‹ Recherches sur les centres nerveuxChapitre 20 sur 93 · DES ANOMALIES, DES ABERRATIONS ET DE · texte numérisé non relu

DES ANOMALIES, DES ABERRATIONS ET DE

PER\ÏRSI0>8 SEXUELLES (i)

Dans ITiistoîre de la folie^ les foQction^ «çexnelleïi eritnçnt fréqnemmeat ea Jea, les orgaae< de La gériératir/fi deviennent !e point d* départ d'HIo^ion.?. ^ia^llrirxn^tioctJi, de tronbles de la sensibilité ^^^nénle qni fe^. cuif-re det pr^y/î^ip^stlions sîn^iliéres et «-piî cf^^t ie*^ déilr^r* psiff^rU Ie<t pbw étranges. Les «jU^Tra.^?^ a:i*!Îen:^ K,t.^ :?et:ipL.%. *^ ^-r^, de^ procKsses 'ies snvmije^ et des vcuv^c^e*^. ^ie^. 'xZjkit)^>, de«^ cfckbfes et 'ies icrîierç. -ies :bt«téTirr^ i.t WtxA:,. ::jtj.Tt p^?tt â peu Le Lêfluini^çiiiiie *e 'ur^riitv';»?::!!^ e!i F>r*ef!3ï^é : * v,»tJt

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des forces naturelles, le magnétisme, rélectricité, le téléphone, etc., tout Tarsenal de l'industrie moderne.

Ce n'est point de ces désordres que je demande la permission d'entretenir quelques instants TAcadémie, je désire m'arréler sur les anomalies, les aberrations et les perversions sexuelles qui se montrent dans cette catégorie d'aliénés que l'on désigne sous le nom de dégénérés, groupe de malades chez lesquels l'hérédité exerce l'influence la plus puissante et qui, depuis l'idiotie profonde jusqu'aux individus mal équilibres, présente tous les degrés de la débilité mentale. Ces anomalies sexuelles sont si nombreuses, si variées, qu'elles prêteraient à la confusion, si l'on ne faisait ressortir leurs liens réciproques par une classification basée sur Tanatomie et la physiologie.

Les spinaux, qui forment le premier groupe, sont réduits au réflexe simple, leur domaine se trouve limité à la moelle, au centre génito-spinal de Bùdge. C'est l'onanisme chez l'idiot complet.

Pour les seconds, les spinaux cérébraux postérieurs, le réflexe part de l'écorce cérébrale postérieure et aboutit à la moelle. La vue seule, l'image d'un sujet de sexe différent, quelles que soient ses qualités, qu'il soit beau ou laid, jeune ou vieux, provoque l'orgasme vénérien. C'est l'acte instinctif purement brutal.

Un troisième groupe comprend les spinaux cérébraux antérieurs. Le point de départ du réflexe est dans l'écorce cérébrale antérieure; c'est une influence psychique, comme dans l'état normal, qui agit sur le centre génito-spinal; mais l'idée, le sentiment ou le penchant sont ici pervertis. Nous verrons, en efl^et, le penchant anormal d'une femme pour un garçon de deux ans. D'autre part, l'acte conjugal chez un homme, sous la dépendance exclusive du souvenir de la tête d'une vieille femme ridée, couverte d'un bonnet de nuit. Par suite, frigidité complète la première nuit des noces, l'image n'étant pas évoquée.

Enfin, les cérébraux antérieurs ou psychiques, ce sont des exliiUques, des érolomanes. Un jeune élève des Beaux- Arls vit dans la chasteté absolue; son amour, c'est Myrlho qui s'est réfugiée dans une étoile ; il contemple tous les soirs cette étoile, lui adresse des vers, brûle de l'encens.

Tel est le tableau qui parait le mieux grouper toutes les variétés des anomalies sexuelles.

1° Des spinaux. — Jo n'ai pas à rappeler que la moelle n'étant pas seulement un organe conducteur, renferme une série de centres échelonnés où aboutissent des impressions d'un dépai'leraenl déterminé du corps et d'où partent des réactions (réflexes) vers les parties correspondantes. Parmi les centres localisés dans la région inférieure de la moelle, le centre génito-spinal a été nettement établi par les expériences de Biidge. Chez le lapin et le chien, il est situé, d'après Bùdge et Goltz, au niveau de la quatrième vertèbre lombaire (1).

Si l'on ne peut pas sur l'homme localiser encore ce centre d'une façon précise, les faits pathologiques en démontrent l'existence. De plus, chen certains idiots complets dénués de toute perception sensorielle, qui ne flairent pas, ne goûtent pas, qui voient sans regarder, qui entendent sans écouler et dont la vie purement végétative est réduite aux simples réflexes; chez eux, on peut voir se produire comme seule manifestation active, des manœuvres de masturbation. Or, ces êtres inconscients, isolés de toute relation extérieure par des lésions cérébrales irrémédiables, sont relégués dans la moelle.

Parmi les idiots adonniSs â un onetiisme incessant, je citerai le eas il'une flile de 1 ans, dont le père, ivrogne, est mort phtisique et dont la mère, déjù névropathe, avnit eu h suhir, pondant la grossesse, de violentes éiriotions. Celle idiote, d'ailleurs Irês chétivB,

(I) Voir : Kûsa rt Duval, [Court de phytiologie, p. 70, Paris, 1883.) - VuU'U», (Leçon* lur l'appareil vato-m«tear, l. II, p. 892. Expérien-^ei tur le nerf »permatiqu,e. Paria, 1875. | — Jaccoud, [Let parapk'gie* ei Fatamie du mouoement, p. li'i. Paris ]â64.)

ëtait née avec un pied-bot valgus du côté droit; a 18 mois, à la suite de convulsions, on remarqua une déviation en dehors du pied gauche et, au bout de quelques semaines, le valgus s'était nettement dessiné. Des convulsions se reproduisirent et Tintelligence resta oblitérée. L'enfant, gâteuse, était indifférente, ne souriait pas à sa mère, criait par moments, déchirait ses vêtements et, dès Fftge de 3 ans, se li* vrait à la masturbation.

A 6 ans, quand j*ai eu Toccasion de la voir, elle était pâle, amaigrie, les organes génitaux externes, très développés, étaient flasques, ridés, flétris, elle ne prononçait que quelques mots; de temps à autre, elle faisait claquer la langue en relevant la tête; repoussait en disant « oaca » les aliments qui lui étaient présentés avec la main, les acceptait quand on les lui offrait sur une assiette, se mettait a quatre pattes pour manger le potage et s'irritait, repoussant tout et cherchant à griffer, si on essayait de lui faire prendre une autre position.

Dès qu'elle était sur une chaise, sur un matelas ou sur un lit, elle se courbait légèrement et portait la main à ses organes génitaux qu'elle frottait incessamment. En était-elle empêchée, elle criait, pieu* rait, se frappait la tête. Quand on lui tenait les mains, elle remuait les jambes. Avec un petit maillot et des serviettes, on parvenait à protéger la région vulvaire, elle s'irritait alors et ne pouvant toucher ses organes, elle se frottait parfois automatiquement la partie latérale droite du cou, mais ne tardait pas à faire de nouvelles tentatives d'onanisme. Elle ne cessait que lorsqu'elle en était empêchée de force, elle ne s'arrêtait devant personne, si bien qu'un jour, placée sur une table, elle a continué à se masturber pendant qu^on la photographiait.

A côté des faits d'excitation manuelle des organes il est bon de placer certains cas de perversions sexuelles dans lesquels Torgasme génital se produit spontanément, sans manœuvres extérieures, sans influence morale d'aucune sorte.

Tel est le cas d'une dame âgée de 35 ans, ancienne élève du Conservatoire, névropathe, gastralgique, mal équilibrée, mais néanmoins musicienne distinguée. Depuis douze ans, elle est en proie, par périodes de durée variable, à un éréthisme génital qui se produit habituellement le matin vers six heures et se traduit par du prurit vulvaire, des démangeaisons, parfois des sensations voluptueuses ; elle se jette hors du lit, et parvient quelquefois, mais non toujours, à ramener le calme à l'aide d'injections ou d'ablutions froides.

Les causes morales, les approches conjugales n'exercent aucune influence sur cet état. Par contre, l'apparition d'une diarrhée un peu forte a suspendu à plusieurs reprises ces malaises tributaires sans doute du centre génito-spinal. Le bromure de camphre a donné aussi un peu de repos.

Tel est encore le cas d^un névropathe de 55 ans, que j'ai en Toceasioa de voir avec M. Bouchard; ce malade, sourd et fils de sourde, a un frère et une sœur tous deux durs d'oreille et aliénés mélancoliques. Depuis plusieurs années, il est torturé par un priapisme qui le force à passer hors du lit une partie de ses nuits. H éprouve constamment une sensation de chaleur aux lombes et à la verge. Après un sommeil très court, il est réveillé par une érection douloureuse qui l'oblige à se lever et qui, parfois, résiste aux lotions et aux lavements d'eau froide. Il reste debout, se lamentant, parcourant de long en large la chambre : puis quand l'organe est moins turgescent, il s'installe sur un fauteuil canné, les jambes élevées à Taide de coussins, et parvient ainsi à goûter parfois quelques heures de repos.

Les approches sexuelles, rares ou fréquentes, n'ont aucune influence sur cet état, indépendant aussi de toute action morale. L'ergot de seigle, le bromure, le chloral, les bains, les douches ascendantes froides, l'hydrothérapie n'ont pas

donné de résultats satisfaisants.

Si certains névropathes peuvent ainsi être sous le coup

d'un orgasme génital involontaire, il en est d'autres chez

lesquels la disposition maladive se traduit par une frigidité

intempestive qui peut les jeter dans le désespoir et parfois

même les pousser au suicide.

JTai vu avec M. Charcot un jeune homme de Bilbao, appartenant à une famille de névropathes, qui, à certaines périodes, sans fatigue préalable, sans causes physiques ni morales appréciables, se trouvait impuissant à toute approche sexuelle. Cette situation le préoccupait tellement que, renonçant à un mariage projeté, il s'était retiré dans une de ses terres, décidé à en finir. On le surprit assis à son bureau, écrivant ses dernières volontés, un revolver chargé à côté. Un de ses frères, marié et père de six enfants, m*a avoué que, de tout temps, il avait été obligé de subir les caprices de ses organes. Les circonstances les plus favorables, l'attrait le plus vif, les désirs les plus ardents restaient parfois lettre morte devant cette impuis-

Les exemples sont nombreux d'imbéciles des deux sexes qui, sans le moindre discernement, sans la moindre lutte intérieure, se livrent à la satisfaction de leurs appétits génitaux et rentrent conséquemment dans ce groupe de dégénérés que nous appelons spinaux cérébraux postérieurs. Remontons encore plus haut, et dans ces anomalies génésiques, voyons l'intervention de la région cérébrale antérieure.

3° Des spinaux cérébraux antérieurs. — Dans le troisième groupe, nous allons retrouver le mécanisme physiologique des fonctions sexuelles, mais avec des éléments faussés ou pervertis. A Tétat normal, en effet, une idée, un sentiment, un penchant exercent, en dernière analyse, leur action sur la moelle et amènent Tacte physiologique indispensable à la conservation de l'espèce. Telle est la loi générale qui préside à la reproduction chez Thomme. Dans l'état maladif, cette influence supérieure, l'idée, le sentiment, le penchant sont pervertis, mais n'en mettent pas moins en jeu le centre génito-spinal, qui obéit ainsi aux aberrations les plus étranges.

j^ai déjà eu roccasion, a propos des actes et des impulsions des aliénés, de citer le penchant anormal d^une fille de 29 ans pour un garçon de 2 ans. Cette malade, dont la mèro est hystéro-épileplique et dont le père, mélancolique, est mort à la suite d^accidents cérébraux aigus, a présenté successivement plusieurs des syndromes psychopatiques des héréditaires : elle a eu des impulsions au vol, la crainte des épingles, le doute anxieux sur Taccomplissement de certains actes ou Texistence de certaines choses, puis enfin Tanomalie sexuelle dont je vais parler.

Depuis huit ans, elle éprouve un besoin irrésistible de cohabitation avec un de ses neveux. Elle a cinq neveux dont Taîné est âgé de 13 ans. C'est lui qui a été l'objet de ses premiers désirs; sa vue la mettait dans un état d'excitation extrême, elle éprouvait des sensations voluptueuses qu*elle était impuissante à réprimer, qui s'accompagnaient de soupirs, d'inclinaisons de tète, de déviation des yeux, de rougeur de la face, quelquefois de spasme et de sécrétions vaginales; elle se sentait poussée à le saisir et à rapprocher d'elle. Plus tard, quand il a grandi et à la naissance du second frère, c'est ce dernier qui est devenu l'objet de ses convoitises maladives, puis

Bnfin le troisième, le qualrièma et octuellemeDi, c'est te dernier Tenu, Agé de trois ans, dont son esprit est préocoupé. Elle se sent poussée à l'altirei' près d'elle.

Cette mBlnde est 1res lucide, elle est désolée et tiouteiise de ces singaliers désirs: elle est tranquille, travaille et s'occupe louto la journée ; elle sort de tempe à autre et va dans sa famille pour es* Bayer en quelque sorte ses forces ; mais encore la viio de son neveu r impression ne vivement, à table, dans sa famille, elle ae place loin de lui ; mais pendant toute In durée du repas, elle éprouve des spasmes, du malaise à l'estomac, une constriction à ta gorge, et la lutte lui devient des plus pénibles (t). Elle n'a jamais cédé à celle perversion instinctive ; ses désirs, sans qn'elle puisse se l'expliquer, n'ont jamaiB eu pour objet que ses neveux , et elle peut aveu indifférence, voir d'autres petits garpons ; toutefois, elle évita leur eonlact.

Il y a donc là un choix de l'ôtre ftimé, un penchant dont la vivacité no trouve d'analogue que dans le paroxysme de la passion. Mais le point de départ admis, que l'enfant de 2 ans soit un amant de '25 ans, le phénomène s'accomplit comme dans l'étal normal, mettant en jeu l'axe cérébrospinal dans son entier. Nous sommes ainsi bien éloignés des deux groupes précédents, les spinaux fréflexe simple), les spinaux cérébraux postérieurs (acte instinctif).

Une autre malade de 53 ans, mère de deux enfants, entrée dans mon service le 10 octobre 1883, ù la suite d'un rapport motivé de M. Blanche, esl éperdumenl amoureuse d'unjeune écolier de 13 ans. Comme tous les dégénérés donl il est ici question, elle puise dans I rbérédité ses tendances maladives : le grand-père paternel, dissipateur, débaucbé, avail cherché k se remarier du vivant de sa femme ; le père, ivrogne, hrutnl el paressenx, a fait le désespoir de son entourage ; une de ses sœurs, fantasque, dissipée, s'est enfuie avec un amanl; un frère mène une conduite déréglée et n'a jamais pu se livrera un travail suivi. Quant à elle, d'une intelligence au-dos' BOUB de la moyenne, elle a appris difficilement ii lire et à écrire. Douce, docile, laborieuse dans sa jeuueeae, elle a épousé h iO ans un homme âgé de 40 ans, très Jaloux, cl qu'elle a dû ijuitter avec ses deux filles pour se mettre à l'abri de se» mauvais li'ailemenls.

Klle vivait depuis quelques mois chez sa mi?rc, loisqu'cllo est do-

(1) Mauxah, Elude clinique sur les impulsions ni Ich actna do aliiiiiéii, Leçon &iie A l'asile Sainte-Anne, le 23 junncr 1^1 iTribune mHiaalt, mu» 1881.)

venue triste, rêveuse, distraite, indifférente pour ses enfants, sortant tous les jours, foisant un très long trajet pour se rendre chez des amis de la famille aux heures où elle pouvait voir le fils de la maison revenir de Técole. Elle caressait ce garçon, Tembrassait, jouait avee lui, et ses deux filles, dont Tainée n'a pas moins de onze ans, sans que, tout d'abord, elle ait attiré l'attention des parents. Elle disait, parfois, qu'elle était amoureuse d'Ollivier, c^est le nom du garçon, qu'elle voudrait être sa femme, maison riait de ces réflexions extravagantes. Un jour, cependant, elle prend k part la mère pour l'entretenir d'une affaire sérieuse. Elle s*aperçoit, dit-elle, qu'Ollivier pftlit, qu'il paraît malheureux et que sa santé s^altère ; sur les dénégations de la mère qui trouve son fils bien portant, elle ajoute qu'elle sait ce qu'il a et demande la permission de cohabiter avec lui pour lui rendre la santé.

Éconduite après une telle proposition, elle est prévenue qu'on ne la recevra plus à la maison. De retour chez elle, elle parle de son malheur, de son amour pour Ollivier ; elle se lamente et raconte naïvement à sa mère et à sa sœur ce qui vient de se passer. Elle cesse de travailler et malgré les remontrances de ses parents, elle stationne chaque jour devant la maison du jeune écolier ; elle cherche môme à y pénétrer, mais le concierge la repousse, et, un jour, voulant franchir la porte de vive force, elle est battue par celui-ci et reçoit un soufflet d^Ollivier lui-môme ; elle se jette à terre, pousse des cris déchirants, en proie à un violent désespoir. Ce scandale décide la famille à la placer à Sainte-Ânne. Depuis son entrée, n.algré sa mésaventure, les inveclives de la famille et de celle d^Ollivier, les brutalités de celui-ci, elle ne peut s*empôchor, dit-elle, d'aimer ce garçon ; elle est tout heureuse et son visage s'épanouit dès qu'elle entend prononcer son nom. Elle demande constamment de ses nouvelles et elle soupire après le jour où elle pourra le retrouver.

A côté de ces amours étranges, il en est d'autres que Ton pourrait considérer tout d'abord comme le résultat du vice, mais qui ne sont en réalité que la conséquence de la maladie. Telles sont certaines amours illégitimes dans lesquelles les héros, dans la sérénité de leur inconscience, se découvrent eux-mêmes à l'époux offensé.

Une jeune dame, mère de trois enfants, intelligente, instruite, mais fllle d'aliéné, après un passé de moralité et de bonne conduite, déclare un jour à son mari, sans honte pour elle, sans pitié pour lui, qu'elle éprouve un besoin de fâmey qu*elle aime un jeune homme de 24 ans, et qu'elle se tuera si on met obstacle à leur intimité. Elle

BOis pour donner enltarnulioii â sop revenir eusuile au foyer conjugal.

e ses trois enfanls, que son mari ne Lu mari bien avisé, loin de provoiiuun reproche, mais l'emmojie toia du

demanda, diUel'e, que six «rdente passion, sVngageaat Elle recoule avec exalialion q Boat rien à câto de son aniaiit, qaer du scandale, ne formule i pays pour la faire eoigner.

Une autre dame, hyslërique, ovarienne gauche, tr diiaiae d'aunées, vivaiitcu bonne harmonie avec son mari, s'éprend d'un violent amour que rien ne Justine pour un charretier que le oommeroe du men avait attiré à la maison. Elle pense à cet homme nuit ol jour, dès qu'elle entend le bruit d'une charrette, elle s'empresse de courir à la fenêtre : d'autres foi s, elle btalienne dans la rue; elle ne craint pas d'aller chez cet individu qui, d'abord réservé, finit par céder s ses ioslances. Elle reconnaît que, sous tous les rapports, son mari est supérieur à sou amant, mnîs elle ne peut s'expliquer u qui se passe en elle, elle ne pense qu'à lui, elle pleure, se désole, et rail deux tfntalives de suicide que l'iatervention subite du mari parvient a empêcher. Elle raconte à celui-ci tout ce qu'elle éprouve, elle lui déclnre qu'il n'y a qu'un remède a son mal et le supplie d'envoyer chercher le charretier. I,e man très perplexP, un peu faible, eède i ce désir; mais la présence de cet homme n'amenant pas le nliDB, on sa décide & demander couseil bu mélecln.

Le penchant, peut, dans quelques circonstances, se rattachera une profonde anomalie et avoir pour objectif le même sexe. C'est ce que M. Westphal appelle sens soxuel contraire et ce qu'avec M. Charcot nous avons désigné du nom d'inversion du sens génital (1). L'instinct sexuel, dans ces «as, est entièrement dévié de laligne normale; la perversion est purement psychopnthique, car avant même qu'une éducation vicieuse, que des habitudes dépravées aient pu pervertir ces sujets, dès la plus tendre enfance, dès l'âge de cinq uns quel([ueFois, ils se surprennent avoir des sentiments qu'ils ne comprennent pas, l'homme est porlé vers l'homme, la femme vers la femme. Je rappellerai d'abord quelques passages de l'observation d'un psychopathe intelligent, ins-

, (1) Wbstphai-, Die contrfli-o Soxuaicmpflndung {Arah. f. ptych.. Il, p. T3 à IW, 1*70). — Zur Cimirftre SexualempHodung (Areh. f. pMyc/i., BJ. VI, p. MO. I87ej. — GocK, Beiirag zur Kennlnisa der coniraro SexuakmpBnduDg [Arch./. psgc/i., Bd. V., p. 5S4 à 574, 1876). — Chakcot et Maohak. Inversiuii du sens gûiiilal (Arch. de neurol., a" 1 et 12. 1882). — E. Glev, De^ aborralion? de l'instinct sexuel iReniie pliiloëOpk., n* 1. I -P' W- janvier 1884.1

m ABERRATIONe

truit, épudit, d'un professeur de Faculté qui rend collllil avec la plus grande slucérité, des phénomènes étranges qu'il éprouve.

Ma Bonsualité. dil-il, s'est manifestée depuis l'âge de nix ans par un violent dusir de voii- des garçons de mon Age ou des hommes nus. Il raconte ensuite qu'i huit ans ayaot vu un militaire se masturber, il en a contrecté l'haliitude... Il poursuit plus loin: « Je cessai ab«olumeut la masturbation à l'ûue de vingt ans ; mais je ne suis jamaii parvenu, malgré tous mm eflTurls, à arrêter lea excitations de moB imagination : les hommes jaunes, buaux et forts pravo<{ueul toujours chez moi une vive émotion ; une bellu statue 'rhonime nu pioduil le même elTel ; l'Apolloik du Uelvêdèie me fait beaucoup d*itn)>ree8ioo. Quand je rencontre uu homme dont ta jeunesse et la beaulé provoquent ma passion, je suis tenté de lui plaire ; si je donnais libre cirrière à mes sentiments, je lui ferais toutes les amabilités possible*, je l'inviterais chez moi, je lui écrirais sur du papier parfumé, je lui porlereis des ileurs, je lui ferais dee radeaux, je me priverais de bien des chasee pour lui être agréable. Jem"is je ne m« laisse :elu, mais je sens très bien que je serais capable At le a vaincre le désir quej'épruuve d'agir ainsi. Je rais dos dunt je viens de parler, mais je ne paiviens pas à douiiiter l'amiiur lui-même ; est amour, heureusement, ne me possède pas d'uue manière continue ; je travaille el mes éludes mo sont d'un grand secours contre les pe <eéee seusuelles, mais souvent la sensualité l'emporte sur le Iruvail et Je suis arrêté au milieu de l'eiameu tria approfondi d'une quextion, par la représentation aoud'ins d'un homme nu dans mon imoginslion. l* supréms ssiisfaetiou de cette sensualité n's jamais été que la vue de l'homme nu, surtout de la verge de l'ho nme; je n'ai jnmais ressenti le désir de péuètrer dans l'homme ou d'être l'objet d'un homme. Regsrler les parti»» génitales d'uu homme beau et fort, telle a toujors été la volupté la plus grande pour moi. Il m'ei-t arrivé plus d'une foie d'avoir l'érection, la convulsion amoureuse et la perle de spi>rme à la seule vue du membre vint d'uu homme. Le nuit, mou imagination Iravaitlail et ametiait les mêmes résultats.

Quaat aux femmes, si belles qu'elles soient, elles n'ont jamais fiil nstlre en moi le moindre désir. J'si essayé d'en aimer une, espérant ainsi revenir h des idreenHlurelles; malgré sa beaulé, ses efTorIs, etc., je suie resté complètement froid «t l'eiection, si facile ctiei moi è la vue de l'homme, n a pas même commencé. Jsmais une femme n'a provoqué en moi la plus petite seusualité.

J'adore la toileito féminine; j'aime à voir une femme bien habillée, parce que je me dis que je voudrais être femme pour ro'babUler ainsi. A l'âge de 17 ans, je m'habillais en femme su carnaval M

j'avaii un plaisir incroyable à traîner mes jupee dans les chambres, i mettre de faux cheveux et à mo décolkler. Jusqu'à l'flge de 22 ans, j'ui eu le plus giand plaisir à habiller une poupée; j'y Irouverais encore du plaisir aujourd'hui. I^os dames s'étonnent de me voir si bien juger du plus ou moins de boa goût de leurs tollellea et de m'enleadre parler de ces chosCB, comme si j'étais femme moi-même. ■■

Les antécédents et d'autres syndromes épisodiques, en dehors de l'inversion du sens génital, rangent ce malade dans la classe des hérédil^iires. Uii second sexuel inverti que j'ai vu récemment offrait beaucoup d'analopie avec le précédent. C'était un ingénieur de 3T ans, assez intelligent, mais d'un esprit moins délicat et moins cultivé que le précédent. Une disproportion d'âge existait entre le père qui s'est marié à 51 ans et la mère qui n'avait que 18 ans; une tante maternelle était morte folle.

Dès r*ge de 5 ans. il avait une érection dès qu'il entendait foueller M* camarades et l'orgasme géuilal augmen'ait t.'il apercevait les fnus des eafatits exposées aux sévices du maître : c'ssi ainsi, à ce qn'il paraît, qu'un punissait dans son pays l'indocilité des écoliers. Deux ans après, il s'est livré à l'onanisme et le souvenir des coupe de fonet appliqués sur les fesses provoquait une supr^oie volupté. A 16 BUS, ayant l'occasion fréquente de ee trouver en compagnie de jeunes DUes, il restait froid et indifleieul ; il élait, au coutraire, souveol ému et viv>'ment excité auprès des garçons. De 11 à â6 ans, malgré lea manœuvres complai-aiile^ de quelques femmes, il a été {■capable de toute cohabilation. Par contre, la vue des nudités de l'booiine et particulièi-emeot la vue de la région fessiôre provoquait cfaei lui une grande exi'itation. Devenu, dil-il, nmoureux d'uu gai-çon de son âge, il l'a poursuivi de sesasaiiluitès et u finipsr le posséder. Us 9e livraient ensemble à des allonchements récipi-oques suivis d'inlroduclion digit.ile à l'anus ou bien de pédérastie.

K 30 ans, vivement préoccupé de son éi-élhisme contre nature et de sa frigiilité dans les relations normales, il s'est soumis, sur le eenseil d'un médecin, n un loug Irnitement par l'application des csnnints continus à la moelle. Ce trailemeut local, qji négligeait la «nisfl première, u'a modifié eu rien la perversion sexni^lle. Agé •etuellemeot de 37 ans, il vient de se marier. 11 est resté impuissant è c6lé (te 83 jeune femme et, quoiqu'il l'ait prévenue, dil-il, avant le raanage, do l'évenlualilé d'uu psieil résultai, cette situation l'inquiète, la loarroente, et le porte aux idées les plus noires.

Comme la plupart de nos malades, oelui-ci, en dehors

de l'anomalie dont il est question, a présenté d'aatres troubles nerveux. 11 est très impressionnable et il est certains bruits qui l'affectent vivement : il devient, dil-il, chair de poule et il prend la fuite en entendant frotter un crayon sur une ardoise ou contre un mur; l'approche seule du crayon près de la muraille le fait pâlir- En oulre, à plusieurs reprises, depuis une quinzaine d'années, il a éprouvé des périodes de dépression avec tendances au suicide el parfois aussi des phases d'excitation avec idées de satisfaction, mais sans alternance régulière entre ces deux états. La complexité des troubles cérébraux dénote une fois de plus combien est profondément lésé le sol sur lequel se développent ces singulières anomalies. Dans les deux sexes, les phénomènes sont les mêmes el se déroulent de la même manière. Chez les deux IHles dont parlent Weslphal el Gock, on voit rinclination pour les filles se développer de très bonne heure. Elles aiment également, dès les premières années, les jeux des garçons, elle désirent s'habiller en garçon, elle& auraient voulu être homme. Les regards de certaines lille» les impressionnent vivement; elles leur font la cour, rougissent auprès d'elles, éprouvent une vive passion, et aussi un sentiment de jalousie si l'amie choisie prête attention à une autre personne. L^s caresses provoquent chez elles une grande excitation qui s'accompagne de spasmes, de sécrétion des parties génitales. Toutes deux ont des rêves voluptueux rappelant les jeunes lilles aimées. Quand les désirs ne peuvent pas être satisfaits, quand il survient des résistances ou des obstacles, elles entrent dans de véritables accès de fureur, el toutes deux sont portées au suicide. Les hommes n'ont aucun attrait pour elles. Le niveau intellectuel était peu élevé chez les deux; elles apprenaient diflicilement à l'école, et plus tard elles étaient chargées d'emplois subalternes.

Ce qui domine dans tous ces faits, c'est l'idée obsédante de l'homme pour l'homme, de Ki femme pour la femme; le

ET PEBVEBSIQNS SEXUELLES 1B5

,nt de départ est d'origine essentiellement cérébi-ale; c'est I quel(.[ue sorte le cerveau d'une femme dans le corps d'un imme et le cerveau d'un Iiomrae dans le corps d'une ime. Mais la clinique nous ménage des anomalies encore plus étranges, puisque l'instinct sexuel peut prendre pour objectif, tantôt le tablier blanc devenu pour le patient une amante adorée, (antol, comme dans une observation de M. Blanche, les clous de la semelle d'un soulier de femme, tantôt le bonnet de nuit coifTant la léte ridée d'une vieille, ûu'il nous suffise de donner un résumé de l'observation de oe dernier malade qui, désespéré, les larmes aux yeux, m'avait fait connaître les pénibles obsessions qui le subjuguent. Il appartient à une famille d'excentriques, et le père, entre autres bizarreries, s'essuie habituellement le visage iftvec une peau de lapin.

Grâce aux antécédents héréililBireH, dèa l'Age de 5 ans, il a élé lus ie coup U'uue obsession qui ne l'a pas quitté. Il couchait b ce moment avec un parent âgé de ^0 uns, et il éprouvait de re\oitetioa génitale et de l'érection dés que son compagnon de lit mettait te Jwnnet de nuil. Vera la même époque, aiaiil vu uue vieille eervacte ■e déshabiller, il a ressenti la même excitation et l'érei^tion quand plaçait sa coiffe de nuit sur la tôte. Plus lard, l'idée seule d'une tète de vieille fomme ridée et laide, mais coilTée d'un bonnet de nuit, [irovoquait l'orgasme génital. Il o'a jamais recherché les rtpporle anormaux; il BCfirme que le^ nudités de l'homme ou de la femme le laissent absolument froid. Jusqu'à 9â ans, époque de son nurisge, il n'aurait pas eu de relulioos âexuelles; il épouse une demoiselle de â4 ans, jolie et pour laquelle il éprouvait une vive iffection. La première nuit des noces, il reste impuissant a côté de H J0una femme; le leademain. la situation élait la même lorsque, douspéré, il évoque l'image de la vieille femme ridée, couverte du Iwmiet de nuil; le résultat ne se fait pas attendre, il peut immédialemeot remplir xes devoirs conjugaux. Depuis cinq ans qu'il est harié, il eu est réduit au même expédient, il reste impuissant jusqu'au moment où le souvenir rappelle l'image favorite. 11 déplore Celte singulière ailuatiou qui le force, dit-il, à la profanation de sa femme. Il éprouve, de temps à autre, des périodes de dépression avec des idées de suicide, et presque toujours des apprébensions, àaa craintes non motivéet', telles que celles de l'effondrement du ou des maisous qu'il lougo.

Dans les faits qui précèdeni, l'idée obsédante provoque l'érélhisme génital; il n'en i?5t pas toujours ainsi, et une obsession peut aussi exercer un véritable pouvoir d'arrêt SOT l'acte sexuel.

Tel est le cas d'un élève des 13eaux-Arts, Agé de 31 aiis, dont TobservHiion morite de nous orrôier quelijuea insliiala. Comme lous les dégénérés affe léa de stigmates psychiques, il puisB dans l'hérédilè BH disposition maladive ; bb mère est très nerveuse, le père méticuleux s'alarme parfois hors de propos, redoutant pour les siens des accidente que rien ne juslilie. I.e fr6i'e aîné eet atteint d'un tic de la ftice, ei le second, bué de ii ans, est couvnlesrent aujotini'hui d'un accès de délire mëlanoollque pour lequel il a dQ passer aix mois dans une maison de santé. Quant à lui. de 11 à U ans, il se livre à l'onaniBine, il devient Irinte, très impretsionnable, recherche la solitude et éjirouve une grande fatigue ï coordouuer sas idées et k poursuivre ses éludes.

Dans cet état de souflVanco morale, il rêve une nuit qu'il est frappA de la foudi-e, il en est très préoi:cu|ié au réveil, el, a partir de ce moment, il se sent très sITrayé a l'aiipro^he d'un orage. Un soir, au moment de se mettra au lit, il déplaae shb panlouflea, o'eal, dit-Il, le premier aale innonsé que j'si commie, js ei'oyals ainsi me préserver de la foudre. Comment cette idée m'eitt-elle venueT Je n'«a aaia rien. Toutefois, quand on insisle, il raconle qu'il ■ 4lé pi-obablemaol poussé h V'iAée de ce contact par la locluro duns les Ëerlturea de miracles tels que la résurrection di^a moris, la multiplication des pains par l'apposilion dos malna du Christ. C'est dans ce mSme ordre d'idées qu'il attribuait à cerlalns mots une induecM préservatrice el pour eonjurer un malheur, il pronou^ail les mol* tombeau, linceul, bière, eto.

Bientôt lui vînt à l'esprit l'idée Je la fatalilé du nombre 13 «t, quelquefois avant de se coucher, il touahnit 13 fois sa table de nuit, ou 18 objets difTérenls épars dans sa chambre. Peu à peu il lai )eI arrive de lépéler plusieurs fols de euite ces l.t oontacis et floalemfnl il passail dee nuits entières, harassé de fatigue, À parcourir la chambra pour eatisîaire ce besoin de loucher les objets. La nombre 13, à partir de ce momeni, a'impose t sou esprit h l'4gal d'un lie et intai-vient en dehors de sa volouté. Il évita de mettre 19 mots dans une phrase el s'il an a écrit 12. aane compléter le aana, il se htle d'en ajouler au moins deux pour dépasser 18, par craitile qaa te treiiîème ne soit cause d'un malheur. Il en est de même pour la langage, il compte de manière k éviier des phrases de 13 mots. Ce travail ridicule devient fatixaut el le déiourue de lou'e oacupalion sérieuae. Le passage suivant extrait d'une note qu'il m'avait

KT PERVERSIONS SEXUELLES ■ auivrQ le iiogulier nitoBneineat t

I p«rmat à

irl à atio[(ter oerlaînoB rormuteo en gaine de Ulismaa prolec- Ne pouvnnt pnr le rBÎBonnei'ient vnincre ces ob^essiona. je mis k proBl. dit-il, le nombre IS comme engia lie combat. El, pai<> Unt eii rooi-inëme comme si le monde m'était Houmis ; Si je faia d'jci a demain un aeul aote Euperatitieux, ma dix-je un soir en moimême, que loules cBs éluitee que je vois, soient 13. Et, on mêma temps, Je m'imagloaie au-dessus de ma télé, tous les etiIreB chaugés en nombre 19, composée d'une inflailà de molécules, ayant pour eaaenoe le nombre 13. Je oa comprenais pas bien ce que pouvait vouloir dire une étoile l:i, mois j'avais une telle horreur du nombre 13 que je ne de pas d'actes absurdes jusqu'au l<-ndemain. Le procéilo a^iinl réussi, j'en uiiais lellemeot qu'il ne rëuaeil plus à la longue. J'en luvenlais un autre flembUble el je dis en moi-même : Que Dieu soit là ei Je Tiiis un seul acte superalitieiix d'ici demaini Imiigiaer Dieu 1^ n'éiait pas plus ab~urde que d'imaginer les étuilcs du eiel ayant pour essence le nombre 13. El puis, abaurde ou nou, je ae raisonnais plus, {^tte idée de Dieu m'effrayait et oela a auffl pour m ampâcher, pendant quelque tempa, de me livrer i des actea ridieulet. ■

De temps à autre l'élal du malade s'aggrave et il associe le nombre 13 à une foule d'autres mots auxquels il donna una aignlHa ealjon el une valeur parlicnliêres ; Erreur 19, Vériiâ 13, eto, SI, ■près avoir dit meutalemeat Erreur iâ, il ne prononçait pus menta* lement Vérité 19, tout ce qui l'enloure, croit-il, ne aérait qu'un monda imaginaire et il prenilraiL pour vrai ce qui est faux. Il est ainsi parfois obligé de répéler la formule Dieu 13, non plus munlttleuient, mais réellement nu fond du gosier; il ferme la bouche, contracte les muscles du pharynx <lo nisnicic à Taire passer, dil-il, de bas en haul, à travers le crâne, la forcnule Dieu ii et II lui arrive lia la répPler Jusqu'à cent fois dans un qiinrt heure. Ce qui est plus étmnge, d't-il, lian» c^tle mame, c\-st que je ne oriii» guère à l'existenue de Uieu el que je suia liés acepltquo en matières religieuse a.

Quoi qu'il en aoil, ces obsessions pèsent d'un grand poida sur BQ3 •sistence ei interviennent dans la plupart dee actes de sa vie .\n point de vue epécial qui nuus occupe, ce psychopathe m'a appris l)t)e net étal menlul lui interdit tnule approctie sexuelle. Dès qu'il ee pi-épare à entrer an convernalion inlime avea sa maîtresse, la formule Dieu 13 surgil diins son esprit el glace sa virilité. C'est la un ré-ultnt inverse, quoique le mécaiiii>me soit le même, à ce que prol'ilée de la tOte de vieille coîlT^e du c ce jeune homme, l'aggravation de oes phénoit de lempe à autre, est auiyj^ ie tlflSOilM^WWti

duit chai l'uutre he

boniiat de nuil. Cht

, inàneB qui ae produ

L da déaeapoir ut aust

d' idées de suicide.

^ Il n*y â pas lieu en ce moment dé discuter la valeur seméiologif^e de pareilles formules, de tics psychiques de ce genre, mais on ne doit pas ignorer que leur existence est la consécration de troubles intellectuels déjà profonds et, pour le dire en passant, les psychopathes qui les présentent ont cessé depuis longtemps d*être des candidats à la folie, ils en ont franchi les frontières et occupent une place incontestable dans le domaine vésanique. Aussi, l'étude appro-* ibhdie de ces faits est-elle d'une importance capitale pour la médecine légale.

Il existe enfin un quatrième groupe.

Cérébraux antérieurs ou psychiques, — Dans ce groupe, on ne connaît plus les instincts inférieurs, on devient même indifférent à Finstinct de la génération ; la moelle, le cerveau postérieur restent silencieux ; on est installé en pleine région frontale, dans le domaine de Tidéation. C'est Tamour sans désirs vénériens, en dehors de toute préoccupation charnelle. Ce sont des platoniques, des extatiques, des érorôtomanes,' en donnant à ce mot la signification précise que lui avait assignée Esquirol. Les observations de ce genre ne sont pas rares, mais il suffira de rappeler trois cas parmi ceux que j'ai eu l'occasion d'examiner.

' M'^ C...,âgée aujourd'hui de 47 ans, d*une intelligence an-dessous de Ùl moyenne, fillé d'une mère névropathe, est flanoëe à 24 ans à uii jèuAe homme qu'elle refuse. M"* C... n'avait paru nullement piréocôupéé' dé cet événement; elle avait, d'ailleurs, peu de goût pour le mariage et elle avait depuis répondu négativement à plusieurs dettiandes. • . - -

' 'A 80 ans, elle devient triste, silencieuse, recherche la solitude, se tepi^che 'd^avoir repoussé son fiancé et elle s'imagine que Léon, ë*tet lé nom de celui-ci, à été tellement affecté de ne pouvoir Tépou- Mlr; qtt'il a fini par attenter à ses jours. ' Obsédée de cette pensée, ètle 'ne tarde pas à entôûdre des voix qui lui parlent de Léon, qui lui 'reprochent sa dureté pour lui. Ma>gré les assuran(*e8 formelles Ae là famille, lui apprenant que' Léon est consolé, qu'il ne pense plus à elle, qu'il est mnrié et qu'il habite un pays éloigné, elle se réerie, prétend le contraire, gémit sur le sort de cti infortuné dentelle !n*avail ptt autrefois apprécié le bon c^jeur, mais qu'elle aime a^jour-

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d'haï de touta son âme et qri'elle a rendu, dit-elle, le pluH malheureux des hommes. Elle n'aura de repos, Bjoute-t-elle, que lorsqu'elle l'aura vu pour lui adresser des excusvs et obienir sod parJon. Nuit et jour elle pense à lui, elle l'appelle, Fatijjue les voisins d<i ses iiiterroga'ioas : • Où est Léon? • Elle leste des heures entières à la eroisée pour voir passer son tlaacé, elle descend parFois dans la rue dès trois heures du malin et attend sur le trottoir son nrrivèe. Dèa qu'elle aperçoit une voiture, elle accourl, invite le cocher A s'arrêter, ouvre la portière, examine les voyageurs et, après s'être assurée de son erreur, elle s'excuse pleine de conrusion et prie de continuer la route. Quelquefois encore, elle s'élHoce à la suite d'un promeneur, le dépasse, l« reg'U'de aitenlivement et ne revient sur ses pas qu'après s'être convaincue que ce n'est pas Léon. Ces dcmurchea lui ont velu de nombreuses mysiillcatious, mais elle n'en continue paa raoïos ses recherches. Quand les parents s'opposent à 6es extravagances, elle s'irrite, parle de suicide et se livre parfois à des aciea de violence. C'rst à la suite d'une scène dans laquelle elle avait brise les vitres de la fenâtre, d'où on l'engageait à se retirer, qu'ello est entrée s Saint-Anne.

Une fois à l'usile, le cnlme revient promptemcnl; elle sait, dit-elle, que Léon ne peut pas y venir, et, au bout de quelques jours, elle va travaillrr à la lingerie et vit tranquillement dans la contemplation de Bou fiancé. Après plusieurs sorties provisoires, d'abord de quelques heures, puis de journées entières, pendant lesquelles elle parvient à maîtriser son ardeur des recherches, elle oblii-nt son exeat. Les premières semaines se passent i-ans incidents, mais peu à peu elle re'> eommeoce son manège et ses parents sont forces de la ramènera

^|Ue, où elle est entrée neuf foie de 1S12 à ItJBl. La leaue de cette malade a toujours été très convenable; ns son désir impérieux de voii- le fiancé, il n'y a jamais eu que des sentiments platoniques; elle n'a jamais eu l'idée de relations intimes avec lui ni avec d'autres. Elle ne s'est jamais livrée à l'onanisme, et pendant les phases d'excitalion , on n'a jamais remarqué ni de gestes ni de paroles obscènes, ni de propension à la nymphomanie. Elle est restée constamment ërotomane dans un état d'exaltation amouï*use 1res chaste.

Dans la seconde obervotion, il s'agit da M. M..., tailleur, Agé de âS ana. éperdùment amoureux de M"° Vau Zaudt de rOpÉr.i-Coœique, » père da ce malade, très bizarre, a toujours cherche fortune par Itaelioa, k l'aide des procédés les plus primitifs, du métal pré«

m ABERBATlONg

oieux ponlenu dans de' viaux objets dorés quUl aehetail ohM i marchands de brie-à-bp»o. \ U suite de la perte d'un enhat hydr»céphalo de 16 mois, moi'l dons les ooDvult<ioii<', il a qultlë sa femme, l'aocuRaiit d'nvoir Iniasà mourir l'enfant feule de aoina. M. M..., laborieux, ren^é, s'élnit fait rrimarqiiei' lui-même par quelquea singalaritéa; il éleit vaniteux, avait une haute opinion de son inli-lli|renes et parlait h f.en parenln, ii r.ee amie, d'un ton de supAriorilé i^ue rien ne jiifitinail. Il s'occupait d'invenliouo, de direction de ballons, du vol àos oiseaux, enns toulefois abandonner son travail.

Dnna le courant da septembre, so femme pari pour le Midi avao la Rlle qui avait éle mnlade. Resté seul, il va poui- se dislraii-e qutU quafoÎB BU ihéfitre. A une représentation de Lakmé, h l'Opëra-Comique, 11 lui semble, plac^ au parterre, qu'il eat l'objet de l'nllenlion de H"* Vnn Z'indt; la canlatrioe porto sans eesse les regards dans sa diieotion. Trè^a ému, il rentre nhes! lui at ne dort pas; J! a garde de manf|uer lea repréBcnlaliona suivantes; Il s'installe i la mAine place et se croit remarqua pnr la jeune actrice. Celle-ci, dit-il, le re> garde en plaçant la main sur le owor, puis elle aoiiril, et, le regardant toujours, elle porte la main l't la l)ouche; de son oûlâ, il lui envoie un baiser et elln ronlinue A sourire. Elle part pour Hambourg, U l'apprend par lea journnux et explique ce départ par le désir de l'attirer auprès d'elle b Hambourg; mais il réslale, dit-il, et ne fait pas le voyage.

Elle revient et son altitude au IhëAtre ne varia pae. Elle pari pour Nice; cette fois, il n'y avait plus h douter; il se décide à la rejoindre. Dès son arrivée, il se présente cheï l'aclrice, il trouve la mère qui répand que sa illle ne reçoit personne; tout confus, il hésite, Il se trouble et se rntire balbutiant des excuses. Au bout de h'iil Jours, il revient a Paris, très attristé, evnigiiant d'avoir compromis sa bieatjmèe. Celle-ci rentre â Paria plus \t>\ que ne l'avaient snnoucA les afficha*. Ce retour pii^mnluré ne peut avoir d'autre cause que le dAair da le revoir. C'est ainsi que M. M... intarpréle tous les sotes de la cantatrice.

Il renouvelle ses visites à l'Opéra-Comique et il est de plus en plus convainou de l'amour de M'i* Van Zandl. Il voit dans un étalage dea boulevards une phalakiraphie dans laquelle l'aotrioe, dans son râle de Migaoi). est représentée en pleurs. Pourquoi pleurer'? si ce n'aat pour lui. Il l'attend à la sortie du DiéAtre, ou bien encore il va se pester à cété de sa demeure pour la voir quand elle rentrera ohei elle, pour apercevoir aussi son ombre sur les rideaux quand alla sers dans son apparlemenl.

Au mois de mai, sa femme revient à Parie, il s'pmpresee de lui raoonler ue qui se passe, son ardent amour pour M"* Van Zan II : > Jo sais que j'ui tort, dit-il, mais c'usi plus fort que moi; du l'eete, il ma sufQt de la voir. ■ Ces révélations sont suivies de brouilles et da

aoènaa de métiags; il ne se décourage pastel continue sas vieitu à t'Opéra-Comique. Il manque deux reiiréaenlBlioos et, i la troisième, apprenant pur t'affiche que M"* Van Zandt, indisposée, ne jouera pas, il »e croit lu cause de oelte indieposilion: elle ne l'a pas vu, elle na peut pas continuer. Le lendemain, il va au théâtre; elle joue plua séduiaoete, plus aîmaute que jamais, dit-il; c'eut donc visible, elle a b^ soin de moi. La pièce noie, il court à U porte de l'qolrice. Dès que la voilure arrive, il a'approchs voulaol remollre une lettre; un sergent d« ville intervient et l'arrAte. Chee le commissaire de police on trouve un revolver sur lui et il raconte, avec lontea les epparenoes de le slDoénlé, que, driaipeux de voir M"* Vsn Zandt, à la sortie du théâtre, il s'attarde ilans tes rues et a heaoin d'uoe ai'me pour se proté^r oontre dee attaques nocturnes; il repnuaao, avee indignation, le aoupgon d'une tenlaiive d'asaassinnl. 11 raconte dans les moindree déluila, loul co qui s'est passé, et connliit h la vive alTeclinn de M"° Van Zandt pour lui. Il est conduit h Sainte-Anne dès le Un- Pendant les huit mois d'ahaenoe de sa femme, aa conduite a 6té dee plua régulières; son amour pour M"° Van Zandt est Irop pur pour qu'il songe jainais i abuser dea eeulimenls si vifs <tu'(l a in»pires. Mainlenanl, a'ii désire la voir 1 1 lui parler, c'est pour s'es|iliqaer, pour dire à M"« Van Zandl qu'il l'aime toujours, maia qu'il l'enfrage à l'oublier, oer il n'est qu'un pauvre ouvrier. Il n'a JHmaiB BU d'idées ohBi'nelleri à son endioit; il avait lu, dit-il, Paul et Vlr> ginie, el cet amour ohaala et élevé avait pour lui le plua grand aherme.

I^ Ipoieième érotomane est un jeune élève dee Deauit-Arta, dont le casier héréditnire mérite de fixer quelques initiants l'attention : la bisaïeule miternelle s'est noyée pendant un oanèa de mélancolie; l'afeule roaleruelle est mélnncolique et présente des phases irrégulièrea d'exoilatinn ; la mère est oerveuae tt liés mëlioiitouee. Le père, toujours irritable, e^t vaniteux el a failli compromettra sa fortune par des acquisitioas inutiles el imprudentes. Uae sœur du malade présenle dee tics de la face. Une deuxième sceur est parfois en proie à dea scrupule-', des craintes, dee obsessione, qui constituent tout Autant de syniromes épisodiqnes de la folio héréditaire. Uès son enfance, elle craignait les voleurs et deaiiendalt plusieurs fois, même dans Is j'iurnéa, s'assurer que la parle était close. En chemin de far, elle était sans ce-se Inquièle, redoulaul un déruillenienl; en bnteau, aucontraire, elle affroniait sans nulle hésitation Ipb plus gros temps. Au oouvent, elle était conslammeni eou'ieuse, se llgurait ne pas avoir mérité les places que lui valuienl eea composiliona. Un jour, elle ae lamente et se l'eprealie de ne paa avoir tué une mouche qui pouvait Mrd «eaimeuse at iafeoler une de sea cainaïadea. Une autre fois

in ABERRATIONS

peudaot UQ voyage, elle détache par mégsrde. dans un wagOBi lU.

Loutoa ds ouBBin; elle n causé ainsi un dommsgie à la Compagnie du chemin de fer el rpdoule de communier avant d'avoir envoyé une indomnlLé. Enfin, elle n'ose uriner dans le vase de sa chambre par respect pour un crucifix et une btatuelle de la Vierge pinces à cdié du lit; elle va uhaque fois dans la pièce voisine. Elle se livre eocore à des lavages frêquenls par crainte du poison ou du contact d'objets nuisibles ii elle-mi^me ou à d'autres. Elle hésite ù dépoMr dea livres de prières sur une table qu'elle u'a pas essuyée prénlablement avec du lin)fe très propre. Dans le monde, elle se (ieot très convenablement et rien ne trahit au dehors les troubles auxquels elle est en proie.

Telle est la famille psychopalhique à laquelle appartient le malade dont nous allons nous ooi'U|>er. De très bonne heure, il se montre bizarre, superstitieux; redoute le nombre 13, n'ose entreprendre aucun voyage, aucun travail le 13, évite ce nombre en toutes cir-

11 se livre parfois à des actes étranges dont il n'a jamais voulu donner l'explication, mais dont la cause probable est une idée superstitieuse. Ainsi à table, a|irès avoir découpé la viande et avant de commencer à la manger, il dépose un petit fragment dans l'aesifllle du voisiu; il fait la même chose pour les autres aliments et s'excuse de ne pouvoir agir autrement, c'est une obsession plus forte que sa volonté. Quelquefois, il pousse subitement un cri, sans motifs appareuts, et è celui qui insista pour eu demander la raison, il répond avec indifférence, el comme pour dépister l'observateur importun : • J'avais une douleur de cété. "

Au oommeocement de IU'79, il devient soucieux, passe de longues heures la nuit a sa fenêtre; iuterrogé, il lui faut, dit-il, un idéal, il en a besoin; son idéul c'est Myrtho qui s'est retirée dans une étoile. Il contemple loua les soirs celte éluite, vient la voir avant de se coucher, lui rend hommage, brille pour elle des essences et de l'encens, il lui adresse des vers. On a parfois essayé de délourner eoa attention, de l'accompaguer dans sa chambre, de fermer les fenélres, do l'empL'cher de regarder au ciel; mais c'est peine inutile, dès qu'il est seul, il se relève et ne s'endoil qu'après avoir jeté un dernier regard vers MyrLho. Il croit, dit-il, ù la mètempsychose.

11 a des périodes d'affaissement et de tristesse, dans lesquelles il est décour-ngé, ne se trouve plus capable do travailler; il a du dégoût de In vie el ae seul poussé ou suicide ; le vide m'attire, dit-il, je voudrais me jeter par la fenêtre.

Appelé sous les drapeaux pour le volontariat, la vie régulière, les exercices physii^ues ont Fuvoi ablemi^nt modiQé l'élat mental de métne que la santé générale. De retour à Paris, au commencemenl de 1B80, M. X..., reprend ses éludes; il se montre gai, expaasif et parfois.

contrairemeDi à ses habitudes, il se livre sans mesure aux plaisirs les plus bruyants. Cette exaltation et les excès qu'elle provoque, sont suivis d^une nouvelle phase de dépression avec des préoccupations hypochondriaques, les craintes d'une maladie de la moelle, d'une spermatorrhée. Un peu plus tard se montrent quelques idées ambitieuses, il laisse pousser la chevelure et la barbe, c*eat un vœu, ditil, de ne couper les cheveux et ia bHrbe qu'après avoir fait un chefd'œuvre : « tant que ma pensée restera voilée, reste voilé mon front ! » Parti dans sa famille pendant les vacances, il s*e8t décide à faire couper ses cheveux cl il ne paraît pas avoir commis d^actes trop extravagants.

Cette étude d'ensemble nous a fait connaître une des formes les plus intéressantes sous lesquelles peut se manifester la folie héréditaire. Chez la plupart des sujets dont nous avons eu à nous occuper, avec les anomalies sexuelles, nous avons observé d'autres syndromes épisodiques : des obsessions, des impulsions et des délires variés à début rapide et à évolution irrégulière. Ces délires se distinguent nettement du délire chronique à marche méthodique, régulière, progressive, aboutissant à une systématisation de plus en plus étroite et à la démence.

Les troubles intellectuels de ces dégénérés exercent une action tellement obsédante, qu'ils annihilent la volonté et déterminent des actes que celle-ci est impuissante à réprimer. C'est là au point de vue médico-légal, une des conditions les plus importantes à relever. C'est d'autant plus nécessaire, que malgré leurs apparences raisonnables, ces malades, à la merci de leurs élans impulsifs, ne sauraient être considérés comme tesponsables. Ce ne sont donc pas de simples originaux, mais bien des psychopathes, de vrais aliénés qui, sous tous les rapports, réclament l'assistance et l'attention du médecin.

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