FLAMME D'OXYDE DE CARBONE
Les résultats précédents faisaient prévoir qu’une flamme véritable d’oxyde de carbone, brûlant dans de l'air bien sec et filtré, et en l'absence de toute source de véhicules condensables, ne donnerait pas d’ions de faible mobilité comme ceux que fournissent les flammes ordinaires, dans
Fig. 9.
lesquelles il y a toujoursformation d’eau et souvent mise en liberté de carbone divisé.
L'expérience a été réalisée avec un tube de verre large de 2°%*, disposé comme l'indique la figure 9 et portant
une partie élargie à 7°" qui sert de chambre de combustion.
Ce tube est plongé dans un réfrigérant rempli d’eau froide pour éviter l'effet d'une température trop élevée qui, en exagérant la diffusion des ions, pourrait lesempécher de parvenir jusqu’à l'appareil de mesure et masquer ainsi un eflet de conductibilité s’il existait. L'échauffement des parois est du reste, par les traces de vapeur qu'il peut fournir, une source continuelle de perturbations.
L’oxyde de carbone brûle au bout d’un tube de plomb t, bien nettoyé et doit donner une flamme franchement bleue dont la variation de couleur est souvent un bon moyen de reconnaître la présence d’impuretés ou de poussières.
L'air amené par le tube #, peut à volonté être pris sur une canalisation desséchante et filtrante, ou bien être puisé directement dans l’atmosphère; enfin un branchement sur la canalisation d’oxyde de carbone permet de mélanger le courant de ce gaz de quelques bulles d'hydrogène.
Le passage des gaz est donné par le schéma suivant
(Jig- 10) :
Fig. ro.
Filtre et desséchant de l air
Filtre et dessechant du gaz
Co
On ne recueille pas de charge quand les parois sont bien propres et que les gaz sont desséchés et filtrés ; au contraire, si l’air est puisé directement dans l’atmosphère, la conductibilité se manifeste aussitôt avec les caractères des ions de faible mobilité; il en est de même, et d’une façon beaucoup plus intense, si, en employant de nouveau
de l'air sec et filtré, on mélange à l’oxyde de carbone quelques bulles d'hydrogène.
Pour mettre en évidence d’une façon régulière et un peu prolongée la formation de gros ions par la présence simultanée, dans le gaz, de la flamme d’oxyde de carbone qui ne produit pas de gros centres par elle-même, et d’agglomérations matérielles neutres, on peut suspendre au voisinage dela flamme un petit panier de treillage contenant des fragments de pierre ponce humide ; la conductibilité apparaît alors et d’une façon assez régulière pour se prêter à une mesure approximative de la mobilité qu'on trouve encore analogue à celle des gaz de flamme.
La chauffe d’un corps poreux humide dans la région où passent les gaz récemment extraits de la flamme d'oxyde de carbone permet de reconnaître que cette flamme produit des ions à recombinaison rapide, et de constater, en chauffant un peu de ces corps en des régions A,B,C d’un tube (fig. 11), la disparition progressive de ces petits ions à mesure qu’on s'éloigne de la flamme.
Fig. 11.
Les expériences de ce genre peuvent être variées de différentes manières; mais un cas particulièrement intéressant est fourni par la chauffe d’un corps poreux humide en présence des radiations du radium ou des rayons de Rüôntgen.
Un peu de ponce humide est mis dans un tube de verre assez large (3% à 4°*) pour éviter une trop grande diffusion, à une distance des appareils telle qu’il ne puisse pas y avoir d'action directe du radium (fig. 12).
On chauffe à la lampe à alcool, etilest facile de montrer que la chauffe en présence du radium produit des ions de faible mobilité, tandis que la chauffe seule ne produit
Fig. 12.
rien et le radium non plus, si l’on a pris les précautions nécessaires pour ne pas être influencé par ses petits 1ons.
Les rayons de Rüntgen peuvent être substitués au radium. Ces radiations jouent donc un rôle analogue à celui de la flamme d’oxyde de carbone, à la différence que celle-ci donne des gros ions avec l'air atmosphérique non filtré, ce qu’on peut vraisemblablement attribuer aux produits de la combustion des poussières.
On peut même obtenir avec de l’air humide et filtré un gaz contenant des gros centres électrisés sans qu’il soit nécessaire de le soumettre à aucune radiation ionisante; il suffit de faire passer l’air dans un tube de grès chauffé au rouge vif et contenant des fragments de pierre ponce. Ce résultat s'explique par la dissociation qu’éprouve la vapeur d’eau dans ces conditions et qui nous ramène au cas des combinaisons chimiques envisagé plus haut. La très haute température qu'exige le phénomène pour se produire rend cette explication plus vraisemblable que celle qui consisterait à faire intervenir les ions émis par les corps incandescents,