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INVERSION DU SENS GÉNITAL ET AUTRES PERVERSIONS SEXUELLES

La perversion du sens génital 8*associe k de nombreuses formes mentales, et depuis les naïves obscénités du vieillard en démence jusqu*aux hideuses profanations de cadavres de certains vésaniques impulsifs, il existe une longue série de faits qui, loin de constituer une forme mentale définie, ne sont que des symptômes de diverses maladies, dénotant chez ^indi^^du raffaiblissement ou la perversion des facultés morales ou affectives.

Mais il ne s'agit pas ici de ces perversions du sens génital qui souvent prennent leur source dans des troubles de la sensibilité générale, mais bien d'un ordre dMdées déterminé, dans lequel le fait étrange dans notre civilisation est l'appétit génital pour le même sexe à l'exclusion de Tautre.

Sans doute, dans l'antiquité, not^ trouvons les traces de ces amours contre nature, et bien c^îs exemples d*amitié légués par le paganisme, ont pour fondement de honteuses promiscuités. Mais ce ne sont là, probablement, que les dégradantes conséquences du relâchement des mœurs dans une société profondément viciée.

Des faits de ce genre à caractères absolument maladifs

(1) En collaboration avec M. Charcot (Arch. de Neurologie^ ii*7etl?, 1882.)

&BteniBi£^ onâire^ls carukèB^spniiq^^

lire, «".ar et 1»

ît ; J« rîBulaî «I j>prMiirai, à edié ém phiiir de ri— fiaili— q[«î s^arrlteil sv «• MléiU W §immr phpifae d'«a ckalaaillaMmt très fort. i« ooahswii à «m douMT ce plaisîr, toujours •■ ezoUat mms iBMifiitioa fs»' le eo«« ▼evr d'heiiei evs. Mes psrests qsillèffwl a., pour s'élsyir à D...; li« je ris que des soUeU S'Isieol se baigner dess wm pelîle mièrs t^ês ptOorss^pie; ils se bsigasient cesiplè<e»eet wn; j^ÙMhgiasi, pour pooiroir me salisfûre, d'aller «l'as^isotr ao bord de la rîTière et de deasiser le paisage^ de œtle aasi^re^ je Toyaia les seldais, sass aToir l'air de les regarder. Vers Vàgt de <|aiuse aBs« la puberté arrÎTa ; om maslarba^âoo ne donna d^autaat plus de saliS'' faetion; d^ailleura, je proToqsais réredios el ses suites aviaal par riniagîaatioa qoe par le mouTeiiieot ; il ni*esl arrivé plus d^uas fois d'avoir rérecti<»o, la cootuIsioo arnooreuse el la perte de «pense è la seole vue da membre viril d*an homme. 1^ noit, moa îmagiaation travaillait et amenait les mêmes résaltats. Je eeaaai absolument la masiarbatioo à Tâge de viugt ans ; mais je ne suis jamais parranu, malgré tous mes efforts, à arrêter les excitations de mon imagina* tion ; les bommes jenoes, beaux et forts provoquent to«\jottra obei moi une vive émotion; une belle statue d*homme nu produit le mémo

effet; rApoUon du Belvédère me fait beaueoap d'impression. Quand je rencontre un homme dont la jeunesse et la beauté provoquent ma passion, je suis tenté de lui plaire; si je donnais libre carrière à mes sentiments, je lui ferais toutes les amabilités possibles, je l'inTiterait chas moi, je lui écrirais sur du pai»ier parfumé, je lui porterais des fleurs, je lui ferais des cadeaux, je me priverais de bien des eho^es pour lui être agréable. Jamais, je ne me laisse aller à tout cela, mais je sens très bien que je serais capable de le faire; je dois vaincre le désir que j'éprouve d*agir ainsi. Je sais dominer les envies dont je viens de parler, mais je ne parviens pas à dominer Tamour lui-même ; cet amour heureusement ne me possède pas ti'une manière continue; je ira vaille et mes études me sont d'un grand secours oontre les pensées sensuelles, mais souvent la sensualité remporte sur le travail et je suis arrêté au milieu de Texamen très approfondi d'une question, par la représentation soudaine d'un homme nu dans mon imagination. J'ai toujours lutté tant que j'ai pu contre cette sensualité; je suis parvenu à empêcher beaucoup d'actes auxquels je me sentais poussé, mais je n'ai jamais pu éteindre la sensualité même. La suprême satisfaction de cette sensualité n'a jamais été que la vue de l'homme nu, surtout de la verge de l'homme; je n'ai jamais ressenti le désir de pénétrer dans l'homme ou d*être l'objet d'un homme. Regarder les parties génitales d'an homme beau ot fort, tel a toujours été la volupté ht plus grande pour moi.

Quant aux femmes, si belles qu'elles soient, elles n'ont jamais fait naître en moi le moindre désir. J'ai essayé d*en aimer une, espérant aiusi revenir h des idées naturelles; malgré sa beauté, ses efforfs, etc., je suis resté complètement froid et Térection, si facile chez moi à la vue de rhomme, n'a pas même commencé. Jamais une femme n'a provoqué ea moi la plus petite sensualité.

J'adore la toilette fémmine; j*aime à voir une femme bien habillée, parce que je me dis que je voudrais être femme pour m'habiller ainsi. A Tâge de dix-sept ans, Je m'habillais en femme au carnaval et j'avais un plaisir incroyable à traîner mes jupes dans les chambres, a mettre de faux cheveux et à me décolleter. Jusqu'à l'âge de vingtdeux ans, j'ai eu le plus grand plaisir à habiller une poupée; j*y trouverais encore du plaisir aujourd'hui.

Les dames s'étonnent de me voir si bien juger du plus ou moins de bon goût de leurs toilettes et de m*entendre parler de ces choses, comme si j'étais femme moi-même.

L'amour que je ressens pour un homme passe vile; dès qu'un autre homme, plus joli à mes yeux, se présente, la pensée du premier disparait.

Les pertes nocturnes semblent ne plus être aussi fréquentes qu'il y a quelques mois; actuellement, il y a bien trois semaines que je

DU SENS GËNITAL

», jo ««niinua • avoir ma« r^rt»

> ntir (rie» ils plus) Jes bommos ou*. • Mt décriU par )e palieot qui en a (ileiM Oomcmm* )•• s 4l fahiWBioo donL il no peut anfTiHudiir.

C« Bubde, qnel Mt-il?

A« p*iBt lia vas physique, cet hommu, ■)gl^ il« Iroiild «I uu aiM, Mt Wnt, grud, bien charpenlé, il a le crâne i^guliôrainviil m>ufotww<, tmU vif, le viaage énergique el inlelligciil, malgi-d un l^tiar progii*»- UilsiBe d« la mldioire inférieure el un ilévuloppemeut «ant^a ooMatdéraMe des oreilles. Il porte une moustMolio épaiaaK, l)l»ii pUnlte q«i ne maDioe pas Je lui donner une cortaino alliii-« ntarllulu. Il m lieal droit, la marche esl ferniR, m£ino un pou rniile et n'n lieu <le Tallvre féminine; il esl d'uilleurs Bexnellotneiit tri'* liicn oonfurnia; le imbis est toomi de poils, les lusliuulea ol la vi>i'|te oITrenl un» cootormatioD régulière, sans In moindre anomalie; Il n'y pna Ireoa dliypospadiae.

Sous le rapport de l'ioleMigonee, c'est un ea|irlt bien <nilllv4, instruit, Ués érudit; il a loujcurs Iravaillâ, a'oat loiiu oonNtamiiient an premier rang, el après de fortes étudcB cliiaaiqueH a i<on<iula rnpU dément les grades universitaires qui l'otil tiondiiil A trente ans au professorat dans une fiicultë. Admirateur doa cKitvrca il'nrt, mlounA à la musiciue, il préfôre porlirulloremont Qinpin, (>nun»r), Ddiliua, MajiBOiiel, trouvant chez ces autours lu nolo ncn II mon In la qui lut convient.

Ij» poésie de Victor Hugo, les dHscriplion» do In nature de (Icnrge Saod, ont pour lui les plnsgrauda chnrmos.

tl est bienveillant, un peu com[ilimiiatour, d'un commToo fnpilo et s'ealime heureux quand il peut rendre servlRo h aoa nmia ou faire du bien eux drahéritéa de ta fortune.

Si bous reprenons l'histoire pathologique non» vorroii» bien dnt ombres sur ce fond en nppnrence si parfRÎIemrnt uni. Tout d'nliord, les antécédents héréditaires montrent une ^rnndo dlaprnprirlion mire l'Sge du père m»rié h quarunid-nouf an» cl do In nuire qui n'avait que d.x-huil ana. Il uat vrai que ilu cOtA paternel loi onoira M les tunlea et le père lui-menio altuigneal un Age avancé, aona qu'aucun accident nerveux ait alliri: l'a tien lion ; quant aux aaoendants maternels, on trouve chez le grand'pâre un défaut d'<^'|iillil)re dus le conduite, dans le genre de vie, qui, HnnK conatrlnur lu folie proprement dite, dénote les diepotiitions mBlndivoe que l'on rcneootr» chez les individus prédiapoaéa aux iitToiitions menlalee. Quoique notaire dans une (iciite ville, il menait une vie un peu Dgilée, il était en relation avec les ccléliriti^'H arliiliqnca do son tcmp*. Im recevait chez lui, entre untrea la Malibran. dont il était l'ami; il B^gligcail sa charge et flnulemunt il avait été obligé de l'ebaudonner. La mère du grand-pèra s'élnil fait remarquer pur «on exeeolrlcit4:

très aimable pour les étrangers, elle était dans sonintërieurméchante et acariâtre. Lia mère, de mœurs pures, associant à une religiosité exagérée un goût prononcé pour la toilette, recherchait les choses voyantes, les grandes démonstrations et particulièrement les céré* monies à grand fracas.

Dans son enfance, il a eu la scarlatine, la coqueluche qui ont guéri sans complication. De cinq à huit ans, le malado a présenté une propension au vol des mieux accusée ; il prenait sans aucun remords, à ses camarades, à ses maîtres, des plumes, des crayons, différents objets, qu*il emportait chez lui, mais sans les collectionner; un jour, il dérobe dans le bureau de son maître d'étude, un encrier contenant de l'encre rouge, et au moment où il franchissait le seuil de la salle de travail, Teucrier tombe de la pociie, se brise, répandant le liquide révélateur de son larcin ; vivement ému de sa mésaventure, à partir de ce moment il a cessé de voler.

Les dispositions nerveuses de notre malade ne se sont pas seulement traduites par des troubles psychiques, des aberrations morales il a offert aussi, de très bonne heure, des accidents convulsifs qui, par leurs prodromes, par leur marche et aussi la bénignité des phénomènes consécutifs ne s'opposant pas à la reprise immédiate du travail, se rattachent à Thystérie plutôt qu*à Tépilepsie.

Les crises remontent à Tâge de quinze ans ; d'abord très rares, elles sont devenues plus fréquentes en 1869 et 1870. Elles sont précédées par une excitation cérébrale qui, empêchant le malade de fixer une idée et de s'y arrêter, lui fait dire autre chose que ce qu'il voulait dire. Il lui semble que la pensée qu^il veut émettre est déjà remplacée par une autre avant qu'il ait eu le temps de l'exprimer: en d'autres termes, les idées se précipitent avec une telle rapidité qu'il lui est impossible de s'y arrêter. Il a, du reste, conscience de cet état.

Les phénomènes intellectuels sont accompagnés d'un battement continu des paupières. Ces troubles se montrent dès le réveil, soit pendant la nuit, soit dès le matin, entre sept et huit heures. Prévenu par ces prodromes, le malade reste au lit, ou bien s'il s^était levé, s^empresse de se recoucher pour éviter d'être surpris par l'attaque hors de chez lui.

Ces phénomènes précurseurs durent plus ou moins longtemps; exceptionnellement même, tout s'arrête là el un sommeil profond vient enrayer l'accès. Quand l'attaque arrive, c'est le fait le plus habituel, elle se produit toujours dans la matinée, mais à des heures différentes. Un jour par exception la crise eut lieu l'après-midi à la suite d'une émotion.

D'après le dire d'une parente qui demeure auprès du malade, au moment de l'attaque, celui-ci pousse un cri, perd connaissance, se raidit; présente ensuite des secousses dans les membres, les yeux

M oanTUlsaiit, les mflchoires s'eatre-choquent et li l'on ne metUil DO linge mouillé eotre les dénis, les lèvres el la langue Rornient mordiies presque chaque fois, ce qui nrrive, du reiilo, malgré liia I précaulioDS prises; de l'écume se montre aux lèvres et la f«co rtnonde de sueur. Après l'attaque survient un summeil profond. Vue seconde attaque se produit trois heures environ après la pre- , puis une troisième Iroie heures environ après la aeeunde, utquefors enfin une quatrième. Ces quatre attaques se répartitaont ) jour et demi; le lendemain du jour ou le mnl a commencé, nidi. le (rouble de l'IntcUij^enee el le battement îles paupières Msent. Une grande fatigue suit la crise, l'appfïlit reate hon, il y a ktme une sensation de faim. l'eadant deux ou trois joum les urine* I rougefllres et épaisses. Il reste un peu de tristesse motivèo ' nrtout par le chagrin que parait chaque fois témoigner l'entourage, do retour de ces accidents; d'ailleurs l'intelligence est libre et poul être appliquée tout aussitilt k une occupation sérieuse comme si rien n'était advenu. I^ début de ces accidents remonte 1 1H66: jamais, avant cette époque, on n'avait remarqué de phénomènes «tonvnUira. Oaos les premières années, les intervalles furent forts longs, ils étaient de plus d'une année; en 1869 et 1S70, les accès devinrent plus fréquents. Depuis 1870, les crises sont espacées de trois mois, de deux mois, et par exception de trois semstnes seulement.

Une dtspositîoa d'esprit qui s'exagère parfois après les attaques, c'est le désir de compter el de recoiiipl«r plusieurs fois de snite les Dears, les lignes, les clous, les csrrés, Iss petits di^tails, en un mot, d'nne tapisserie, d'un ècrso,d'un plsfond.d'une décoration quelconque. Les convulsions ne semblent pas exercer d'influence sur les troubles intellectuels, après lesquels d'ailleurs, elles se sont développées et qu'elles n'ont pas modifiés, malgré leur fréquence pins grande depuis quelques années.

D'après la note précède rri ment citée, rédigée en juin dernier par le malade, celui-ci paraissait absoloment esclave de se« appélils anormaux; cette disposition morale s'est sensiblement modifiée d^uis cette époque. DéjA au mois d'août, il racontait qu'il a'était aperça que la vue d'une femmo ne le laissail pas indifférent; en ssptembrs sur nos ^^ooseils il s'était efforcé de snbf Lituer dans ses souvenirs, la femme à l'image obsédante de l'homme nn. Il l'avait tenté i plusieurs reprises, mais il était tenu i de grsnds efforts de volonté pour que son imagination ne le porUI paa vers aon objet de prédileclion. Eafin, au commeoeemeni de septembre, ajant remarqoé moins de résistance de aoo esprit, h a'arrfiter â l'idée de la famine (t ayant même éprouvé une cerisine satisfaction â la regarder, il a fait une tentative dont i) est sorti victorieux. C'est sans eff<rrl qu'il a po avoir, a plusieurs reprises, des relatioDs avec une femme. épronvaDl d'ailleurs les svaaations voloploeoses babitocllvs. L'effet moral

, epronvael y

moral a étf |

Idd ' INVERSION

excellent; il à eu du repos quelques joafs^ mais ei>Ugé de qpiitter Paris et réduit à lutter per la raison seule contre «es' obMssioiis, il iBent, dit-il, parfois ses idéesdevenir aotinaturelles*'

En dehors de iliygièno physique et morale é laquelle le malade a été soumis, nous avons eu recours aux pratiqués, faydrothërapiques, aSuSions froides et douches, et au lyromure de potasaitim qui a diminué Tintensité et la durée des crises, mais non Im fréquence.

Si, dans l'observation qui précède, ne tenatit compte qne des faits relatifs à l'inversion du sens génital; nous négligeons les autres phénomènes neuro-psychopàthiques, nous nous trouvons en face de ce que. certains auteurs appellent une monomanie instinctive; mais ce n'est point là une entité morbide, ce n*est qu'un épisode d'une maladie plus profonde. C'est un syndrome, une des nombreuses manifestations qu'offrent les dégénérés. Les dégénérés, dès renfance, portent la marque d'une tare cérébrale qui, chez quelques-uns, peut simplement se traduire par un défaut d'équilibration intellectuelle compatible d'ailleurS) comme chez notre malade, avec l'existence de facultés brillantes.

En résumant Tobservation nous trouvons, dès le premier âge, la voluptueuse curiosité pour les nudités masculines, la recherche des occupations féminines, le désir de ressembler à la femme, de plaire à Thomme, l'idée obsédante de l'homme nu s imposant plus tard au milieu des études les plus sérieuses; l'onanisme et l'exaltation de l'imagination amenant à la fois un lel état de faiblesse et d'éréthisme génital que Téreclion et l'éjaculation se produisent à la vue des organes virils de l'homme, à la vue d'une statue, à la seule idée du pénis de l'homme. Par contre, indifférence absolue pour la femme dont les attouchements, les provocations de toulç nature ne peuvent venir à bout d'une invincible frigidité. Tout cela avec une entière conscience de l'état maladif. Telle est cette anomalie sexuelle bien singulière, sans doute, mais dont la bizarrerie peut encore être dépassée dans certains cas, puisque l'instinct sexuel prend pour objectif tantôt le

tablier blanc, devenu ainsi pour le patient une amante ado-

tée, tantôt les clous de la semelle d'un soulier de femme,

LiBQtôl le bonnet de nuit coiffant un homme ou la tète ridée

f d'une vieille femme; le bonnet de nuil, nous le verrons,

acquiert des drails tellement souverains que toute approche

iOQJugale est interdite au malheureux mari, s'il n'évoque

l-ftans son esprit cette grotesque image. Toutes ces obsessions,

vdont la clinique fournit des exemples si variés, ne sont, après

1 tout, que des modalités symptoraàtiqiies d'un môme fonds

f pathologique, et nous devons le répéler; ce serait une élrange

I erreur d'en faire des étals morbides dislinols.

■ Dureste, chez.qublques maniaques, ou peut parfois 6bser-

I "ver passagèrement des phéiiomênes analogues, ot nous avons,

|*n ce.moment, sous les yeux une femme âgée de' Irenle-

r trois ans, qui, à plusieurs reprises et pendant des jouniées

Icottêres, voulait faire, disait-elle, comme l'homme; cherchait

f ,à retrousser la robe dés surveillantes, les suppliant de coha-

Cbitér avec elle; se montrant, d'autre part, indifîéccnte à

|l!égard des liommes venus à côté d'elle. Westphal et KralTt-

|£bing ont déjà cité, des' cas de m«nie et de mélancolie où

I cette perversiun derinstrnct sexuel survenait passagèrement.

i les antécédents héréditaire^ ne révèlent pas de folie pro-

I crament dile chez, les ascendants, il n'en reste pas moins des

lcN>ortition3 fâcheuses; l'âge disproportionné du père et de la

lêre. les bizarreries et lés exliavagances du grand-père

Riaternoi, l'émotivilé et les goûts singuliers de la mèie, se

Iraduîsant de bonne heure, chez le patient, par des impul-

uoDs au vol, et plus tard sans compter l'inversion de l'ins-

klinct sexuel, par certaines dispositions d'esprit maladives,

ipai* le désir de compter et de recompter plusieurs fois de

B'Aiile les fleurs, les lignes, les clous, i les icarrés, les petits

|âétalls, en un mot, d'une tapissei'ie, d'un écran, d'un pla-

libad, d'une décoration quelconque. En outre, dés l'âge de

I (jiiinze ans, les tendances névropathiques s'affirment par dés

s convulsives qui semblent tenir de l'hystérie, quoique

très favorablement amendées par le bromure de potassium. On le voil, la perversion instinctive qui nous occupe n'est qu'une manîfeslalion saillante d'un état psychopathique beaucoup plus profond.

Pour compléter les renseignements sur cette intéressante observation, nous ajouterons que, depuis un an, une amélioration très sensible s'est produite ; les attaques, dont le retour se faisait rarement attendre un mois, ont laissé entre elles un long espace de six mois, du 22 janvier au 22 juillet 1882, et, depuis cette dernière date, il n'y a pas eu de nouvelle crise.

Une amélioration non moins remarquable a été obtenue pour les symptômes intellectuels. Après de nombreux efforts, M. X... est parvenu, non seulement à substituer, par moments, l'image de la femme à celle de l'homme, mais ses nuits ont été traversées par des rêves voluptueux, ayant la femme pour objet, et, à plusieurs reprises, il a pu tenter avec succès des approches sexuelles. L'obsession, elle-même, est devenue plus rare, et M. X... en est arrivé aujourd'hui à former des projets de mariage. Le traitement hydrothérapique a été continué et, à la médication polybromurée, nous avons depuis six mois ajouté le lactate de zinc.

Dans les écrits de Casper (1), nous voyons signalée cette anomalie de l'instinct sexuel, sans que l'auteur lui attribue l'importance qu'elle mérite; toutefois, il fait remarquer que cette disposition est innée. Ce fait, sur lequel Griesinger (2) avait aussi attiré l'attention, est capital, car une disposition native qui encbaine la volonté, poussant l'individu à des actes qu'il est impuissant à réprimer, doit nécessairement entraîner l'irresponsabilité. Cette donnée est d'autant plus importante à vulgariser, que les magistrats, les médecins légistes qui ont eu à s'occuper d'attentats aux mœurs, et

(1). Casfbr, Ueber Naihsucht und paedoraatie ICatper'» VierUliakifcAr., 1, 185£.)

(2) Ueber oinen wenJg bckannlan p»jcbopathischen zuiUDd (Arc/i. /Ûr. p»I/ch., L, p. 611, Berlin, 1868).

SOUS les yeux desquels ont passé des individus essentiellement vicieux, ont paru jusqu'ici peu disposés à attribuer ix la maladie la part qui lui en revient. Ainsi, Tardieu, consacrant plus de cent pages aux affaires de pédérastie et de sodomie, effleure à peine la question de folie, et, à la fin de son travail, après avoir montré le peu de valeur des excuses émanant des pédérastes : « Il y aurait, dit-il, une attention plus sérieuse à donner à Tétat mental de certains individus convaincus de pédérastie, et chez lesquels la perversion morale pourrait atteindre jusqu'à la folie. J'ai dit que TafTaiblissemeni des fonctions intellectuelles et des facultés affectives pouvait être le dernier terme des habitudes honteuses des pédérastes. Mais il ne faut pas confondre cet état, en quelque sorte secondaire, avec les excès de la débauche et les entraînements de la dépravation. Quoique incompréhensibles, quelque contraires à la nature et à la raison que puissent paraître les actes de pédérastie, ils ne sauraient échapper ni à la responsabilité de la conscience, ni à la juste sévérité des lois, ni surtout au mépris des honnêtes gens (1). »

On le voit, pour Tardieu la pédérastie tient du vice; c'est avec une certaine hésitation que cet auteur distingué laisse une porte entre- baillée à la folie. Et cependant, sans sortir de la question qui nous occupe, nos dégénérés avec inversion de l'instinct sexuel, en dehors des attouchements et de l'onanisme réciproque, en arrivent parfois à la pédérastie.

L'étude de ces faits ne saurait donc être négligée, puisque en dehors de l'intérêt clinique il s'agit d'éclairer la justice et de défendre des irresponsables. Aussi, est-ce avec la plus grande attention que devrait être examiné l'état mental des inculpés, dès qu'apparaîtrait quelque chose d'insolite dans les procès de ce genre. Cet examen doit être fait avec d'autant plus de soin que les aliénés, poussés à de tels actes, sont habituellement des fous lucides, des individus mal

(!) Tardiru, {Etude médico-légale sur les attentats aux mœurs, p 259, Paris, 1S73.)

équilibrés chez lesquels les appélits et les instincts, dominanl la volonté, poussent irrésistiblement à la satisraction des besoins maladifs.

Casper (1), dans lo procès du comte Cayus, n'avait pas, ainsi que le fait remarquer Weslphal, apprécié exactement l'état mental du héros de cette affaire qui, d'après l'observation même et les détails du procès, était un faible d'esprit, un dégénéré. Mais il n'est pas toujours facile de se rendre compte de l'état mental, à en juger par le fameux Karl Heinrich Ulrichs, qui avait écrit tout d'abord sous le pseudonyme de Numa Numantius ; on sait, en effet, qu'il a été longtemps Bubstitul, qu'il était très érudit, qu'il n'offrait aucune apparence de désordre intellectuel. En dehors, en effet, de sa perversion instinctive, qui, pour lui, était physiologique et non maladive, l'àme d'une femme se trouvant, disait-il, enveloppée dans le corps d'un homme, rien dans ses relations ordinaires ne trahissait son trouble mental (2).

Pour notre malade également, dont on ne saurait contester l'état névro-psychopathiquo, est-ce qu'il ne passe pas aui yeux de tous pour un homme parfaitement sain d'esprit ? L'oa serait certainement malvenu de dire à ses auditeurs que le professeur distingué dont ils admirent chaque jour l'éloquence, la logique, le jugement, n'est autre qu'un malade dont le cerveau est torturé par les idées les plus étranges ; qui, d'un instant à l'autre, malgré lui, malgré tous ses efforts, peut être poussé à la plus honteuse promiscuité. Aujourd'hui, il est amélioré, il est plus maître de lui ; mais ne peut-il pas encore survenir une aggravation sans que rien au dehors vienne trahir ce trouble intérieur?

Westphal, dans son excellent Mémoire sur cette perver-

(t) Caspbr, Haadbuch der gerichU, madic. llcrlin ItibS {Biolog. TImii,

(£| Karl Hbinricii L

miàre en 1864, !ni;iuia, matrLe-Vindicta al An Incubas, 1869,

.mena a publié un« luua le psDuilotiynio tpei, \mh; Gladiu

strie de lirothui'es, lu predo Numa Numantius; For- \ Jureiia et Meinmon, IM68;

rsion instinctive, qu'il désigne du nom de sens sexuel con- ■ traire ou contre nature {coiilmre sexualempHnilum), met en relief les principaux caraclôres de cette disposition maladive (1). Profitant des documents fournis par Caspei', Tardieu et Ulrichs, il rapproche les récits, les écrits et les actes hommes affectés d'inversion de l'instinct sexuel, des ^observations qu'il a faites auprès d'une fille de trente-cinq Lans, dont il donne l'histoire détaillée. Dans les deux sexes, i phénomènes sont identiques et se déroulent de la même ^naniâre.

Des cas assez nombreux ont déjà été publiés chez I l'homme (2), les observations relatives à la femme sont rares I peul-étre ii cause de la facilité plus grande avec laquelle I eelles-ci parviennent à cacher ce trouble instinctif. Toutefois, t nous avons deux observations, celle de Weslphal et un caa Ide Gock chez une jeune fille de vingt-huit ans, qui suffisent là donner une idée de cette perversion sexuelle chez la I femme (3).

.) Westfhai., Die conirfire scxuatempflndung (Arc/i. /. pâgch., II, j. 73 à J08, 1870.) — Zur conlraron sexualempAndung [Arch. /. piych., A VI, p. 680 à 621, 1876.) — Obsei-vaiion d'un jeune homme de vingt- |a«(r« ans dont 1& pervoraion sexuelle s'est montrée à liuil ans.

1) SiTHMiNKR, KIn Fall von contrarerse\UBlËntpllndunt;(.4''a/i. f.ptych., i m, p. !25 à 126, 1872) t SCKOi.Tt. Bekentoiase eiasa an pervoracr goscbleclaricblung leldenden UVieHelJMch. J. germed., Bd XIX, p. 321 à 32ï, 1873.)

Skkvaes, Zur kcnntnias von dcr contr&rcr sexualempllnduug [Arch. /,

pfyeh. , Bd, VI, p. 484 à 495, 1876.) — Obsorvation d'un homme de trenle-

''' aq ans et l'obscrvatiun puu cunuluante d'une llUe de aoixa sqs ([ui, ayant

I trois accès manisiques Euivia de slupe-ur. ne conservait aucun sou-

•«eiiir de la période d'excitation.

tRANu DU S\ui.E, (Afin.. mMieo-psyohol., 5' Bèrie, t. XV, . 146, 1876.) Jeune homme de vingt aBS, surpris un jour dans un uri-

vicillard. exhibant toutes leur parties gOailales. Stahk, Liebor contr&ro sexualempflndung {Atlg. itucli. f. ptycli,, Dit. ;txai. p. !09 â 206, 1877.) OMASBIA Anmoio, SuU' invcrsione dell' instinto sesaualc IRio. Sperim., 7 à 5.S7, 1878.)

- Juuua Khuro, Purverted sexual instincts (Brnin, p. 368 ft 376, octobre 1881. — Deux ijthsurvntionB, l'une d'un homme avec des détails intérca- I^Minta, l'ftulre trfca incomplète d'une fomrao de chambre ne vingt-cinq

I (3) Gock, Beitrag zur Kennlniss dor coatrUre s y.:p*iich., Bd. V, p. 5M * S74. 1875.)

xuabnipflndung (fArch.

Dans les deux cas, nous voyons se développer de très bonne heure l'indination pour les filles : à huit ans chez la malade deWeslphal, â doune ans chez l'autre. M. X..., rappelons-le, avail eu, à six ans déjà, une voluptueuse satUraction à conlemplep rhorame nu. Pour la plupart des malades, c'est une sorte de révélation dès l'enfance ; ils se surprennent H avoir des sentiments qu'ils ne comprennent pas : l'homme est porté vers l'homme, la femme vers la femme, avant même qu'ils aient pu subir l'influence d'une éducation vicieuse. C'est là, comme dit Ulrichs, l'énigme de l'amour de l'homme pour l'homme ; ce sont des sentiments pervers innés. Les deux filles aimaient également, dès leurs premières années, les jeux des garçons ; elles désiraient s'habiller en garçon, elles auraient voulu être homme. Les regards de certaines filles les impressionnaient vivement ; elles leur faisaient la cour, rougissaient auprès d'elles, éprouvaient une vive passion, et aussi un sentiment de jalousie si t'amie choisie prêtait attention à une autre personne. Les caresses provoquaient chez elles une grande excitation qui s'accompagnait do spasmes, de sécrétion des parties génitales. Toutes deux avaient des rêves voluptueux rappelant les jeunes filles aimées.

Quand les désirs ne pouvaient pas être satisfaits, quand il survenait des résistances ou des obstacles, elles entraient dans de véritables accès de fureur, et toutes deux étaient portées au suicide. Les hommes n'avaient aucun attrait pour elles ; l'une d'elles a refusé plusieurs mariages ; l'hymen existait chez l'une d'elles, et probablement les deux n'avaient jamais eu de relations sexuelles. Dans les deux cas, le sou venir de la jeune fille aimée poussait à l'onanisme. Le niveau intellectuel était peu élevé chez les deux ; elles apprenaient, difficilement à l'école, et plus tard elles étaient chargées, d'emplois subalternes. L'une d'elles avail un bec-de-lièvre. Chez l'une, existaient des périodes d'excitation et de dépression; chez l'autre, des accès mélancoliques. Ici encore, l'in-

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version de l'instinct sexuel est un syndrome enté sur un état psychopathique plus étendu.

Kraffi-Ebing, dans une étude fort intéressante sur certaines perversions de Tinstinct sexuel et sur les actes dont elles s'accompagnent, passe en revue une série de faits impulsifs qui, pour se présenter sous des aspects différents, n'en ont pas moins les mêmes canrctères fondamentaux (1).

L'auteur arrive ensuite au sens sexuel contraire, dont il fournit quelques observations et qu'il regarde comme un symptôme lié à un degré plus ou moins élevé de dégénérescence. Ayant, du reste, relevé les faits observés jusqu'à lui, il note que, treize fois sur dix-sept cas, se montraient des troubles névro ou psychopalhiques ; c'est, on le voit, l'idée générale qui ressort de toutes ces recherches (2).

A notre tour, pour compléter cette étude clinique et pour bien montrer que la forme des obsessions ou des impulsions ne modifie pas le fond même de la maladie, nous allons présenter quelques observations de perversions sexuelles différentes de l'inversion du sens génital. Ces faits mettront en saillie des phénomènes tellement tranchés, qu'on pourrait croire à des formes particulières de maladies mentales, tandis qu'ils constituent simplement quelques-unes des variétés séméiologiques sous lesquelles peuvent se présenter les dégénérés.

Obsxrtation II. — Mère hystérique; migraine chei Je frère. Habitudes dt onanisme, A dix ans impulsions à laisser tomber les otgets des mains; plus tard^ il est poussé à regarder les fesses des femmes f des petites ûUes et aussi Pan us d'un garçon babil lé , le garçon nu le laisse indifférent. Les tableaux représentant des femmes nues et des statues F excitent, — Tendances mélancoliques, — Idées de suicides,

M. X..., médecin, Agé de trente-trois ans, en proie à une profonde

(1) Krappt-Ebing, Ueber gestisse Anomaliendesgcschlechtstriebs und die Klinisch-forensische Verwerthung derselben als eines wahrscheinb'ch fÙDctionellen degenerationizeichens des centralen nervensystems (ArcA. /. p$ych.^ Vil, 1877 : Contr&re sexualempfinduQg, p. 305.)

(2) Voir aussi : De» aberration» du sens génésique^ par P. Morbau, Paris, 18S0. — Particulièrement le chapitre sur rÉrotomanie, où se trouvent signalés quelques cas d*attrait vénérien pour des statues, p. 182.)

Iristasse, vient, bu mois d'octobre 1881, demander eonseil b l'oii it nous pour les phéuomènos ëtraDges qu'il éprouve. Sa mère atleinU d'hyslérie, présente des attaques et Jhs périodes de vive excitation intellecluelle: sou père, mort à soixante -quatorze ans, ëlait asthmatique; un de ses frères était migraioeux; quant à lui, dès l'âge da dix aoa, it s clé l'objet d'obsessions auxquelles il avait beaucoup àt peine à résister: c'est ainsi que tenant uu objet k la main, uaa assielle par exemple, il se sentait poussé à la laisser tomber à terre. Pendant deux ans, il a àù l'ésister à celle disposition maladive qai, d'ailleurs, a Uni par disparaître. Il s'est de (oui temps adonné à l'onanisme; il a fait des études më'lioaloa avec beauuoup de peina, non point qu'il Tût dénué d'iiitiilligeiioe, mais parce que le ti-avail le fatiguait promploment. Depuis huit ans surtout, il avait beaucoup de difllculte à suivre une idée, à appliquer son esprit à l'étude; il lui semblait qu'il comprenait plus diflîcilement et que aes oonceptions étaient plus lentes. Vers cette époque, il a eoinmeocé â éprouver des phénomènes élrau)|;es: quand il voyait une femme, sa pensée se portait vers la région fesaiëre et il ne pouvuit s'empôeher de regarder les fiasses. Cette obsession devcnmt plus pressante dès qu'il s'agissait de petites litles. Dans les foules il se fiollait contre les fesses des femmes; mais dès que l'érection surveuati, it s'empressait de s'éloigner et d'éviter les groupes. 11 fuyait et évitait les tableaux et les statues représentant les femmes nues, parce qu'ils réveillaient en lui les idées obscënos qui lui sont désagréables.

Peudanl toute l'année 1880, i1 ue pouvoit voir uu petit garçon sons que ses yeux te portassent sur la partie iaférieure du dos et qns l'idée de l'anus vint s'implauler dans son esprit. Il en était très malheureux, car il n'a jamais eu de tendonco à la péilcioslie, et hm rajpports sexuels ont toujours été normaux. 11 est bon de noter qUè l'enfant i l'Ôlat de nudilé le laisse indifTéreul et qu'il l'amphilhéatr* et dans les salles de dissection, il n'avait aucune idée biinrre. Depuis un an, il offre des alternatives d'excitation et de déprc^aloii, et parfois surviennent des idées de suicide: il voudrait, dit-it, se brûler la cervelle.

Le fail saillant esl assuréiuenl l'obsession singulière qui dirige le regard du palient vers In région fessière des femmes, et qui le pousse à la recherche de l'anus d'un polit garçon habillé, le garçon nu ne l'impressionnant pas. Ici encore ce syndrome n'est qu'un épisode d'un étal maladif qui prend sa source dans l'hérédité, et qui offre d'autres impulsions, une émotivité extrême, des tendances mélancoliques et des idéèS' de suicide, disposition dépressive qui persiste en dehoi^ de*

' îdêés obsédantes. C'est donc toujours le même étal psychopathique avec des couleurs diffcrentes dans les maiiifestalions.

Noas devons l'observation suivante à l'obligeance de noire excellent confrère M. Blanche, qui a bien voulu la détacher de sa riche collection pour nous perraellre de lu joindre à noire étude.

OBSBitvATioN m. — Héi'édilé névrapaikiqiw. — Convulsions dans reaTance; à six ans obsession pour la recherclie des clous des

■ souliers de femmes; exaltation; création if histoires fantastiques ajant pour objet des clous-, spasme», érection et éjaculatioa su souvenir de ces histoires et aussi au contact des chas. — Accidents hystériques ; idées hypocliondriaques; hallnci nations. Phymosia et conformation vicieuse de la verge.

M. X..., Agé de trente-qualre ans, marié, eil né d'un pare et d'une mère qui avaient tous deux un lempërameul excessivement nerveux ; ■B mère prini:Ipaleineiit, qui vit encore el qui est âgée de soixanledouze ODS, a toujours été et est encore, aujourd'hui, dans un oLat presque permanent de surcxuiintioii norveuBO et mentale.

Dans sa première enFanoe, M. X... a en des convulsions très violealee auxquelles il a failli succomber. D'une intelligence extrSmemeot précoce, il savait tire & trois ans; mala d'un autre cfllè, il ne marchait pas encore, et eee forces physiqnes étaient bien en retard sur ses facultés intellectuelles.

Il Bvsit aussi déjà une grande exaltation cérébrale, et c'est h celle époque que remoulo le début de la névrose dont il est alteinl, et dont il d'h jamais cessé, depuis, d'Ôtre toiirmeuté.

Vers l'âge desiK ou sept ans, M. X... clait déjà poussé par un instinct irrésistible à regarder les piede des femmes pour voir s'il d'î avait pas de clous à leurs souliers; lorsqu'il y en avait, la vue de ces clous lui produisait dans tout soa ôtre un bonheur Indéllnissable. Deux jeunos filles, ses parentes, logeaient dans sa famille; il 80 rendait diins l'endroit où leurs souliers étaient déposés; il s'en emparait d'une main fiévreuse et frissonnante; il touchait les clous il les comptait, il ne pouvait pas en détacher bb» regards, et le soir, dans Bon lit, il reportait sa pensée, alternativement, sur l'une ou l'autre de ces jeunes tilles, el il lui faisait jouer un rôle fantastique qu'il imaginait; il voyait sa mère la conduire chez le cordonnier, il l'entendait commander de garnir de cloua les soulier» de sa fille, il voyait le cordonnier poser les cloue et remettre les souliers à la jeune fille; puis, il cherchait à ae rendre compte des sensations que

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celle-ei éprouvait en marchaut nvec ses «ouliera à oIoiib; i infligeait à la jeune illle les lorlure«> les plus cruelles, il lui clooiît des fers sous le» pieds, comme l'on Tait aux chevaux, ou bien il loi coupait tes pieds, et en mtfine temps il se maslurbail; maie ce u'éliil pas seulement pour se procurer la jouissance mstérielle qu'on j trouve; c'était plutôt pour servir d'accompagnement à l'histoire r*n> tasliiiue qui charmait son imngiaation.

Cea faits se reproduisaient assex fréquemment. M. X... ne lenliil aucun effort pour les empécber ou les éloigner; il savourail, saaa remords, le plaisir sensuel qu'il eu retirait; il était encore un eohat, et il ne comprenait pas la portée des actes auxquels il se livrait.

On le mit de bonne heure en pension ^ ne voyant que trâs peu de femmes, il y fut moins surexcité; il réfléchit, il s'examina, et il penu, par intuition, qu'il pouvait y avoir là un mal moral et une habitude dangereuse.

Il résolut alors éoergiquement d'y meltra un terme; la lotte fui opiniâtre, mais elle n'aboutit qu'à rendre les crises plus rares; il avait â soutenir des assauts lerrihles : la létc ee feu, les membres raidis, les dents serrées, les poings fermés, il chercbait tous les moyens de calmer ses sens ; puis, à cet état violent succédait, tout i coup, une prostration complète, il était comme anéanti, et il n'avait plue ni volonté ai résistance.

Survint une nouvelle aggravation. Les accidents qui ne se manifcslaient que la nuit et dans le lit, se produisirent pendant le jour; alors qu'il était le plus appliqué bu travail, et qu'il espérait y trouver une diversion salulaire, il se sentait envahi par une force supérieure à sa volonté ; une de ces histoires fantastiques dont il a été dqjà question, lui revenait à l'esprit, malgré lui, phrase par phrase; et en même temps, arrivait uue érection, qui aboutissait bientôt à un« éjacuiation, sans qu'il portât la main à ta verge pour y aider, cir, au contraire, il aurait voulu que l'éjaculation n'eût pas lieu, parce qu'elle l'empêchait de continuer et de finir son histoire, ot qu'il préférsil de beaucuup le plaisir qu'il ressentait de l'histoire a celui que l'éjaculation lui procurait.

Cet état ne subit pas de variations notables pendant que M. X.... fut en pension.

Pendant les vacances, le mal augmentait, parce que M, X... se retrouvait nécessairement en compagnie de femmes, et il augmenli plus encore pendant un séjour de quinze mois que M. X... Ot s la campagne, chez une de ses parentes, après avoir terminé ses études : il voyait souvent deux Jeunes filles, ses cousines, qui habitaient dans le voisinage, et il passe ces quinze mois dans un état incessant de surexcitaliou : lorsqu'il était seul dans le jardin, assis sur un banc, il se recontait à lui-même une de ces histoires fantastiques, dont les doux jeunes filles étaient naturellement devenues les héroïnes de

DU BENS GÉNITAL

ma temps qu'il ee racontait une histoire, il pressait Bar sa verge à travers son pantalon, et il éjaculait, si t'hîBloire durait assez de temps pour que le but de la niasturbalion fût atteint; mais

■ >i son histoire était linit,' avont que l'éjuuulation uit eu lieu, il s'en laDait là, et cessait du se mesturber; le leudemain et les jouro aui- ,nnt8, il recommeai^it, en ayant soin de s'arrêter dès qu'il sentait fue l'écoulement du sperme allait ai'i'iver. D'un autre cûlé, quaod il était avec les Jeunes Ulles, il cherchait à voir les clous de leurs souliers. Une d'elles s'en éteint aperçue, et sans que M. X... lui eût rieD dit, ne manquait jamais, surtout lorsqu'elle avait des souliers neurs, de passer sou pied sur le sien, en appuyant légèrement, de maaière a lui faire sentir les clous. Ce coutact ameiiuil immëdiotement uue éjaculation ociïaaiounée non yas par l'impression de la femme, mais par celte des clous. Plusieurs fois même, il lui est ■rrivé de prendre les souliers des Jeunes filles dans l'endroit où ils âtaîent déposés, et il lui suffisail de poser l'extrémité de sa verge Bur les clous, pour que, sans aucune pression de la main, l'^acula-

tfiou eût lieu aussitôt.

A l'âge de dix-huit ans, M. X... vjal a Paria pour y étudier le droit ; il vivait chez ses parents. Pendant son séjour à la campagne, il n'avait pas fait d'efforts pour résister à ses enti-atnomenls, mais dès son arrivée à Paris, il avait pris la résolution de recommencer la lutte qu'il avait déjà entreprise vainement, à l'époque on il avait été mie en pension. 11 ne réussit qu'à éloigner les accès; Il s'estimait heureux quand il y échappait pendant deux semaines; mais lu résistance n'était Jamais plus longue, et quand elle s'ait'aiblissait, il se retournait instinctivement dans la rue pour écouler marcher les femmes; il avait acquis sur ce point une telle Qnesse d'ouïe, qu'il se trompait rarement sur celles qui avaient des clous à leurs soU' liers; alors, tout son corps était agité par un frémissement voluptueux, do même que lorsqu'on passant devant des boutiques de cordouniers, il voyait metire des clous a des «chaussures de femmes, ou même qu'il voyait cxposùes des chaussures de femmes, garnies de clous.

M. X... n'eut de trêve que deux Fois : à l'époque où il était amoureux de jeunes iilles qu'il voulait épouser. Quoique éperdument amoureux et prenant même certaines privautés qui n'étaient pas ropoussées, il était maître de lui et ue satisraisait pas ses désirs ; mais l'amour ayant disparu en même temps que les projets de mariage qui n'avaient pas eu de suite, il retomba sous l'empire de ses idées; il se remit à se raconter des histoires, dans lesquelles les 4aDs Jeunes Ailes avaient le principal râle, et il se livra de nouveau ivao fureur, à ses pratiques de masturbiition. ^^^ Plusieurs années se passèrent ainsi. Cependant et peul-élre avec ^^Bnielque espoir dd soulagement à ses soulTrances, M. X... se maria.

in INVERSION

et durant les premiers mois qui suivirent eoa mariags, il y eut pour la troisième fois une trêve dans les aeeiilenls, mais elle fui de conrle durée.

Vers 1868, des modiSt^alions nolebles se pi-oduisîreul daos son clat, et, depuis, cet étal est resté à peu près le môme. |

A la vue des objets qui les provoiiuoient autrefois, les érei:lioQS i| ii'ciislent presque plus; il, imrconlre, les spasmes nerveux qui lui ' donnent, eaas l'aide da In mnEturliation, le plnlsir qu'il rechei-ehe. ■ ont accru d'intensité. M. X... éprouve, en tout temps, une douleur vague au sommet de In lèle; il lui semble que celle partie du crAne i est moins épaisse que le resle. et qu'elle n'a que ta consistance d'un J cartilage; cependonl, c'est précisément celle poilion de la paroi crflnienne qui lui pnraît exercer une compression sur son cei-veau, et il lui arrive souvent de saisir ses cheveux et de les tii-er de toules ses forces à cel endroil pour soulever celle région du crflne, et faire cesser la eompressiou; la douleur y est, par moments, très violeole. C^est Iti que commence le spasme, lorsque M. X... est en présence des objela qui le produisent : son cerveau semble entrer en ébullition et vouloir soulever le crâne; de là, la sensation descend par la nuque, suit la colonne vertébrale, et se répand dans les bras et dans les jambee, semblable a une secousse électrique; en même temps ea gorge se serre, sa poitrine se contracte et d'après ce qu'on lui a dit. son visage s'anime, ses regards s'allument d'un feu étrange, et a* physionomie prend une expression do stupidité sensuelle. 11 éprouve un frémissement intérieur dans la verge, mais il n'y a pas d'érection, et s'il appuie sa main sur son bas-ventre, il arrive, par une légère preasion, n augmenter l'intensité du spasme, et à en prolonger la durée. Celte intensilé n'est d'ailleurs pas toujours la même, elle varie suivant les circonstances? elle est moindre, par exemple, si M. X..., causant avec un cordonnier, celui-ci lui parle, d'une manière générale, des clous que l'on met aux chaussures de femmes; elle est plus forte s'il est question de Femmes qu'il connaît, on, si ao lieu de dire : mettre des chas é des bottines de femmes, le cordonnier dit : ferrer des bollines de femmes, et mieux encore ferrer deê femmes; l'inleiisilê augmeule aussi graduellement si M. X..., après avoir vu les chaussures dans la boaiiquedu cordonnier, les voit aux pieits d'une femme, s'il y a beaucoup de clous, et si les clous sont gros, s'ils sont posés à des souliers, plutôt qu'à des bottines, et si la femme qui les porle est jeune, jolie et élégante. L'impression est parfois (elle, qu'il est sur le point de s'évanouir, ou bien il ost prii d'un rire nerveux et incoercible, qui dure plusieurs minutes.

M. X... se procure encore ces spasmes en se faisant mettre à ses propres chaussures des clous qu'il garde pendnnl quelque heures, et qu'il enlève ensuite pour les poser sur des morceaux de carton qu'il découpe, en leur donnant la forme de la semelle d'une bottine de

DU SENS GÉiNITAL 198

femme, et surtout d'une femme qu'il a remarquée; il lui eet arrivé aussi d'acheter des souliers de femmes, d'y faire mettre des clous devant lui, et de les emporter; puis, quand il était seul, il louchait ces clous, il écoutait le bruit qu'ils faisaient, en les posant par lerre; enfin, il les approchait de l'extrémité de sa verge, ce qui déterminait presque toujours une éjaculation.

En dehors de ses crises spasmodiques, M. X... est sujet à d'autres accidents, qui se rapprochent de ceux déjà connus; c'est surtout quand il est plongé dans un travail nbsorbanl, la tâte dans les mains, méditant profondcmeat sur une affaire. Tout & coup, ses idées se présentent à son imngination; il t;\che do les chasser: elles le harcellent comme des furies: alors, il sent comme un voile s'étendre sur son intelligence et y faire la nuit; ses yeux s'appesantissent, il se raconte à demi-voix une de ces histoires fantastiques, et en même temps, il se livre à la masturbation, soit directement avec la main, soit en serrant sa verge entre ses cuisses, ou en la renveraant sur sa chaise, et en la comprimant de tout le poids de son corps.

La santé générale de M X... a longtemps résisté, mais depuis un an elle s'est afTaiblio el altérée. Après chaque crise, M X... est le plus Bouvenl envahi par un sommeil irrésistible; el, d'un autre côté, il dort ma] la nuit; il a de fréquentes et longues insomnies; il est sujet à des douleurs très violentes à la nuque, surtout ù ta suite d'un spasme avec ou sans masturbation ; il sent comme dea marteaux frappant à coups redoublés pour repousser le crAne, de dedans en deliors; ces douleurs durent quelques heures; rien n'a encore pu les calmer; sa tète est entraînée en arriére, et il a besoin de l'appuyer pour la soutenir. Depuis quelque temps, il a des engourdissements el des fourmillements dans les membres [uférieurs: les jambes lui semblent lourdes; il est encore bon marcheur, mais il a de la peine ù monter; il est souvent tourmenté parla soif, il doit boire de grandes quaulités d'eau; il soulTre aussi de grunulaliona pharyngiennes. Les accidents qu'éprouve M. X... sont plus ou moins intenses, suivant les saisons : les mois de juin, juillet et aoùl lui sont habituellement funestes; il est plus calme pendant les saisons tempérées, et aussi pendant l'hiver, sauf les jours ou les clous de chaussures de femmes laissent leur em> preînte sur la neige, ou sur la terre détrempée par de grandes pluies.

Pour compléter ce tableau, il reste à faire connaître M. X... au point de vue psychologique. M. X... est non seulement un homme intelligent, mais de plus il est très instruit en toute sorte de matières ; il a Is passion de l'Étude; dans l'administration i\ laquelle il est attaché, il est considéré comme un employé très capable, très assidu, et il est chargé de rapports très importants et 1res délicats dont il s'acquitte d'une façon remarquable; aussi ses services sont-ila 1res appri^iés. En même temps qu'il a une grande puissance de travail, il a une imagination tràs exaltée; il ressent très vivement MAO».*x. n. 13

les peines et les contrariétés, comme aussi les joies et les plaisirs. La surexcitation cérébrale va même parfbis jusqu'à pi*odaire des illusions des sens, et presque des hallucinations. C'est surtout dans les moments où il lutte contre ses pensées^ et contre les entratoements qui les accompagnent; il lui semble alors qu'un seeohd ôtre lui est juxtaposé et lui fait entendre, pat* des paroles qui hd retentissent dans le cerveau, que la résistance est inutile. Quand il a succombé, et que, désespéré, il prend la rësolutiou énergique de ne plus céder, il croit entendre, toujours dans son cerveau, eomme une voix qui lui Rxe le jour où il cédera de nouveau. Cette Yoix, qui lui semble être celle d'un être qui lui est étran^r, et non Técho de sa pensée à lui-môme, il Ta entendue aussi pendant les intervalles les plus longs de calme qu'il ait eus, lorsqu'il était amoureux et avait le projet de se marier; et plus tard, pendant les trois premiers mois de son mariage, et c'était aussi pour lui indiquer le jour où il succomberait. Lorsque ce jour approche, M iX... redouble de précaution pour éviter tout ce qui pourrait aider à sa chute; il y met de Tamour-propre ; c'est comme un duel entre Tôtre étranger et lui ; mais le jour arrivé, une sensation de langueur s*empare de toute sa personne, son intelligence s'obscurcit^ et la crise ne pelit ôtre évitée.

M. X... est afTecté de phimosis; ches lui, le prépuce dépasse de plusieurs centimètres le gland, qui n'est jamais, môme partiellement, découvert ; la verge est courte et très renflée vers sa racine, ee qui est encore un antre défaut de conformation. La turgescence de la verge n'a pas lieu sous lu forme habituelle de l'érection; la verge ne s'allonge pas et se renfle seulement du côté de la racine; d'où il résulte que le coït est impossible à pratiquer dans les conditions normales.

Cet individu, fasciné par les clous d'une semelle de soulier de femme, s'était masturbé à la porte d'un cordonnier, et avait été mis en prison sous l'inculpation d*outrage public à la pudeur. Le rapport de M. Blanche a été suivi d'une ordonnance de non-lieu.

L'étrange perversion sexuelle qui a débuté à six ans est le phénomène saillant de cette observation; mais ce n'est là qu'un épisode d'un état maladif, que démontrent les antécédents héréditaires, les accidents hystériques, les idées hypochondriaques, les hallucinations et les signes physiques de dégénérescence

îRvuTiON IV. — Famille d'excentriques : père halluciné, s'easuie visage avec une peau de lapin; siuar eefusaol longtemps le mariage, veut lia jour é/HHiser un comédien vieux et laid; frère mal équilibré. — L..., à cinq ans, érection devant an bonnet de nuit. FIu& tard, éjaculation su contact du Jionnel de nuit. — Frigidité i la première nuit des noces; devoirs conjugaux remplis à l'évocation de rimage d'une tête de vieille lemme ridée couverte d'an bonnet de nuit. — Émotivité; crainte des lieux élevés, idées mé-

iicoliguea, tendaoce au suicide.

II..., Agé <]e ti'finle-Rppt ans. d'une bonne cODfilitulioii, eel lesii •une famille d't'vccnlriqnes. Le père, fort original, Iréa exlrava;^Hnt,

régulier dons e«s haluluili BVbit jusqu'à cinq repas, passe souvent ! B journaux , parle avec vivscilé, cri I ftil souvent remarquer par des siagula 1 la figuro avec une peau de lapin. A pti ^ que» difTérentes, il a eu des hallucinations pénibles la nui ait pu les attribuer à l'alcoolisme. IjA sœur du

1 jour,

toute heure (

s nuits h lire des r

dans ses discussions, et se

l^s ; c'est ainsi qu'il s'OBSuie

reprises et à dos cpo-

sans que

Agée

Irente-liuît ans, demeure avec le père, elle n'a jamais eu de disposition pour le mariage, elle a rorusé deux partis fort convenables et un jour, étant allcc au théâtre, elle a témoigné le désir d'épouser un acteur vieux et très laid qu'elle avait vu jouer, mais qu'elle ne connaissait pas autrement. Un frère, Ag-é de Iranle-deux ans, d'une Muté physique excellente, est resté rebelle à toute discipline, a fait Isa études très incomplètes; après avoir eeea3''é vainement de plu-

[ lleura métiers, a 6ni pnr se faire cocher et a épousé sa cuisinière.

' H. 1j>.. était studieux, mais il apprenait avec difUcullè. N'ayant pas icquis l'instruction sufflsante pour embrasser une professsion libérale, il se lit d'abord tapissier, puis imprimeur, plus lard coifTeur, pour devenir entin clerc d'huissier, clerc de notaire et commis dans une maison de commerce. Ue tout temps, il a eu la fantaisie d'acheter dos bibelots, des objets d'art et, pour satisfaire ses godls. il se privait des choses les plus indispensable» et faisait des éeonomies sur 1k nourriture et sur les vêlements. I! est d'une timidité extrême, il se trouble et balbutie devoni les clients, il est incapable d'écrire devant ses parents; dès qu'on l'observe, il ne peut plus former les lettres et trace des caractères illisibles. Al'âgc de cinq an s, ayant couché pendantclnq mois dans le même lit qu'un parent Agé d'une trentaine d'années, i| éprouva pour ta première fois un phénomèue singulier, c'était une excitation génitale et l'érection, dè.s qu'il apercevait son compagnon de lit se coifTcr d'un bonnet de nuit. Vers cette mSme époque, il avait ruocaston de voir se déshabiller une vieille aerv&nte, et, dés que celle-oi mellBil sur sa tète une coiiTe de nuit, il se sentait très

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■Ifle INVERSION

excité et rêrec-lioD se produisait immédiatement. Plus tard, l'idée saule d'une lèle de vieille femme ridée et laide, maia coîlTâe d'un boDuel (le unit, provoquait l'orgosme génital. La vue du bonne! de nuit seul n'exerce que peu (l'influeDce, mais le contact d'un bonne! de nuit provoqua l'érecliott et parrois l'éjaculatioD. Par contre, il ee Bouvient qu'à f>ept aus il était resté absolumoat rérraclaire aux tentatives de masturbation faites sur lui par un de ses camsra<les d'école. Il n'a Jamais recherché les rapports anormaux ; il affirme que In vue d'un homme ou d'une femme nus le laisse nbsolumeal Troid. Jusqu'à trente-deux ans, époque do son mariage, il n'aurait pas eu de relations sexuelles ; il épouse une demoisello de vinglquetre ans, jolie et pour laquelle il éprouvait une vive alTeclïoa. Lu première nuit des uocea, il reste impuissant é cûlé de sa jeune femme ; le lendemain lu situation était la même lorsque, désespéré, it évoque l'image de la vieille femme ridce, couverte du bonne! de nuit; le résultat ne so fait pas attendre, il peut immédialemenl remplir ses devoirs conjugaux. Depuis cinq ans qu'il est marié, il eu est réduit au même expédient, il reste impuissant jusqu'au moment oii le souveuir rappelle l'image favorite. Il déplore cette singulière siluatioii qui le force, dit-il, à la profanalion de sa femme. Quelquefois, mais à de très rares intei-valles, il a des hallucioslions la nuit; celles-ci ont déjà fait leur apparition à l'âge de dix ans el il en a eu encore l'année dernière: il voit plus habiluellemetit unebdle noire qui veut le saisir au cou. Des son enfance, il a eu êgalemeal des accL's passagers do profonde tristesse avec des idées de suicide, plus particulièrement do submersion et de pendaison; il a songé aussi quelquefois à s'empoisonner; mais il n'a pas le courage, dit-il, de le faire ; il hésite aussi a cause do l'affection qu'il éprouve pOUf sa femme. Il rei^sent également des craintes vives quand il monte sur l'impériale d'un omnibus ; il est pris de vertiges cl de nausées H ^ voit 1res élevé, il s'imagine n'avoir rien pour se soutenir et il lui semble qu'il va tomber. Il ne peut, sans de grandes appréhensions, regarder par la fenêtre d'un troisième ou d'un quatrième étage. En passant à côté d'une maison élevée, il craint qu'elle ne s'écroule sur lui.

Chez ce malade, véritable héréditaire, les (roubles psychopalhiques sont nombreux. Dès l'iige de cinq ans, sans nulle préparalioH, passivement en quelque sorle, L... est envahi par l'idée maladive et devient l'esclave de l'obsession la plus étrange; le bonnel de nuit à partir do ce jour, va peser sup toule sou existence. Qui peut se douter d'une situation aussi profondément triste, en dehors du malade et du médecin, à

qui fl fidl ses oonfideDoes? Et cependant que de symplôiDes révélexit chez oel hfwnTTie la pr€Hli5pc»sition morbide qu'il tient de ses parents : hallucinatioBs, ûlisesfâons de tonle nature, impulsions, craintes imaginaires, ejnoti\ité extrême, teodanoes mélancoliques, idées de suicide; rien nV manque. A un examen superficiel, cet homme ressemtile à tous les antres, il vil de la vie commune, tan'iis qu'au cc»ntraire tout est chez lui lutte, artifice et cc»nlrain1e: chaque minute voit naître un motif nouveau d'anpiàsvse eî de ]:»erfilexité.

Voilà Tétat maladif. Cc»mment pc»urrail-on le sou}»fonner si, partant de Fétude des facultés de Tâme. on s'en tenait aux simfdes q^éculations psychologiques?

OasKRVATiox V. — Hérédité morbide ùonrergente. — laîJtUigeoùe WÊël éqmiUbrée; cooformiMtîoD vicieuse da crâne: i quinte âos abseuMOB impalsive le poussant à voler des tabliers blêucs pour se MMSturber; rêves de tabliers LImdcs: quelquefois coocbe svec le teblier blsnc; trois oondemnations fpour vol de tsbîiers blsncs: ordoaaenee de non-lieu pour le dernier voL — D&pression mèlsn^ eoUqme; teodsnees eu suicide»

C... (Auguste), joamalier, âgé de trente-sept aus, entre poar U seconde fois à Sainte -Anne le 24 novembre ISSI . U offre une double hérédité morbide, son père alcoolique est mort d*une cirrhose hêp«tique; son oncle paternel est mort aliéné à lasiie de Pontorsou. La mère et la sœur nerveuses, irritables, sont toutes deux portées à la mélancolie. Un frère faible d*esprit a eu à vingt ans un accès maniaque. Loi-même, dont le niveau intellectuel est peu élevé et les facultés mal équilibrées, présente des signes physiques de dégénérescence; son crâne est mal conformé: la bosse frontale droite et la bosse temporale gauche sont plus saillantes, le front est fuyant, et Tensemble présente un notable degré de plagiocéphalie. A ti^eiie ans et demi, il aurait eu une fièvre typhoïde; il est allé à Tècole, il a été peu appliqué et toujours irrégulier dans son travail et sa conduite. A quinze ans, il aperçoit, flottant au soleil, un tablier qui séchait, éblouissant de blancheur,' il approche, s'en empare, serre les cordons autour de sa taille et s'éloigne pour aller se masturber au contact du tablier derrière une haie.

Depuis ce jour, les tabliers Tattirent, il ue peut s^empècher de les prendre, s^en sert pour pratiquer l'onanisme, puis les replace dans le lieu où il les a pris, ou bien il les jette ou les laisse chez lui dans un coin. Quand il aperçoit un homme ou une femme avec uu tablier

m INVEB9I0N

blaoQ, il les sait, ne tenant aucun compte du sexe, Is tablitlr • ofTi-Riit tout l'allrail.

Eu 1861, les parents voulant meltre un terma au» vols de labUers, le font engager dans 1b marine ; il avait alors seize ans, A bord l'u navira, ne voyant plus de tabliers, il se calme el son eaprîl resle en repos: ■■ Je n'y peesais pas, di(-il, je s'en voyais pas. s Rentré en France en 186i, il passe deux mois de congé â Pontorson; la vue des tabliers le pousse de nouveau a s'en cmpai'er et k se livrer i '.'onanisme. Souvent il ferme les yeux et éprouve une très vive satisfaction à se représeuler le tablier blanc, ilollant, tel qu'il lui etaîl apparu ta première fois. La uuit il rêve aux tabliers blancs. Il est poussé à prendre les labliers et non autre chose : il y aurait eu, ditil, cent francs, mille francs, à côté du tablier qu'il se serait uniquement emparé de celui-ci et non de l'argent.

En 1865, pendant un congé de quinie jours, il est arrêté par la police pour vol d'un tablier blanc. Devant le tribunal, il raconte ses obsessions, ses impulsions, mais on rit, il n'est pas écouté et m voit condamner à huit jours de prison. Quelques années après, Cherbourg, étant sur le cuirassé l'AUlnute, pendant une permisBioii de vingt-quatre heures, il vole un tablier qui sèche au soleil : surpris en flagrant délit, il s'enfuit, se cache, ne rentre A bord qu'au bout de neuf jours. Il raconte ce qui lui est arrivé, il insiste en aftirmsnt que o'esl la vérité; le conseil de guerre se montre, dit-il, indulgent, laisse de côté la désertion et ne le condamne qu'à un moiâ de prison. A Rochefort, étant sur la cannoniére la Comète, en 1870, il obtient une permission de vingt^uatre heures. Il flânait dans les rues, lorsque, passant devant la porte d'un pâtissier, il aperçoit dana ane armoire une pile de labliers blancs, très propres et bien plies. U boutique étant surveillée, il n'ose pas y entrer. Il guetle dans la ru«, sombre, triste, attentif i ce qui se passe, ne peiilant pas l'armoire de vue el poursuivi par l'ardent désir de s'emparer de ces tablier*. Les heures s'écoulent, la nuit srrivc, il ne quitte point son poste; enlln la boutique se ferme ; lorsque les lumières sont éteintes, que tout bruit a cessé, il escalade un mur, descend dans une cour, pénètre dans la boutique, met la main sur les tabliers et, au moment ou il ae retire, il renverse un meuble, dont le bruit attire rsltention ; 00 ■Ocoui't, on rarrêla tenant son tablier.

Devant le conseil do guerre, l'avocat réclame une enquête médicolégale, on refuse, il est condamné h un an de prison. Après avoir subi sa peine, il veut fuir les labliers ot s'engage sur un transatlantique, ou ij passe près de deux ans. Au retour, il est triste, découragé, se sent impuissant à résister aux obsessions et pour échap~ per à do nouveaux mulheui's, il forme le projet d'entrer au couvent de la Trappe. On l'admet après de pressantes démarches. Très fervent au début, il embrasse avec joie la vie monastique

DU SENS GÉNITAL i09

daax heures da matin, s'inflige la discipline, se flotte le corps avec des orties, s'enfonce des épines sous la peau, et malgré ce dur régime, jouit d'un repos relatif, n'étant plus obligé de lutter contre ses obsessions. Cependant, au bout de trois ans, son zèle religieux, commençant à fléchir, il quitte le couvent et pendant quatre ans, de 1876 à 1880, il se place dans des pensions ou des collèges, comme garçon de table ou de dortoir, et peu à peu reprend ses anciennes habitudes, dérobant tantôt un tablier blanc, d'autres fois en achetant et reprenant avec eux ses pratiques d'onanisme ; il couchait môme qaelqaefois avec un tablier blanc. En avril 1880, il quitte sa place, passe sa journée au cabaret, et le soir il est arrêté à Bercy escaladant un mur pour s'introduire dans une maison. Une perquisition faite ohes lui amène la découverte d'une collection de tabliers blancs macolés de sperme. Cette fois une enquête médico-légale est suivie d'une ordonnance de non-lieu et il entre à Sainte-Anne le 23 mai

Au bout d^un an de séjour, il est rendu à la liberté; mais il est triste, sombre, découragé, devient irritable, et forme parfois des projets de suicida. En six mois, il fait cinq places, et après une période de dépression avec idées mélancoliques il est ramené à Tasile. Il raconte qu'il n'a plus dérobé de tabliers, mais qu'ayant eu des relations aveo une femme, il avait eu recours au souvenir du tablier blanc et qu'il l'avait évoqué aussi on se livrant à l'onanisme.

L*ob86ssion chez ce malade atteint un tel degré d*intensité que non seulement il se soumet volontairement à une faction des plus prolongées, mais ne craint pas de s'exposer à de grands dangers pour aboutir à quoi? à la conquête d'un tablier blanc. Il subit plusieurs condamnations, mais, impuissant à dominer ses désirs, il essaie des moyens héroïques : voyages en mer, puis refuge dans un couvent. Mais à peine touche-t-il à terre, qu'il recommence; à peine est-il sorti du cloître qu'il s'empresse d'acheter ou de voler des tabliers blancs. C'est là une fatalité poursuivant ce malheureux et pesant de toute sa force sur son existence. Ici, ce n'est encore qu'un phénomène morbide saillant, s' associant à des périodes mélancoliques sur un sujet entaché de dégénérescence.

Ces quatre cas de perversion de l'instinct génital sont suffigants pour démontrer que ces délires multiples ne sont

que des épisodes variés de la même maladie ; chez toufl en

malades l'hérédité fait senlîp son inlluence (1).

(1) NoUH rappelons encore les deux observations suivaatea de fer sion de l'inalinot génital. Dans le premier cas, il s'agit d'une flUa Ai viiigt'Cicur ans duai In mèro est hjatâru-épilepliquo, et dont le pËre, lanculique, ast moi't il la suHu d'accideals oârébraux aigus. Laissant de câté loa autres dùsordres psychopalhiques, arrêtons- nous aux troublée ■exuels.

■I Depuis huit ans, elle <i»t sous le coup d'impulsions nympboiT>a ques d'iiaa nature parliruli6re : elle Éprouva un besoin irriaisliblc de cohabitation avec un de ses jeunes neveux. Elle a cinq neveux dont l'alnt est &gé de treize ans. C'est lui qui a 6lè l'objet de ses premiers âiein, sa vue la msllail dans un âlat d'excitation extrême, oUe éprouvai! des sensations voluptueuses qu'elle fiait impuissante à réprimer, qui s'accompagnaient de soupirs, d'inclinaisons de tête, de déviations des yeux, ai rougeur du la Tace, quelqueroia de spasme et de sécrétions vaginales: elle se sentait poussée à le suivre et à l'approcher d'elle. Plus tard, quand il a grandi et i la naissance du second ^^i^re, c'est ce dernier qui est devenu l'objet de ses convoitises maladives, puis enfin le troisième, la quatrième et actuellement c'est le dernier venu, âgé de trois ans, dont son esprit est préoccupé. Elle se sent poussée à l'attirer prés d'elle. FarIbJs elle le vuit nu debout, elle croît même l'entendre; parfois elle croit mAtne que l'acte s'accoiiipljt; i table, en public, elle se voit découverte, l'euTant étendu sur etlo; dans celte hall uci nation, elle n'aperçoit pas l'image ejvlière de l'enraol, le tronc seul est visible avec les organes génitaux appliqués sur les siens. Très émue, elle adresse de pressantes questions k ses voisins, leur demandant s'ils ne voient rien, et n'ont rien vu.

• Celle malade est très lucide, elle est désolée et hont:iuse de ces

guliers désirs, elle est tranquille, tra elle sort de temps A, autre, et va dan) aorte sas forces; mais encore la vu( meut; à table, dans sa famille, elle i toute la durée du repas, elle éprouve mac, une conslficlion à la gorgt, e

'aille et s'occupe toute la journée; sa famille pour essayer en quelque de son neveu l'im pression ae vivee place loin de lui, mais pendant des spasmes, du malaise d l'e!

, lutte lui devient des plus pùnib

n'a jamais cédé à cette perversion instinctive et elle a toujours iiïlé le contact des petits garçons. •

Dans la seconde observation, il est question d'un peintre en bfttiinenls, fLgé de quarante-cinq ans.

• Il avait depuis longtemps contracté des habitudes d'onanisme qui ont presque entièrement cessé depuis un an; il faisait souvent des detsins obscènes qu'il distribuait à ses camarades. Il s'est habillé aussi deux fois en femme étant seul dans sa chambre. Depuis deux ans, il n'a plu* d'érection, ne peut plus avoir de rapports sexuels, mais il s parfois da perles séminales. Depuis celle époque, dil-il, il se sent poussé A des acte« contre nature. A la tombée de la nuit, it se dirige vers les rassemblements, aux staliuns d'omnibus, auprès des bateleurs, il s'approche et se place derrière une femme, cherchant de préférence la plus grosse; pui^ il relire sa verge qui reste flasque et se frotte contre les fesses de t^^

De très bonne heure, avant même qu'une éducation vicieuse, comme nous l'avons déjà dit, ait eu le temps de modifier l'individu, l'impulsion se montre pressante, impérieuse, avec tous les caractères d'irresponsabilité qui la font distinguer. Mais qu'à la place des clous de souliers, du bonnet de nuit, ou du tablier blanc on considère que l'obsession ait l'homme pour objet, les phénomènes se dérouleront de la même manière ; et il faut bien le reconnaître, l'histoire de tous ces malades offre beaucoup de parenté. Ils sont, pour ainsi dire, coulés dans le même moule, ils ne diffèrent les uns des autres que par le degré plus ou moins accusé de dégénérescence intellectuelle.

Si, quittant le domaine de la sphère génitale, nous observons ce qui se passe dans les autres états impulsifs, dans la dipsomanie par exemple, où l'irrésistible besoin de boire s'empare du sujet, nous voyons dans les deux cas, les mêmes luttes, les mêmes résistances, les mêmes angoisses, et habituellement, coûte que coûte, la satisfaction Pmale du besoin maladif. Chez quelques-uns de nos impulsifs même, comme dans la dipsomanie, on observe une certaine intermittence, et c'est par accès que se présentent les excitatiofts impulsives : c'est là un caractère de plus de la folie héréditaire.

D'après ce qui précède, nous n'avons pas besoin d'insister sur la haute portée séméiologique de ces différents phénomènes. Ces obsessions, ces impulsions qui, par le seul fait que le malade en a conscience, affectent certaines allures de

Toisine. C*est pendant qu*il se livre à cet exercice, à la station d'omnibus de la place Clichy, qu'il est arrêté par un agent dos mœurs. l\ a été, ditil, pour le frottage <t condamné à quatre mois de prison, ce qui est exact. « Sa femme est crémière, et c'est lui qui ouvrait la boutique tous les matins, plaçait le lait sur le feu et servait les premiers clients. A plusieurs reprises, il n'a pu s'empêcher, dit-il, de tremper ses organes génitaux dans la boite au lait, il s'essuyait tout aussitôt; le contact du lait lui donnait une sensation de velours. Il n'hésitait pas à distribuer ce lait aux clients et il puisait sans répugnance à cette même boite pour son déjeuner. • Maonan, Etude clinique sur les inipulsions et les actes des aliénés. Leçon faite à Tasile Sainte- Anne, le 23 janvier 1881 (Tribune médicale^ mars 1881 )

bénignité, sont, au contraire, les manifestations d'un état toujours grave. Il faut des terrains de choix (prédisposition héréditaire, dégénérescence) pour que pareille floraison puisse se produire; aussi, vient^on à fouiller dans la vie pathologique de ces individus, on ne manque pas, à moins de réticences de la part du malade ou de la famille, de découvrir un état névro ou psychopathique des plus profonds.

Les anomalies sexuelles oiTrent un très haut intérêt médicolégal et, quoique mieux connues aujourd'hui, elles n'en présentent pas moins encore cliniquement des difficultés qui réclament de nouveaux faits. Aussi, je viens demander la permission de vous entretenir quelques instants d'une autre forme d'aberration de Tappétit sexuel, je veux parler de la disposition maladive à l'étalage des organes génitaux.

Dans le mémoire publié par le regretté Lasègue (2) sur les exhibitionnistes^ la première observation mérite d'être rappelée :

Lie premier cas qu*il m*ait été donné d'observer, dit ce savant aliéniste, m'avait laissé une vive impression. H s'agissait d*un jeune liomme (moins de 80 ans) appartenant à une famille honorable, jouissant lui-même d'une situation enviée comme secrétaire d'un pei'sonnage politique de cette époque. 11 était distingué d'esprit et de formes, et son éducation le rattachait au meilleur monde.

• L'autorité avait été informée, par des plaintes multiples, d'un scandale qui se renouvelait dans les églises, toujours vers la tombée de la nuit. Un jeune homme, dont ou donnait le signalement, se présentait subitement devant une femme en prière dans l'église, alors peu fréquentée ; il étalait ses organes génitaux sans prononcer une parole, et disparaissait dans l'ombre après une courte apparition.

(1) Maonam, Com. à la Société de médecine légale^ 12 mai 1890.

(2) Lasèoub, Union médicale^ mai 1877.

« La surveillance était dirCcile, & cause du nombre des endroits où elle devait s'exercer. Un soir, cependant, cet étrange fantaisiste fut arrêté à Saint-Roch, au moment où il se livrait à son exercice périodique devant une vieille religieuse, qui poussa un cri et éveilla l'attention du gardien. Le délit élait si singulier que le parquet demanda un examen médical. J'eus avec le prévenu de longs entreliens, dont je ne pus dégager que quelques indices. L^impulsion était invincible, elle se reproduisait périodiquement aux mômes beures, jamais dans la matinée ; elle était précédée d'une anxiété qu'il attribuait à une sorte de résistance intérieure. L'enquête, poursuivie avec une sollicitude concevable, ne fournit que des documents négatifiB. Tout était irréprochable, sauf les faits qui avaient motivé l'arrestation.

« J'étais alors moins expérimenté et, devant Tabsence de toute conception délirante, de toute perversion intellectuelle ou nerveuse, je dus m'incliner et déclarer qu'il n'y avait pas lieu d^admettre Tirresponsabilité. »

Voilà donc un maître éminent, Lasègue, qui, il y a environ une quinzaine d'années, en présence d'un sujet chez lequel il constate V impulsion invincible et V anxiété — ce sont ses expressions — n'admet pas que ce soient là des facteurs suffisants pour enchaîner et annihiler la volonté. Cette observation est assurément incomplète et aujourd'hui, sans nul doute, nous enregistrerions des renseignements, passés alors^ inaperçus, qui compléteraient Thistoire clinique de ce dé— généré.

On pourrait, de prime abord, s'étonner que les remarquables travaux de Morel sur les dégénérescences mentales n'aient pas apporté plus de lumière à la juste appréciation des cas de ce genre. On le comprendra, cependant, si l'on observe que Morel (Ij, après avoir écrit, en 1860, des pages magistrales sur les folies héréditaires, est venu malheureusement plus tard mutiler, de sa propre main, cette œuvre considérable.

En 1866, en effet (1), il considère le déhre émotif comme une espèce pathologique distincte, il décrit à part une classe d'obsédés et d'impulsifs qu'il a, sans motif légitime, brusque-

(1) MoiiKL, Traité des maladies mentales^ 1860, p. 513 et suiv. (i) Morel, Du délire émotiJ\ nécrose du système nerteux ganylionnaire viscéral. Paris, 1866.

DBS EXHIBITIONNISTES HOb

ment séparée du grand groupe des dégénérescences. La folie du doute, le délire du toucher^ Tagoraphobie, Tamour exagéré des animaux et quelques autres états obsédants, tels que la crainte du tête-à-téte avec sa jeune femme, chez un mari, qui, le soir de son mariage, s'enfuit pour aller se blottir au grenier, derrière un vieux meuble ; tous ces syndromes, d'après Morel, appartiennent à la nouvelle névrose du système nerveux ganglionnaire viscéral, c'est-à-dire au délire émotif.

Cette séparation a fait perdre de vue les caractères Mttt-

muns qui rapprochent, au contraire, tous ces malades^^l

Ton est arrivé à faire des catégories distinctes d'impulsife

lucides, les uns qu'on a pittoresquement installés sur des

frontières imaginaires de la folie, les autres qu'on a bien

>roulu admettre en plein domaine vésanique.

Si Ton compare entre eux les divers syndromes épîsodi- C[ues des folies héréditaires, la physiologie pathologique fait i:*essortir les liens, intimes qui unissent ces diverses variétés d'obsessions et d'impulsions.

Dans Vonomatomaniej impulsion à rechercher le mot ou appétit irrésistible du mot, de même que dans la dipsomanie, clans la sitiomanie ou appétit irrésistible des aliments, dans les appétits irrésistibles du sens génital, dans tous ces syndromes épisodiques, le trouble mental réside dans un besoin impérieux d'un centre surexcité, d'un centre en état d'éréthisme, réclamant irrésistiblement le retour d'une sensation déjà perçue.

Dans l'onomatomanie, dans cette recherche du mot qui, à première vue, semblerait devoir être si peu émouvante, les malheureux dégénérés sont cependant plongés dans la douleur, dans Tangoisse la plus profonde quand ils ne peuvent pas procurer soit au centre cortical visuel, soit au centre cortical auditif les images graphiques ou tonales que ces centres réclament (1).

(1) Charcot et Maonan, De l'onomaiomie {Arch. de neur., 29 8ep-> tembrc 1895.)

»6 DES BXHIBITI0NNISTB8

Un exemple de cet appétit du nom ou du mot fera bien comprendre le phénomène.

Un négociant de province, Agé de 40 ans, pendant un eourt sëjoar à PftHs, ekitré dând un café et, prenant Un journal parcourt les fkits divers ; l'un d*ettx relate Tacoident d'une jeune fille qui, marchant à o6tô de son père, glisse et tombe dans un égout d*où elle est retirée, du reste, tout aussitôt sans accident. U ne connatt ni la jeune fille ni sa famille, et le fait en lui-même l'émeut fort peu. Rentré le soir dans sa maisob, hprès avoir pensé aux affaires dont il s'était occupé à Paris, le souvenir du fait -divers lui revient à l'esprit ; ils se rappelle tous les incidents, mais un seul détail loi manque, c'est le nom de la jeune fille, tt se retourne dans son lit, cherche à dormir, mais vainement, il est obsédé par le désir de retrouver le nom ; cette image, cette représentation manque à son centre corlical.

L*inqui^tude augmente, il est pris de palpitations, d'angoisse ; il réveille sA fbmme qui, le voyant pAle, anxieux, défait, le front eou*vert de sueur, s'informe du malheur qui est survenui

Il raconte son histoire, il en reconnaît Tabsurdité, mais il pleure, se lamente, parcourt la chambre en gémissant, répétant sans cesse: < Quel est donc son nom f » Là nuit se passe dans la désolation, et le matin, au petit Jour, il court dans un oifé^ réclame les journaux de la veille, et il finit par retrouver le fait divers. La jeune fille 8*appelait Georgette ; il lit et relit ce nom, le répète à haute voix, et ces images tonales et graphiques amènent le calme et le bien-être : l'appétit du nom est satisfait.

Non moins intense est Tappétit irrésistible pour les boissons spiritueuses du dipsomane ; la lutte, la résistance, les angoisses de ce malade étrange qui ne boit que par accès et qui, à rinverse de l'alcoolique, reste sobre dans Tintervalle. C'est rimpulsion dans ce qu'elle a de plus puissant.

L'appétit proprement dit, le besoin des aliments peut dans quelques cas devenir irrésistible et prendre le caractère de rimpulsion avec la lutte et la résistance, de la part du patient qui finit par succomber.

Une femme sitiomane, désolée d'être forcée de manger constamment, se fait enfermer à l'asile pour résister à cette impulsion, et devant un morceau de pain, elle s'écrie, les larmes aux yeux : « Voilà la cause de mon malheur ! *

DES EXHIBITIONNISTES an

M. Motel nous a dépeint l'obsession pressante et t'iiuillla résistance du coupeur de nattes, jusqu'au moment où il parvenait à s'emparer des cheveux convoités (1). Le malade dont j'ai à rapporter l'histoire est tout anxieux jusqu'au moment où il peut donner satisfaction à son besoin étrange d'exhibition.

J'ai tenu à rappeler ces syndromes épisodiques variés, pour bien Taire ressortir que l'idée obsédante qui mène ft l'impulsion s'accompagne d'une angoisse pathologique toujours pénible, quel que soit l'objet en cause, et si profondement douloureuse qu'elle linit par dominer la volonté, La satisfaction consécutive à l'acte est encore un caractère propre a tous ces syndromes. Ces quelques rélloxions m'ont paru nécessaires avant d'en revenir à l'exhibitionniste dont j'ai eu à m' occuper au point de vue médico-légal.

Je soussigné, médecin ea chef à l'asile Sainte-Anne, commis par un jugement du tribunal de la Seine, rendu en la 9° chambre de police coITectionnt^llc, le 33 avril 1888, à l'elTel de constater l'état ni«nlal du nommé G... (Pj'ançoisI, inculpé d'outrage puhjic à la pudeur, de dire s'il jouit ou non de la plénitude de ses Tacultés mentales, et s'il est i-esponsable des acles qu'il a commis.

Après avoir prêté eerment, pris connaissance du dossier, visité b diverses reprises l'inculpé à )a prison de la Snnté, et m'élre entouré de tous les renseignements de nature à m'éclairer, ai conuigné dans le présent rapport les résultais de mon examen.

G... (Franfoisj, Agé de S9 ans, gan;ûn de café, a été ori-èté le SO avril 1888, à l'église Saiul-Germaiti-l'Auxen-oie, au moment où, ptncé dans le tambour de la perle d'entrée, enti-ebttillant le ballant ex-lérieur, il venait d'exhiber ses organes génitaux aux regards de plusieurs ouvrières d'un atelier situé en face, dans la maison poiinat le n° 13 de la rua des Preires-Saint-Germain-l'Auxerrois.

A l'approche do l'agent, G... s'enfuit dans l'église, mais un employé lui barrant le passage, il est saisi et conduit chez le commis- Honteux et profondément allrislé par son arrestation, G...nB cherche pas à se disculper, il avoue tout sans réticences, reconnaît avoir commis les aclea qui lui sont reprochés ; et interrogé, il ne oaohs

) MoTCT, Ëtai mentftl de P. poursuivi poup s « îeUDM flUes (Annale* d'hygiène, 1890.)

é les nattes de

MB DES EXHIBITIONNISTES

pas qu'il s'élait déjà livré plusieurs fois, le malin, au même endroit, â cet étalage génital, et qu'il avnit déjà subi, l'aunée dernière, une condamnation à un mois de prison pour outrage public â la pu- La répétition de cet acte bizarre, sa reproduction monotone, la condaranalion de l'année dernière pour une exhibition de même nature, ont éveillé, avec juste raison, l'attention sur ce cas et motivé l'examen de l'état mental de l'inculpé.

Pour que c«lte étude soit complète, il est nécessaire de remonter aux antécédents, de rechercher ce qui, dans le passé de G., peut éclairer le présent, et de voir si nous nous trouvons en présence de pratiques vicieuses ou au contraire de déviations d'ordre pathologique.

Les parenlB de G... sont éminemment nerveux. ;

1-e père, d'un caraclùre très inégnl, est violent, emporté, et dans un accès de colère non motivé, il a lancé, un jour, un marteau-pilou sur son frère. Il regretlajl souvent ses moments de vivacité, et parfois mSme, dans ses regrets, dépassant toute mesure, il se reprochait des choses qu'il n'avait point faites.

La mère, très névropathe, est sujette h des crises ds nerfs avec perte de connatSB8noe;d'un caractère triste, elle s'excite par périodes irragulièrcs. no moiilru agressive, violente contre son entourage, DU bien dominée par des préoccupations hypochondriaques, elle s'imagine qu'elle va mourir; elle est parfois poussée au suicide, et se serait un jour jetée & la rivière, sans l'intervention de ses enfants qui l'ont saisie par ses vêtements, la suppliant, tout en larmes, d'abandonner ses sinistres projets.

G... a puisé, dans les disposilione maladives de ses ascendants, des signes manifestes de dégénérescence. Il a toujours eu ua tic de la face; la lèvre supérieure, les narines, les sourcils, le front sont prie de contractions involontaires, qui augmentent sous l'iaflueDce des moindres émotions. Il offre une aneathésie généralisée, et les piqAres d'épingle sont à peine senties sur les bras et les jambes. Il était, sui-Ioul dans son enfance, d'une mobilité extrême, il oITrait uns très grande inégalité de caractère ; lanlôl gai, cxpansif, remuant, recherchant la société des camarades; d'autres fois, au contraire, triste, sombre, concentré, porté au suicide. Dès l'âge de 10 ans, il a voulu se tuer après une oorreclion inltigée par sa mère : il s'était enfui de la maison, s'était caché dans un Lois, et voulait se précipiter du haut d'un rocher. A 15 ans, il parle de nouveau de se tuer, aprds avoir cette foie encore été frappé par sa mère ; l'année dernière, en

prison, il avait eongë à s'étrangler avec la gnnee de son chapeau et les cordons île ses souliers.

D'une émotivilé excessive, il est pris de petites secousses dans les bras el les Jambes à la suite d'une peine, d'un chagrin, d'une cause morale quelconque. Lors de ma première visite à [a prison de la Santé, je l'ai trouvé en larmes, sanglotant, pouvant à peine répondre à mes questions, parce qu'il venait d'apprendre que sa sœur avait eu connaissance de son arrestation. Celait une explosion de remords et de regrets; il s'accusait d'avoir déshonoré sa Tamille, prétendant que ses parents allaient mourir de honte et de chagrin ; attribuant à son délit une gravité extrême, se traitant de misérable, se disant indigne de toute pitié, répétant plusieurs fois : • J'ai fauté, je dois être puni. "

Malgré celte dêséquilibration mentale, il avait appris assez facilemcnl à l'ëoole, et à l'Age do 11 ans, il était entré à l'usine do D. où travaillait son père : à 16 ans, en coupant une pelle, il so fait à l'indicateur de la main droite une blessure qui le prive de la première phalange; plus lard, celte mutilation l'exemple du service militaire actif, cl le fait entrer dans un service auxiliaire.

A 10 ans, il est garçon de reslaurnnt h Paris, et c'est \ celle époque que sa dessinent nettement les tendances oxhibitionnisteB. JuBqu'A 19 ans, nous n'avons eu â noter chez G... que des pratiques d'onanisme solitaire ou réciproque, et quelquefois l'onanisme sur des filles i il offirme que jusque-là, en dehors des circonstances particulièrCB où il s'était tiviuvé en contact direct avec des tlDes ou des garçons, il n'avait jamais songé à exposer ses nudités aux regards d'étrangers.

Garçon de restaurant, il était très irrégulier dans son service. Toutefois, fort actif, dit son patron, empressé, avenant pour le client, il se montrait, d'autres fois, négligent, clourdi, et commettait de nombreuses erreurs.

Dans la cHeolèle du restaurant so trouvaient parfois des femmes galantes ; dès que l'une d'elles pénétrait dans l'étalitissement, si elle ne se plaçait pas à l'une des tables dont il était chargé^il ne se posnédait plus, il ne quittait plus du regard cette nouvelle pensionnaire; oubliant ses propres clienis, il s'approchait de celle-ci, se montrait aimable, essayait de nouer conversation ; quand elle avait pris son repas, dès qu'elle sortait, il quillail, sous un prétexte quelconque, son service, la suivait dans la rue.

Dans ces circooslances, l'orgasme génital était lel que, sans ma~ nceuvre particulière de sa part, dans le restaurant, en pleine rue. il s'accompagnait souvent de pollution. Du reste, le priapisme était presque permanent, el sous ce rapport, ses conUdences sont d'occoi'd avec cellesde sa femme; l'érecliou, que les approches sexuelles n'apaisaient pas, était une cause. fréquente d'insomnie.

' Il y a sept a se montrait m Il se marie rolt heureux, i iutéi'iiBur ne

il se livrnit A des exhibitions dovant sa fenttrt, H

IX yeux lie ses voisines,

18S3 avec une Jeune fille qu'il aime ; le ménage ^-

8 les satiarBClions conjugales qu'il ti-ouve dans eofl lisent |ias à apHiaor son èrétbisme insaliable, tl

la V

0 (le la femme continue à provoquer chez lui

e imprea-

Ses appétits sexuels, toujours en éveil, deviennent plus impârieui et prèsenlent, à des intervalles irréguliers, des paroxysmes pendant lesquels G... éprouve des maux de tâte, de la confusion dans les idées, de l'incertitude de la mémoire; il commet des erreurs, des oublis inexpliirables dans son Iravoïl ; ses patrons lui adressent des reproches, le croyant pris de vin; lui-même a une demi-conscienea de ce malaise cérébral, et les eflbrls qu'il Tait pour retrouver l'éqni' libre augmentent la confusion.

Il était dans un de ces paroxysmes le 12 mai 188T, lorsqu'il s'est tivi'é i sa double cxhibilion dans les rues Bri^da et Labruyère. Il était monté sur une impériale d'omnibus, les yeux braqués sur les fenêtres pour y découvrir des femmes, lorsque arrivé à la hauteur de ta rue Gréda il n'y lient plus ; il interrompt sa course, descend et va se poster sous la porto d'entrée d'une maison, étalant ses organes génitaux aux regards do deux jeunes filles et d'une femme de chambre, qui se trouvaient en face, à une fenêtre du premier étage. Interpellé par le père des jeunes filles, il s'cloigno. et passant dans la rue Labi'uyèrc, il rencontre deux dames devant lesquelles il se livre stupidement à une nouvelle exhibition; il est arrêté immédiatement par un agent qu'on venait de prévenir.

Depuis le mois de juin 18&7, il était sans cesse obsédé par la crainte de céder à cet étrange appétit d'exhibition. C'était une lutte intérieure do tous les instants, l'obsession ne l'abandonnait pas.

Ce travail intellectuel est fi'équent on pathologie mentale, et surtout chez les dégénérés: les individus en proie aux idées obsédantes de suicide, d'homicide, de vol, etc., résistent longtemps avant de céder à l'impulsion ; Us craignent longtemps de succomber, mais matgré tous les efforis, l'obsession persiste, tenace, opiniAtre, pressente : ello provoque un tel malaise, une telle angoisse, que les patients préfèrent en finir et courent, quelle qu'en soit la conséquence, andevaat de l'acte comme à une délivrance. Ces malades sont unanimes k le déclarer, ils éprouvent un immense soulagement A la satisfaction de l'impulsion, quelle que soit l'énormité do l'action commise. L'irrésistibililé de l'obsession ù. l'état maladif n'a rien do comparable à ce qui se passe dans les états passionnels. Et lorsque G... vient nous déclarer qu'il no voulait plus recommencer, qu'il' sorlflit bien décidé à ne pas s'arrêter en route, à passer par un autre chemin, nous savons qu'il nous dit la vérité, mais nous savons auui

quelle irrésistible influence exerce sur Torganisme l'appétit qui prend sa source dans Tobsession pathologique. La volonté est absolument impoissante.

Dans ces périodes paroxystiques, il était sombre, triste, pleurait fréquemment la nuit, cachant à sa femme la véritable cause de son chagrin. Un jour, celle-ci fait allusion à sa condamnation, il fond en larmes, se lamente, supplie de le pardonner, et jure qu'il ne recommencera plus. Mais, peu de jours après, il n'est plus matire de lui, et s'exhibe de nouveau, avoue-t-il, dans les mômes circonstances. ' Il est curieux de noter qu'à côté de ces perversions instinctives certains sentiments affectifs n'ont subi, chez G..., aucune altération. Il s'est toujours montré bon Ûls, excellent frère; il venait en aide à seir parents, et il y a quelques années il envoyait, tous les trimestres, à Nancy, une partie de ses économies, pour subvenir aux dépenses de sa sœur qui préparait son examen d'institutrice.

De ce qui précède, nous déduisons les conclusions suivantes :

1^ G... est un dégénéré héréditaire atteint, à diverses reprises, d'obsessions et d'impulsions irrésistibles ;

2^ Il avait, le 20 avril 1888, conscience du caractère délictueux de son exhibition sexuelle; mais il y était poussé par une obsession maladive tellement impérieuse qu'elle annihilait sa volonté;

3* II: n'est pas responsable d'un acte qui repose tout entier sur uae perrersion délirante du sens génital.

(Il a été acquitté.)

Voilà un cas type, un véritable impulsif comme le prer mier malade de Lasôgue, et cette perversion de Tappélit sexuel est tellement obsédante et pressante qu'elle s'émancipe de l'influence modératrice des centres supérieurs, pour en arriver à l'acte irrésistible.

tTaî actuellement, dans mon service, un dégénéré exhibitionniste^ également impulsif, mais avec cette particularité que l'impulsion, réprimée fréquemment par les efforts de la Volonté, devient absolument irrésistible, sous l'influence d'un appoint alcoolique.

Victor B., ftgé de 27 ans, est né d'une mère névropathe et d'un père ivrogne, brutal, en proie à des paroxysmes de fureur : il a une sœur hystérique et un frère alcoolique; trois oncles paternels s*ad onnent aux boissons alcooliques, un cousin paternel est buveur et ex* oentrique, une cousine est affectée d'hystérie.

Quant à lui, il s*est montré, à l'école, laborieux et intelligent, il a élè/dé bonne beurdi employé aux télégraphes et s'est acquitté régu-

tl2 DES EXHIBITIONNISTES

lièrement de sa tAche; toutefois, dès Tâge de 11 ans, il se Uvrtit à ronanisme solitaire ou réciproque; à 13 ans, il s*est senti poussé à se montrer aux femmes, il se rapprochait d*un mur au loamant d*ane rue, comme pour uriner, et s* efforçait d'attirer sur ses organes génitaux les regards des femmes qui passaient; l'exhibition toujours agréable s'accompagnait ensuite de remords. B... se reprochait cet acte, il s'efforçait souvent de résister au désir, mais celui-ci devenait pressant et il ressentait alors un grand malaise qu'il caractérise en disant : « J'éprouvais comme un empêchement à respirer. • G*est| en effet, le serrement, la pression, la barre à la base de la poitrine, dont s'accompagne l'angoisse dans l'obsession et l'impulsion.

Étant soldat, il lui est arrivé fréquemment, sous divers, prétextes, de montrer la verge à ses camarades, et une fois entre autres: « Voilà, disait-il, moi, je n'ai pas la vérole. »

11 a eu, à partir de 17 ans, des relations avec les femmes, et prenait plaisir à se montrer nu devant elles. A Paris, il s'arrêtait à l'entrée des urinoirs, les organes hors du pantalon.

Désappointé quelquefois par l'absence de spectatrices, il a eu l'idée de pratiquer son étalage dans les églises où il est certain, dit-il, d'avoir la satisfaction d'être vu par des femmes ; mais, igoute-t-il, il n'avait le courage d'y entrer qu'après s'être remonté par quelques verres d'absinthe. 11 s'était déjà exhibé quatre ou cinq fois dans diverses églises, lorsqu'au commencement de l'année dernière il a été arrêté dans l'église Saint-Germain-l'Âuxerrois, au moment où, assis sur une chaise, il se montrait, après s'être déboutouné, à une jeune fille placée près de lui.

Un rapport de M. Motet fut suivi d'une ordonnance de non-lieu*

Il était bien décidé à ne plus recommencer, mais renvoyé des télégraphes après l'aventure de Saint-Germain-l'Âuxerrois, triste, découragé, il s'était adonné de plus en plus aux boissons alcooliques et la résistance nux obsessions devenait de plus en plus difficile.

Vers le 15 janvier dernier, après quelques excès d'absinthe, il entre à l'église Saint-Joseph et s'asseoit, t La présence, écrit-il dans une note, de deux petites filles qui vinrent s'asseoir au rang de chaises en avant de moi me pousse a me montrer de nouveau et même à me masturber, sans que j'aie conscience de la portée de ce que je faisais et sans que j'éprouve le dé^sir de posséder ces petites filles; désir que je n'avais pas eu davantage les autres fois. »

Arrêté immédiatement, très attristé, il exprime ses vifs regretede ce qu'il vient de faire; il en reconnaît la gravité et ne peut pas comprendre, ajoule-t-il, comment il a pu se laisser aller à commettre de pareilles énormités.

Après une ordonnance de non-lieu il est transféré à Sainte-Anne» Aujourd'hui, il est en bonne voie d'amélioration, il ne témoigne aucune impatience pour quitter l'asile où il fait un traitement hydro-

thérapique. Il reconnatt avoir besoin du rëgimo et de Thygiène de rétablissement afin de perdre ses habitudes d*iDtenipérance, régulariser sa vie et retrouver assez de force de caractère et de volonté pour ne plus ôlre exposé, quand il rentrera dans la société, à provoquer de nouveaux scandales.

Les impulsifs proprement dits, les véritables exhibitionnistes, sont les moins nombreux, et sur les huit observations de Lasègue, on découvre deux déments séniles, un athéromaleux avec lésion circonscrite, un paralytique général, peutêtre aussi un épileptique. L'exhibition, d'ailleurs, se ressent du fonds maladif lui-même, car à côté de l'exhibitionniste de l'église Saint-Roch, si lucide et si nettement impulsif, d'autres se souviennent confusément de l'acte, d'autres l'accomplissent sans lutte, presque automatiquement, et Tun d'eux même, en véritable dément, se déboutonne tantôt en pleine rue, tantôt aux Champs-Elysées, à côté d'un urinoir.

Ches un imbécile de 27 ans, que j'ai eu Toccasion d*observer, Timpulsion existait, mais la lutte, la résistance étaient beaucoup moins énergiques. Il s'était livré une première fois à l'étalage génital aux Champs-Elysées, en présence de plusieurs bonnes d'enfants. Il ne sait pas comment cette idée lui était venue, il comprenait bien que c'était bête, dit-il, il s'était d'abord retenu, mais il a dû le faire tout de même. Après un an de séjour dans les asiles, il est rendu à sa mère et six mois après il est arrêté sous une porte de la rue du Bac, se tenant immobile les organes génitaux hors du pantalon.

Un autre dégénéré, Edouard R., ftgé de 15 ans, hypospade, convulsivant dans sa première enfance, était pris depuis 2 ans de priapisme avec élection, et, purement spinal, sans idée de rapprochement sexuel, il avait plusieurs fois essayé, mais sans succès, de faire cesser Texcitation par l'onanisme; l'érection sans nouveaux attouchements se reproduisait presque aussitôt.

Depuis trois mois, il épt*ouvc de l'attrait à la vue de la femme, il se rend dans une maison de tolérance et, malgré son vif désir de copulation, il reste absolument frigide. Â quelques jours d'intervalle, il recommence Texpérience, cette fois avec succès, mais, dit-il, sans sucone satisfaction. Depuis six semaines, il se sent poussé, dès qu'il aperçoit une femme, jeune ou vieille peu importe, môme une petite flllo, non pas à rechercher des relations avec elle, mais à se masturber sous ses yeux, et à quatre reprises, malgré la cooscience parfaite de l'obscénité de l'acte, malgré l'idée très nette des punitions

qu'il encourt, il ne peut, dit-il, s*empècher devant une femme dV hiber ses organes géaiUux et de se masturber.

Ici encore l'impulsion existe, mais beaucoup moins impérieuse que chez G.

Parmi les exhibitionnistes, il en est qui se contentent de faire montre des organes sexuels, n'accompagnant l'étalage génital d'aucune manœuvre; d'autres, comme ce garçon de 15 ans, ajoutent l'onanisme à l'exhibition; d'autres, enRn, cherchent â entrer en communication plus directe avec l'objet de leur convoitise et, selon leur expression, se livrent nu frottage.

Un des premiers frotleurs dont j'ai eu h m'occuper élail nn homme de 44 ans, prédisposé, alcoolique, saturnin; il avaitdepuiâ longtemps coiitraclo des habitudes d'onanisme qui ont presque entièrement cessé | depuis un an; il faisait souvent des dessins obscènes qu'il distribuait * à ses camarades, Il s'est habillé aussi deux fois en femme, étant seol dans sa chambre. Depuis deux ans, il n'a plus d'érection, ne peut plaa avoir de rapports seiiuels, mais il a parfois des pertes séminales. Depuis cette époque, dit-il, il se sent poussé à des actes contre nature. A la tombée de la nuit, il se dirige vers les rassemblements, aux stations d'omnibus, auprès des bateleurs.il s'approche et se place derrière une femme, cherchant de préférence la plus grosse; puis il roliro sa verge qui reste flasque et se frotte contre les fesses des* voisine. C'est pendant qu'il se livre à cet exercice, à la station d'omnibus de la place Clichy, qu'il est arrêté par un agent des mœurs. Il a été, dit-il, pour 1c frottage, coudamné à quatre mois de prison, ce qui est exact.

Sa femme est crémière, et c'est lui qui ouvrait la boutique tous les matins, plaçait le lait sur le feu et servait les premiers clients. A plusieurs reprises, il n'a pu s'empêcher, dit-il, de tremper ses orgsoes : génitaux dans la botte au lait, il a'eseuj'ait toutaussilât; le contact du lait lui donnait d'après lui une sensation de velours. Il n'hésitait pas . à distribuer ce lait aux clients et pour son déjeuner il puisait, sans j répugnance, à cette mdme boite. l

Depuis quelque temps, il avait des idées de persécution, préten- j dait qu'on lui faisait des misères h l'alolier; sa femme le trouvait également bizarre, sombre, mais ne se doutait pas de ses habitudes étranges; elle svait remarqué, toutefois, qu'il se frottait souvent, li nuit, contre ses fesses, mais elle n'y faisait pas autrement attention.

A peine en prison, il s'est imaginé qu'un gardien voulait le tuer, qu'on lui avait fait boire du pétrole, qu'on avait mis le feu cbei sa

DES EXHIBlTIONNtSTES

femms, qn'oa ravait volé; on l'empêchait de dormir, on l'accuBait d'avoir mis le feu b la chapelle. Il a eu des idées de suicide, s'est excité à plusieurs reprises, a lancé un verro contre la Teni'lre et s'est montré violent.

Depuis son arrivée à l'asile, il est triste, crainlif, il enlend dire qu'on veut l'empoisonner, le guillotiner ; il a Jeté les médlcamenta dans le vase et il refuse parfois les aliments. Il demandait avec instance SB sortie, pour ne pas contracter les maladies de ses voisins, pour ne pas devenir épileplique. Il prétend qu'on le travaille, qu'on lui cheuFTe les jambes, la dos; c'est avec ta pile, la chimie; quand il mango, on détourne soQ bras et on lui fait donner des coups de fourchette à la lèvre (1).

Dans cette observation, en dehors des perversions génitales, se montre un délire mélancolique avec idées de persécution, délire qui chez les dégénérés se développe tantôt sponlanéraent, tantôt sous l'influence des causes déterminantes les plus variées, mais plus particulièrement, comme chez notre malade, sous l'influence d'abus de boissons.

H. Vu second frotteur, Louis M., hgé de 31 ans, atteint de dégénëres- ^Vence mentale, était rentré à Sainte~Anne; duns un accès mélanco- Yl^e et au milieu de son délire, il se reprochait amèrement des actes abominables, disait-il, qui avaient déshonoré «a famille.

Mario depuis six ans, père de quatre enfants, sn femme l'avait surpris, il y avait déjà trois ans, se livrant à la maalurbatioii dans uns robe de soie, qu'il avait maculée de sperme. Un jour, dans les maga sins du Louvre, un inspecteur l'apert^oit frottant sa verge contre la robe d'une dame occupée à des emplettes. Conduit devant le commissaire de police, il fait des aveux complets, Qvoue tout, se déclare an ignoble coupable, indigne de pitié et il raconio que, malgré tous ses efforts, malgré les dani^ers qu'il court, il est impuissant, une fois ses organes élHlos, à résister au violent désir de les frotter sur le derrière d'une femme bien habillée.

Un antre dégénéré héréditaire, Pierre G., âgé do 33 ans, est surpria par un conlrâleur à la station d'omnibus de l'Ëtoile, frottant sa verge sur la robe d'une dame qui attendait son tour pour monter eu voiture. Celui-là encore, honteux, désolé, s'empresse d'avouer tout an commissaire; il pleure, se lamente, raconte qu'il avait longtemps résisté, mais qu'à la vue d'une dame dont le derrière était très

,, <1) MAaRAN, Ëlude clinique s e médicale. 1881.)

I les actes des aliénés

t16 DES EXHIBITIONNISTES

saillant, il avait été comme ébloui ot ne savait plus ce quUl faisait. Soumis à un examen médical, il est, après une ordonnance de nonlieu, envoyé à Sainte-Ânne.

Les déments séniles, les paralytiques généraux, se livrant à rétalage génital, ne sont pas rares et tous les médecins d'asiles ont fréquemment l'occasion d'en observer.

Tài eu, récemment, dans mou service une femme paralytique gênéi^le qui venait de Saint-Lazare, où elle purgeait une condamnation pour outrage à la pudeur. Se promenant aux Buttes-Chaumont, elle avait glissé et s'était blessée légèrement à la cuisse; assise sur le trottoir, elle avait tranquillement relevé sa robe pour se panser; deux sergeuts de ville rinterpellent ; elle leur répond en riant : < Mettez-y votre nez », et se découvre entièrement.

Devant le tribunal, elle aussi avoue tout, et raconte, dans son inconscience de paralytique, la bonne farce qu'elle a faite, dit-elle, aux sergents de ville.

Il y a encore exhibition mais pas d'impulsion; et si l'acte est le même, quelle différence dans les mobiles !

En résumé, le groupement des malades d'après l'acte accompli, groupement qui nous a donné les kleptomanes^ les pyromanes, les fous homicides, suicides, les exhibitionnistes, etc., est sans doute intéressant au point de vue sémiologique, mais chaque cas réclame un examen particulier. Le médecin légiste est tenu de faire œuvre de clinicien, de pousser ses recherches au delà de l'acte et de puiser dans l'histoire complète du sujet les éléments qui doivent servir de base à son jugement.

En terminant celte note je dois dire quelques mots d'un nouveau coupeur de nalles que je viens d'avoir l'occasion d'observer.

Eugène M., 25 ans, dont une tante maternelle est épileptique, a en un frère atteint de convulsion à l'âge de 2 ans.

Quant à lui, il a joui d'une santé satisfaisante dans son enfance, il est allé à Técole où il a présenté des aptitudes passables.

 15 ans, dans son village, il éprouve pour la première fois un voluptueux atlrait à la vue des cheveux de femme. Il était entré ches une voisine, Agée de 35 ans, au moment où elle se coiffait; les cheveux étalés de cette femme lui ont produit, dit-il, un tel effet qu'il

a'm «etitiea érection. Jusque-là, il a'avait jamais prMê attetilion ■ celte femme ni à d'autres et il ne se serait jamais permis vis-i-Tia d'elle aucune tamiliarile.

Deux mois après il vient à Paris et se trouve obsédé par la vue des cheveux flottants sur le dos des petites Allés, el dès qu'il en aper- {dit, il éprouve de l'excitation génitnle et l'érectiou.

Un jour — il avait Ci ans — passant dans le jarJlu des Tuileries, il aperçuit des jeuaee filles les cheveuic flottants, arrOtces devant un Itiéltre de Guignol. Il s'approche derrière l'une d'elles, qui paraissait âgée de 10 à 11 ans, il saisit l'extrémité de sa natte de cheveux, il la Trotte entre ses doigts et ce contact provoque un orgasme voluptueux: pour ne pas être remarqué, dit-il, il s'était avancé louctianl même la robe de l'enraiit, et c'est dans cette position que deux agents des mœurs postés derrièra lui l'arrètan.1. Il est condamné à trois mois de prison pour outrage à la pudeur,

A Ba sortie de prison, il s'engage dnns un régimeut de dnigoiis, cantonné dans une petite ville, et il passe prés de cinq nna sous les diapeaux sans qu'aucun incideet vienne le Taire remar^uor. Du reste, il aTfirme qu'il avait rarement l'occasion de voir des nattes do cheveux de femme, qu'il ne cherchait pas à en tout^her, qu'il y pensait beauciiup moins, sauf parfois dans ses raves, où il voyait tantôt dos cheveux Qotlauts de femme, tantôt des nattes aveo une tôle, mats sana le corps de la femme.

Les crinières des casques de dragon le laissaioul indiiîérent; d'ailleiirs, dit-il, ce ne sout pas des cheveux, on tes Tait avec de la baleine ou des crins de chovul. A cette (époque, il a eu plusieurs fuis des relations avec des femmes, mais il oe cherchait pas à leur dérouler les cheveux ni à frotter ceux-ci entre ses doigts.

Son service mililnire fini, il se llxe à Paris et devient gargon do magasin chez un négociant en mercerie; occupé s Taire les coui'^cs, il a fréquemment l'occasion de voir des cheveux et des nattes de cheveux flollauls, et leur représentation obsédante s'installe do nouveau dans son esprit. Non sculemeutses rùvee avaioul pour objet les cheveux de lemme, mais môme éveillé la niiil. et également le jour, pendant son travail, il ne pouvait éloigner de sa pansée l'imago do cheveux flottants ou de létes de femmes avei-. des nattes ou des clioveux Doltants; comme autreTois, ces raprésonlaiions mentales nu compro- I liaient jamais tout le corps do la Temmis.

Dans les derniers tempe, l'oxcil.ition f^êuitale était plus violenta et ces images lu poussaient à l'ouuniniiid. 11 a eu alors l'idée non seulemeol de toucher les cheveux de Tcmme, mais aussi de s'en emparer pour pouvoir les toucher en se musturLaut; du rottlc, le coutaut des cheveux avec les doigts suTtll chez lui à déterminer l'ejaculalion. > Choisissant le jour de lu mi-rarèine, il s'empare des ciseaux do l'une

B ouvriàras du magasin et il profite de la demi-journée de congé

ti8 DES JBXHIBITI0NNI8TES

pour faire sa collecte. A 2 heures il est sar les bouleTards, et pendant que les petites filles munies de nattjos regardent les cavalcades, il s'approche doucement et coupe de 20 à 25 centimètres de natte, Tenveloppe rapidement dans un papier et la place dans sa poche. Il était déjà paryenu à couper, sans attirer Tattention, les nattes de trois petites filles, lorsque les agents Tarrôtent au moment où il venait de couper la quatrième natte.

Soumis à un examen médico-légal, il a été l'objet d'une ordonnance de non-lieu sur le rapport de notre collègue M. Gamier, et IL a été envoyé à Sainte-Anne le 22 mars dernier. Il accepte volontiera son séjour à Tasile, il reconnaît l'absurdité de ses actes et il espère bien ne plus recommencer. Aujourd'hui, il pçut regarder sans tentation, dit-il, les nattes de femme, mais néanmoins, ajoute-t41, dès qu'il quittera l'asile, il retournera dans spn pays où les femmes tiennent les cheveux relevés.

Le coupeur de nattes de M. Motet, sorti de Sainte-Anne le 25 février dernier, a repris ses occupations, il se porte très bien, et n'a pas eu jusqu'ici de lutte à soutenir contre un retour offensif de l'idée obsédante ni de l'impulsion .

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