CHAPITRE VV, De l'accroissement ultérieur du sac herniaire
Si les organes placés derrière le sac herniaire ou contenus dans sa cavité, lui transmettent de nouvelles impulsions, qu’ils reçoivent euxmêmes des muscles abdominaux pendant les efforts; sils pèsent sur lui par leur poids ; ou enfin, si les parties extérieures au sac le tirent en bas avec plus ou moins de force, ce prolongement séreux tend à s’accroître. Ces trois causes de l'accroissement ultérieur du sac herniaire agissent ensemble ou bien isolément ; le sac augmente ici d’étendue par un mécanisme à-peu-près analogue à celui de sa formation première. Si
=. oo
Sur le même cadavre , le cordon du côté droit est entouré par des paquets graisseux de même nature que les précédents, agglomérés, contenus dans sa gaîne, et entourant de toutes parts un prolongement de la tunique vaginale qui, sous forme d’un cordon celluleux long de cinq pouces, se porte de celle-ci jusqu’au péritoine ; il détermine en cet endroit un petit enfoncement muni de plusieurs plis qu'on pourrait prendre pour les stygmates d’un sac herniaire oblitéré. Le muscle transverse et le petit oblique sont pâles et transformés en tissu
graisseux. L’aponéyrose du grand oblique est d’un blanc terne et se déchire très-facilement.
(46 ) l'orifice du sac adhère intimement à l’onverture dponéirotiqué, les adhérences s'opposant à la locomotion di péritoine, qui recouvre les parois de l'abdomen, la portion de cette iiembrane qui forme le sac se distend, s’amincit, se rompt partielleniétt. Le sac $e dilate; ses parois se couvrent alors de nombreux éraillements, de filäments blanchâtres 4 fibreux , réticulés, réunis par une pellicule finé et transparente.
Dans quelques cas le péritoine déplacé ne sé disténd pas dans tons sés points; ses éraillements ne sont que partiels, et le sac devient irrégulier, bosselé, plus mince dans certains endroits que dans d’autres. C'est spécialement de cette manière que s’accroissent les sacs de la hérnté ombilicale , de quelques hèrnies crurales et inguinales (1). Le colét
u’a point quitté l’ouverture aponévrotique ; 11 lui est resté intime-
ment uni.
C’est donc par la distension et l'éraillemént des endroits les’ plug faiblés du sac herniaire, que sé font la plupart des bosselures ét certaines cavités secondaires qu’il présente. Cette moindre résistance, qu’il offre dans certains endroits , peut dépendre de la disposition
du péritoine lui-même ou de celle des parties voisines. Sous l'in- .
fluence d’une pression égale, les points les plus faibles ou les moins soutenus prêtent davantage et agrandissent la cavité du sac dans plusieurs directions, en formant des espèces d’appendices , dont la profondeur varie. Le péritoine, tout autour de l'endroit qui a cédé, revient sur lui-même, prend plus d'épaisseur, et constitue une sorte de collet
circulaire (2). Le sac, ainsi distendu inégalement, est plus mince ,
et moins susceptible de résistance au niveau des bosselures que dans le reste de son étendue. On peut s'assurer de ce fait en remplissant uñ semblable sac avec une masse d’épiploon que l’on y pousse avec
(x) Les parois de ces sacs , formés par distension, sont si minces ct si transparentes dans quelques cas, que plusieurs auteurs ont pensé que les hérnies ombilicales, par exemple, étaietit souvent dépourvues pd ar dun M Avec un pes d'attention, il est aisé de s'assurer du contraire.
(2) A paraît cependant que les hernies à plusieurs cavités , à bosselures, sont formées | Eh beaucoup, ,de cas par des sacs qui descendent successivement par le même anneau, Voyez l'article des sacs multilocutaires. ;
force. On observe que c’est au niveau des bosselures que le péritoine cède ri ME les collets fibreux qui les circonscrivent , forment des espèces d’éperons qui résistent énergiquement à rasbl des viscères. Sion remplit d’eau ou d’air un sac bosselé, et qu'après avoir lié son orifice, on le comprime fortement, c’est toujours par lune de'ses bosselures que se fait la rupture.
Si, comme on l’observe dans la plupart des cas, le collet du sac n'adhère pas aussi intimement à l’auneau aponévrotique, il peut s’en séparer en tout ou en partie lorsqu'il est poussé par les viscères abdominaux ; 1l descend alors au delà de l'anneau , au niveau duquel se forme un second coller.
$. Ler. Des sacs à plusieurs collets.
Si le sac herniaire traverse un canal aponévrotique d’une certaine longueur , et dont les deux orifices sont plus étroits que la partie moyenne , il s'étrangle, se resserre au niveau de chacun ; il se forme deux collets, un qui répond à l'ouverture supérieure du canal, et autre qui est en rapport avec l’inférieure. L’intervalle qui sépare les deux collets mèsure la longueur du canal aponévrotique. J'ai trouvé cette disposition dans des sacs de hernies inguinales externes et de quelques hernies crurales. Dans ce cas , le collet inférieur n’a pas été formé primitivement à l'ouverture supérieure du canal aponévrotique, comme cela arrive le plus souvent dans les sacs à plu-
sieurs collets , maïs bien au niveau de l'ouverture inférieure ellemême (1).
(x) 22° OBSERVATION. A. Deux hernies inguinales externes , trouvées sur le cadavre L 2 d'un homme âgé d'environ bo ans.
1 Du coté droit. Le sac est allongé, il a deux pouces et demi d'étendue ; et ne communique plus avec.labdomen. Ses parois sont blanches, opaques; assez épaisses, faciles à déchirer. En haut il se rétrécit , et se termine par un pédicule plein, cellulosofibreux , qui va se fixer en dehors du péritoine , au niveau de l'ouverture supérieure du canal inguinal. Le péritoine présente en cet endroit des stygmates radiés, dont les plis très--saillants, sont séparés par de pelits culs-de-sac, qui se prolongent un peu dans le pédicule. Le sac contient + la sérosité. À sa partie inférieure il devient très- “lroit,
Vo, PL IV, fig. 2.
Les collets qui sont descendus avec le sac, sont en général annoucés à l'extérieur de cette poche par un rétrécissement plus ou moins sensible ; ils varient pour le nombre , la direction , la structure, Ainsi que les autres parties du sac, ils peuvent éprouver des changéments, des décompositions qui sont intéressantes à connaître. Les sacs doivent dans beaucoup de cas à la présence de ces collets , les cloisons ; les diaphragmes , les valvules que l’on trouve dans leur intérieur.
On peut considérer les sacs à plusieurs collets comme formés par autant de sacs distincts, qui se développent à différentes époques én descendant à la suite les uns des autres. En se succédant ainsi , ils représentent parfois une sorté de chapelet (r).