PROPRIÉTÉS DES CENTRES NEUTRES
Les centres neutres ainsi caractérisés dans la flamme de l'hydrogène et du gaz d’éclairage sont vraisemblablement de l’eau à un degré plus ou moins grand de condensation, mais sûrement à un état de très grande division.
. L'expérience suivante peut servir à montrer que ce n’est pas à proprement parler le seul fait de contenir en plus ou moins grande abondance de l’eau vaporisée qui suffit à charger un gaz de ces agglomérations.
On chauffe à la lampe à alcool un peu d’eau dans une ampoule soufflée au milieu d’un tube de verre; on expose celte ampoule au radium et l’on examine l’ionisation du
gaz aspiré à travers cet appareil. On voit que pendant la chauffe, puis l’ébullition de l’eau, la présence de gros ions ne se manifeste pas; elle commence au contraire à apparaître quand, toute l’eau étant évaporée, la dernière couche liquide adhérente au verre se trouve seule échauffée par la lampe et portée à une température de 200° à 300°.
De même l’eau aspirée au voisinage d’un jet de vapeur ne contient qu'une très faible quantité de centres neutres;
Fig. 14.
E A SE NS) = C C, ee | .
LR | < Pru B
tandis que la chauffe d’un corps poreux, ou de petits débris de verre humide, en fournit en grand nombre.
Ces centres neutres provenant de corps humides chauffés semblent tout à fait analogues à ceux des gaz de flamme. Nous en trouverons encore de très voisins dans le barbotage de certains liquides (pas de l’eau), ainsi que dans l’éuncelle, et nous allons étudier quelques-unes de leurs propriétés. \
Les centres neutres sont facilement arrétés par des Jiltres en coton. En intercalant par exemple un tampon de coton ordinaire entre C, et B( fig. 13), on supprime toute la production des gros ions sous l'influence du radium ; le gaz n’est cependant pas desséché par le coton, ce qui indique que les agglomérations ne sont pas dues à
de la vapeur d’eau, mais formées de particules en suspension.
La chaleur les détruit également.
I suffit pour cela d’intercaler un serpentin de cuivre en G, en E ou en D, et de chauffer vers 250°. Dans tous les cas, on constate la disparition des centres neutres.
Or en G on avait affaire aux centres neutres mélangés aux 10ns de flamme, en E aux centres neutres seuls, et en D aux centres que le radium vient de charger. Le fait qu'en E la disparition sous l’action de la chaleur ait lieu comme ailleurs semble bien montrer que ce n’est pas une augmentation de diffusion électrique qui intervient, mais une évaporation ou une destruction de l’agglomération . sous l’influence de l’agitation thermique.