'extérieur, la présence de ces muscles maxillaires ; mais il arrive parfois aussi que des saillies bien nettes indiquent leur présence et accusent leur contour. C’est le cas par exemple, chez Sigalion.
MÂâchoires. — Nous savons déjà que les Aphroditiens présentent, d'une façon générale, quatre mâchoires, parfois rudimentaires et cartilagineuses (Hermioniens), mais le plus souvent, au contraire, cornées et bien développées. Ces organessontdisposésen deux paires, l’une droite, l’autre’gauche. Contrairement à ce que dit DE QUATRE- FAGES [65], chaque mâchoire est formée d’une seule pièce, de forme d’ailleurs assez compliquée.
Nous prendrons comme type Lepidonotus clava Monr. dont nous décrirons l’armature buccale ; les quatre mâchoires étant aussi identiques que possible, 1l y aura lieu seulement de donner la description de l'une quelconque d’entre elles.
Après avoir extrait du corps la trompe pharyngienne, fendons cet organe tout le long de sa ligne médiane et rabattons ensuite à droite et à gauche les deux parties latérales ; nous pourrons alors examiner l'intérieur de la trompe et nous constaterons que, de chaque côté de la ligne médio-ventrale, qui forme l'axe de la préparation, se trouve une dent qui se compose d’une plaque chitineuse de forme trapézoïdale, au-dessous de laquelle on aperçoit une pointe aiguë, vivement colorée en brun et incurvée de façon à ce que sa convexité soit tournée vers l'axe de la préporation ; les pointes des deux dents sont donc divergentes; quant aux dents dorsales, l’incision a passé dans l’intervalle qui les sépare et on les retrouve aux deux bords de la préparation.
En tenant compte maintenant de ce fait que nous avons déroulé cette sorte de cylindre que forme la trompe et en rétablissant par la pensée les choses telles qu’elles sont dans l’état normal, nous
verrons qu'en arrière des quatre pointes qui font saillie hors des tissus et sont destinées à saisir la proie et à la dilacérer, se trouve une cavité dont les parois rugueuses, formées par les quatre plaques chitineuses, doivent broyer les aliments dès leur entrée dans la trompe.
Les seules parties fonctionnelles de la dent sont celles que nous venons de décrire, mais ce petit appareil se complique par la formation d’apophyses destinées à assurer sa solide implantation.
En effet, si nous faisons macérer dans une solution concentrée de potasse la trompe préalablement extraite du corps de l’animal, nous pourrons, au bout de quelques heures, isoler complètement la dent des muscles qui l'entourent et constater alors qu’elle présente la forme assez complexe représentée par la figure 65. La dent de Lepidonotus clava qui a été dessinée ici est supposée vue par sa face externe, c’est-à-dire par la face qui est plongée dans les tissus de la trompe. Comme l’on voit, la pointe se prolonge en arrière par une longue apophyse et présente en outre sur son bord convexe un appendice moins volumineux qui joue un double rôle ; noyé dans la masse des muscles, il maintient solidement la dent dont il dépend ; de plus les nombreux muscles qui s'insèrent sur sa surface peuvent produire des mouvements variés de l'organe.
L'on comprend facilement, d'autre part, que grâce à la longueur de l’apophyse par laquelle la pointe se prolonge vers l'arrière la résistance à l’arrachement que la dent présente déjà par suite de la disposition signalée plus haut se trouve considérablement accrue ; en même temps le jeu des divers muscles insérés sur cette apophyse peut encore amener des déplacements de la mâchoire. Il est d’ailleurs facile de s'assurer que cette apophyse fait corps avec la plaque
Fig. 65.— Lepidonotus clava Mons.
Dent vue par‘la face externe.
chitineuse, dans une partie au moins de la longueur de celle-ci. Une coupe transversale de la dent, dans la région antérieure de la plaque chitineuse (fig. 66) montre le mode d’union des deux parties. La cavité qui subsiste entre la plaque et l’apophyse est occupée par un issu d’origine épidermique aux dépens duquel la dent tout entière a pris naissance.
Fi. 66. — Harmothoe areolata GR. — Goupe transversale de la trompe dans la région antérieure.
Autant que l’on en peut juger par les figures qu'en donnent les divers auteurs les mâchoires de tous les Aphroditiens sont constituées sur un plan très semblable à celui-là. Chez les autres Polynoiniens quej’ai examinés, j'ai toujours trouvé des dents absolument comparables — on pourrait dire identiques — à celles de Lepidonotus clava Moxr.
Chez les Sigalioniens les parties essentielles de la dent subsistent et leurs dispositions relatives sont conservées ; la modification la plus imporatnte porte sur la longueur de l’apophyse postérieure, beaucoup moins développée ici (fig. 67).
Telle qu'elle vient d’être décrite, SE l’armature buccale des Aphroditiens
Date Che Dent ne peut être comparée à aucune autre de celles qui ont été signalées jusqu'ici chez les Annélides. Nulle part, en effel on ne retrouve
ces plaques clitineuses qui marquent ici l'entrée de la trompe et sont surajoutées à des crochets aussi puissants que ceux des Lepidonotus, des Sigalion et des Acoëtes ; la constatation de ce double fait que la même forme de mâchoires se retrouve chez tous les types étudiés jusqu'ici d’Aphroditidæ et qu’elle leur est propre montre une fois de plus combien SchmARDA, De QUATREFAGES et CLAPARÈDE avaient raison de vouloir constituer une seule famille comprenant tous les Annélides pourvus d’élytres.
Papilles. — J'ai déja signalé l'existence, dans la région antérieure de la trompe pharyngienne, de papilles dont la forme et surtout le nombre varient suivant les types examinés.
Je n’ai pu, malheureusement, faire de ces organes une étude aussi complète que je l'aurais désiré ; il est, en effet, difficile d'obtenir de bonnes coupes de la partie antérieure de la trompe, en raison de l'existence des dents, très fortement chitinisées qui, brisées par le rasoir, déchirent les tissus.
En examinant au microscope la trompe dévaginée d'un Polynoinien ou d’un Sigalionien, l’on peut facilement constater que les papilles qui se dressent à son extrémité présentent presque toujours, dans une partie au moins de leur étendue, une coloration jaune, brune, ou même noire.
Sur les coupes, chaque papille apparaît comme un sac, dont la paroi très mince est formée d'une couche de cellules et dont la cavité est très
Le FiG. 70. — Lagisca rarispina vaste ; dans cette cavité on trouve de Sans. Paroi,et contenu d'une petits amas qui comprennent à la fois papille de la trompe.
des éléments figurés parfaitement reconnaissables et de grosses granulations présentant l'une des colorations signalées plus haut (fig. 70).
Je n'ai pu déterminer d’une façon absolument certaine les relations des papilles ainsi constituées avec les organes avoisinants.
Mais, ayant reconnu d’autre part l'existence d’un canal parfai-
tement net tel que celui qui a êté représenté sur les figures 68 et 69, je suis enclin à admettre, à l'examen de coupes telles que celle dont la figure 68 représente une partie, que chacune des papilles est en relation par un fin canalicule avec ce canal collecteur quiirait porter
Fac. 68 — Lagisca rarispina Sars. Coupe longitudinale dans la région antérieure de la trompe.
dans chacune des dents le contenu d’un certain nombre de papilles ; ce canal, en effet, se met en relation avec la dent ; il me paraît très vraisemblable qu’il s'engage dans la cavité que laissent entre elles
l’apophyse et la plaque trapézoïde et qu’il constitue là un canal éva- M
CPE FPS