ARTÈRES DU VAGIN
Un groupe, postérieur par rapport à l’uretère, naît de l’ombilicale, à la même hauteur que le précédent. Il se porte vers le bord du vagin et fournit à ses deux faces, antérieure et postérieure. Les branches de ce groupe passent en arrière de l’uretère et sont satellites du groupe veineux vaginal postérieur, qui va former le tronc décrit plus haut en s’unissant aux veines vésicales et à celles qui accompagnent l’uretère.
Malgré l'existence de cette riche circulation d’origine utérine et ombilicale, le vagin reçoit encore une artère vaginale spéciale et même plusieurs.
L’artère hypogastrique du côté gauche se divisait en effet en trois troncs principaux :
Un tronc antérieur ombilico-utérin ;
Un tronc moyen honteux-vaginal ;
. Un tronc postérieur fessier, ischiatique, etc.
L’artère honteuse très près de son origine, sur le versant postérieur de la gaine hypogastrique, fournit de nombreux ramuscules satellites des veines de la gaine et deux rameaux plus importants. (Voy. fig. 2) Nous n'avons pu suivre jusqu'au bout le supérieur. Il se dirige vers le vagin et fournit de nombreuses artérioles satellites des veines.
L’inférieur atteint nettement le vagin et se distribue à sa partie postérieure et supérieure.
Plus bas, du tronc fessier-ischiatique se détache une branche, proprement hémorroïdale, qui chemine longtemps accolée au flanc postérieur de la gaine hypogastrique, et finit par s’introduire entre le rectum et le vagin, donnant aux deux, mais surtout au rectum.
Côté droit. — L'artère utérine fournit, par ses branches cervico-vaginales antérieures, à toute la partie antérieure etsupérieure du vagin.
Ilne reste qu’un territoire peu étendu à irriguer en bas. Il l’est par une artère vaginaie spéciale, issue très bas de la honteuse. Elle descend encore plus bas, en avant du groupe des veines vaginales postérieures, fournit nombre de ramuscules satellites des veineset se distribue à la partie inférieure et antérieure du vagin.
La partie supérieure et postérieure du vagin recevait peu de l’utérine. Mais cette pauvreté vasculaire était compensée par l’arrivée de rameaux importants, nés d’artères hémorroïdales supérieures.
Le vagin possède donc une extrême richesse artérielle provenant de sources nombreuses et dont M. Farabeuf a donné une très bonne systématisation (loc. cit.). Les artérioles qui tapissent ses faces sont volumineuses, elles s’anastomosent entre elles et avec les
utérines. Elles sont au contact immédiat de la muqueuse. Par conséquent l'incision pratiquée dans le cul-de-sac vaginal pour aller à la recherche de l’utérine, les coupe nécessairement. La suture des lèvres de la plaie fera leur hémostase temporaire. Comme, d’autre part, les branches vaginales qui ne viennent pas de l’utérine atteignent le vagin assez bas, l’incision latérale faite dans la voûte vaginale les laisse au-dessous d’elle. On ne les blesse pas en allant à la recherche de la portion utérine du pédicule utérovaginal, mais ellesrestent en dehors de la ligature. Elles continuent donc à affluer dans le réseau vaginal.
En raison de la multiplicité et de la diversité d’origine des artères qui remplissent ce réseau, il ne faut pas songer à le tarir, même au prix de la ligature du tronc de l'iliaque interne, dont l’inefficacité est d’ailleurs absolue. Tout ce que l’on peut faire, c'est interrompre, momentanément au moins, sa communication avec le système des utérines. Ce résultat peut être obtenu, nous le répétons, grâce à l'incision circulaire du cul-de-sac vaginal qui coupe, en avant et en arrière, les voies anastomotiques entre les artères du vagin et du col de l’utérus. Cette incision préliminaire, rendant particulièrement facile la ligature en masse des utérines avec la portion utérine des gaines hypogastriques, augmente encore la valeur hémostatique de cette opération.