E CD
fc S.
les yeux ne provoque pas l'occlusion des paupières. 6 h. 29 m., P. 110. R 14. Emission d'urines; selles dures. 6 h. 40 m., P. 62. R. 10. Larges inspirations et chute rapide des parois thoraciques à l'expiration. 6 h. 43 m., P. 110. R. 11. 6 h. 46 m., P. 152. R. 7. Anesthésie complète. La pression sur la queue, le contact des paupières et de la cornée ne provoquent aucun réflexe. 6 h. 48 m., suspension de la respira-
TOXICITÉ DES ALCOOLS
tien. P. 82. A partir de ce moment les battements cardiaques comptés à l'aide d'un drapeau ont donné :
La première minulo 10
La deuxième —
La troisième —
La quatrième —
La cinquième —
La sixième —
La septième —
La huitième —
La neuvième minute • 6
La dixième —
La onzième — 8
La douzième — 11
La treizième — 8
La quatorzième — 10
I^ quinzième — 9
La seizième — ...... 0
(Suspension définitive.)
Autopsie. — Le cœur est mou ; le ventricule gauche renferme un caillot fibrineux grisâtre, entouré de sang noirâtre. Le ventricule droit est rempli moyennement de sang noir diffluent et de quelques caillots. Poumons : normaux; — Reins : faiblement injectés; — foie : très faiblement injecté; — cerveau : méninges injectées à la base au niveau de la protubérance. Légère injection des plexus choroïdiens; légère injection de la couche corticale; faible pointillé de la substance blanche à la coupe.
Ces trois expériences suffisent pour nous donner une idée delà toxicité du furfurol, de sa faculté épileptisante et de son action si puissante sur la respiration ; il semble même, sous ce rapport, qu'il affecte une sorte de prédilection pour le noyau bulbaire d'origine des fibres pulmonaires, n'exerçant d'autre part qu'une action moins active sur le noyau bulbaire d'origine des fibres cardiaques motrices, signalé par M. Laborde. Dans plusieurs expériences, en effet, nous avons constaté une influence inhibitoire des plus manifestes sur le poumon. La respiration s'arrête, mais le cœur continue à battre, et ce qui est assez rare sur le chien, après la suspension de tout mouvement respiratoire, les battements cardia ques continuent pendant cinq, six, dix minutes comme dans l'expérience IV et même un quart d'heure comme dans l'expérience V.
Dans un travail récent sur le furfurol, M. Lépine, ignorant
nos recherches, est arrivé à des résultats analogues aux nôtres en ce qui concerne les troubles respiratoires et circulatoires, mais un peu différents pour les phénomènes moteurs. Il n'a noté, en effet, que des convulsions passagères des quatre pattes tandis que les tracés démontrent nettement que les convulsions suivent un cycle épileptique bien défini, qu'au stade tonique succède le stade clonique,puisla résolution (1),
Ce que nous savons des alcools d'industrie, nous explique, sans doute, l'action toxique de la plupart des eaux-de-vie, des cognacs, des rhums livrés à la consommation. Tous ces spiritueux ne sont, en définitive, que des alcools dits supérieurs, plus ou moins adroitement aromatisés, mais la fraude nous réserve bien des surprises, et comme preuve c'est l'analyse récente, qu'a bien voulu nous communiquer notre collègue M. Pouchet, d'un rhum vendu par une maison anglaise comme pur rhum de la Jamaïque.
L'analyse chimique a permis de déclarer la présence des composés suivants : alcools méthylique, isopropylique, allylique, amyhque, aldéhydes (acétal, méthylal, acétone), produits aromatiques du groupe des camphres. Ces résultats permettent d'assigner à ce produit la composition d'un alcool d'industrie très insuffisamment rectifié.
On a soumis à la distillation fractionnée (après avoir alca-
linisé le mélange avec de la soude) 2"*,500 de ce rhum et, à
l'aide d'un appareil de Le Bel et Henninger, on a fractionné les produits de distillation.
Expérience faite avec les premiers produits de condensation recueillis à 79« (très riches en alcool méthylique, aldéhyde et acétone).
Petite chienne du poids de 10^^,200.
A 3 h. iO m., injection par la sonde œsophagienne de 125 centimètres cubes du liquide. Au bout de dix minutes,
(1) LéPiNB, Sur V action dufurfurol; communication à la Société de biologie, séance du 2 juillet 1887.
74 TOXICITÉ DES ALCOOLS
ranimai est absolument incapable de se tenir debout, il est dans un état d'ivresse complète.
A 8 h. 35 m., vomissements^ selle diarrhéique. L'animal est assez calme, mais incapable de se soutenir lorsqu'il che^ che à se relever. Résolution complète.
A4 h. 15 m., vomissements sanguinolents. L'animal reprend de l'énergie et commence à exécuter quelques mouvements pour se redresser. A 5 heures, il est debout et marche avec assez de facilité. Il n'a présenté de particulier qu'une certaine incoordination des mouvements du train postérieur qui persiste encore, assez accentuée, à 7 h. 30 m.
Sitôt remis sur pattes, l'animal a bu abondamment et s'est mis à caresser tout le monde.
Expérience faite avec les produits de condensation recueillis entre 82 et 88**. (L'alcool isopropylique bout à 83".)
Petit chien griffon du poids de 7^,700.
A 2 h. 45 m., injection par la sonde œsophagienne de 100 centimètres cubes de liquide. A 3 heures, le chien est dans un état complet d'ivresse ; il titube et bute violemment contre les meubles et les murs. Il grogne et se retourne comme pour mordre lorsqu'on le touche.
A 3 h. 05 m., parésie très marquée du train postérieur. Après quelques efforts, l'animal tombe sur le flanc et entre dans une période d'excitation. Il est agité de mouvements convulsifs, l'œil est hagard, et il pousse des cris inarticulés comme un chien qui rêve. Deux vomissements de matière glaireuse et une selle diarrhéique. A 3 h. 15 m., attaque épileptiforme, renversement de la tête en arrière, contracture assez intense des muscles du rachis, la langue est pendante et mordue entre les dents, membres antérieurs dans l'extension forcée et agités de tremblements fibrillaires. Pupilles fortement conlractées.
A 3 h. 25 m., plusieurs vomissements sanguinolents et une selle diarrhéique. Le calme vient peu à peu et l'animal
s'endort. La respiration est stertoreuse : dyspnée très marquée.
A 7 heures et demie, l'animal est dans le coma. La respiration est toujours stertoreuse avec dyspnée intense et contractions pénibles et violentes du diaphragme (respiration diaphragmatique). L'animal n'a pas fait un mouvement depuis le moment où il s'est endormi.
Telle est cette analyse appuyée sur l'expérimentation qui nous signale les méfaits d'une drogue revêtue de l'alléchante étiquette de rhum de la Jamaïque. D'après ce que nous savons de l'alcool isopropylique, d'après les recherches de Dujardin-Beaumetz et Audigé, cet alcool ne paraît pas devoir être considéré comme la cause des convulsions ; il est probable que ce rhum renferme un autre poison sans que nous puissions songer au furfurol dont le point d'ébuUition dépasse de beaucoup 88** (1).
G. Liqueurs; bouquets. — Les liqueurs autrefois étaient le produit de la distillation d'alcool de vins tenant en dissolution des substances aromatiques. Nous sommes bien loin aujourd'hui de cette pratique des premiers temps ; l'industrie ne s'accommode plus de ces soins minutieux, de ces longues préparations, elle va droit au but ; des essences sont mises en présence d'alcools, on ajoute un mélange sucré et tout est dit. Suivant les doses des essences, on obtient des liqueurs demi-rines, fines, superfines, extrafines, etc. Les alcools de mauvais goût se trouvent masqués par les bouquets, on n'a même plus à se préoccuper de leurs qualités ; si bien que les liqueurs les plus parfumées sont fabriquées habituellement avec les plus mauvais alcools. Parmi les essences ou les bouquets, les uns sont inoffensifs, les autres, au contraire, sont des poisons violents. Nous allons faire connaître quelques-uns de ces bouquets, nous réservant de compléter l'enquête dans une seconde communication.
(1) Dujardin-Bbaumetz et AuoioÉ, loc. cit., p. 152.
76 TOXICITÉ DES ALCOOLS
a. Absinthe. — Depuis les premières recherches expérimentales sur la liqueur d'absinthe faites à Bicêlre avec le regretté Marcé, cette étude s'est complétée et l'action comparative de l'alcool et de l'absinthe — à savoir l'alcool produisant l'ivresse avec la perte du sentiment et du mouvement, l'absinthe déterminant des attaques convulsives — est un fait généralement connu aujourd'hui (1) ; il a fourni^ d'ailleurs, au législateur un puissant argument pour frapper la liqueur d'absinthe d'un impôt beaucoup plus lourd ; nous ajouterons qne cotte mesure fiscale avait eu, au début, comme résultat hygiénique, la diminution, en France, et particulièrement à Paris, du nombre des cas d'absinthisme ; aujourd'hui, avec les progrès de l'alcoolisme, les absinthiques se montrent de nouveau plus nombreux,
Dans la séance de contrôle au laboratoire de physiologie de M. Laborde, où la Société a été conviée, nous avons répété ces expériences comparatives et vous avez vu combien est énergique l'action de l'absinthe. Les tracés obtenus sous vos yeux fournissent la démonstration péremptoire qu'il s'agit bien là de l'attaque épileptique. Du reste, depuis 1864, la clinique n'a pas cessé de fournir de nouvelles preuves en faveur de ces données expérimentales. Toutefois, M. Lancereaux a rapporté quatre cas dans lesquels des buveurs d'absinthe avaient présenté des accidents hystériformes, plutôt qu'épileptiformes. Sans entrer, en ce moment, dans la discussion de ces faits exceptionnels, nous dirons cependant que les falsifications sont telles que certaines liqueurs dites d'absinthe peuvent renfermer d'autres substances, et notamment le salicylate de méthyle, produisant des accidents convulsifs différents de l'épilepsie.
b. Vermouty biUePy essence de reine des prés^ aldéhyde
(1) Magnan, Accidents déterminée par la liqueur d'absinthe. Unio méd., 4 et 9 août 1864. — Épilepsie acoolique; action spéciale de V absinthe. Compte rendu et mém. de la Soc. de biol., i. IV, 4» série, 186S, p. 150.
salicylique. — L'essence de reme des prés entrant dans la composition du vermout et du bitter, les fabricants lui subs-