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en trois couches qu’on distingue avec une netteté toute particulière sur l'utérus gravide, à cause de son épaisseur : souspéritonéale, sous-muqueuse, intermédiaire ou parenchymateuse. Les deux premières fournissent à vrai dire au muscle utérin et sont séparées de la muqueuse et du péritoine par une zone plus ou moins épaisse.
Toutes ces ramifications artérielles ont un trajet sinueux, spiralé, ou pelotonné. Mais le fait seul qui nous importe est la richesse des anastomoses entre ces diverses branches. Hyrtl les divise en transversales, verticales et antéro-postérieures. Toutes les branches des artères utérines communiquent entre elles. On le sait depuis fort longtemps. Régner de Graaf (1) et Swammerdam (2) l'ont écrit et figuré. Haller disait : « Omnes inter se communicant et una injecta turgent omnes ».
Toutes les artères de droite communiquent donc avec celles de gauche. Ondoit en conclure que la ligature d'une artère utérine ne prive point de sang le côté correspondant.
Cependant nous répétons qu’il n’est pas commun qu’une injection même fine, poussée par une utérine, remplisse le territoire de l’utérine du côté opposé. L'’hémisection sagittale de l’utérus ne donne pas lieu à une hémorrhagie notable, Ces deux faits méritent d’être mis en regard de la conclusion précédente.
De chaque côté, les rameaux transversaux possèdent des anastomoses verticales qui relient les divers étages. Ces artères seraient moins nombreuses, moins importantes que les anastomoses transversales. Elles présentent leur plus grand développement vers les bords de l'utérus. Il résulte de leur existence que, si l’on taril les deux utérines, tout l'utérus peut encore être irrigué, car les branches inférieures s’anastomosent avec les vaginaleset les supé-
rieures s’anastomosent avec les spermatiques, etc.
(1) De GRAAF (Regnerus), — Loc. cit, tab. XII, p. 168, et XIII, p. 170, texte p. 109-110.
(2) SWAMMERDAM. (J.) — Miraculum naturæ sive uteri muliebris fabrica, Lugdini Batav., 1729, tab. III,
Enfin, les branches de l’utérine, anastomosées par inosculation d’un côté à l’autre, reliées du même côté par des anastomoses verticales, s'unissent encore de plan à plan: le plan sous-péritonéal est entièrement solidaire du parenchymateux et du sousmuqueux.
Cette opinion vient d’être combattue par M. Keiffer (1). Il soutient que les vaisseaux de la muqueuse utérine dépendent du système de la spermatique interne et non de l’utérine. Il assure que l'injection du réseau muqueux n’est réalisée que lorsque la masse prend la voie des spermatiques, et en infère que si l'utérus, en tant que muscle est vascularisé par l’utérine, la muqueuse utérine reçoit ses artères de la spermatique interne. Ce fait expliquerait, d'après lui, l'arrêt des règles, qui suit la castration bilatérale, laquelle entraîne la ligature des spermatiques internes.
Cette communication faite l’année dernière à la Société obstétricale de France, n'a pas manqué de soulever des protestations. À priori les faits avancés par M. Keiïffer semblent bien invraisem. blables. Mais n'ayant pas répété ses expériences, il ne m’est pas permis de les juger ; le fait, d’ailleurs, dans les sciences d’observation, doit primer les objections théoriques. M. Keiffer ne dit pas toutefois si ses expériences ont été exécutées chez la femme. Elles ne signifieraient rien, si elles avaient été réalisées chez un animal dont le type artériel diffère de celui de la femme, comme il en existe. En pareil cas, si ses conclusions sont reconnues vraies, il n'en découle nullement qu'elles soient applicables à notre espèce.
Nous avons donc le droit de dire, jusqu’à nouvel ordre, qu'on ne peut raisonnablement espérer assécher le territoire des utérines qu'à la condition de les lier l'une et l’autre com plètement, c'est-à-dire en masse, avec la gaine hypogastrique : cela n’est guère facile que par le vagin. Encore faut-il craindre le retour du sang par le haut, par le bas et par la surface,
(1) REIFFER. — Anatomie et physiologie de l'utérus humaäin. Soc. obs. de France, Avril 1898. Ref, in. Presse médicale. Paris, 1898, n° 39, p. 248,
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